Mon ado est un gros naze – L. Storck et S. Kahn


STORCK, Laurent & KAHN, Silvia. Mon ado est un gros naze. Editions Jungle, 2014, 139 pages, 6 €.


La thématique du livre :

Ce roman humoristique aborde un thème universel, commun à tous et toutes. Oui, nous y sommes tous passés ou peut-être y sommes-nous encore : l’adolescence. Cette période de transition entre l’enfance et l’âge adulte, quand on est globalement mal dans sa peau. Mais attention, il ne faut pas croire que ce n’est difficile que pour le spécimen ado. Non, non ! La position de parents est pire ! Oui, parce que on est détesté, renié, soulé par la chair de sa chair !
Les auteurs, tous deux parents d’adolescents, aborde avec humour cette période compliquée dans la vie d’une famille.

Ce que j’en ai pensé :

Rien que le titre m’a fait rire. Cela augurait donc une lecture drôle et donc très plaisante. Et je n’ai pas été déçue ! J’ai vraiment souri et ri à la lecture de ce guide de l’adolescent à destination des parents qui se sentent seuls face à cette vague hormonale qui s’empare de leur progéniture.
Vous avez aimez « La femme parfaite est une connasse », paru chez J’ai Lu et qui a fait fureur ? Vous adorerez ce livre-ci qui aborde le thème de l’adolescence de la même façon, avec le même humour parfois très noir et une mise en page très ludique (cadre, changement de typographie, de taille de caractère, photos, etc.)
J’ai pris un plaisir absolu avec ce livre, que je vous conseille d’acheter aux personnes de votre entourage qui subissent un adolescent dans leur foyer (et hop, un cadeau de Noël de trouvé !)

Rush, contrat 3 : Puzzle mortel – Phillip Gwynne


GWYNNE, Phillip. Rush, contrat 3 : Puzzle mortel. Casterman, 2014, 247 pages, 15 €.


L’histoire :

Depuis que Dominic a fêté ses quinze ans, il a hérité d’une charge familiale particulière : il y a longtemps, un de ses aïeux a contracté une dette avec la mafia napolitaine. Tous les premiers nés masculins doivent remplir six contrats pour cette dernière sous peine de sanction physique irrémédiable.
Pour ce troisième contrat, Dom doit voler un prototype de téléphone portable qui n’existe pas encore.

Ce que j’ai apprécié :

- Tout comme lors de la lecture du tome 1, j’ai bien apprécié le personnage de Dom, ses amis, sa vie au lycée et son parcours de sportif en athlétisme. Ses aventures ainsi que sa personnalité sauront à coup sûr plaire aux enfants à partir de onze ans. D’autant qu’il s’agit d’un jeune homme aventureux et plein de dynamisme auquel il est très facile de s’identifier.

- Dans cette saga, le principe de la Dette envers la mafia est très intéressante car il permet à l’auteur de renouveler ses histoires tout en gardant un personnage vif et crédible, qui n’est pas vraiment courageux mais qui est soumis aux aventures qu’il vit. Il ne choisit pas d’honorer les contrats mais doit le faire sous peine de représailles.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

- J’ai trouvé que l’intrigue de ce roman-ci était trop peu fournie rapport à la problématique du vol d’un prototype novateur de téléphone portable. J’aurais aimé en savoir plus, notamment sur les motivations et les particularités de cette technologie.

En bref ?

Un roman très jeunesse, qui conviendra parfaitement aux enfants de 11/12 ans, mais guerre plus. En effet, pour les plus âgés, le roman est trop peu approfondi selon moi.

1869 : La conquête de l’espace, t.1 : Le château des étoiles – Alex Alice


ALICE, Alex. 1869 : La conquête de l’espace, t.1 : Le château des étoiles. Rue de Sèvres, 2014, 62 pages, 13,50 €.


L’histoire :

XIXe siècle. L’Homme souhaite découvrir l’espace. Mais surtout une femme ; la mère de Séraphin. Elle a un rêve, une ambition : découvrir l’éther. Pour cela, il faut qu’elle s’envole très haut à bord d’une montgolfière. Mais l’issue est fatale. Cependant, ses recherches sont le début d’une grande aventure : la construction d’un éthernef pour percer le secret de ce gaz et aller toucher les étoiles.

Les illustrations :

C’est peut-être ce qui est le plus merveilleux dans cette bande dessinée : les illustrations. Et tout d’abord la couverture, qui en plus d’être superbe, rappelle les belles éditions des romans de Jules Verne.
Les illustrations intérieures sont presque féériques, avec leurs traits doux et les couleurs pastel  à l’aquarelle. Une bande dessinée qui fait tout simplement rêver.

Pour quel public ?

Adulte et enfant, cette bande dessinée saura plaire à tous. Même si le public cible est avant tout les enfants.

Ce que j’en ai pensé :

J’ai adoré l’histoire, tout autant que les illustrations. La promesse de l’objet livre est tenue lorsqu’on se plonge dans ce récit illustré. Si bien qu’à la fin, on souhaiterait immédiatement se plonger dans le second tome.

Cadre de lecture : Cette BD a été lu en service de presse avec l’agence de presse Gilles Paris.

Le frère de sang – E. Giacometti & J. Ravenne


GIACOMETTI, Eric & RAVENNE, Jacques. Le frère de sang. Pocket, 2009, 550 pages, 8,10 €.


L’histoire :

Au XIVe siècle, à Paris. Un inconnu, copiste de son état, passionné de lecture en ces temps incertains, est pris malgré lui dans un tourbillon terrible où il sera le témoin caché d’un secret enfoui : celui de l’or des alchimistes. Cet homme, c’est Nicolas Flamel.
De nos jours, au siège d’une obédience franc-maçonne à Paris, deux frères sont tués par un homme se faisant appelé le frère de sang. Pour résoudre ces meurtres, le flic franc-maçon Antoine Marcas va enquêter.

Éléments de réflexion :

Ce roman est le troisième volet de la saga mettant en scène le commissaire Antoine Marcas, flic parisien ayant la particularité d’appartenir à la franc-maçonnerie.
Dans cet opus, qui peut se lire indépendamment des premiers, il est notamment question de l’or alchimiste, de Nicolas Flamel, mais aussi du cours de l’or et de son importance dans la stabilité de notre société actuelle.

Ce que j’ai apprécié :

- Comme d’habitude, je suis une fervente adepte des polars ésotériques. Aussi, les écrits de Giacometti et Ravenne m’intéressent beaucoup puisqu’ils sont de cette trempe, et plus précisément axés sur la franc-maçonnerie, une activité qui suscite les légendes. Et cela m’intéresse d’autant plus que je sais pouvoir faire confiance aux allusions ayant trait à la franc-maçonnerie du fait que l’un des co-auteurs, Jacques Ravenne, est lui-même franc-maçon.

- Dans ce roman, ce que j’ai apprécié, c’est notamment tout ce qui touche à la question de l’or alchimique, mais aussi et surtout de cette association fictive, Aurora, qui surveillerait de près les cours de l’or dans le monde, du fait de l’importance de cette ressource pour le maintien de l’équilibre de l’économie mondiale.

- Ensuite, concernant le côté polar, je l’ai trouvé plutôt intéressant, notamment le fait que l’on évolue à la fois dans le présent et au Moyen-âge à l’époque de Nicolas Flamel (de 1355 à 1382 environ). C’est assez varié en terme de points de vue : historique, économique avec l’agence Aurora, ésotérique, mais aussi le suivi d’un tueur énigmatique.

- Et enfin, une note de fin d’ouvrage permet aux auteurs d’éclaircir de façon très pointilleuse différents éléments de l’ouvrage. Toujours très instructif, avec des liens Internet à visiter pour le lecteur désireux d’en savoir plus sur certains pan du récit.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

Malheureusement, j’ai trouvé ce roman beaucoup trop long pour l’histoire qu’il raconte. Peut-être que plus court aurait réellement été passionnant. Mais ici, j’ai parfois trouvé le temps long.

En bref ?

Une histoire intéressante si vous aimez les polars ésotériques, avec des points de vue variés, mais qui est un peu longue en terme de pages.

Cadre de lecture : Continuité de saga, après avoir lu In nomine (tome 0), Le rituel de l’ombre (tome 1) et Conjuration Casanova (tome 2) des mêmes auteurs.

Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits : Enquête sur ces Français nés dans les maternités SS – Boris Thiolay


THIOLAY, Boris. Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits : Enquête sur ces Français nés dans les maternités SS. Flammarion, 2012, 315 pages, 21 €.


Le contexte historique :

Le nazisme, c’est la volonté de supprimer tous les éléments qui ne participeraient pas, bon gré, mal gré, à la constitution d’un nouvel ordre mondial dominé par la « race supérieure » des aryens. Tout le monde connaît l’extermination des juifs, gitans, handicapés, opposants au régime, etc. En revanche, très peu de lumière faite sur la création de parfaits petits aryens dans les Lebensborn, « Fontaines de vie », mystérieuses maternités SS, qui vont fleurir un peu partout en Europe. D’autant plus que, lors des procès de Nuremberg, ces lieux ne seront pas condamnés par les Alliés, estimant qu’ils avaient uniquement pour vocation de recueillir les orphelins.

L’enquête de Boris Thiolay :

Boris Thiolay est journaliste reporter d’enquêtes à L’Express. Lorsqu’il va s’intéresser aux Lebensborn, il ne s’imagine peut-être pas ce qu’il va découvrir. Et pour cause, la plupart des archives ont été détruites quand il a été évident que les nazis perdraient la guerre. Travail méticuleux de fourmis, il va remonter les pistes des mairies, états civils, archives qui s’ouvrent enfin, pour découvrir notamment une fameuse « liste des 17″, comportant 17 noms et prénoms d’enfants nés dans les maternités SS de Wégimont et Lamorlaye, en Belgique et en France.
Son enquête, c’est un pan de l’histoire du nazisme mais aussi et ce sont des rencontres avec des individus perdus sur leurs origines, qui vont redécouvrir ou tout simplement enfin se confier à propos de ce qui les attendaient dès leur naissance.

Ce que j’ai apprécié :

- C’est tout d’abord le thème qui m’a intrigué. La seconde guerre mondiale, on en parle de long en large. Mais finalement, ce sont toujours les mêmes thématiques qui sont abordées. Alors quand un sujet encore tabou est abordé, je pense qu’il est vital de s’y intéresser, ne serait-ce que pour redonner de l’estime à ceux qui ont souffert. C’est donc tout à l’honneur de Boris Thiolay de revenir sur les Lebensborn et toute la cruauté qu’ils cachaient derrière un masque plutôt sympathique.

- J’ai apprécié rencontrer Erwin, Gisèle, Christiane, Walter, et les autres enfants du Lebensborn. Une grande diplomatie de la part de Boris Thiolay a permis de les mettre en confiance, mais aussi parfois de reprendre espoir d’un passé qu’ils pensaient perdu à jamais. Beaucoup d’humanité dans ces rencontres, pas de jugements envers ces mères qui avaient très souvent eu des relations avec des officiers SS. Et quelle émotion lorsque, grâce au journaliste, des fratries se retrouvent, comme c’est le cas pour Christiane et Iris.

- J’ai trouvé le travail de Boris Thiolay particulièrement complet car, avec des mots simples, il nous fait replonger dans ces lieux inconnus de tous. Des maternités certes, des pouponnières où les résidents étaient majoritairement bien nourris, mais surtout des lieux de propagande nazie dans toute sa splendeur et son horreur, même si cela restait plutôt caché. Ces Lebensborn étaient véritablement des paris sur l’avenir : quand les nazis gagneraient la guerre, ils auraient besoin de petits aryens pour prendre la relève. Ces enfants étaient là pour ça. Sans tendresse aucune, élevés en troupeau (les libérateurs ont eu affaire à des enfants presque sauvage, s’exprimant par onomatopées), ces bébés étaient souvent le fruit des amours entre des femmes françaises ou belges et des militaires SS. Mais ce n’est pas le plus souvent de plein gré que les mères abandonnent leur progéniture ; en réalité, les enfants leur étaient parfois arrachés des bras. Pour d’autres, c’était le fruit du péché ultime.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

Le seul point qui m’a ennuyé par moment, ce sont les répétitions qu’il peut y avoir dans le récit. Cela permet d’ancrer les noms dans l’esprit du lecteur, mais c’était parfois trop j’ai trouvé.

En bref ?

Une lecture très intéressante et qui m’a ouvert les yeux sur une pratique nazie dont j’ignorais tout.

Cadre de lecture : Une lecture effectuée sur ma liseuse Kindle. Sortie le 27 août prochain au format poche chez J’ai Lu.