Les BD de la semaine #4


Une petite semaine de lecture, mais quand même deux albums à vous présenter.

1. Le Château, une année dans les coulisses de l’Elysée – Mathieu Sapin

Découverte par hasard à la bibliothèque, superbe découverte avec ce reportage dans les coulisses de l’Elysée, aux côtés de l’occupant actuel, François Hollande.
C’est une immersion auprès des plus intimes, on rencontre presque tous les corps de métiers qui gravitent au sein même de l’édifice, pour faire vivre la fonction de Président.
Avec humour et précision, Mathieu Sapin raconte ce microcosme, la liberté avec laquelle il a pu mettre sur le papier tout ce qu’il désire, sans censure.

C’est drôle tout en étant sérieux. Le côté reportage BD m’a vraiment plu. J’aime de plus en plus ce vecteur d’informations et d’idées que représente ce support.
Mathieu Sapin ? Je le découvre et il est clair que je le suivrais assidûment !

C’est édité chez Dargaud.


2. Tocqueville, vers un nouveau monde – Kévin Bazot

Une plongée dans les pas des découvreurs de l’Amérique, avec Tocqueville. En véritable ethnologue, il part à la recherche des indiens. Mais ce qu’il va trouver, ce ne sont que des miséreux asservis, méprisés par les colonisateurs.

La nature a une place dominante dans cet album, avec les illustrations très belles de Kévin Bazot. Le trait ressemble un peu aux dessins animés « Il était une fois l’homme« .
L’auteur montre la suprématie de l’européen colonisateur et moralisateur, qui a détruit une civilisation en seulement quelques années.

Une jolie découverte qui m’a fait passé un très bon moment.

C’est paru chez Casterman.


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !

Les BD de la semaine #3


Pour cette troisième semaine, encore trois albums lus et le tout plutôt convaincant, sans qu’il y ait de coup de coeur.

1. Doggybags, t.12 – Collectif

BD adulte par excellence, les Doggybags reprennent avec brio les pulps fictions de l’Amérique de la deuxième moitié du XXe siècle.

Dans ce douzième et avant-dernier opus, on nous l’avait annoncé : le Japon est mis à l’honneur.
Les illustrations de chacune des trois histoires reprennent un style manga, différents les uns des autres mais tous intéressants.
La première histoire est géniale, c’est celle que j’ai préféré et pour qui j’ai eu un réel coup de coeur. La dernière reprend les codes des samouraïs. Concernant la seconde histoire je suis passée à côté et n’ai donc pas accroché.

Comme d’habitude, chacun des récits permet une ouverture documentaire sur un thème précis : « crimes et collégiennes », « les samouraïs », le « sex made in Japan ». Toujours très instructif, ça donne une vraie valeur ajoutée à l’album.

C’est édité par le Label 619 de Ankama éditions. Et dans quelques jours sort le dernier tome, donc je vous laisse admirer la couverture.


2. Mort aux vaches – F. Ravard et A. Ducoudray

Lu dans le cadre du Prix de la BD Cezam et le prix BD Quais du Polar, j’ai été tout à fait surprise par cet album polar, moi qui en lit très peu.

Un braquage réussit, et des compères qui vont se retranchés en campagne le temps que l’affaire refroidisse.
Une bande dessinée en noir et blanc, où les personnages ont les visages et l’allure des Tontons Flingueurs. Plusieurs thèmes sont abordés : la sexualité, la vache folle, les réseaux de prostitution des pays de l’Est, les rapports entre les individus.

La couverture qui n’est pas sans rappeler les affiches cinématographiques des années 40 est représentative de ce que vous trouverez dans ce récit.

Un récit paru chez Futuropolis.


3. Hyver 1709, t.1 – N. Sergeef et P. Xavier

Avec cette bande dessinée, j’ai abordé le genre historique, avec un thème très précis : la famine et le rigoureux hiver 1709 sous le règne de Louis XIV.

Les paysages enneigés et la guerre qui fait rage condamnent les populations. Personne n’est épargné. Si bien que le blé vaut plus cher que l’or. Des menaces de dérober un gros chargement et voilà Loys Rohan sur les routes.

Ce que j’ai aimé dans cet album, c’est avant tout la grande qualité des illustrations et de la colorisation. Les personnages sont très travaillés et les paysages absolument magnifiques, malgré la rigueur hivernale qu’ils illustrent.
L’histoire n’est pas en reste. Assez simple mais néanmoins très plaisante. Je lirais le second tome de ce diptyque avec plaisir.

Edité par Glénat.


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Les obus jouaient à pigeon vole – Raphaël Jerusalmy


JERUSALMY, Raphaël. Les obus jouaient à pigeon vole. Editions Bruno Doucey, 2016, 177 pages, 15,50 €.



L’histoire :

1916 : tranchée de première première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes. Le 17 mars à 16 h, le sous-lieutenant Cointreau-whisky, alias Guillaume Apollinaire, engagé volontaire, est atteint à la tempe par un éclat d’obus alors qu’il lit une revue littéraire. La revue qu’il tenait au moment de l’impact, annotée de sa main, vient d’être retrouvée en Bavière. C’est du moins ce que prétend l’auteur de ce récit. Les 24 h qui précèdent l’impact y sont relatées heure par heure, en un cruel compte à rebours qui condense le drame humain en train de se jouer au fond de cette tranchée et le bouleversement qu’il entraîne dans l’âme d’Apollinaire. Car cette journée va être capitale pour la poésie.

Ce que j’en ai pensé :

Lu dans le cadre du Prix Littéraire Cezam Inter-CE, par le biais duquel je vais donc lire 10 romans empruntés à la bibliothèque de mon CE.

Les obus jouaient à pigeon vole est un roman très particulier, court, qui nous parle de Guillaume Apollinaire, et de son engagement dans la Première Guerre Mondiale. Nous sommes le 16 et 17 mars 1916, dans une tranchée sur le front. Dans 24 heures, Apollinaire sera touché à la tête par un éclat d’obus.
Ce récit, c’est le compte à rebours qui nous amène jusqu’à l’impact.

Une écriture magnifique de Raphaël Jerusalmy, que je découvre et qui m’a totalement charmée. En très peu de pages, il nous conte la foi d’Apollinaire en son engagement, comme moyen de sublimer la poésie qui l’anime telle une flamme inextinguible. Pas de mélodrame dans ces quelques pages. Simplement des citoyens qui sont lancés dans ce conflit et qui en mesure la barbarie mais sans la nommer, sans s’apitoyer, sans montrer leur peur. Une force patriotique innée.
Apollinaire est un des rares poètes à s’être porté volontaire. Les projectiles ? Des « danseuses surdorées ». Et ces deux phrases, qui résument tellement bien tout cela : « Ah, si la guerre pouvait au moins servir à ça ! A écrire chaque ligne comme si c’était la dernière. »

Cette sélection de livres débute très bien ; il me tarde de découvrir ses concurrents !


Les BD de la semaine #2


Cette semaine, une seule bande dessinée lue, mais une très belle surprise !

Harmonijka – Greg Zlap, Philippe Charlot, Miras

Première bande dessinée biographique que je lis et pas des moindres. Sur le thème de la musique et plus particulièrement sur Greg Zlap, un harmoniciste polonais qui va peu à peu monter et devenir l’un des meilleurs. Jusqu’à la consécration, un soir du 14 juillet 2009, sur le Champ de Mars.

On suit en parallèle le présent et la préparation du concert ; et le passé de Greg, depuis son enfance jusqu’à ses débuts dans le monde des musiciens professionnels.

Les illustrations sont très sympa, l’histoire vraie très bien rendue en bande dessinée et surtout le suspense tient jusqu’au bout pour savoir avec quel grand artiste français il va partager la scène.

Une découverte dû au hasard, qui fait décidément bien les choses. Si vous avez une bibliothèque près de chez vous, n’hésitez pas à aller la feuilleter et l’emprunter ; le détour vaut la peine !

Edité par une grande maison d’édition de BD : Glénat.


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Série Off-Campus – Elle Kennedy


KENNEDY, Elle. Off-Campus (tomes 1 à 4). Hugo et Cie, coll. Hugo New Romance, 2016-2017, 17 €.



L’histoire :

Un groupe d’amis, joueurs de hockey, stars de l’université. Bienvenue en Amérique ! Et bienvenue dans une série de romance à l’américaine. Hannah, Grace, Allie et Sabrina. Garrett, Logan, Dean et Tucker.
Ils sont jeunes, ils sont beaux et ils vont vous faire découvrir leur histoire !

Ce que j’en ai pensé :

Une série de romance érotique adolescente comme savent si bien les écrire les américaines ! Je viens de refermer le quatrième et dernier tome de cette saga. Et quelle tristesse de quitter les personnages !
Ce type de littérature, on aime ou on déteste. De mon côté, ce sont des livres qui me plaisent généralement quand ils restent réalistes et bien écrit. Comme c’est souvent le cas chez Hugo New Romance. J’ai lu beaucoup de leurs romances parues et rarement déçue. Valeur sûre.

Ici, on suit un groupe d’amis masculins, des jeunes coqs, idoles de leur université car stars de l’équipe de hockey sur glace. Garrett, Logan, Dean et Tucker ont tous des personnalités différentes mais un point commun : ils attirent les filles comme des mouches. Et chacun va avoir son tome dédié où, on s’en doute, ils vont rencontrer celle à laquelle ils s’attendent le moins. Et donc celle qui fera battre leur coeur.

Le genre d’histoire dont on connaît l’issue mais ça ne me gêne pas. Au contraire même ! Feeling good tout au long de la lecture et sourire assuré à la fin.
Elle Kennedy ne tombe pas dans le mièvre, même si on est clairement dans le cliché des romances adolescentes.
Ce que j’ai aimé c’est que chaque histoire est indépendante. On retrouve toujours les mêmes personnages mais chacun des tomes s’intéresse à un couple : Garrett/Hannah ; Logan/Grace ; Dean/Allie et Tucker/Sabrina.
Les caractères différents de chaque personnage permet une histoire qui n’est redondante par rapport aux autres. Pas d’ennui donc, même si vous les lisez à la suite je pense.
Beaucoup de tendresse, d’amour, d’humour et des passages clairement érotiques. Tout cela servit dans un style très bon (ainsi que la traduction donc).

Si vous aimez les romances, je vous conseille cette série à 100% !
Et l’auteur annonce la parution prochaine d’une spin-off qui, je l’espère, sera traduit et édité par Hugo.