Archives de catégorie : Fantaisie/Fantastique/SF

Le goût du sang – Claire Charon


CHARON, Claire. Le goût du sang. Editions de la Reine, 2015, ebook. 0,99€.


L’histoire :

« — Bon avoue, c’est bien du sang qu’tu bois, hein ? »
Cette phrase va bouleverser le quotidien si bien ordonné d’Henri. Le vieux vampire deviendra vite accro à Charlotte.
Mais que cherche vraiment la jeune fille ? Où les conduira cette relation hors normes ?
Henri aurait peut-être dû se montrer plus prudent avant de goûter à l’amour !

Éléments de réflexion :

Une nouvelle très courte, où le méchant n’est pas forcément celui que l’on croit !

Ce que j’ai apprécié :

– Le personnage de Henri, un vampire de la cinquantaine (enfin, 174 ans en vérité mais il a été transformé vers cinquante ans), est très solitaire, très déprimé. Sa condition de vampire le dégoûte et il ne souhaite aucune amitié. Hormis celle d’Irène, infirmière, qui l’aide au quotidien devant sa léthargie de vieillard.

– J’ai beaucoup aimé le tout début, où on rencontre Henri dans une situation pour le moins hilarante concernant un vampire ! J’ai trouvé l’image délectable et une parfaite entrée en matière. De même que la fin où Henri tombe des nues face à la personnalité de Charlotte, qui lui a redonné goût de « vivre ».

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Une nouvelle, certes, mais vraiment trop courte ! Si bien que l’histoire va vite, trop vite, avec des situations qui m’ont semblé pas assez approfondies.

– L’écriture de Claire Charon est très agréable, l’humour est sous-jacent et j’aimerai vraiment la retrouver dans un roman afin que son potentiel soit mis en exergue.

En bref ?

Une lecture en demi-teinte. Tout d’abord, je ne peux pas passer sous silence que je ne suis pas fan du format nouvelle. Les histoires me laissent trop souvent sur ma faim. Ici, c’est le cas, et pourtant l’histoire de fond me semble très prometteuse pour un début de roman par exemple.
Si Claire Charon écrit un roman, je suis preneuse pour le découvrir cependant car j’aime beaucoup son écriture et elle semble ajouter la pointe d’humour essentiel à la bit-lit !

Cette nouvelle est disponible au format électronique sur le site des Editions de la Reine, au prix dérisoire de 0,99 euros.

Les ailes d’émeraude – Alexiane de Lys


DE LYS, Alexiane. Les ailes d’émeraude. Nouvelles Plumes, 2014, 697 pages, 19,95 €.


L’histoire :

Cassiopée à 18 ans, elle se doit de quitter l’orphelinat où elle a vécu douze ans. Livrée à elle-même, elle enchaîne les petits boulots, jusqu’au jour où elle se fait violemment agressée et sauvée in extremis par un beau et taciturne jeune homme, Gabriel. Ce dernier va l’amener à découvrir sa véritable personnalité : elle est en réalité une Myrme ; une sorte d’humaine mutante, dotée d’ailes magnifiques. N’ayant plus rien à perdre dans son ancienne vie, la voilà parachutée dans une ville dédiée à ce peuple inconnu dont elle a toujours fait partie.

Éléments de réflexion :

Un roman de fantasy où l’auteure développe un peuple de surhumains dotés de capacités nommées les Sens Phare, où l’un des cinq sens surdéveloppés.

Ce que j’ai apprécié :

– Tout d’abord, et pas des moindres, ce livre a reçu le prix de l’imaginaire 2014 et il a été écrit par une jeune fille de dix-neuf ans. En tenant compte de ce dernier point, j’avoue avoir été surprise du volume impressionnant de pages : presque 700 ! Pour une toute jeune auteure, c’est édifiant.

– Le gros point fort de ce roman, c’est la mythologie des Myrmes, ce peuple ailé dotés de capacités surhumaines. Leur histoire est particulièrement bien détaillée et j’ai beaucoup apprécié cette rigueur dans la description de l’univers. De plus, les Myrmes ne sont pas vraiment des créatures surnaturelles. Il s’agit plutôt d’humains ayant des gènes mutants, qui les permettent de développer leurs sens à l’extrême. Cela rappelle la théorie scientifique selon laquelle nous n’utilisons que 10% des capacités de notre cerveau. Ainsi, l’ouïe, l’odorat ou encore la vue sont surdéveloppés selon plusieurs « facettes » (la vue de l’aigle, de la mouche, du chat par exemple). Pour appréhender au mieux ces nouvelles capacités, les nouveaux Apprentis, sont soumis à une éducation où il leur est enseigné comment apprivoiser leur nouveau « moi ».
Cette mythologie très précise m’a beaucoup plu et, j’en suis sûre, plaira aux adolescents amateurs de science-fiction et de fantasy.

– Ensuite, le personnage de Cassiopée, bien que parfois débordant d’immaturité, est très représentatif de l’adolescente type. Elle s’emporte très facilement, ses émotions la guidant toujours à l’excès, pour son plus grand désespoir d’ailleurs. Les garçons l’attirent, surtout Gabriel et la jalousie de celle qui n’a pas confiance en elle est toujours latente. Mais ce que j’ai aimé chez cette jeune femme, c’est l’humour que lui donne Alexiane de Lys : toujours prête à se maudire intérieurement pour telle réflexion ou telle action, à fantasmer sur Gabriel, etc. Le lecteur suit vraiment toutes les pensées de ce personnage principal, à tel point qu’il le connaît par coeur à la fin.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Malheureusement, j’ai trouvé le livre beaucoup trop long, du fait des interactions entre les personnages ; notamment entre Cassiopée et Gabriel ; qui sont parfois très redondantes. J’ai trouvé cela un peu lassant à la longue. Mais je crois aussi que j’ai très peu l’habitude (jamais en fait) de lire de fantasy, qui est un genre propice aux romans longs et très descriptifs.

En bref ?

Un roman fantasy particulièrement complet, avec un univers riche et original. Il plaira à coups sûrs aux adolescents mais moins aux adultes selon moi.
Quoiqu’on en pense de toute façon, il faut garder en tête que ce premier roman est celui de la jeunesse pour Alexiane de Lys, tout juste vingt ans, et qu’elle ne manquera pas ; je l’espère ; de poursuivre l’aventure de l’écriture.

Cadre de lecture : Lu grâce à l’agence de presse Gilles Paris et les éditions Nouvelles Plumes.

Au-delà des étoiles – Beth Revis


REVIS, Beth. Au-delà des étoiles. Pocket Jeunesse, 2014, 441 pages, 18,50 €.


L’histoire :

Un immense vaisseau est construit pour coloniser une nouvelle planète jugée habitable, Centauri, après 350 ans de voyage. Des élites scientifiques et militaires sont cryogénisés et ne seront dégelés qu’à l’arrivée du vaisseau pour créer une nouvelle civilisation.
Amy, dix-sept ans, est du voyage car ses deux parents embarquent. Mais elle est sortie de son sommeil forcé bien avant la période fixée.

Éléments de réflexion :

Un huis-clos d’où il est impossible de sorti, qui développe toutes les réflexions autour de la promiscuité et de la manipulation.

Ce que j’ai apprécié :

– Tout d’abord, ce livre m’a interpellé par son thème : la construction d’un immense vaisseau en vue de la colonisation d’une nouvelle planète. Et ceux pour une raison simple : cela m’a immédiatement rappelé un livre de Bernard Werber ; « Le papillon des étoiles » ; lu il y a quelques années et que j’avais adoré. Aussi, j’étais curieuse de savoir comment Beth Revis avait abordé ce thème.

– Un point rapide sur la construction du vaisseau, que j’ai trouvé particulièrement crédible. C’est un point peut-être négligeable, mais j’aime quand l’auteur colle le plus possible au vraisemblable. Et en effet, ici, Beth Revis nous apprend d’une ligne que le vaisseau a été construit en orbite, avec acheminement du matériel : on comprend aisément qu’un vaisseau plus que gigantesque ne pourrait décoller avec l’attraction terrestre. Astucieux.

– Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est le huis-clos : un endroit duquel les personnages ne peuvent sortir. Horizon limité, aucune chance d’en sortir, pas de possibilité de fuir. Les personnages doivent donc vivre toute leur vie (le vaisseau est conçu pour voyager trois cent cinquante ans avant d’arriver à destination, sur la planète Centauri). Comment réussir cette vie en autarcie avec autant d’individus et donc de personnalités différentes ? Evidemment, il y a un chef, qui est suprême et incontestable. Et bien que la pratique soit choquante, comment éviter le processus de manipulation des esprit pour éviter les débordements ? Une réflexion déontologique fascinante et dont les réponses ne sont pas évidentes. En effet, le Doyen en chef parle de facteurs de discorde sur Terre, qu’il a fallu annihiler sur le vaisseau, et notamment les multi-ethnies et l’absence de chef « autoritaire et charismatique » : les habitants du vaisseau se ressemblent tous et le Doyen a les pleins pouvoirs. Le parallèle avec les dictatures et notamment le nazisme et l’idéologie aryenne n’est pas loin.

– Ces romans dits « dystopiques » sont un reflet de l’actualité terrestre. Réchauffement climatique, dérèglement des civilisations, choc des religions… autant de thèmes qui, pour les auteurs de science-fiction, sont du pain béni. Ils permettent de penser à un avenir futuriste utopique (et donc contre-utopique, l’un allant rarement sans l’autre) et d’imaginer les nouvelles interactions entre les individus.
J’aime beaucoup ces romans, qui sont légions dans la littérature young-adult actuelle, qui offrent à réfléchir à notre monde et à son évolution.

– Enfin, les deux personnages principaux du roman sont sympathiques. Amy est la figure terrestre, celle qui a été cryogénisée dans le but d’être réveillée à l’arrivée sur Centauri pour participer au peuplement de cette colonie d’un genre nouveau. Elle est l’élément perturbateur qui arrive dans un univers en tous points différents de ce qu’elle connaît et qui va commencer à soulever des interrogations chez certains individus, et notamment chez Elder, le futur Doyen (celui qui dirige le vaisseau), qui va développer des sentiments pour Amy et écouter avec stupéfaction ses revendications et son point de vue sur la vie du vaisseau. Une vie où la manipulation est le maître mot.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– J’ai trouvé beaucoup de scènes répétitives, notamment concernant la zone des cryogénisés. Au bout d’un moment, on sait que c’est une zone sensible et surtout une zone inconnue et vandalisée.

– Le début du récit m’a semblé un peu long, j’attendais avec impatience une révélation, un élément déclencheur qui est arrivé un peu tard à mon goût. Et cela va de pair avec le fait que l’on ne sait pas vraiment pourquoi ce vaisseau a été construit : y a-t-il eu un élément déclencheur ? Pandémie, guerre mondiale, cataclysme naturel ? Ou est-ce tout simplement une mesure d’anticipation ? Je pencherai pour cette dernière explication mais rien ne le prouve explicitement dans le récit et cela m’a beaucoup manqué au début de l’histoire.

En bref ?

Un roman jeunesse dont j’ai adoré le thème. Le huis-clos est intéressant bien que parfois un peu lent et répétitif. Néanmoins, bonne approche et bonne base pour les prochains tomes (trilogie).

Cadre de lecture : Lu dans le cadre de la lecture commune avec plusieurs lecteurs mise en place sur la page Facebook « Mon Petit Club de Lecture – MissMymooReads » en vue du LiveShow qui aura lieu sur YouTube courant novembre.
(Je mettrais le lien une fois qu’il aura eu lieu)

0.4 – Mike A. Lancaster

couv19175536L’histoire :

Kyle Straker est un jeune homme tout à fait normal, avec une vie normale et des amis normaux. Jusqu’au jour où, participant à un concours des amateurs en tant que spectateur, il accepte avec quatre autres volontaires, de se faire hypnotiser. Mais quand ils se réveillent, tout semble avoir subtilement changer. Que s’est-il passé ?

Éléments de réflexion :

Un roman qui aborde les changements de civilisation (en accéléré) avec brio, en insistant sur la difficulté de se sentir inutile et méprisé.

Les points positifs :

– J’ai aimé le format original choisi par l’auteur pour développer son histoire : Kyle nous raconte son histoire (et l’histoire de l’être humain en quelque sorte) sous forme d’enregistrement sur trois cassettes audio, faces A et B. Parfois le récit est donc tronqué. De plus des notes apparaissent assez souvent, comme des indications données par les humains actuels pour expliquer certains mots, expressions, etc.

– De plus, j’ai trouvé le thème du changement social excellent. Comme toute dystopie, le monde actuel a changé au profit d’un autre. Mais ici, il n’est pas question de guerre, mais d’un phénomène beaucoup plus intéressant selon moi. Je ne peux pas en dire plus pour ne pas dévoiler l’intrigue, mais j’ai trouvé l’idée excellente et particulièrement ancrée dans notre époque.

Les points négatifs :

– Beaucoup trop court. Certes, il y a un second volet, 1.4, mais toujours pas paru en France… Je me demande même si ça sera le cas un jour. Si vous avez des informations, je suis preneuse !

– Les personnages n’ont pas été très intéressants. Disons que j’ai eu l’impression qu’ils étaient là uniquement pour porter l’histoire et la thématique mais je n’ai pas trouvé leurs personnalités très profondes. Si bien que je n’ai pas eu d’attachement particulier. Si je suis curieuse de la suite, c’est uniquement du fait du thème développé.

En bref :

Un roman de science-fiction jeunesse dont le thème dystopique est particulièrement original et intéressant.

Profil – Jay Asher & Carolyn Mackler

couv55750337L’histoire :

Milieu des années 90. Emma a quinze ans et son père lui offre un ordinateur de bureau sous Windows 95. En naviguant sur ce nouvel objet, et notamment sur Internet, une page s’ouvre : Facebook. Késako ? En y regardant de plus près, elle se rend compte qu’il s’agit de sa vie, quinze ans plus tard.

Éléments de réflexion :

La thématique du voyage dans le temps est explorée par les auteurs au travers d’un bug informatique qui fait voir à Emma et son ami Josh ce que sera leur vie, et celles de leurs amis, dans quinze ans.
C’est grâce ou à cause de Facebook, un site social tout à fait inconnu pour eux, qu’ils vont faire une plongée vertigineuse dans leur futur.
Les auteurs ont choisi d’aborder ce sujet en imaginant toutes les implications de la connaissance de ce futur : Emma voyant que certaines choses lui déplaisent, va interagir sur le présent, sans s’imaginer les lourdes conséquences sur son avenir.
Sur le principe du battement d’aile qui se transforme en tornade.

Les points positifs :

– Le thème vu et revu du voyage dans le futur est abordé via un réseau social archiconnu à notre époque. C’est donc en s’appuyant sur l’actualité temporelle que les auteurs imaginent cette fenêtre sur le temps.
– J’ai bien apprécié les premières impressions des jeunes Emma et Josh qui ne comprennent pas pourquoi tout le monde raconte des pans de sa vie aussi privés que futiles. J’ai trouvé ça très vraisemblable.
– La vraisemblance des réactions des personnages de Josh et Emma qui évidemment ne vont pas pouvoir rester de marbre face aux révélations qui leur tombent dessus.

Les points négatifs :

Peut-être un brin de prévisibilité mais en même temps, quand on lit ce genre de livre on se doute bien de la fin : le tout c’est de savoir comment l’auteur va y arriver. Je le mets en point négatif mais sans conviction. En effet, il est de ce genre d’histoires (je pense notamment aux romans de chick-lit), qu’on ne lit pas pour le retournement final mais pour les rebondissements au cours de la lecture.

En bref :

Un roman jeunesse agréable à lire, sans prétention mais bien fait.