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La route étroite vers le nord lointain – Richard Flanagan


FLANAGAN, Richard. La route étroite vers le nord lointain. Actes Sud, 2016, 432 pages, 23€.


L’histoire :

En 1941, Dorrigo Evans, jeune officier médecin, vient à peine de tomber amoureux lorsque la guerre s’embrase et le précipite, avec son bataillon, en Orient puis dans l’enfer d’un camp de travail japonais, où les captifs sont affectés à la construction d’une ligne de chemin de fer en pleine jungle, entre le Siam et la Birmanie.
Maltraités par les gardes, affamés, exténués, malades, les prisonniers se raccrochent à ce qu’ils peuvent pour survivre – la camaraderie, l’humour, les souvenirs du pays.
Au coeur de ces ténèbres, c’est l’espoir de retrouver Amy, l’épouse de son oncle avec laquelle il vivait sa bouleversante passion avant de partir au front, qui permet à Dorrigo de subsister.
Cinquante ans plus tard, sollicité pour écrire la préface d’un ouvrage commémoratif, le vieil homme devenu après guerre un héros national convoque les spectres du passé.
Ceux de tous ces innocents morts pour rien, dont il entend honorer le courage.
Ceux des bourreaux, pénétrés de leur “devoir”, guidés par leur empereur et par la spiritualité des haïkus.
Celui d’Amy enfin, amour absolu et indépassable, qui le hante toujours.
Les voix des victimes et des survivants se mêlent au chant funèbre de Dorrigo, se répondent et font écho. À travers elles, la “Voie ferrée de la Mort”, tragédie méconnue de la Seconde Guerre mondiale, renaît sous nos yeux, par-delà le bien et le mal, dans sa grandeur dérisoire et sa violence implacable.

Ce que j’en ai pensé :

Lorsque je me lance dans un livre autant plébiscité par la critique, je suis toujours un peu frileuse. Peur d’être déçue, et de ce dire que si je n’aime pas, je suis passée à côté de quelque chose. Et c’est précisément ce qui est arrivé. Sauf que je me dis simplement que ce n’était peut-être pas le bon moment pour moi pour lire cette histoire, ou alors juste se dire que l’on ne peut pas tous aimer les mêmes choses. Quand bien même il s’agisse d’un roman sur la Seconde Guerre Mondiale.

Concernant le fond, on ne peut pourtant pas dire que c’est creux. Bien au contraire même. J’ai apprécié ce parti pris de l’auteur d’évoquer un aspect de la Seconde guerre mondiale très peu exploité en littérature : les conditions de détention des prisonniers des japonais et les enjeux cachés du Japon lors du conflit.

Dorrigo Evans est australien, jeune médecin, qui se retrouve sur le champ de bataille comme beaucoup de jeunes hommes de sa génération. On suit la vie de cet homme, ses histoires amoureuses et ses souvenirs de guerre.
Ce qui m’a plu (la seule chose en fait…) c’est justement cet aspect de la guerre via l’expérience des camps de travail japonais, où les prisonniers étaient exploités pour tenter de construire la plus longue ligne de chemin de fer et prouver que cela pouvait être réalisé sans toute la technologie occidentale. Un nombre d’hommes absolument considérables sont morts en prenant part malgré eux à ce projet illusoire.
Des scènes terribles, qui rappellent que les nazis n’ont pas été les seuls tortionnaires de cette période apocalyptique. On ne retient que les méchants qui nous intéressent.

Le problème avec ce livre, c’est la lenteur du début, les descriptions qui m’ont paru parfois interminables et des personnages qui n’ont pas su me plaire au point de m’intéresser à eux et avoir envie de les connaître à travers le livre. Je comprends que ce livre plaise par l’intensité de ce qu’il livre. Quant à moi, il me prouve que j’ai besoin d’un rythme intense, presque frénétique dans mes lectures, ce qui n’est pas le cas ici.
J’ai malheureusement dû terminer par une lecture rapide pour ne pas l’abandonner.

L’écriture et donc la traduction sont très bonnes, ce qui n’est pas étonnant de la part d’une publication des éditions Actes Sud.

A savoir que ce livre fait partie de la sélection finale du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs 2016.

Bilan – Avril 2015

Le mois d’avril a été très productif niveau lecture ! Je n’y crois pas moi-même : 20 livres terminés.

Du très bon mais quand même beaucoup de lectures mitigées ce mois-ci…


J’ai adoré et je conseille

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« Gataca« , de Franck Thilliez : Mon chouchou d’amour du mois ! Gros coup de coeur de-la-mort-qui-tue. Science de l’évolution des espèces, deux personnages qui j’adore toujours plus au fil des tomes (Sharko et Henebelle), suspense et imagination excellents. What else ?

« Le sculpteur« , de Scott McCloud : BD énorme, tant au niveau du nombre de pages (presque 500) que du contenu. Dimension dramatique excellente, illustrations au top.

« Celui dont le nom n’est plus« , de René Manzor : Thriller sur le thème du don d’organes, avec des personnages psychologiquement énormes et une histoire autour du tueur très bonne.

« Confidences à Allah« , de Saphia Azzeddine : Livre très court mais très intense. Véritable coup de poing. Critique profonde d’une société masculine qui dévalorise les femmes en prenant Allah en otage.

« Freaks’ Squeele, t.5 : Nanorigines« , de Florent Maudoux : Je suis décidément fan de cette saga comics. Des apprentis super-héros qui sont face à une loi politique qui risque de les priver de leur diplôme de super-héros. Et puis, on découvre Ombre en homme et juste… waouh !

« Atomka« , de Franck Thilliez : Re chouchou d’amour ! Dernier livre lu du mois d’avril et… te-coup de coeur. Radioactivité, grands froids, médecine, suspense, personnages au top… Tout ce que j’aime.

J’ai aimé


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 – « Baronne Blixen« , de Dominique de Saint Pern : Biographie très bien écrite sur Karen Blixen, personnage qui a inspiré le film « Out of Africa » adapté de son livre autobiographie « La ferme africaine ».

« Nous sommes Charlie« , de Collectif d’auteurs : 60 auteurs, 60 textes sur la tolérance et la tuerie au sein de Charlie Hebdo.Je n’ai pas aimé tous les textes mais certains m’ont vraiment marqué.

« Beautiful secret« , de Christina Lauren : Nouvel opus de la célèbre saga que j’ai encore beaucoup aimé. Surtout que le personnage principal de Niall est très différent des précédents donc ça se renouvelle un peu. Très détente !

« Icônne« , de Natoo : Une parodie géniale de la presse féminine. Tout est parodié : les articles, les pubs, les présentations de produits, les interviews, les looks. Gros boulot !

« Neuroland« , de Sébastien Bohler : Un thriller scientifique très pointu, l’auteur étant lui-même du métier. Code neuronal, lecture des pensées, détournement de fonds, politique… Très complet et parfois un peu compliqué.

« Danser les ombres« , de Laurent Gaudé : Découverte de l’écriture d’un auteur. Et surtout un thème très intéressant et original : le séisme d’Haïti en 2010.

« Rosy & John« , de Pierre Lemaître : Même en peu de pages, Pierre Lemaître nous pond une histoire crédible et sympa. Ecriture au top et bonne imagination.

« Trafiquants d’hommes« , d’A. Di Nicola et G. Musumeci : Une enquête en immersion dans le passage illégal de clandestins. Très intéressant et on y apprend des choses assez étonnante. Un monde à part.

Lectures en demi-teinte

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« Le Ramayana« , de Pascal Fauliot : Une des plus célèbres épopées indiennes. Réécriture très adaptée au public. Maintenant l’histoire ne m’a pas emballée.

« Marie des Mimosas« , de Jean-Claude Lesellier : Lecture sur la vieillesse, le temps qui passe et les souvenirs qui restent. Pas désagréable à lire mais pas vraiment d’émotions pour moi.

« Parfaite« , de Caroline Kepnes : Un thriller très étonnant, que j’ai aimé par certains aspects mais qui est parfois terriblement lourd, trop linéaire et sans vraiment d’actions.

« Comment transformer votre mec en Brad Pitt en 30 jours« , de Marie Minelli : Guide humoristique, belle mise en page, ludique, mais un peu lourdinque quand même des fois…

La déception du mois

 

« Délicieuse effrontée« , de Victoria Dahl : Une romance franchement plate et beaucoup trop longue par rapport au peu d’action qu’il y a. En gros, je me suis ennuyée.

Les abandons du mois

 

« Le prince blessé« , de René Barjavel : J’adore René Barjavel mais pour ce recueil de nouvelles, c’est tombé à l’eau. Je n’ai pas accroché aux premières et je n’ai pas du tout eu envie de poursuivre.

« Fight for love, t.3 : Remy« , de Katy Evans : La même histoire que le tome 1, vu par le bonhomme. Mouais, pas convaincue… Au bout d’un moment, j’ai vu rouge, j’ai préféré stopper !

Danser les ombres – Laurent Gaudé


GAUDE, Laurent. Danser les ombres. Actes Sud, 2015, 249 pages, 19,80 €.


L’histoire :

Janvier 2010. Des destins s’entremêlent à Haïti. Notamment Lucine, qui revient à Port-au-Prince annoncer un décès. Ou encore Saul, presque médecin, bâtard d’un notable et d’une boniche. Des vies dures mais jamais amères, qui vivent comme elles peuvent et poursuivent inlassablement leur chemin. Et puis, c’est le drame. Nous sommes le 12 janvier 2010, et un terrible séisme va bouleverser Haïti et détruire des existences.

Ce que j’ai apprécié :

– « Dans les ombres« , c’est avant tout pour moi la découverte d’un auteur. Ou plutôt devrais-je dire : un conteur. Car autant vous le dire, ce que j’ai d’abord apprécié ici, c’est l’écriture de Laurent Gaudé. Son histoire, c’est avec des phrases parfois très courtes et parfois particulièrement longues qu’il la raconte. Un rythme qui accélère et ralentit, selon les circonstances. Une écriture résolument poétique, qui est d’une force incroyable, notamment lorsqu’elle décrit les trente-cinq secondes du tremblement de terre et les minutes qui suivent. C’est saisissant.

– Ce livre, ce pourrait être : l’instant où tout bascule. Laurent Gaudé sait y faire, il faut dire. On s’attache aux personnages durant ce 11 janvier où on les rencontre. Lucine, Saul, Lily, le Vieux Tess, notamment. Ces personnages, je les ai aimé dès qu’ils sont sortis des pages. Et puis au milieu du livre, le chapitre « et la terre » nous livre le tremblement de terre terrible qui a ravagé Haïti en tuant près de 230 000 personnes. A ce jour d’ailleurs, le pays ne s’en est toujours pas remis. La description de cette catastrophe naturelle est exceptionnelle. A se demande où Laurent Gaudé est allé puiser les sensations que l’on ressent à ce moment-là, les bruits aussi. Certainement auprès de personnes ayant vécu un séisme, vu la précision et l’impression d’y être.

– Les personnages présentés m’ont bien plu. Ils ont tous une vie semée d’embûches, on ne leur a rien épargné. La politique, ils en parlent comme si elle leur appartenait. Les combats des rues pour la liberté, ils les ont mené. Certains de leurs proches en sont morts. Mais ils avancent, en espérant toujours que l’avenir sera plus beau. Tous les personnages ne m’ont pas touchés comme Lucine, Saul et Lily ; mais ces trois-là m’ont beaucoup touchés.

– Cette histoire raconte également les très fortes disparités de richesses au sein de la population. Les riches, dont beaucoup choisissent de partir vivre en Amérique et qui ne reviennent en Haïti que par dépit et forcés. Et puis les pauvres, majoritaires, mais terriblement emprunt de joie de vivre.

– La fin m’a beaucoup surprise. Je ne connais pas Haïti et ses croyances. Mais il est évident qu’il doit y avoir une tradition qui parle des morts comme des Esprits toujours là, qui restent au côté de ceux qu’ils ont aimé ou haï. Je n’en sais pas plus, mais quoiqu’il en soit, c’est une fin étonnante mais qui m’a convaincue en ce qui concerne le devenir des personnages.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Toujours sur la fin, j’ai été déroutée par cette présence soudaine de fantastique, auquel je ne m’attendais pas du tout. Néanmoins, cela rapproche l’histoire réelle, subie, d’une sorte de conte moderne.

En bref ?

Une lecture vraiment agréable, qui m’aura fait découvrir avec plaisir Laurent Gaudé. Mais c’est aussi un vibrant hommage au peuple haïtien, unit par cette catastrophe à laquelle on ne peut trouver de coupables puisqu’elle est « naturelle ». Un peuple que l’auteur a décrit comme intelligent, politiquement engagé, parfois frivole et toujours tendre et amical envers l’Autre.

Prix Relay des voyageurs-lecteurs 2015

prix-relayCette année, c’est avec grand plaisir que j’ai été sélectionnée pour faire partie des lecteurs de la sélection finale pour le Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs !

Dans ce cadre, j’ai reçu les deux premiers titres en lices (sur les quatre qui seront en compétition). Je les lirais bientôt afin de vous faire part de mon avis et, pourquoi pas, vous donner envie de les lire et de voter pour votre livre préféré sur le site du Prix Relay !

Pour avoir plus d’infos, rendez-vous sur le site de l’organisation.

En attendant, je vous présente les deux premiers livres :

– « Danser les ombres » de Laurent Gaudé (Actes Sud)

– « Le voyant » de Jérôme Garcin » (Gallimard)

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Les encombrants – Marie-Sabine Roger


Quatrième de couverture :

Il y a cette mamie qui se réjouit de la venue de ses enfants et petits-enfants et leur prépare un bon repas. Cette brave dame qui travaille à la maison de retraite et donne de temps en temps des claques aux plus récalcitrants, aux plus capricieux. Ce vieux monsieur qui se perd parfois en se promenant, et qu’on retrouve plongé dans la contemplation d’un rosier. Cette centenaire dont l’anniversaire est célébré en grande pompe entre un député et une équipe télé avide…
Ils vivent seuls ou en maison de retraite; ils discutent avec leur animal de compagnie ou au téléphone- la plupart n’ont plus grand monde à qui parler. Ils ont en commun leur grand âge, une santé chancelante, et un terrible sentiment d’inutilité. Marie-Sabine Roger les évoque avec tendresse, sans épargner les acrimonieux mais sourtout ceux qui sont autour: les égoïstes, les profiteurs et les indifférents. Pleine d’humanité et de fraîcheur, de férocité aussi, ces nouvelles rappellent que les vieilles personnes sont avant tout des personnes, tout simplement.

Mon avis :

Un recueil de nouvelles très court mais très bouleversant. Un thème qui me touche particulièrement puisque je travaille en contact indirect avec des personnes âgées et forcément, je suis très intéressée par leur sort.

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