Nam-bok – Thierry Martin


MARTIN, Thierry. Nam-bok. Futuropolis, 2017, 104 pages, 18 €.


Ce que j’en ai pensé :

En s’appuyant sur une nouvelle de Jack London, « Nam-bok le hâbleur », Thierry Martin nous raconte l’histoire d’un homme parti très tôt de sa tribu natale certainement proche des inuits, et va découvrir malgré lui le monde.
Un jour, il revient alors que tout le monde le croit mort depuis longtemps. Et il se met à raconter le monde qu’il a découvert : des bateaux immenses, des maisons empilées les unes sur les autres, des villages avec plus de monde que l’on pourrait imaginer en rêve.
Alors qu’il est heureux d’offrir son nouveau savoir à son peuple, il est reçu avec une méfiance bien compréhensible.

Une histoire qui montre le choc des civilisations, et l’incompréhension du démesurément grand lorsque l’on vit très simplement. Les illustrations montrent ce que peuvent comprendre les amis de Nam-bok : le train devient un énorme monstre de fer, les immeubles des paillotes empilées les unes sur les autres.
Mais sont-ils prêts à croire Nam-bok ou simplement à envisager que cela est humainement possible ? Leur cerveau est-il apte à se représenter certains concepts ?

J’ai trouvé cet album magnifique et rempli d’enseignements. Très simple dans ses dessins et ses textes, il n’en est pas moins très riche.

Rendez-vous dans votre librairie préférée le 6 avril pour ne pas louper la sortie de cette pépite !
Chez Futuropolis.


Les BD de la semaine #6


Deux semaines de retard ! Mais finalement peu importe car je n’ai que 3 BD à vous présenter aujourd’hui.

1. Corps et âme – Matz, Jef et Walter Hill

Voilà une BD polar très bien faite, un gros coup de coeur pour les illustrations qui s’accordent parfaitement avec ce genre de récit.
On suit un homme de main, qui tue sur commande. Jusqu’au jour où, pris à propre jeu, il se réveille… en femme ! Une histoire de vengeance bien orchestrée.
Je recommande vraiment cet album, de la grande qualité.

C’est édité chez Rue de Sèvres.


2. Puzzle – Mig et Franck Thilliez

Une adaptation roman-BD que je voulais lire dès sa sortie. Et quel kiffe ! Gros gros coup de coeur pour cet album absolument génial. Magnifique collaboration entre l’auteur et l’illustrateur.

Puzzle se fonde sur les jeux de rôle, plus réels que nature. Gamers, accrochez-vous, vous allez frissonner ! Mais surtout vous serez dans l’impossibilité de lâcher cette petite bombe.
Un conseil quand même, lisez d’abord le roman de Thilliez. Cette adaptation est très fidèle et apporte un excellent complément au roman.

⇒ Hôpital psychiatrique désaffecté, énigmes, et fin tonitruante. A lire d’urgence !

Edité par Ankama.


3. Chroniques de Jérusalem – Guy Delisle

On ne présente plus Guy Delisle, le dessinateur qui tient un journal de bord de ses pérégrinations d’expatrié, suivant les pas de sa femme qui travaille pour Médecins sans Frontières.
Après la Birmanie, le voici donc à Jérusalem. Vaste programme pour un occidental complètement athée.

Des dessins toujours très enfantins, très accessibles, qui donnent une sorte de naïveté au discours. Cette même naïveté voulue avec laquelle il découvre le pays qui l’accueille.

J’ai été happée par ces chroniques, ai pris tout mon temps pour les lire afin de faire durer le plaisir et de les savourer d’autant plus.
J’ai d’ailleurs découvert beaucoup de choses sur Jérusalem et la Cisjordanie. On rit et on se cultive : le combo gagnant !

C’est paru chez Delcourt.


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !


Les BD de la semaine #5


Une grosse semaine lecture BD ! Pas moins de 7 albums lus, je n’en reviens encore pas !

1. Murena, t.5 : la déesse noire – Jean Dufaux et Philippe Delaby

Je suis maintenant bien avancée dans cette série historique au temps de la Rome Antique. Bien documenté, des illustrations réalistes que j’adore, je suis toujours aussi intéressée par l’histoire et celle des personnages.

Ici, Acté, ancienne favorite de l’empereur, retourne à sa vie anonyme après avoir laissé sa place à une rivale. Sa solitude va rejoindre celle d’un homme proche de l’empereur.
La toute fin du tome est d’ailleurs intenable : j’ai besoin de connaître la suite !

C’est édité chez Dargaud.


2. L’homme qui tua Lucky Luke – Matthieu Bonhomme

Si vous aimez l’univers de Lucky Luke, vous adorerez cet hommage vibrant à Morris, réalisé par Matthieu Bonhomme.

Comme tout le monde, je connais le célèbre cow-boy, et là quel kiffe avec cette lecture ! C’est bien fait, l’histoire est plaisante et rythmée.
Nous sommes en plein western, beaucoup d’action, on ne s’ennuie pas.
Les illustrations et la colorisation sont top.

Le personnage de Lucky Luke est génial, très border line dans son comportement, mais tellement attachant.
Un hommage réussi, que je conseille.

Edité par Lucky Comics.


3. Le troisième testament, t.1 : Marc ou le réveil du Lion – Xavier Dorison et Alex Alice

Tenant à la fois de l’historique et du fantastique, voilà une bande dessinée qui nous amène en plein coeur de l’Inquisition, au moment charnière de l’exécution des Templiers.
Dans la crypte d’une abbaye sont découverts des reliquaires mystérieux.

Moi qui suis adepte des thrillers ésotériques, j’ai peut-être trouvé leur pendant en BD avec cette série.
Pour le moment, peu de révélations, on pose le décor et l’ambiance. J’attends avec impatience de lire la suite pour m’en faire une idée plus large.

C’est paru chez Glénat.


4. Morgane – Stéphane Fert et Simon Kansara

Une petite déception ici, avec ce récit original s’appuyant sur le personnage mystérieux de Morgane, la demi-soeur du roi Arthur.

Le personnage très cynique et méprisant d’Arthur, en opposition avec la persévérance de Morgane.

Outre l’histoire qui ne m’a définitivement pas passionnée, ce sont surtout les illustrations à côté desquelles je suis passée. Je n’ai pas accroché à ces aplats de couleurs dans un camaïeu de violets. J’ai trouvé cette approche trop froide, aucune chaleur dans le dessin ou dans l’histoire.

A lire pour les amoureux de la légende arthurienne néanmoins.

C’est paru chez Delcourt, collection Mirages.


5. La trilogie du mal, t.1 : le bourreau de Portland – Michel Montheillet et Maxime Chattam

Enfin je me plonge dans l’adaptation BD de l‘excellente trilogie du mal de Maxime Chattam ! Il était temps, sachant que j’ai lu les romans il y a des années maintenant.

Une des premières fois que je lis une histoire de tueur en série en bande dessinée. Ce qui, je l’avoue, est assez perturbant, sachant que les mutilations sont bien visibles et atroces. Sans être gore, la BD est une transcription très correcte du roman ; et Maxime Chattam étant coauteur, cela n’est pas étonnant.
Les illustrations sont parfaites pour ce genre d’album : le dessin est très porté sur les ombres ; ce qui marche très bien pour les expressions des personnages.

L’histoire du bourreau de Portland donne envie de lire la suite, ce que je ne manquerais pas de faire très bientôt !

C’est paru chez Jungle.


6. Mike’s place : chronique d’un attentat – Jack Baxter, Joshua Faudem et Koren Shadmi

Voilà mon coup de coeur BD de la semaine. Un reportage époustouflant sur l’attentat qui a eu lieu en avril 2003 dans un bar de Tel Aviv, en Israël.

Jack Baxter part faire un documentaire sur le procès Barghouti. Quand il s’aperçoit qu’une équipe est déjà sur le coup, il change totalement de sujet : il décide de mettre en avant un lieu cosmopolitereligion et politique sont bannies pour ne laisser place qu’à la convivialité, l’amour et la joie.
Ce bar, Mike’s Place, va être la cible d’un kamikaze par le Hamas. Des amis vont mourrir, d’autres vont survivre, tant bien que mal. Se reconstruire pour combattre le terrorisme.

Un récit fort, émouvant et terriblement d’actualité presque quinze ans plus tard.

Edité chez Steinkis, maison d’édition que je ne connaissais pas.


7. La mort blanche : chronique de la Der des Der – Robbie Morrison et Charlie Adlard

Terrible récit sur la Première guerre mondiale du côté italien. Des combats à 2700 mètres d’altitude, avec la neige pour alliée et compagne de mort.

Avec des illustrations en noir et blanc, parfois juste de la suggestion dans le trait, les morts sont plus vrais que jamais. Des visages émaciés, des squelettes qui se battent, qui meurent et agonisent.
Un album qui m’a bouleversée et laissée un moment époustouflée. Il y a beaucoup d’émotions dans ce court récit illustré.

Un des coauteur n’est autre que l’un des illustrateurs de The Walking Dead. Du grand talent réunit pour un récit tragique, qui vaut devoir de commémoration.

C’est paru chez Delcourt.


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !

Rêver – Franck Thilliez


THILLIEZ, Franck. Rêver. Fleuve Editions, 2016, 595 pages, 21,90 €.



L’histoire :

« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »
Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.

Ce que j’en ai pensé :

J’en aurais mis du temps à lire le dernier livre de Franck Thilliez. Et quel pied maintenant que je l’ai lu !
Un moment de lecture incroyable encore une fois. De la précision, de la complexité, une écriture addictive. Ajoutez à cela les codes du thriller parfaitement maîtrisés et me voilà comblée.

Rêver, c’est l’histoire tout à fait étonnante d’Abigaël, psychologue, maman d’une ado et souffrant de narcolepsie. Tout un thème médical autour du sommeil que l’auteur approfondit pour le plus grand plaisir du lecteur.
A la suite d’un accident personnel dramatique, Abigaël voit sa vie basculer. Les médicaments qu’elle prend en masse, ainsi que l’alcool pour lutter contre la dépression lui créent des trous de mémoires terribles.
Par delà sa maladie, elle va vouloir faire la lumière sur tous les évènements qu’elle a subit ; que ce soit personnel ou bien la poursuite du kidnappeur d’enfants, enquête pour laquelle elle intervient en qualité de psychologue.

La construction du livre est très complexe, et beaucoup de lecteurs ont été perturbés. En cause la chronologie complètement déstructurée. La ligne de temps est hachée. De mon côté, cela ne m’a pas gêné. J’ai au contraire été encore une fois épatée par l’intelligence narrative de Franck Thilliez.

Du début à la fin, presque 600 pages et aucun moment qui m’a semblé long ou inutile. J’ai un vrai coup de coeur littéraire avec Thilliez, et cela se confirme de lecture en lecture.
La construction psychologique des personnages est géniale. Ici, principalement Abigaël et Frédéric. On tremble pour l’héroïne : la promesse du thriller est tenue.

Pour moi, c’est encore un pari gagnant.
Et j’attends impatiemment le prochain roman de l’auteur, qui nous fera retrouver son duo de choc : Lucie Henebelle et Franck Sharko !


Close-up, t.1 – Jane Devreaux


DEVREAUX, Jane. Close-up, t.1. Hugo et Cie, coll. Hugo New Romance, 2017, 14,50 €.



L’histoire :

Elle, c’est Sandre River. Ses yeux noirs trop maquillés en ont déjà fait trembler plus d’un. Elle est solitaire, mystérieuse, et tous craignent ses réparties.
Lui, c’est Joshua Anderson, le rugbyman le plus populaire du lycée. Celui qui sort avec la sublime et trop prude Marcy Shepard, et dont la vie paraît tellement droite, que cela ne peut que cacher des secrets.
Jamais, Sandre ne reconnaîtra qu’il lui plait. Jamais, Josh n’avouera que ses hormones le travaillent et qu’il n’en peut plus d’attendre. Une seule provocation de Sandre va suffire à bouleverser leur vie : « Tu sais quoi, mon vieux, t’as les couilles en ébullition et tu n’arrives plus à penser avec ta tête. »

Ce que j’en ai pensé :

Adeptes des romances new-adult américaines, attention ! Une nouvelle auteur débarque chez Hugo et Cie et elle est française ! Jane Devreaux m’a bluffée avec cette romance érotique façon campus américain et adolescents aux hormones en ébullition.
Commencé hier soir, fini cet après-midi. Impossible de lâcher les personnages et leur histoire. Jane Devreaux m’a littéralement transporté dans cet univers, avec Sandre et Josh, deux lycéens aux fêlures cachés.

Nous suivons Sandre et Josh. Sandre, la rebelle du lycée que tout le monde craint. Elle dit haut et fort ce qu’elle pense, et joue à la perfection son personnage d’asociale. Josh est une des vedettes du lycée, joueur de rugby et amouraché d’une jeune demoiselle très attachée aux convenances religieuses.
J’ai adoré ces deux ado, et particulièrement le caractère très complexe de Sandre, avec une histoire familiale qu’elle cache du mieux qu’elle peut afin de se protéger. Incapable de se situer dans la société, elle se cache derrière un maquillage outrancier et des vêtements informes.
Josh quant à lui se révèle tout au long du récit. La crainte se transforme vite en fascination, presque une drogue.

La narration alterne le point de vue de l’un et l’autre. Un point fort : c’est précisément un des éléments que j’apprécie dans les romances. Certes, rien de nouveau, mais c’est plutôt très bien fait.

L’Amérique puritaine est un des points centraux du roman, avec la pression religieuse et parentale que certains adolescents subissent. Le paraître est une notion que Jane Devreaux exploite très bien, avec le couple parfait de Josh et Marcy ; et l’image noire et irascible que véhicule Sandra.
L’improbable rapprochement du garçon brillant et de la fille sombre est complètement réussit.
⇒ Rien a redire sur l’écriture de l’auteur ; les scènes érotiques ont une belle place, la romance également, de même que les intrigues sur l’histoire des deux personnages.

Habituellement dans les romances que je lis, j’estime qu’un tome suffit largement. Or là, je sais que je veux lire la suite qui sortira vraisemblablement le 9 mars 2017. Et l’attente va être longue !