Marie-Madeleine, t.1 : Le livre de l’Elue – Kathleen McGowan


McGOWAN, Kathleen. Marie-Madeleine, t.1 : Le livre de l’Elue. Pocket, 2008, 535 pages, 8,10 €.


L’histoire :

Maureen Pascal est une journaliste, très sensible à la place des femmes dans l’histoire. Des femmes à qui elle veut redorer le blason. L’une d’elle notamment, Marie-Madeleine, est au coeur de ses recherches mais aussi de sa vie personnelle puisqu’elle a des visions qui la laisse dans un état de profonde tristesse. Ce qu’elle va mettre au jour risque de révolutionner le monde de la chrétienté.

Ce que j’en ai pensé :

Si vous avez aimé le célèbre Da Vinci Code de Dan Brown, et que vous l’avez lu il y a déjà longtemps, vous aimerez certainement ce premier tome de Marie-Madeleine. En effet, l’auteure reprend l’idée du mariage et de la descendance de Jésus et Marie-Madeleine, celle que l’église a érigé en pécheresse et prostituée.

Un thème qui m’intéresse beaucoup, même s’il est très récurrent en matière de thriller ésotérique. Néanmoins, j’ai trouvé la façon dont il est mené ici particulièrement prenante et, finalement assez crédible.
Sociétés secrètes, rivalités entre héritiers, manuscrit caché, évangile retrouvé… Tous les éléments sont présents pour coller aux codes de ce genre de littérature. Kathleen McGowan, comme elle l’explique dans une postface, s’est largement inspirée de sa propre expérience pour créer le personnage de Maureen. Car les rêves et les visions de cette dernière ont apparemment un écho dans sa vie personnelle. Quoiqu’il en soit, que l’on croit ou non à la véracité des dires des l’auteure, j’ai aimé l’histoire qu’elle développe autour de Marie-Madeleine. Et au-delà de cela, j’ai apprécié la précision et les détails qu’elle fournit autour de son récit. Au début du livre, nous sommes en 2005 avec Maureen et les autres personnages, en pays cathare principalement ; puis dans le dernier tiers nous nous retrouvons au temps de Jésus et Marie-Madeleine. Et là, c’est toute une mythologie que Kathleen McGowan imagine : mariage avec Jean-Baptiste, puis avec Jésus, femme forte, amoureuse, détentrice des enseignements du Chemin, et surtout mère des descendants de celui qui sera le Christ. Dans les grandes lignes, rien de nouveau sous le soleil des spéculations, mais le détail est si précis que j’ai adoré !
La fin donne à voir les intrigues du tome 2, que je possède déjà et qu’il me tarde de lire.

Toutefois, je note un bémol : trop peu de passages sur les réactions que cela pourrait susciter au sein de l’Eglise, or le problème viendrait essentiellement de là, puisque cela remet en cause tout l’imaginaire du Nouveau Testament.

Vous aimerez si…

  • Les thrillers ésotériques à la façon du Da Vinci Code de Dan Brown.
  • Les mystères autour des évangiles perdus vous intéressent.

Le Kabbaliste de Prague – Marek Halter


Quatrième de couverture :

À l’entrée du ghetto de Prague se dresse une statue que ni les Nazis ni les Soviétiques n’ont osé détruire : celle de rabbi Lœw, le MaHaRraL, celui qui, tel Dieu, insuffla la vie à un être de boue. C’est à ce personnage, le plus prestigieux représentant de la Kabbale, que s’est attaché Marek Halter pour revisiter la légende du Golem.

Mon avis :

Je n’avais jamais lu de livres de Marek Halter, aussi je viens de découvrir un auteur qui écrit merveilleuse bien. Plus qu’un auteur, c’est un conteur. Dans ce livre en tout cas. Et surtout, j’ai senti toutes les recherches qu’il a effectué pour écrire ce livre. A noter que j’ai beaucoup apprécié le glossaire en fin d’ouvrage qui ouvre au lecteur les secrets de la foi judaïque au travers du vocabulaire.

Le Kabbaliste de Prague est un roman biographique (sur David Gans), théologique (la Kabbale et le judaïsme), d’amour (filiale, religieux et romantique), historique (Renaissance, conflits entre chrétiens et juifs, siècle des découvertes sur l’Univers) ainsi qu’un roman sur les légendes urbaines (le Golem). Et tout cela se trouve condensé dans un roman d’à peine 280 pages (éd. Robert Laffont).

Le lecteur suit David Gans, un jeune homme au début du roman, qui va être un disciple du MaHaRaL de Prague : un rabbi, enseignant de la Kabbale et lié à la légende du Golem, une « créature humanoïde d’argile« . Ce grand penseur, comme tous les personnages du roman, ont réellement existés et participent à l’histoire de la religion juive. J’ai découvert tout cela dans l’épilogue puis en faisant quelques recherches sur Internet à la suite de cette lecture.
Quoiqu’il en soit, David Gans est un philosophe, mathématicien et astronome qui va se retrouver à avoir toute la confiance de son Maître. Notamment concernant la vie privée de ce dernier. En effet, dans le récit, on suit également les enfants du MaHaRaL ainsi que sa petite-fille Eva. Les relations entre tous les personnages font de ce roman un roman passionnel, plein d’émotions et d’érudition. David Gans va être amené à éduquer Eva, qui va devenir très instruite pour une femme de cette époque (on est à la fin du 16e siècle) et qui va également voyagé afin de trouver des scientifiques, des idées nouvelles à ramener à Prague pour l’empereur Rodolphe.
J’ai vraiment beaucoup aimé le personnage de David Gans qu’a recréé Marek Halter. Il est entier, érudit, dévoué à la Kabbale et à son Maître. Il est aussi un homme avec ses faiblesses, qu’il reconnaît et essaie de combattre ; et d’une grande sensibilité. 
Les personnages de Jacob et Isaac, ses amis et parents du grand MaHaRaL, représentent plutôt les religieux ancrés dans leur foi, qui étudient sans vraiment faire évoluer leurs idées. En tout cas c’est l’impression qu’ils m’ont donné.

Ce livre est aussi un bel élan d’amour pour le judaïme, religion que je connais très peu. Les conflits historiques entre chrétiens et juifs sont bien retranscrit dans le roman ; dans toute leur horreur d’ailleurs. Pourtant il n’y a pas une volonté de dénigrer la religion chrétienne. Ce que j’ai aimé, c’est me plonger dans cette période historique de la Renaissance qui est fascinante car une floppée d’illustres penseurs ont vécu à cette époque. Ainsi, David Gans va cotoyer Tycho Brahé et Kepler et va rencontrer Galilée lors d’un voyage en Italie. Apparemment, d’après les informations que j’ai trouvé sur lui, ce serait l’un des premiers à parler ouvertement de Copernic et de ses travaux.

Que dire de plus ? La légende du Golem est peut-être la partie qui m’a le moins passionné. Je la trouve trop fantaisiste, et pourtant que ce soit vrai ou non, l’essentiel est que ce mythe tient une place très importante dans la foi juive.

Un roman que j’ai vraiment apprécié. J’y ai appris plein de choses en peu de pages. Et surtout, j’ai découvert un auteur et son écriture qu’il me tarde de retrouver dans ses autres livres !