Le voyant – Jérôme Garcin


GARCIN, Jérôme. Le voyant. Gallimard, 2015, 192 pages, 17,50 €.


L’histoire :

Jacques Lusseyrand. Un nom qui ne parle à personne. Pourtant, il s’agit d’une figure de la résistance française, déporté et rescapé du camp de Buchenwald, puis mis au rebut par son pays, la France.

Ce que j’ai apprécié :

– Jérôme Garcin, par son entreprise même, a toute ma sympathie, car il a remis en lumière un homme qui a joué un rôle dans la résistance française lors de la Seconde Guerre Mondiale mais qui, comme beaucoup d’autres, n’a pas eu les faveurs de la postérité. Dans cette biographie, courte mais complète, il dresse le portrait de celui qui su tirer profit de sa cécité précoce pour voir autrement le monde qui l’entourait.
C’est un portrait tendre mais néanmoins sans concession.

– Je n’avais jamais entendu parler de Jacques Lusseyrand. Aveugle à huit ans, il trouva vite la lumière intérieure à défaut de voir à nouveau celle de l’extérieur. Un handicap qui ne l’empêchera pas de créer le groupe Les Volontaires de la Liberté dans son lycée de Louis-le-Grand en 1941. De même, il intègrera très vite le comité directeur du journal résistant Défense de la France. Il a seulement dix-sept ans.
On sait que nombre de résistants durant cette guerre furent parfois très jeunes. Ce livre, à travers l’histoire de Jacques Lusseyrand, leur rend aussi hommage. Car évidemment, la postérité ne pouvait peut-être pas retenir chaque nom de chaque courageux qui officia pour notre liberté. Mais les romanciers tels que Jérôme Garcin les aide à se reprendre une place, si petite soit-elle. Je loue cette démarche historique, et j’avoue avoir été particulièrement touchée par un passage du roman, où l’auteur cite des passages des lettres de certains jeunes résistants qui furent fusillés. Ils avaient moins de vingt ans et prouvent leur étonnante maturité et leur fierté de mourrir pour la liberté des futures générations. C’est terriblement émouvant.

– J’ai trouvé l’écriture de Jérôme Garcin magnifique. Je n’avais jamais lu cet auteur, mais quelle maîtrise de la langue, quelle poésie dans chacune de ses phrases. J’ai été sincèrement touchée par le style car, il révèle, entre les lignes, la tendresse et l’admiration de l’auteur pour son personnage. Ce n’est pas un biographie lambda. Ce n’est pas lourd, ni didactique. Ce n’est pas descriptif, ni dénué d’émotions. C’est tout le contraire, en vérité.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Je cherche des points plus négatifs à cette lecture mais à vrai dire je n’en trouve pas, à chaud. J’aurais pu dire que, ayant adoré ce livre, je me serais laissée aller à lire un peu de pages en plus. Mais en fait, non. Les quelques 190 pages se suffisent largement.

En bref ?

Premier livre sur 4 lu dans le cadre de la sélection finale du Prix Relay des voyageurs-lecteurs 2015. Et quelle lecture ! Si les trois autres livres sont du même acabit, le choix sera dur !

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