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Le bout du monde. Six mois d’hiver dans les neiges de Haute-Maurienne – Madeleine Triandafil



Quatrième de couverture :

C’est en traineau, par un soir glacial, sous un ciel clouté d’étoiles qu’une jeune institutrice de dix-huit ans allait rejoindre son poste « haut placé ».
C’était en automne, il y a bien longtemps.
Bessans, paraissait comme un coin perdu du monde.

Mon avis :

Ce livre a été pour moi une belle découverte. Je l’ai acheté complètement par hasard dans ma librairie habituelle. Elle consacre en effet deux portants à la littérature régionale, dite du terroir, et donc savoyarde en l’occurence ! Et j’ai eu d’emblée envie de découvrir la maison d’édition savoyarde « La Fontaine de Siloé », d’autant qu’une de ses collection est au format poche, aux prix habituels (7€ pour ce livre).
Le titre ainsi que la couverture m’ont plu et la quatrième de couverture m’a convaincu, notamment à l’évocation du village de Bessans, qui est une station de ski où j’ai passé beaucoup de vacances de Noël avec mes parents.

Le livre est organisé en deux parties. La première est une présentation du récit et surtout de son auteur, Madeleine Triandafil, par un certain Francis Tracq. La présentation regorge de photos, vieilles cartes postales ou encore article de journal. Ainsi, on découvre la vie de cette jeune fille de Modane (village de Maurienne) Madeleine Triandafil, née en 1897 et décédée en 1977. En 1958, elle retourne à Bessans, petit village de Haute-Maurienne, où elle a échoué à 18 ans (en 1915) comme enseignante. La seconde partie du livre est le récit de ses souvenirs à Bessans, édité pour la première fois en 1959 il me semble.

Ce fut une lecture vraiment passionnante pour moi ; bien plus que ce que j’aurais pensé. D’une part, parce que j’aime les histoires de ce types : autobiographique et témoignage historique. Ensuite, car les paysages qu’elle décrit, tout enneigés, me fascinent aussi ; qu’ayant grandit dans la capitale des Alpes (Grenoble), j’ai toujours adoré les massifs recouverts de neige et je me souviens du grand bien-être que je ressens encore quand je me promène en station de ski l’hiver. D’autre part, je dois dire que l’écriture est agréable, même si certaines phrases sont longues et parfois la ponctuation plutôt mauvaise.
Dans son récit, Madeleine Triandafil parle d’elle à la troisième personne, sous le nom de Mlle Mugnier (nom de jeune fille de sa mère). Par ce personnage, dont on sent évidemment qu’elle est proche, elle fait passer aux lecteurs les émotions nostalgiques de ce souvenir, mais aussi les instants parfois cocasses qu’elle a vécu. De plus, on découvre la vie quotidienne des paysans de montagne (Bessans est situé à 1750 mètres d’altitutde) au début du XXe siècle, au travers le regard d’une jeune fille qui devient presque ethnologue. La façon de se chauffer en dormant dans l’étable avec les animaux l’hiver, la composante des lits, la façon de fabriquer la dentelle artisanelement, les costumes traditionaux, les traditions des veillées au coin du feu, des bribes de chansons régionales, etc. Bref, un réel témoignage comme j’aime en lire, surtout quand cela concerne la région où je vis et où j’ai grandi.

Je recommencerais l’aventure avec cette maison d’édition très vite, car c’est aussi une façon de mettre en avant une région, un territoir et des traditions.