Les BD de la semaine #5


Une grosse semaine lecture BD ! Pas moins de 7 albums lus, je n’en reviens encore pas !

1. Murena, t.5 : la déesse noire – Jean Dufaux et Philippe Delaby

Je suis maintenant bien avancée dans cette série historique au temps de la Rome Antique. Bien documenté, des illustrations réalistes que j’adore, je suis toujours aussi intéressée par l’histoire et celle des personnages.

Ici, Acté, ancienne favorite de l’empereur, retourne à sa vie anonyme après avoir laissé sa place à une rivale. Sa solitude va rejoindre celle d’un homme proche de l’empereur.
La toute fin du tome est d’ailleurs intenable : j’ai besoin de connaître la suite !

C’est édité chez Dargaud.


2. L’homme qui tua Lucky Luke – Matthieu Bonhomme

Si vous aimez l’univers de Lucky Luke, vous adorerez cet hommage vibrant à Morris, réalisé par Matthieu Bonhomme.

Comme tout le monde, je connais le célèbre cow-boy, et là quel kiffe avec cette lecture ! C’est bien fait, l’histoire est plaisante et rythmée.
Nous sommes en plein western, beaucoup d’action, on ne s’ennuie pas.
Les illustrations et la colorisation sont top.

Le personnage de Lucky Luke est génial, très border line dans son comportement, mais tellement attachant.
Un hommage réussi, que je conseille.

Edité par Lucky Comics.


3. Le troisième testament, t.1 : Marc ou le réveil du Lion – Xavier Dorison et Alex Alice

Tenant à la fois de l’historique et du fantastique, voilà une bande dessinée qui nous amène en plein coeur de l’Inquisition, au moment charnière de l’exécution des Templiers.
Dans la crypte d’une abbaye sont découverts des reliquaires mystérieux.

Moi qui suis adepte des thrillers ésotériques, j’ai peut-être trouvé leur pendant en BD avec cette série.
Pour le moment, peu de révélations, on pose le décor et l’ambiance. J’attends avec impatience de lire la suite pour m’en faire une idée plus large.

C’est paru chez Glénat.


4. Morgane – Stéphane Fert et Simon Kansara

Une petite déception ici, avec ce récit original s’appuyant sur le personnage mystérieux de Morgane, la demi-soeur du roi Arthur.

Le personnage très cynique et méprisant d’Arthur, en opposition avec la persévérance de Morgane.

Outre l’histoire qui ne m’a définitivement pas passionnée, ce sont surtout les illustrations à côté desquelles je suis passée. Je n’ai pas accroché à ces aplats de couleurs dans un camaïeu de violets. J’ai trouvé cette approche trop froide, aucune chaleur dans le dessin ou dans l’histoire.

A lire pour les amoureux de la légende arthurienne néanmoins.

C’est paru chez Delcourt, collection Mirages.


5. La trilogie du mal, t.1 : le bourreau de Portland – Michel Montheillet et Maxime Chattam

Enfin je me plonge dans l’adaptation BD de l‘excellente trilogie du mal de Maxime Chattam ! Il était temps, sachant que j’ai lu les romans il y a des années maintenant.

Une des premières fois que je lis une histoire de tueur en série en bande dessinée. Ce qui, je l’avoue, est assez perturbant, sachant que les mutilations sont bien visibles et atroces. Sans être gore, la BD est une transcription très correcte du roman ; et Maxime Chattam étant coauteur, cela n’est pas étonnant.
Les illustrations sont parfaites pour ce genre d’album : le dessin est très porté sur les ombres ; ce qui marche très bien pour les expressions des personnages.

L’histoire du bourreau de Portland donne envie de lire la suite, ce que je ne manquerais pas de faire très bientôt !

C’est paru chez Jungle.


6. Mike’s place : chronique d’un attentat – Jack Baxter, Joshua Faudem et Koren Shadmi

Voilà mon coup de coeur BD de la semaine. Un reportage époustouflant sur l’attentat qui a eu lieu en avril 2003 dans un bar de Tel Aviv, en Israël.

Jack Baxter part faire un documentaire sur le procès Barghouti. Quand il s’aperçoit qu’une équipe est déjà sur le coup, il change totalement de sujet : il décide de mettre en avant un lieu cosmopolitereligion et politique sont bannies pour ne laisser place qu’à la convivialité, l’amour et la joie.
Ce bar, Mike’s Place, va être la cible d’un kamikaze par le Hamas. Des amis vont mourrir, d’autres vont survivre, tant bien que mal. Se reconstruire pour combattre le terrorisme.

Un récit fort, émouvant et terriblement d’actualité presque quinze ans plus tard.

Edité chez Steinkis, maison d’édition que je ne connaissais pas.


7. La mort blanche : chronique de la Der des Der – Robbie Morrison et Charlie Adlard

Terrible récit sur la Première guerre mondiale du côté italien. Des combats à 2700 mètres d’altitude, avec la neige pour alliée et compagne de mort.

Avec des illustrations en noir et blanc, parfois juste de la suggestion dans le trait, les morts sont plus vrais que jamais. Des visages émaciés, des squelettes qui se battent, qui meurent et agonisent.
Un album qui m’a bouleversée et laissée un moment époustouflée. Il y a beaucoup d’émotions dans ce court récit illustré.

Un des coauteur n’est autre que l’un des illustrateurs de The Walking Dead. Du grand talent réunit pour un récit tragique, qui vaut devoir de commémoration.

C’est paru chez Delcourt.


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !

Rêver – Franck Thilliez


THILLIEZ, Franck. Rêver. Fleuve Editions, 2016, 595 pages, 21,90 €.



L’histoire :

« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »
Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.

Ce que j’en ai pensé :

J’en aurais mis du temps à lire le dernier livre de Franck Thilliez. Et quel pied maintenant que je l’ai lu !
Un moment de lecture incroyable encore une fois. De la précision, de la complexité, une écriture addictive. Ajoutez à cela les codes du thriller parfaitement maîtrisés et me voilà comblée.

Rêver, c’est l’histoire tout à fait étonnante d’Abigaël, psychologue, maman d’une ado et souffrant de narcolepsie. Tout un thème médical autour du sommeil que l’auteur approfondit pour le plus grand plaisir du lecteur.
A la suite d’un accident personnel dramatique, Abigaël voit sa vie basculer. Les médicaments qu’elle prend en masse, ainsi que l’alcool pour lutter contre la dépression lui créent des trous de mémoires terribles.
Par delà sa maladie, elle va vouloir faire la lumière sur tous les évènements qu’elle a subit ; que ce soit personnel ou bien la poursuite du kidnappeur d’enfants, enquête pour laquelle elle intervient en qualité de psychologue.

La construction du livre est très complexe, et beaucoup de lecteurs ont été perturbés. En cause la chronologie complètement déstructurée. La ligne de temps est hachée. De mon côté, cela ne m’a pas gêné. J’ai au contraire été encore une fois épatée par l’intelligence narrative de Franck Thilliez.

Du début à la fin, presque 600 pages et aucun moment qui m’a semblé long ou inutile. J’ai un vrai coup de coeur littéraire avec Thilliez, et cela se confirme de lecture en lecture.
La construction psychologique des personnages est géniale. Ici, principalement Abigaël et Frédéric. On tremble pour l’héroïne : la promesse du thriller est tenue.

Pour moi, c’est encore un pari gagnant.
Et j’attends impatiemment le prochain roman de l’auteur, qui nous fera retrouver son duo de choc : Lucie Henebelle et Franck Sharko !


Close-up, t.1 – Jane Devreaux


DEVREAUX, Jane. Close-up, t.1. Hugo et Cie, coll. Hugo New Romance, 2017, 14,50 €.



L’histoire :

Elle, c’est Sandre River. Ses yeux noirs trop maquillés en ont déjà fait trembler plus d’un. Elle est solitaire, mystérieuse, et tous craignent ses réparties.
Lui, c’est Joshua Anderson, le rugbyman le plus populaire du lycée. Celui qui sort avec la sublime et trop prude Marcy Shepard, et dont la vie paraît tellement droite, que cela ne peut que cacher des secrets.
Jamais, Sandre ne reconnaîtra qu’il lui plait. Jamais, Josh n’avouera que ses hormones le travaillent et qu’il n’en peut plus d’attendre. Une seule provocation de Sandre va suffire à bouleverser leur vie : « Tu sais quoi, mon vieux, t’as les couilles en ébullition et tu n’arrives plus à penser avec ta tête. »

Ce que j’en ai pensé :

Adeptes des romances new-adult américaines, attention ! Une nouvelle auteur débarque chez Hugo et Cie et elle est française ! Jane Devreaux m’a bluffée avec cette romance érotique façon campus américain et adolescents aux hormones en ébullition.
Commencé hier soir, fini cet après-midi. Impossible de lâcher les personnages et leur histoire. Jane Devreaux m’a littéralement transporté dans cet univers, avec Sandre et Josh, deux lycéens aux fêlures cachés.

Nous suivons Sandre et Josh. Sandre, la rebelle du lycée que tout le monde craint. Elle dit haut et fort ce qu’elle pense, et joue à la perfection son personnage d’asociale. Josh est une des vedettes du lycée, joueur de rugby et amouraché d’une jeune demoiselle très attachée aux convenances religieuses.
J’ai adoré ces deux ado, et particulièrement le caractère très complexe de Sandre, avec une histoire familiale qu’elle cache du mieux qu’elle peut afin de se protéger. Incapable de se situer dans la société, elle se cache derrière un maquillage outrancier et des vêtements informes.
Josh quant à lui se révèle tout au long du récit. La crainte se transforme vite en fascination, presque une drogue.

La narration alterne le point de vue de l’un et l’autre. Un point fort : c’est précisément un des éléments que j’apprécie dans les romances. Certes, rien de nouveau, mais c’est plutôt très bien fait.

L’Amérique puritaine est un des points centraux du roman, avec la pression religieuse et parentale que certains adolescents subissent. Le paraître est une notion que Jane Devreaux exploite très bien, avec le couple parfait de Josh et Marcy ; et l’image noire et irascible que véhicule Sandra.
L’improbable rapprochement du garçon brillant et de la fille sombre est complètement réussit.
⇒ Rien a redire sur l’écriture de l’auteur ; les scènes érotiques ont une belle place, la romance également, de même que les intrigues sur l’histoire des deux personnages.

Habituellement dans les romances que je lis, j’estime qu’un tome suffit largement. Or là, je sais que je veux lire la suite qui sortira vraisemblablement le 9 mars 2017. Et l’attente va être longue !


Les BD de la semaine #4


Une petite semaine de lecture, mais quand même deux albums à vous présenter.

1. Le Château, une année dans les coulisses de l’Elysée – Mathieu Sapin

Découverte par hasard à la bibliothèque, superbe découverte avec ce reportage dans les coulisses de l’Elysée, aux côtés de l’occupant actuel, François Hollande.
C’est une immersion auprès des plus intimes, on rencontre presque tous les corps de métiers qui gravitent au sein même de l’édifice, pour faire vivre la fonction de Président.
Avec humour et précision, Mathieu Sapin raconte ce microcosme, la liberté avec laquelle il a pu mettre sur le papier tout ce qu’il désire, sans censure.

C’est drôle tout en étant sérieux. Le côté reportage BD m’a vraiment plu. J’aime de plus en plus ce vecteur d’informations et d’idées que représente ce support.
Mathieu Sapin ? Je le découvre et il est clair que je le suivrais assidûment !

C’est édité chez Dargaud.


2. Tocqueville, vers un nouveau monde – Kévin Bazot

Une plongée dans les pas des découvreurs de l’Amérique, avec Tocqueville. En véritable ethnologue, il part à la recherche des indiens. Mais ce qu’il va trouver, ce ne sont que des miséreux asservis, méprisés par les colonisateurs.

La nature a une place dominante dans cet album, avec les illustrations très belles de Kévin Bazot. Le trait ressemble un peu aux dessins animés « Il était une fois l’homme« .
L’auteur montre la suprématie de l’européen colonisateur et moralisateur, qui a détruit une civilisation en seulement quelques années.

Une jolie découverte qui m’a fait passé un très bon moment.

C’est paru chez Casterman.


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !

Les BD de la semaine #3


Pour cette troisième semaine, encore trois albums lus et le tout plutôt convaincant, sans qu’il y ait de coup de coeur.

1. Doggybags, t.12 – Collectif

BD adulte par excellence, les Doggybags reprennent avec brio les pulps fictions de l’Amérique de la deuxième moitié du XXe siècle.

Dans ce douzième et avant-dernier opus, on nous l’avait annoncé : le Japon est mis à l’honneur.
Les illustrations de chacune des trois histoires reprennent un style manga, différents les uns des autres mais tous intéressants.
La première histoire est géniale, c’est celle que j’ai préféré et pour qui j’ai eu un réel coup de coeur. La dernière reprend les codes des samouraïs. Concernant la seconde histoire je suis passée à côté et n’ai donc pas accroché.

Comme d’habitude, chacun des récits permet une ouverture documentaire sur un thème précis : « crimes et collégiennes », « les samouraïs », le « sex made in Japan ». Toujours très instructif, ça donne une vraie valeur ajoutée à l’album.

C’est édité par le Label 619 de Ankama éditions. Et dans quelques jours sort le dernier tome, donc je vous laisse admirer la couverture.


2. Mort aux vaches – F. Ravard et A. Ducoudray

Lu dans le cadre du Prix de la BD Cezam et le prix BD Quais du Polar, j’ai été tout à fait surprise par cet album polar, moi qui en lit très peu.

Un braquage réussit, et des compères qui vont se retranchés en campagne le temps que l’affaire refroidisse.
Une bande dessinée en noir et blanc, où les personnages ont les visages et l’allure des Tontons Flingueurs. Plusieurs thèmes sont abordés : la sexualité, la vache folle, les réseaux de prostitution des pays de l’Est, les rapports entre les individus.

La couverture qui n’est pas sans rappeler les affiches cinématographiques des années 40 est représentative de ce que vous trouverez dans ce récit.

Un récit paru chez Futuropolis.


3. Hyver 1709, t.1 – N. Sergeef et P. Xavier

Avec cette bande dessinée, j’ai abordé le genre historique, avec un thème très précis : la famine et le rigoureux hiver 1709 sous le règne de Louis XIV.

Les paysages enneigés et la guerre qui fait rage condamnent les populations. Personne n’est épargné. Si bien que le blé vaut plus cher que l’or. Des menaces de dérober un gros chargement et voilà Loys Rohan sur les routes.

Ce que j’ai aimé dans cet album, c’est avant tout la grande qualité des illustrations et de la colorisation. Les personnages sont très travaillés et les paysages absolument magnifiques, malgré la rigueur hivernale qu’ils illustrent.
L’histoire n’est pas en reste. Assez simple mais néanmoins très plaisante. Je lirais le second tome de ce diptyque avec plaisir.

Edité par Glénat.


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !