Contes des royaumes, t.1 : Poison – Sarah Pinborough

1403-poison_orgL’histoire :

Tout simplement le conte de Blanche-neige.

Éléments de réflexion :

Sarah Pinborough a choisi de retravailler ce conte célèbre de façon à intéresser les adultes. Néanmoins, il faut savoir que la réinterprétation est très légère, du moins jusqu’à la fin. Donc autant en être averti pour ne pas être déçu(e).

Les points positifs :

- J’ai aimé me replonger dans ce conte, qui était ici bien plus sensuel et cruel.
- J’ai beaucoup apprécié la fin complètement remaniée d’une façon inattendue : que ça plaise ou non, me concernant j’ai juste été surprise à 100% et ça m’a plu. D’autant plus que le reste de l’histoire est identique à l’originale (sauf dans la façon de raconter), et par conséquent le coup de poing de la fin m’a un peu séché !

Les points négatifs :

- J’ai trouvé que l’auteure aurait pu aller plus avant dans le côté adulte : plus sexy, plus sanglant aussi. Autrement dit, ça m’aurait plu que tout le conte ressemble plus à la fin.

En bref ?

Un livre-objet absolument superbe : je n’ai jamais vu un livre français aussi beau (la couverture est cartonnée, ce qui ajoute à sa qualité).
L’histoire, on la connaît, rien de transcendant de ce côté-là il faut bien l’avouer, mais j’ai apprécié m’y replonger et c’est plutôt bien fait.

Le journal d’Emma – Albert Lemant

9782020908245FSL’histoire :

Cet album est le journal intime d’Emma, une jeune femme ayant vécu au tout début du XXe siècle et qui, avec son fiancé et un ami, va s’engager dans une quête, un voyage, sur les traces du peuple des girafes. Un périple qui va les mener tout autour du monde, sur plusieurs années.

Les illustrations :

Les illustrations sont superbes, en parfaite adéquation avec le récit : des aquarelles, des cartes postales vieillies, des pages typées anciennes. Dans des tons essentiellement ocre.

Pour quelle tranche d’âge ?

C’est un album qui est plutôt destiné, selon moi, à des enfants à partir de 7 ans. Ils ne comprendront certainement pas toutes les subtilités mais assurément qu’ils aimeront cette histoire malgré tout.
A savoir que les adultes seront également conquis par ce livre.

Ce que j’en ai pensé :

J’ai été plus que charmée par cette lecture. Acheté totalement par hasard, je me suis laissée emportée dans l’histoire d’Emma, que l’on rencontre à posteriori grâce à des extraits de son journal de voyage. Le peuple des Girafes va faire rêver et voyager Emma, Douglas son fiancé et Marmaduke un ami original.
J’ai aimé le ton du récit, les illustrations mais aussi la temporalité, puisque l’on commence en 2006 lorsqu’Alice, petite fille d’Emma, contacte un éditeur pour lui envoyer le journal ; et le journal lui-même débute en 1900 pour terminer en 1925. Et j’aime ces longues périodes qui apportent une nostalgie à l’histoire et qui permet de traverser plusieurs époques (comme la guerre par exemple)

=> Un album superbe, que je recommande vivement. L’auteur, Albert Lemant, a écrit avant celui-ci un précédent album que je m’achèterai sûrement.

Divergent, t.1 – Veronica Roth

couv4143531L’histoire :

Sur Terre. Dans un futur indéterminé. Le monde à changer, la société est maintenant organisée en 5 factions : les Altruistes, les Sincères, les Érudits, les Audacieux et les Fraternels. Lorsque les adolescents atteignent l’âge de 16 ans, un test et une cérémonie du Choix les amènent à choisir la faction qu’ils intègreront, à vie.

Éléments de réflexion :

Je lis assez peu de dystopies (qu’on appelait encore, quand j’étais plus jeunes, des contre-utopies) mais c’est un genre que j’apprécie vraiment car il permet de faire réfléchir sur un avenir meilleur en apparence mais qui cache des travers souvent redoutables. Dans ce roman, l’auteur met en scène une société gérée par la faction des Altruistes, afin de ne favoriser personne. Figure idéalisée mais qui évidemment ne fait pas l’unanimité.

Les points positifs :

- Les personnages de Tris et Quatre, qui forment le duel amoureux, et les figures principales du livre : deux personnalités tourmentées, fortes en apparence mais qui ne réussissent pas toujours à cacher leurs faiblesses aussi bien qu’ils le voudraient.
- L’univers des factions est bien pensé et assez bien expliqué dans l’ensemble.
- L’écriture et l’histoire indéniablement addictives. Sans savoir toujours pourquoi, j’ai été happée par l’histoire au point de tourner les 440 pages sans les voir défiler.

Les points négatifs :

- Pour un premier tome, j’aurai aimé que toutes les factions apparaissent à parts égales afin de bien les connaître. Or, on s’immisce principalement chez les Altruistes, les Audacieux et les Érudits. Concernant les Sincères et les Fraternels, on ne connaît rien de leur fonctionnement à part les traits de caractères principaux.
- J’aurais également apprécié avoir un prologue ou au moins des passages dans le récit nous expliquant pourquoi et comment la société a évolué de notre monde actuel vers les factions.
En bref :

Malgré des points négatifs, il est clair que j’ai adoré cette lecture. Je ne pensais pas que ce serait aussi addictif, même si les avis semblent majoritairement s’accorder là-dessus. Il me tarde de lire les prochains volets de cette trilogie.

J’ai épousé un serial killer – Bill Floyd

couv75283460L’histoire :

Leigh Wren est une mère de famille célibataire. Et pour cause, son ex-mari, Randy Mosley est un tueur en série qu’elle a elle-même dénoncé six ans plus tôt.
Nouvelle identité, nouvelle vie. Jusqu’au jour où le père d’une des victimes de Randy la retrouve.

Éléments de réflexion :

Tout d’abord, ce livre m’a rappelé un autre roman sur le même thème, écrit par Jacques Expert : « La femme du monstre ». Un roman que j’avais adoré. Et de ce fait, j’avais un peu peur d’être déçue par celui-ci. D’autant que j’ai pu lire des avis mitigés. Et pourtant, je me suis enfin décidée à le sortir de ma bibliothèque.
Ce roman/polar aborde le thème du tueur en série du point de vue de la personne qui partage sa vie. Comment n’a-t-elle pu se rendre compte de rien ? Est-elle aussi innocente qu’elle veut le faire croire ? Et sincèrement, qui, en regardant les informations, ne s’est jamais posé la question ?
Le personnage de Leigh Wren (ou Nina Mosley) nous raconte ses souvenirs ainsi que sa vie actuelle, les regards réprobateurs et la capacité de se reconstruire.

Les points positifs :

- Le thème du tueur en série vu par les yeux de son conjoint m’intéresse particulièrement et je ne connais pas beaucoup de roman qui en parle, ce qui en fait un ouvrage original. Et cela me plaît.
- J’ai aimé le ton du récit ainsi que la façon de raconter de Bill Floyd : l’écriture est fluide, le livre court et direct.
- Le personnage de Leigh/Nina m’a semblé tout à fait crédible, vraisemblable ; notamment dans sa volonté de se fondre dans la masse pour se faire oublier et dans ses mensonges à son fils pour qu’il ne découvre pas une vérité trop dure à entendre.

Les points négatifs :

- La maison d’édition identifie ce livre comme un thriller, or, il n’en ai pas un selon moi, sauf peut-être à partir des 3/4 du livre. Je l’aurais plutôt qualifié de roman, si j’avais eu à choisir. Et bien que je n’ai pas été déçue de l’histoire, ce n’est pas un thriller pur avec tous les codes. Je n’ai pas frissonné de peur, même quand l’auteur à essayer de nous placer en situation.
- La comparaison avec « La femme du monstre » est pour moi obligatoire. Même si je l’ai lu il y a longtemps, il me semble que ce dernier apporte une nuance plus intéressante sur le personnage de la femme. Bill Floyd ne va pas très loin dans l’introspection de Leigh/Nina quand elle repense à son passé : elle nous parle d’éléments troublants mais sans que cela soit approfondi.

En bref ?

Un roman réussi, sur un sujet original, qui ne m’a pas déçue dans le sens où j’en attendais assez peu. Mais si vous avez aimé ce livre-ci, je ne saurais que vous conseiller de lire « La femme du monstre » de Jacques Expert sur le même thème (qui selon moi est mieux exploité car tirant davantage sur l’aspect psychologique).

De Sacha à Macha – Rachel Hausfater et Yaël Hassan

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Sortie en librairie le 16/04/2014 – A partir de 11 ans

L’histoire :

Sacha est un garçon solitaire. Un jour il décide d’envoyer des mails à des adresses inconnues, avec le simple message « Il y a quelqu’un ? ». Des bouteilles à la mer sans retour, jusqu’au jour où Macha reçoit son appel et décide d’y répondre. Une correspondance s’engage entre les deux adolescents.

Éléments de réflexion :

Ce roman jeunesse met en scène deux personnages que tout oppose. Sacha, un jeune garçon renfermé, marginal dans ses relations aux autres, presque taciturne. Macha, une jeune fille pétillante, la langue bien pendue et qui n’a peur de rien. Si la bouteille à la mer de Sacha n’avait pas aboutie, certainement ne se seraient-ils jamais rencontrés.
Au fur et à mesure de leur correspondance, ils vont se dévoiler l’un à l’autre et Macha va, à la manière d’une psychothérapie, amener son ami virtuel à se confier sur son mal-être et ces causes. De là, une confiance, voire une dépendance amicale va s’en suivre.

Ce que j’en ai pensé :

- J’ai apprécié le format du dialogue via les e-mails pour aborder les jeunes lecteurs. Une lecture douce et très simple, dont les pages sont aérées (un mail, une page).
- L’histoire contient un suspense concernant l’histoire de Sacha qui maintiendra le jeune lecteur en haleine.
- La solidarité entre les deux personnages est fondamentale. L’un se sent plus fort que l’autre : il va donc l’aider à prendre des décisions, l’écouter et le soutenir dans son parcours de recherche de la vérité. Le thème de l’amitié est développé de façon très intéressante puisqu’il n’y est pas question d’apparence physique ou de ressemblance : les deux jeunes gens se plaisent dans leurs différences.

En bref ?

Un court roman très sympathique, qui développe le thème de l’amitié et de la filiation.
Cette nouvelle édition comporte un carnet spécial en fin d’ouvrage, à la façon d’une fiche de lecture ludique : voilà qui est astucieux et qui en fait un livre qui peut-être proposé dans les écoles.