Disparue – Darcey Bell


BELL, Darcey. Disparue. Hugo et Cie, 2017, 352 pages, 19,95 €.



L’histoire :

«En apparence, tout oppose Emily, une femme d’affaires mariée et sophistiquée, et Stephanie, une jeune veuve sans emploi qui partage son temps entre son fils, Miles, et la rédaction de son « blog de maman ».
Elles s’entendent pourtant à merveille. Elle ont noué, dans leur petite ville du Connecticut, une amitié très forte, tout comme celle qui lie leurs deux garçons de cinq ans.
Lorsqu’Emily lui demande de récupérer son fils, Nicky, à la sortie de l’école, Stephanie accepte, tout naturellement. Mais les jours passent et Emily ne revient pas.
Peu à peu, Stephanie la remplace auprès de Sean, le mari d’Emily. De façon peut-être un peu trouble, ambiguë et excessive parfois. C’est aussi ce que semble penser l’ombre qui épie, cachée, Stephanie et Sean.

Ce que j’en ai pensé :

Après avoir eu un véritable coup de coeur pour le précédent thriller paru chez Hugo et Cie ; Derrière les portes ; c’est avec plaisir que je me suis plongée dans Disparue.

Dans ce thriller classique, on aborde plusieurs thèmes du quotidien, dont le plus important est l’amitié. Amitié entre Stéphanie et Emily, deux femmes aux tempéraments bien différents, qui vont se rencontrer et se retrouver autour de leurs garçons.
Stéphanie tient un blog dans lequel elle raconte ses états d’âme, qui va prendre une dimension presque cathartique lorsqu’Emily disparaît mystérieusement.
(blog qui a d’ailleurs était créé par l’éditeur ! => ici)

Construit en trois parties autour de chacun des trois personnages principaux ; Stéphanie, Emily et Sean (le mari d’Emily) ; ce qui est frappant dans ce roman c’est son aspect ancré dans un quotidien qui pourrait être le nôtre. Connaissons-nous vraiment nos amis, nos plus proches confidents ? Nous connaissons-nous bien nous-mêmes ?
L’ambiance est oppressante et très rapidement on se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond dans la disparition d’Emily.

Manipulation des sentiments, manipulation machiavélique parfaitement orchestrée par l’auteure. C’est court mais complexe tout en se lisant facilement.
J’aime ce genre de roman qui nous ramène à notre propre existence. Tout est plus vraisemblable, palpable.
Pour moi, ce roman est une réussite !

Je conseille si vous aimez…

– les histoires du quotidien,
– les thrillers psychologiques sans hémoglobine,
– les ambiances oppressantes.


Rêver – Franck Thilliez


THILLIEZ, Franck. Rêver. Fleuve Editions, 2016, 595 pages, 21,90 €.



L’histoire :

« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »
Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.

Ce que j’en ai pensé :

J’en aurais mis du temps à lire le dernier livre de Franck Thilliez. Et quel pied maintenant que je l’ai lu !
Un moment de lecture incroyable encore une fois. De la précision, de la complexité, une écriture addictive. Ajoutez à cela les codes du thriller parfaitement maîtrisés et me voilà comblée.

Rêver, c’est l’histoire tout à fait étonnante d’Abigaël, psychologue, maman d’une ado et souffrant de narcolepsie. Tout un thème médical autour du sommeil que l’auteur approfondit pour le plus grand plaisir du lecteur.
A la suite d’un accident personnel dramatique, Abigaël voit sa vie basculer. Les médicaments qu’elle prend en masse, ainsi que l’alcool pour lutter contre la dépression lui créent des trous de mémoires terribles.
Par delà sa maladie, elle va vouloir faire la lumière sur tous les évènements qu’elle a subit ; que ce soit personnel ou bien la poursuite du kidnappeur d’enfants, enquête pour laquelle elle intervient en qualité de psychologue.

La construction du livre est très complexe, et beaucoup de lecteurs ont été perturbés. En cause la chronologie complètement déstructurée. La ligne de temps est hachée. De mon côté, cela ne m’a pas gêné. J’ai au contraire été encore une fois épatée par l’intelligence narrative de Franck Thilliez.

Du début à la fin, presque 600 pages et aucun moment qui m’a semblé long ou inutile. J’ai un vrai coup de coeur littéraire avec Thilliez, et cela se confirme de lecture en lecture.
La construction psychologique des personnages est géniale. Ici, principalement Abigaël et Frédéric. On tremble pour l’héroïne : la promesse du thriller est tenue.

Pour moi, c’est encore un pari gagnant.
Et j’attends impatiemment le prochain roman de l’auteur, qui nous fera retrouver son duo de choc : Lucie Henebelle et Franck Sharko !


Derrière les portes – B.A. Paris


PARIS, B.A. Derrière les portes. Hugo et Cie, coll. Hugo thriller, 2017, 320 pages, 19,95 €.



L’histoire :

En apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L’amour, l’aisance financière, le charme, une superbe maison. Le bonheur.
Vous connaissez tous un couple comme celui qu’ils forment, le genre de couple qui vous fait rêver. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L’inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s’avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Grace sans Jack. Qu’est-ce que cela peut-il cacher ? Parfois, un mariage parfait cache un mensonge parfait.
Et vous, connaissez-vous vraiment vos amis ?

Ce que j’en ai pensé :

Une claque ! Voilà un thriller simple, efficace, qui remplit sa promesse de faire frissonner le lecteur et le tenir en haleine jusqu’à la dernière phrase !
Donc, oui, je le peux affirmer qu’il s’agit de mon premier coup de coeur de l’année 2017 !

Thriller psychologique intense, il nous plonge dans les affres de la torture mentale d’un être humain sur un autre. Et le plus déstabilisant, c’est de se dire que cela arrive réellement, peut-être derrière la porte de votre voisin.
Des personnages subtilement décrits, une construction du récit très habile, entre passé et présent, où Grace raconte sa vie avec Jack et sa soeur handicapée Millie.
Une descente aux Enfers graduelle et une fin à la hauteur du récit.

Vous aimez les sensations fortes en lisant des livres mais n’aimez pas le gore et le sang à outrance ? Lisez ce livre ! Vous aurez les frissons, l’angoisse et la réflexion sur des sujets aussi graves que la maltraitance et le handicap. Et puis, une inquiétude trouble qui surgira : jusqu’à quel point connaissons-nous nos amis, nos fréquentations, lorsque l’intimité se referme sur eux ?

Ajoutez à cela un style qui m’a tout de suite plu. C’est bien écrit, bien traduit, pas de mot inutile, juste ce qu’il faut pour être happé.
C’est un thriller que je conseille et que j’offrirais à qui aime ce genre de littérature.

Miséricorde – Jussi-Adler Olsen


OLSEN, Jussi-Adler. Miséricorde. Le Livre de Poche, 2013, 525 pages, 7,90 €.



L’histoire :

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encres. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Morck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …

Ce que j’en ai pensé :

Affaires classées non résolues qui remontent à la surface. Voilà à quoi va devoir s’atteler Carl Morck après une terrible descente aux Enfers. Mission placard ? Avec son bureau placé dans les sous-sols de la Préfecture de Police, ses collègues pensent certainement s’être partiellement débarrassés d’un élément perturbateur agressif et anti-social.
Mais c’était sans compter sur sa personnalité anti-conformiste et perfectionniste. Avec son acolyte hors normes, Assad, ils vont former le Département V ; et leur première affaire concernera la disparition de Merete Lyyngaard, jeune, belle et prometteuse politicienne, disparue cinq ans auparavant.

Le point fort de ce roman, c’est le duo d’enquêteurs proposés par J.-A. Olsen. Carl est définitivement le type de personnage flic que j’adore. Tout le monde le déteste, il est solitaire, agaçant, peu avenant mais terriblement doué. Avec Assad, c’est une relation de chef à employé à la fois drôle et admirative.

Parallèlement à l’enquête on suit également le calvaire de Merete Lyyngaard dans une geôle terrifiante, où ses bourreaux prennent visiblement un plaisir non feint à la faire souffrir.

C’est un thriller abouti, même si je l’ai trouvé un peu long à certains moments. Je lirais néanmoins la suite avec plaisir quand l’occasion se présentera.

Meurtres pour rédemption – Karine Giébel


GIEBEL, Karine. Meurtres pour rédemption. Pocket, 2012, 988 pages, 9,30 €.



L’histoire :

Si jeune, Marianne devrait être insouciante et rêver à l’avenir, des projets plein la tête. Mais son seul rêve, c’est la liberté. Car Marianne est en prison. Perpétuité pour cette meurtrière. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l’univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les brimades, les coups, les humiliations. La tête haute, toujours. Elle s’évade parfois, grâce à la drogue qu’elle paye en nature, grâce aux romans qu’on lui laisse lire, grâce à ses souvenirs aussi. Grâce au bruit des trains, véritable invitation au voyage. Elle finit par apprendre l’amitié, la solidarité, et même… la passion. Mais sans aucun espoir de fuir cet enfer, hormis dans ses rêves les plus fous. Et puis un jour, l’inimaginable se produit. Une porte s’ouvre au parloir. Trois hommes, trois flics lui proposent un odieux marché, lui offrant une possibilité de quitter ce purgatoire. Mais en échange de sa liberté elle devra tuer pour eux. Des derniers meurtres à commettre… pour rédemption.

Ce que j’en ai pensé :

Il y a les livres encensés par la critique qu’on ne lit pas de peur d’être déçu. Puis il y a les Karine Giébel.
La claque ! Je comprends mieux toutes les éloges sur ce bouquin de malade. Un huis-clos de dingue. Bon, déjà un huis-clos de mille pages, faut oser (deux huis-clos en fait). Mais alors une histoire d’une telle intensité dramatique, là, franchement, à part Karine Giébel je ne vois pas qui aurait pu l’écrire.

Et les mille pages tiennent en un seul personnage : Marianne. Une force de la nature malgré son jeune âge et sa corpulence. Cette femme représente tout ce que l’on peut sacrifier par amour. C’est beau et terrifiant. Et sous la plume de Giébel ça donne des scènes absolument terribles, qui resteront gravées dans ma mémoire.
Les personnages masculins sont également à la hauteur du récit. J’ai adoré Daniel ; un peu moins Franck mais pas pour une question de construction du personnage. Simplement question de feeling.

La force de l’auteur est de créer des personnages que l’on adore malgré leurs actes impardonnables. Dans ce roman, encore une fois, elle détruit les barrières manichéennes du bien et du mal en dévoilant la part la plus sombre des êtres humains… qui n’en restent pas moins des humains et non de simples monstres.
L’intelligence de l’écriture est stupéfiante, j’ai rarement rencontré ça littérairement parlant, que ce soit dans des thrillers ou dans tous genres confondus.

Je ne conseille pas uniquement ce livre, je conseille l’oeuvre de Karine Giébel. Jamais déçue jusqu’à présent.