L’homme à la bulle de savon – Sylvie Matton


MATTON, Sylvie. L’homme à la bulle de savon. Don Quichotte, 2014, 241 pages, 17,90 €.


L’histoire :

Patrick est à un tournant de sa vie. Aujourd’hui est un grand jour, il l’attend certainement depuis presque quinze ans, sans le savoir. Aujourd’hui, il va s’approprier une oeuvre d’art, la subtiliser au musée de Draguignan. Nous somme le 13 juillet 1999, il va voler « L’enfant à la bulle de savon » de Rembrandt.

Éléments de réflexion :

Ce roman est une non-fiction, puisqu’en 1999, Patrick Vialaneix dérobe réellement ce petit tableau estimé à 3 millions d’euros. Ce n’est qu’en mars 2014 que le tableau est restitué. Et son histoire n’est pas celle d’un petit trafiquant d’art issu d’un réseau organisé. Non. Son histoire est bien plus complexe. C’est ce que nous raconte Sylvie Matton avec ce roman.

l-enfant-a-la-bulle-de-savon-un-tableau_aa931676feaf01ae14dd18b087d5c879

Ce que j’ai apprécié :

– L’histoire prise dans son ensemble est fascinante du fait qu’il s’agisse d’une histoire vraie. En effet, on est dans la psychologie pure, en entrant dans la pensée et la vie schizophrène de Patrick. L’auteure utilise différents moyens de narration : dans la première partie, le lecteur suit Patrick dans le présent, le jour du vol du Rembrandt, puis en parallèle, il apprend tout de la vie de cet homme, de son enfance jusqu’à ce jour charnière. Dans la seconde partie, on suit la vie de Patrick avec le tableau : une vie de paranoïa pure et de culpabilité. Jusqu’à ce qu’on comprenne qu’il devient pour lui trop dur de vivre avec ce tableau, témoin de son passé malheureux.

– J’ai trouvé que l’auteure, sous couvert du roman, retrace avec perfection une histoire vraie mais surtout des états d’âme. Car ce que Patrick a vécu et ce qui l’amène à rencontrer et vivre avec celui qu’il appelle « L’Enfant » est tout bonnement terrible. Un père violent et sadique, une mère aimante mais effacée et sans pouvoir : le seul refuge pour Patrick lorsque son chien adoré meurt, c’est son double, celui dans lequel il se reconnaît. Celui qui lui parle. Car on est bien dans une forme élevée de schizophrénie puisqu’il estime réelles les voix de « l’Enfant » et du « peintre », qui l’accompagneront pendant presque trente ans !

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

Pas que j’ai eu des éléments négatifs lors de cette lecture, mais je pense que si je l’ai apprécié, c’est avant tout car il s’agit d’une histoire vraie.
Par contre, je trouve que le livre se termine trop tôt. Et cela pour deux raisons : tout d’abord, l’auteure choisit de ne pas aller jusqu’à la remise du tableau aux gendarmes par Patrick le 19 mars 2014 et surtout, j’aurais aimé une sorte de prologue avec le parcours de l’auteure, son travail de recherche et ses réflexions personnelles sur cette histoire. De plus, pourquoi avoir décidé de raconter cette histoire particulière ? Autant de questions qui attendent des réponses.

En bref ?

Une lecture très intéressante, où l’on entre dans la limite très fragile entre l’appréciation artistique et l’obsession.
En lien, un article de Culturebox.fr sur le retour du Rembrandt au musée de Draguignan.

Cadre de lecture : Lu grâce à l’agence de presse L&P Conseils et les éditions Don Quichotte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *