Archives de catégorie : Jeunesse/Young Adult

2 amies pour la vie !, t.1 : Un mensonge gros comme ça ! – A.-M. Pol et I. Maroger


POL, Anne-Marie & MAROGER, Isabelle. 2 amies pour la vie !, t.1 : Un mensonge gros comme ça !. Flammarion, 2015, 61 pages, 6,30 €.


L’histoire :

Cléo est en CM2. Elle n’a pas vraiment d’amie proche, à part deux camarades de classe qui aiment visiblement beaucoup se moquer d’elle. Aussi, quand leur institutrice leur demande une rédaction sur leur meilleur(e) ami(e), elle est dévastée et n’ose avouer qu’elle n’en a pas. Pour s’en sortir elle raconte que sa amie la plus proche est une princesse. Jusqu’au moment où elle rencontre Chloé, qui vient d’emménager dans son immeuble.

Ce que j’en ai pensé :

Un livre destiné aux petites filles de sept/huit ans, qui aborde plusieurs sujets en quelques pages à peine :

– les bienfaits de l’amitié et surtout d’une amitié partagée, sans honte et sans moqueries.
– les différences qui n’empêchent pas que l’on puisse parfaitement s’accorder et se plaire : Cléo est une petite rouquine et Chloé est sénégalaise.
– l’imagination aussi, car l’écrit que Cléo doit rendre à l’école n’est pas nécessairement véridique au moment où elle le rédige. C’est la vraisemblance qui compte, non la réalité pure.

Dans ce livre, j’ai beaucoup aimé les dessins que j’ai trouvé très jolis et bien adapté à un public de fillettes. De même que la typographie et la mise en page sont excellentes, et notamment chaque début de chapitre qui est signalé en gros et en rouge et qui, par une phrase, résume ce qui s’est passé dans le chapitre précédent : parfait pour lire un chapitre avant d’aller se coucher et reprendre le lendemain !

En bref, je pense que cette lecture est très rafraichissante pour les fillettes et que les parents peuvent en faire une bonne base pour apprendre certaines notions comme l’amitié, la tolérance et le mensonge aux enfants.

Rush, t.4 : Chasse à l’homme – Phillip Gwynne

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GWYNNE, Phillip. Rush, t.4 : Chasse à l’homme. Casterman, 2015, 270 pages, 15 €.


L’histoire :

Pour Dom, la vie n’est pas de tout repos. Depuis qu’il a quinze ans, en tant qu’aîné masculin de sa famille, il se doit de se tenir à disposition de la Dette, autrement dit la mafia, pour effectuer six contrats. Sous peine de représailles physiques s’il ne s’y tient pas. Alors qu’il va passer un moment en Italie pour les jeux olympiques de la jeunesse, le quatrième contrat arrive…

Ce que j’en ai pensé :

– Un quatrième tome qui ne perd pas en rythme, bien au contraire. Je trouve cette saga particulièrement bien construite et très alléchante pour les jeunes garçons. Filles aussi, mais les histoires, les couvertures tout comme le personnage principal qui est un garçon, amène à penser que les garçons seront plus sensibles à l’histoire de Dom.
Pour ce quatrième contrat, j’ai aimé quitté l’Australie pour me retrouver en Italie, terre des ancêtres de Dom Silvagni. Là-bas, il va se retrouver face à ses racines et à des secrets qu’il était loin d’imaginer. Et l’auteur n’est pas en reste en terme de suspense car, à la fin du livre, les réponses concernant ces secrets ne nous sont pas données ! Aussi, l’envie d’avoir le tome 5 entre les mains est bien présente !

– Concernant l’histoire, comme d’habitue, on suit à la fois la vie d’un adolescent de quinze passionné de sport et son aventure pour la Dette. Néanmoins, j’ai été surprise que cette seconde partie n’apparaisse qu’à la moitié du livre seulement. J’ai trouvé que cela était un peu trop long sachant que le thème du livre ; et de la saga ; est avant tout les contrats à remplir pour la N’Drangheta.

– L’immersion en Italie dans ce livre est intéressante car on se frotte au milieu des mafiosi. Et ici notamment de l’opposition entre deux familles : celle de Dom, les Silvagni, et le clan Strangio. Mine de rien, l’auteur parle d’un sujet très important pour ce pays, à savoir les histoire de vengeance, oeil pour oeil, dent pour dent. D’où le fameux chapitre « Il tuo sangue » où on fait comprendre à Dom que ce n’est parce qu’il n’a pas lui-même commis un crime qu’il ne doit pas payer de son sang. Je ne sais pas si les jeunes lecteurs y seront sensibles, mais j’aime qu’une saga jeunesse traite de ces réseaux mafieux.

En bref ?

Encore une fois, ce tome quatre est à la hauteur de la saga, bien que le contrat est long à arriver. Néanmoins, j’apprécie toujours l’action et le rythme soutenu de l’histoire. La lecture en est très rapide et sera finalement bien addictive pour un jeune lectorat je pense.

Le journal nul de mes amours nulles – Bernard Friot


FRIOT, Bernard. Le journal nul de mes amours nulles. Flammarion, 2015, 141 pages, 10 €.


L’histoire :

Ben est en cinquième et, à son grand désespoir, sa prof de français décide de leur donner pour devoir sur une période de trois mois, de rédiger un journal intime qu’elle lira et notera régulièrement. Un travail exécrable pour Ben qui décide de se créer une réalité pas tout à fait vraie !

Ce que j’en ai pensé :

– Un roman avant tout humoristique, destiné à un jeune public, fille ou garçon, à partir de 10 ans. Ce que j’ai trouvé intéressant au premier coup d’oeil, c’est la mise en page et les différentes typographies que l’auteur intègre dans son livre. Je trouve ça vraiment intelligent pour un lectorat jeune, qui débute peut-être dans l’activité littéraire. Ainsi, on y trouve des annotations, des collages, des dialogues, des pages de journal, des pages qui paraissent froissées.

– Dans ce livre, le thème le plus intéressant qui est abordé est celui de l’homosexualité, à un âge où les jeunes garçons ne se posent pas vraiment la question si les filles leur plaisent ou non. Mais Ben, pris à son propre jeu en recopiant le journal intime de sa grande soeur, va être confronté à ces questions par sa prof, Mademoiselle Dumoulin. Et de là, il se demande si effectivement son orientation sexuelle est déjà actée ou non. Le sujet est bien amené mais malheureusement trop en surface et trop peu approfondit selon moi.
Néanmoins, j’ai trouvé ce livre franchement drôle et il m’aurait beaucoup plu quand j’avais une dizaine d’année, ça c’est un fait certain ! En plus, la couverture est géniale et très attirante en librairie.
Le livre est assez court donc je pense qu’un enfant qui n’a pas l’habitude de lire ne sera pas effrayer. De même que j’aime ce concept de mise en page ludique pour amener un jeune à la lecture.

– Il y a aussi le thème de la transmission entre enfant et personnes âgées, lorsque Ben va rendre visite à M. Demirel à la maison de retraite.

En bref ?

J’ai été agréablement surprise par ce livre car, même pour une adulte, j’ai réellement souri à plusieurs moments de ma lecture.
L’auteur a également écrit : « Le livre de mes records nuls » ainsi que « Le cahier de mes vacances nulles (et de gribouillages) ».

Au-delà des étoiles – Beth Revis


REVIS, Beth. Au-delà des étoiles. Pocket Jeunesse, 2014, 441 pages, 18,50 €.


L’histoire :

Un immense vaisseau est construit pour coloniser une nouvelle planète jugée habitable, Centauri, après 350 ans de voyage. Des élites scientifiques et militaires sont cryogénisés et ne seront dégelés qu’à l’arrivée du vaisseau pour créer une nouvelle civilisation.
Amy, dix-sept ans, est du voyage car ses deux parents embarquent. Mais elle est sortie de son sommeil forcé bien avant la période fixée.

Éléments de réflexion :

Un huis-clos d’où il est impossible de sorti, qui développe toutes les réflexions autour de la promiscuité et de la manipulation.

Ce que j’ai apprécié :

– Tout d’abord, ce livre m’a interpellé par son thème : la construction d’un immense vaisseau en vue de la colonisation d’une nouvelle planète. Et ceux pour une raison simple : cela m’a immédiatement rappelé un livre de Bernard Werber ; « Le papillon des étoiles » ; lu il y a quelques années et que j’avais adoré. Aussi, j’étais curieuse de savoir comment Beth Revis avait abordé ce thème.

– Un point rapide sur la construction du vaisseau, que j’ai trouvé particulièrement crédible. C’est un point peut-être négligeable, mais j’aime quand l’auteur colle le plus possible au vraisemblable. Et en effet, ici, Beth Revis nous apprend d’une ligne que le vaisseau a été construit en orbite, avec acheminement du matériel : on comprend aisément qu’un vaisseau plus que gigantesque ne pourrait décoller avec l’attraction terrestre. Astucieux.

– Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est le huis-clos : un endroit duquel les personnages ne peuvent sortir. Horizon limité, aucune chance d’en sortir, pas de possibilité de fuir. Les personnages doivent donc vivre toute leur vie (le vaisseau est conçu pour voyager trois cent cinquante ans avant d’arriver à destination, sur la planète Centauri). Comment réussir cette vie en autarcie avec autant d’individus et donc de personnalités différentes ? Evidemment, il y a un chef, qui est suprême et incontestable. Et bien que la pratique soit choquante, comment éviter le processus de manipulation des esprit pour éviter les débordements ? Une réflexion déontologique fascinante et dont les réponses ne sont pas évidentes. En effet, le Doyen en chef parle de facteurs de discorde sur Terre, qu’il a fallu annihiler sur le vaisseau, et notamment les multi-ethnies et l’absence de chef « autoritaire et charismatique » : les habitants du vaisseau se ressemblent tous et le Doyen a les pleins pouvoirs. Le parallèle avec les dictatures et notamment le nazisme et l’idéologie aryenne n’est pas loin.

– Ces romans dits « dystopiques » sont un reflet de l’actualité terrestre. Réchauffement climatique, dérèglement des civilisations, choc des religions… autant de thèmes qui, pour les auteurs de science-fiction, sont du pain béni. Ils permettent de penser à un avenir futuriste utopique (et donc contre-utopique, l’un allant rarement sans l’autre) et d’imaginer les nouvelles interactions entre les individus.
J’aime beaucoup ces romans, qui sont légions dans la littérature young-adult actuelle, qui offrent à réfléchir à notre monde et à son évolution.

– Enfin, les deux personnages principaux du roman sont sympathiques. Amy est la figure terrestre, celle qui a été cryogénisée dans le but d’être réveillée à l’arrivée sur Centauri pour participer au peuplement de cette colonie d’un genre nouveau. Elle est l’élément perturbateur qui arrive dans un univers en tous points différents de ce qu’elle connaît et qui va commencer à soulever des interrogations chez certains individus, et notamment chez Elder, le futur Doyen (celui qui dirige le vaisseau), qui va développer des sentiments pour Amy et écouter avec stupéfaction ses revendications et son point de vue sur la vie du vaisseau. Une vie où la manipulation est le maître mot.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– J’ai trouvé beaucoup de scènes répétitives, notamment concernant la zone des cryogénisés. Au bout d’un moment, on sait que c’est une zone sensible et surtout une zone inconnue et vandalisée.

– Le début du récit m’a semblé un peu long, j’attendais avec impatience une révélation, un élément déclencheur qui est arrivé un peu tard à mon goût. Et cela va de pair avec le fait que l’on ne sait pas vraiment pourquoi ce vaisseau a été construit : y a-t-il eu un élément déclencheur ? Pandémie, guerre mondiale, cataclysme naturel ? Ou est-ce tout simplement une mesure d’anticipation ? Je pencherai pour cette dernière explication mais rien ne le prouve explicitement dans le récit et cela m’a beaucoup manqué au début de l’histoire.

En bref ?

Un roman jeunesse dont j’ai adoré le thème. Le huis-clos est intéressant bien que parfois un peu lent et répétitif. Néanmoins, bonne approche et bonne base pour les prochains tomes (trilogie).

Cadre de lecture : Lu dans le cadre de la lecture commune avec plusieurs lecteurs mise en place sur la page Facebook « Mon Petit Club de Lecture – MissMymooReads » en vue du LiveShow qui aura lieu sur YouTube courant novembre.
(Je mettrais le lien une fois qu’il aura eu lieu)

Rush, contrat 3 : Puzzle mortel – Phillip Gwynne


GWYNNE, Phillip. Rush, contrat 3 : Puzzle mortel. Casterman, 2014, 247 pages, 15 €.


L’histoire :

Depuis que Dominic a fêté ses quinze ans, il a hérité d’une charge familiale particulière : il y a longtemps, un de ses aïeux a contracté une dette avec la mafia napolitaine. Tous les premiers nés masculins doivent remplir six contrats pour cette dernière sous peine de sanction physique irrémédiable.
Pour ce troisième contrat, Dom doit voler un prototype de téléphone portable qui n’existe pas encore.

Ce que j’ai apprécié :

– Tout comme lors de la lecture du tome 1, j’ai bien apprécié le personnage de Dom, ses amis, sa vie au lycée et son parcours de sportif en athlétisme. Ses aventures ainsi que sa personnalité sauront à coup sûr plaire aux enfants à partir de onze ans. D’autant qu’il s’agit d’un jeune homme aventureux et plein de dynamisme auquel il est très facile de s’identifier.

– Dans cette saga, le principe de la Dette envers la mafia est très intéressante car il permet à l’auteur de renouveler ses histoires tout en gardant un personnage vif et crédible, qui n’est pas vraiment courageux mais qui est soumis aux aventures qu’il vit. Il ne choisit pas d’honorer les contrats mais doit le faire sous peine de représailles.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– J’ai trouvé que l’intrigue de ce roman-ci était trop peu fournie rapport à la problématique du vol d’un prototype novateur de téléphone portable. J’aurais aimé en savoir plus, notamment sur les motivations et les particularités de cette technologie.

En bref ?

Un roman très jeunesse, qui conviendra parfaitement aux enfants de 11/12 ans, mais guerre plus. En effet, pour les plus âgés, le roman est trop peu approfondi selon moi.