Savoie, une montagne de légende – Lucien Chavoutier

Quatrième de couverture :

« Tous les pays qui n’ont plus de légendes seront condamnés à mourir de froid… »
Patrice de La Tour du Pin.

Mon avis :

Entre Histoire et légendes, le fossé semble immense. Les légendes n’en sont pas moins aussi importantes que l’Histoire. Elles véhiculent une histoire populaire, un témoignage de la vie à une époque et un lieu donné. Lucien Chavoutier nous les présente comme des compléments à l’Histoire que l’on nous conte traditionnellement.

Ici, c’est la Savoie qui est traitée mais également toute la chaîne alpine. Quelles légendes se sont créées ? A partir de quels évènements ? Quelles sont leurs particularités ? Au travers de quinze chapitres thématique, l’auteur nous entraîne dans la Savoie d’antan et dans l’imaginaire collectif de ses populations paysannes montagnardes.
L’on apprend notamment le mystère engendré par les Alpes, cette chaîne de montagnes magnifique, fascinante, mais aussi mystérieuse et parfois dangereuse. L’on apprend également la vie quotidienne des villageois, la relation entre les individus mais les rapports des hommes avec une nature très riche, qu’elle soit animale ou végétale.

Avec un effort certain de vulgarisation, l’auteur entraîne le lecteur familier vers des lieux connus de lui (notamment des villages savoyards de Maurienne et Haute-Maurienne) mais dont les légendes qui s’y attachent peuvent lui échapper. 
Pour ma part, j’ai beaucoup aimé retrouver les légendes autour du Diable, très présentes dans la région. Notamment celle du diable et du Pont du Diable à Bessans, village et station d’hiver que je connais bien.

L’auteur explique que les légendes sont essentielles pour l’Histoire. En la complétant, elle ne la renie pas. En effet, il explique assez bien que les populations ne sont pas naïves au point de prendre à la lettre les fables racontées lors des veillées. Cela permet simplement de créer des historiettes autour de fait divers : des gros blocs de pierre charriés par les glaciers ; les edelweiss, ces magnifiques fleurs qui ne poussent qu’entre 1000 et 3000 mètres d’altitude ; etc.

Plus qu’un recueil de légendes, ce livre est donc également un essai sur le rôle et la valeur de celles-ci. Une bibliographique très complète montre l’important travail de documentation de l’auteur (108 références sont citées dans le livre et reprises en fin d’ouvrage).
Je ne peux que recommander cette lecture aux savoyards et haut-savoyards. Pour les autres, n’hésitez pas à vous procurer des livres de cet acabit mettant en scène votre région. Très enrichissant.

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