Le livre de la mort – Anonyme


Anonyme. Le livre de la mort. Editions Sonatine, 2012, 457 pages, 21 €.



L’histoire :

Il est sans doute préférable pour votre bien-être que personne n’inscrive jamais votre nom dans Le Livre de la mort, sans quoi il vous resterait très peu de temps pour formuler vos dernières volontés. Aussi on peut aisément comprendre que celui-ci fasse l’objet de multiples convoitises, en général assez mal intentionnées. Et que quelques contrariétés guettent son actuel détenteur, l’infortuné Sanchez.
Officiellement mort, le Bourbon Kid, le tueur le plus impitoyable que la terre ait jamais portée, devrait, pour sa part, pouvoir aspirer à des jours heureux en compagnie de Beth, son amour de jeunesse enfin retrouvé. Encore faudrait-il que sa nouvelle identité reste secrète, sans quoi ses nombreuses victimes et ses ennemis, plus nombreux encore, pourraient bien s’unir pour élaborer une terrible vengeance. Mais quand Beth est kidnappée et qu’il s’avère être le seul à pouvoir sauver la petite ville de Santa Mondega d’un terrible bain de sang, le Bourbon Kid n’a plus qu’une solution : revenir d’entre les morts. Plus sauvage et impitoyable que jamais.

Ce que j’en ai pensé :

Univers déjanté pour ce polar qui met en scène pour la quatrième fois le Bourbon Kid, ce tueur en série, attachant malgré tout, que l’on a découvert pour la première dans Le livre sans nom, où la légende s’est faite par l’humour détonnant autant que par le mystère autour de l’auteur.

Il est assez difficile de dire de quoi il retourne de cette histoire. Cela va essentiellement tourner autour de Beth, la dulcinée de notre héros. On pensait J-D, alias Jack Daniels, alias le Bourbon Kid, définitivement rangé. Mais c’était sans compter un vilain qui s’en prend à sa belle.
D’autant que sa hargne d’éradiquer tous les vampires de Santa Mondega est à son comble. Ramsès Gaïus, leur chef, est donc avide de vengeance et s’en prend à tous les hommes, femmes et enfants humains. Chasse sans pitié d’un côté et de l’autre.

J’ai adoré retrouver les différents personnages de cette saga : Sanchez, Jessica, Dante et les autres compères qui forment une équipe de choc.
Côté Bourbon Kid, il perd en force, beaucoup plus d’humanité. Cela le désole d’ailleurs, car il se rend compte qu’il n’est plus le plus dangereux. Et ça, hors de question pour lui.

Si le début est lent, l’univers est si particulier et original en lui-même qu’il n’y a pas d’ennui dans la lecture. Quelques scènes sont gores, parfois biens crados !
L’écriture et précise et caustique, un régal !

⇒ En bref ?

Quel plaisir de replonger dans cette ambiance si particulière, que je n’ai encore jamais croisé dans aucun livre.
Je lirais les prochains opus avant la fin de l’année !

Je conseille si vous aimez…

– les films de Quentin Tarantino
– les polars déjantés


Malcolm le sulfureux, t.1 – Katy Evans


EVANS, Katy. Malcolm le sulfureux, t.1. Hugo et Cie, coll. New Romance, 2017, 416 pages, 17 €.



L’histoire :

Mystérieux. Privilégié. Légendaire. Malcolm Kyle Preston Logan Saint, le businessman le plus sexy que Chicago n’ait jamais connu, ne vit que pour l’argent et les femmes. Beaucoup de femmes.
Toute sa vie, il a été harcelé par la presse dont le seul but est de prouver que sa vie, en apparence parfaite, n’est que mensonges et faux-semblants. Depuis qu’il est sur le devant de la scène, ses secrets sont plus en danger que jamais, mais il est bien décidé à les garder enterrés.
Plus pour très longtemps…
Chargée d’enquêter sur Malcolm et de révéler sa personnalité sulfureuse, Rachel Livingston est une jeune et séduisante journaliste. Elle travaille pour Edge, un magazine proche de la faillite. L’avenir de l’entreprise repose sur les révelations qu’elle écrira sur Malcolm Saint.
Déterminée à faire de cette histoire le tournant que sa carrière attend, elle n’aurait jamais pensé que le playboy puisse changer sa vie.
Succombera-t-elle à la tentation que représente Malcolm le sulfureux ?

Ce que j’en ai pensé :

Je connais Katy Evans grâce à sa série Fight for love que j’avais globalement beaucoup aimé. Ici, on change d’univers, puisque l’on n’est plus du côté du sport et de la boxe, mais du côté du journalisme et des jeunes patrons riches.
Car, oui, cette romance reprend l’idée d’un duo dans lequel l’homme de vingt-sept ans est richissime et collectionneur d’aventures amoureuses (« amoureuses » étant un grand mot !). Evidemment il est beau, attire les convoitises et n’aime aucunement qu’on lui refuse quelque chose.
Rachel est une journaliste dont le travail est en péril puisque le journal pour lequel elle travaille menace de mettre la clé sous la porte. Il faudrait un article sulfureux pour faire remonter les ventes. Et cet article, c’est du people sur le célèbre Malcolm Saint.

C’est une romance érotique dans le plus pur style de ce qui se fait actuellement et qui plaît aux lectrices. Et je dois bien avouer que, bien ce ne soit pas original dans la thématique, j‘ai aimé, été happée par l’histoire et les personnages et j’ai lu ce premier tome très vite.
D’ailleurs, la fin nous laisse sur les dents ! Vivement le mois prochain pour avoir la suite !

C’est bien écrit, et j’aime les personnalités qui se dégagent de ce premier volet. Notamment les amies de Rachel et les potes de Malcolm. J’ai comme l’impression qu’il y aura plusieurs tomes et que l’on découvrira cette large bande. En tout cas, je l’espère car il y a un vrai potentiel.

Pour les amateurs indécrottables, je vous le conseille vraiment car vous allez aimer ! Pour les lecteurs lassés, qui n’aime pas les histoires qui se ressemblent, vous risquez d’avoir l’impression de déjà-vu.

⇒ En bref ?

Finalement, en ce qui me concerne, j’ai encore fait ma midinette et adoré cette lecture. Ce sont des lectures faciles, good vibes, qui permettent de se détendre sans la tension qui émanent des lectures thrillers que j’affectionne aussi.

Je conseille si vous aimez…

– les romances érotiques adultes (non adolescentes)


Pour une vie meilleure – Susan Wiggs


WIGGS, Susan. Pour une vie meilleure. Harlequin, 2017, 496 pages, 8,50 €.



L’histoire :

Tout recommencer. Il y a un an, cette phrase n’aurait eu aucun sens pour Annie. Mariée à Martin Harlow, le célèbre chef cuisinier, productrice d’une émission suivie par des millions de téléspectateurs, et – surtout – future maman, sa vie lui semblait idéale. Jusqu’à ce que Martin lui brise le cœur. Jusqu’à ce qu’elle soit victime d’un accident. Jusqu’à ce que son existence bascule…

Tout recommencer. Aujourd’hui, Annie a fait de cette phrase son mantra. Mais pas question de reprendre le travail, et encore moins de renouer avec celui qui est désormais son ex-mari… À la place, Annie décide de retourner vivre dans sa petite ville natale du Vermont. Là-bas – dans l’exploitation familiale de sirop d’érable – elle sait qu’elle pourra compter sur le soutien de ses proches et de Fletcher, son premier amour…

Ce que j’en ai pensé :

Une romance contemporaine classique, qui se déroule dans le Vermont, un Etat de l’extrême nord-est des Etats-Unis, proche du Canada.

C’est là que grandit Annie, fille de producteurs de sirop d’érable. Dans une petite ville où les perspectives de travail sont limitées.
Passionnée de cuisine et de télévision, Annie en fera son travail. Elle devient ainsi productrice d’une émission culinaire à succès, et vit à Los Angeles.

Le jour où elle est victime d’un grave accident, sa vie bascule. Elle se réveille en soins intensifs dans sa ville natale, ses souvenirs complètement disparus.

Au fil de sa convalescence, elle retrouve sa vie d’avant au travers des souvenirs qui resurgissent. De cette manière, le lecteur suit l’histoire d’Annie au présent ainsi que les flash-back de son passé. Histoires familiale, professionnelle, amoureuse.

C’est une romance très classique, dans le pur style édité par la maison d’édition Harlequin. Les personnages sont attachants, Annie est une femme forte, ambitieuse tout en restant modeste.
J’ai aimé évoluer dans le décor de la grande ferme familiale productrice de sirop d’érable. Et la description de certains plats ou alcools (!) donne littéralement l’eau à la bouche !
Néanmoins, pour moi il s’agit d’une romance trop classique, où j’ai fini par m’ennuyer sur le dernier tiers de ma lecture.

L’écriture est toutefois agréable et si on aime le genre, le livre se lit vraiment vite (je l’ai d’ailleurs moi-même lu en un week-end).

⇒ En bref ?

Je conseille ce livre aux lecteurs adeptes de la maison d’édition Harlequin, qui produit des romances bien écrites et contemporaines. Les personnages sont crédibles, bien construits.

Je conseille si vous aimez…

– les romances classiques contemporaines
– les personnages féminins forts et indépendants


Je peux me passer de l’aube – Isabelle Alonso


ALONSO, Isabelle. Je peux me passer de l’aube. Héloïse d’Ormesson, 2017, 301 pages, 20 €.



L’histoire :

Juillet 39. La guerre d’Espagne est officiellement finie. Angel Alcalà Llach, 16 ans, rentre chez lui. Après dix mois au front et quatre au camp de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales), il croit retrouver les siens. Mais rien ne se passe comme prévu. L’Espagne franquiste est une prison à ciel ouvert et Angel ne sera finalement relâché qu’après un an de travaux forcés. Il rejoint enfin sa famille en juillet 1940 tandis que la répression fait rage. Il doit alors s’adapter à un monde inconcevable pour lui : sans droits, sans liberté, où tout devient risque, et où tout risque est mortel. Il choisit de continuer la lutte, et entre en résistance. Malgré la portée modeste de leurs actions, ses camarades vont colorer ces années de violence de toutes les teintes de l’espoir et de l’amitié.
En avril 44, son refus du service militaire le contraint à la clandestinité. Il rejoint Madrid. Les Alliés vont gagner la guerre, balayer Franco… Des temps nouveaux s’annoncent. La République va revenir, c’est sûr…

Ce que j’en ai pensé :

Nous sommes en Espagne, en 1939, à la fin de la guerre civile espagnole qui a duré trois ans. Gelin ; de son vrai nom Angel ; a dix-sept ans. Il revient dans son pays mais comme prisonnier. Les nationalistes ont gagné, Franco est au pouvoir et impose sa dictature.
Quand Angel est libéré, c’est une illusion de liberté. Sa famille essaie de reprendre une vie « normale » sous cette occupation oppressive, mais lui ne peut se résoudre à l’inaction.
Il dit d’ailleurs, page 217 : « agir, ça me donne le sentiment d’exister« .

Nous suivons donc ce jeune homme qui, pour vivre, a besoin de croire en l’avenir. Comme tout le monde me direz-vous. Sauf que pour lui, rester à attendre ne peut pas être une solution envisageable. Il ne veut pas seulement croire en le retour de la République. Il veut oeuvrer pour.

J’ai trouvé ce roman excellent, récit historique emprunt de romantisme ; entendant romantisme au sens artistique du terme : faire prévaloir le sentiment sur la raison.
C’est écrit avec beaucoup de justesse, l’auteur maîtrise incontestablement le sujet, beaucoup de documentation et une histoire personnelle qui l’encourage certainement à écrire (Isabelle Alonso est fille de républicains espagnols, naturalisée française à huit ans).

Gelin évolue dans une famille sans père. En tant qu’aîné, il reprend le flambeau. Trouver un toit pour vivre, du travail pour lui et son frère, préparer une vie meilleure pour ses petits frère et soeur et surtout aider sa mère Nena, qui ne montrera jamais ses sentiments mais qui, on le sent, admire son fils autant qu’elle exècre ses prises de risques.

Emportée par l’écriture d’Isabelle Alonso et son sujet, ce livre est sorti des sujets que j’ai l’habitude de lire et quel pied ! Hâte de lire la suite.

⇒ En bref ?

Un roman court et très intéressant, qui donne envie d’en savoir plus sur ce sujet particulier et qui m’était méconnu.
A savoir : il s’agit de la suite du livre Je mourrai une autre fois. Livre que je n’ai pas lu mais que je lirai volontiers à l’occasion.

Je conseille si vous aimez…

– En apprendre plus sur un sujet historique = la fin de la guerre civile espagnole dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale.


Un souffle, une ombre – Christian Carayon


CARAYON, Christian. Un soufle, une ombre. Fleuve Editions, coll. Fleuve Noir, 2016, 539 pages, 20,90 €.



L’histoire :

Été 1980. Le lac de Basse-Misère, dans le sud du Massif central. Un groupe d’adolescents de bonne famille est massacré sur l’ îlot où il était parti camper, en marge de la fête du club nautique local. Dans toute la région, l’onde est sismique. Comme un point de bascule irréversible, qui signe la fin d’une époque d’insouciance, et le début du déclin de la vallée.
À Valdérieu, principale agglomération du pays, quelque chose s’est brisé pour toujours. Trente-quatre ans plus tard, le meurtrier supposé croupit derrière les barreaux. Mais à l’université de Toulouse, le chercheur en histoire Marc-Édouard Peiresoles ne croit pas en sa culpabilité. Originaire de Valdérieu, et témoin impuissant du cataclysme alors qu’il n’était que collégien, il décide de retourner sur place, et de reprendre toute l’enquête. Comme on replonge dans ses propres traumatismes. Comme on lève le voile sur trois décennies de non-dits, en grattant le vernis d’une communauté beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît. Derrière les fantômes des adolescents disparus, c’est bientôt le lac de Basse-Misère qui se réveille, tel un prédateur endormi. Déjà prêt à engloutir ses prochaines victimes…

Ce que j’en ai pensé :

C’est par hasard que je suis tombée sur ce roman à la bibliothèque. Et, venant juste de le refermer, je peux affirmer qu’il s’agit d’une très bonne lecture. J’ai été passionnée par l’histoire et par les recherches très approfondies de notre protagoniste.

Marc-Edouard Peiresoles est professeur d’histoire à la fac, pas beaucoup d’envergure, célibataire, peu enclin aux amitiés depuis la défection de son meilleur ami deux ans plus tôt.
Son problème est le traumatisme de son enfance : des enfants qu’il connaissait ont été massacré à l’été 1980. La peur n’a cessé de le suivre jusqu’aujourd’hui, trente-quatre ans plus tard. Le psychologue qui le voit lui affirme qu’il faut qu’il creuse l’affaire du meurtre de Basse-Misère pour retrouver la paix.

L’histoire est donc celle-ci : voilà notre historien solitaire en quête de réponse. Pourquoi cet assassinat ? Le tueur en série arrêté es-il vraiment coupable de ce crime-là ?
Pour répondre aux diverses interrogations qu’il se pose, Marc-Edouard va aller à la rencontre des acteurs de cette époque, d’anciens élèves, de parents, proches des victimes. Il va enquêter sur eux, les interroger, lire les journaux d’époque, étudier les photos. Tout est passé au crible et le livre est très bien détaillé. Chaque personne passée entre ses yeux est mise en lien avec le massacre.

L’écriture est très bonne, le rythme soutenu. Je me suis attachée à ce personnage un peu fade et qui se dévoile avec le récit.
La fin est à la hauteur, je n’avais pas vu venir le dénouement. Bon point !

⇒ En bref ?

J’ai trouvé cette enquête non-officielle passionnante. Le récit m’a tenu en haleine sans discontinuer. Je lirais avec plaisir d’autres livres de l’auteur.

Je conseille si vous aimez…

– les enquêtes très approfondies
– les psychologies des personnages très détaillées