Nos étoiles contraires – John Green


GREEN, John. Nos étoiles contraires. Nathan, 2013, 330 pages, 16,90 €.


L’histoire :

Hazel a 16 ans et un cancer incurable. Au groupe de soutien, elle rencontre Augustus, en rémission. Un jeune homme de 17 ans, beau et athlétique, un brin rebelle et plein de malice. Entre eux, une belle histoire va naître, entrecoupée de désagréments de la vie des jeunes cancéreux.

Éléments de réflexion :

Un roman de fiction sur un thème bien réel, lui : la vie face à la maladie. Et pas des moindres : une maladie diverse, qui se guérit ou non, qui s’appelle « cancer » et qui, quoiqu’il en soit, balade toujours une épée de Damoclès au-dessus de celui qui en est la victime.
Un beau roman, sur un sujet noir et tabou, surtout en littérature (et encore plus en littérature jeunesse). Mais il ne suffit pas d’avoir un sujet choc pour faire un livre poignant et fort. Il faut la patte John Green : l’humour, l’amour et un brin de folie.

Ce que j’ai apprécié :

– Tout d’abord, le thème abordé et l’audace qu’il faut pour écrire un livre au sujet aussi dur et tabou, qui soit destiné à de jeunes lecteurs. J’aime cette prise de risque, ce va-tout que semble jouer l’auteur ici. Evidemment, c’est réalisé avec un tel brio que l’on ne peut que le porter aux nues. D’autant plus une fois qu’on referme l’ouvrage et qu’on prend vraiment conscience de l’histoire qu’on vient de lire.

– Le grand coup de chapeau à John Green, c’est l’humour qu’il intègre à ce roman au sujet noir. A chaque page, il y a beaucoup d’émotions et de cruauté, car n’oublions pas que c’est avant tout l’histoire de deux adolescents. Mais il y a aussi toujours un brin d’humour, qu’il soit léger ou carrément assumé. Cela permet de lâcher du lest, de permettre au lecteur de respirer. Mais c’est aussi essentiel pour les protagonistes eux-mêmes, Hazel et Augustus. L’adolescence, c’est normalement la transition de l’enfance à l’âge adulte. Ca ne peut pas être la dernière ligne droite, comme ça l’est pour les jeunes cancéreux. Sans humour, c’est la mort à petit feu. Entre humour et citations graves, le lecteur est balloté entre des émotions très fortes et des réflexions universelles qui ne le quitte pas une fois le livre refermé.

– L’intérêt de ce roman, c’est aussi l’intelligence de John Green de créer des personnages aussi différents dans leur approche de la maladie.
Hazel : c’est LA malade incurable du roman. A seize ans, elle ne peut évidemment pas vivre comme les adolescentes de son âge, mais n’en reste pas moins une jeune fille pleine de désir. Sa force est étonnante. Très philosophe, c’est un personnage qui m’a scotchée de par ses réflexions sur le côté éphémère de l’espèce humaine et que, quoiqu’il en soit, malade ou pas, nous sommes tous mortels et donc nous seront tous confrontés à la mort un jour ou l’autre.
Augustus : Le beau gosse en rémission, celui dont Hazel ne veut pas tomber amoureuse, tout simplement pour ne pas le blesser par sa mort. Il est enjoué, farceur, charmeur et terriblement amoureux d’Hazel. Un personnage qui repousse le cancer dans sa tête, peut-être pour faire comme si tout allait bien malgré tout ?
Le père d’Hazel : un homme brisé par la maladie de sa fille. Qui part tous les matins travailler sans savoir s’il reverra son enfant vivante. Ce personnage est terriblement dramatique car il n’arrive pas à se montrer fort face à sa fille, il ne peut retenir ses larmes. Si bien qu’il est en retrait, presque timide, toujours coupable.
La mère d’Hazel : Un personnage pétillant, dévoué à sa fille malade. Elle sait que cette dernière mourra bientôt, avant elle c’est sûr. Si bien qu’elle fait de chaque moment un évènement. Son énergie est surdéveloppée et dédiée à ce que sa fille vive des moments festifs le plus souvent possible. Un personnage extrêmement touchant aussi.

– Evidemment, ce qui nous touche aussi dans ce roman, c’est l’amour et le courage de ces adolescents face à la maladie. Une maladie incurable, terrible à vivre au quotidien, qui sont considérés comme des cas désespérés. On les abandonne peu à peu, on leur témoigne une gratitude suspecte (les fameux « cadeaux cancer » comme les appelle Hazel). L’amour qu’Hazel et Augustus se portent en est d’autant plus fort et paisible qu’il se sait éphémère dans son rapport physique à l’autre. Terrible et tellement beau.

– Dans ce roman, il y a aussi une ode à la littérature. La portée des mots et de la fiction n’a rien à envier à la réalité. C’est avec leur livre fétiche qu’Hazel et Augustus s’apprivoisent, apprennent à se connaître. C’est grâce à ces deux histoires que les premières discussions s’engagent. Comme le dit John Green en guise d’introduction : « Ni les romans ni les lecteurs ne gagnent à savoir si des faits réels se cachent derrière une histoire. Ce genre de tentative sape l’idée que les histoires inventées peuvent avoir de l’importance, ce qui est pourtant un des postulats fondamentaux de notre espèce » (p.11).

– Et enfin, je finirais simplement avec une des réflexions qui m’a le plus touchée et qui m’a également frappé en plein coeur. Le fait que le cancer n’est pas un parasite extérieur qu’il faut combattre. Le cancer, c’est une partie intégrante de l’individu qu’il détruit. Il est le malade et, il doit se tuer pour vivre. Car si le cancer vit, le sujet meurt. Terrible cercle, terrible réalité.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Un livre globalement très bon, je n’ai pas de points vraiment négatifs à relever, même si ce n’est pas le coup de coeur de beaucoup de lecteurs.

En bref ?

Poignante, vraie, drôle, émouvante, audacieuse… Les adjectifs manquent pour traduire en mots ce que j’ai pensé de cette histoire. Maintenant, je comprends que ce livre soit ait été autant lu, autant encensé. Il est réellement bénéfique.

Le poison d’amour – Eric-Emmanuel Schmitt


SCHMITT, Eric-Emmanuel. Le poison d’amour. Albin Michel, 2014, 160 pages, 15 €.


L’histoire :

Quatre adolescentes de seize ans : Julia, Colombe, Anouchka et Raphaëlle. Des jeunes filles sans histoires particulières, à part celles de leur âge : amour, amitié pour la vie, jalousie, peur de l’avenir, désillusions.

Éléments de réflexion :

Eric-Emmanuel Schmitt décide dans ce roman d’aborder le thème du mal-être adolescent qui touche presque tous les individus à cet âge où l’on nous demande de ne plus être un enfant mais de ne pas se comporter comme un adulte. Comme trouver sa place ? Accepter un corps qui change ; un corps parfois disgracieux ?

Ce que j’ai apprécié :

– Les quatre personnages sont parfaitement représentatives de l’Adolescence avec un grand « A ». Chacune a des problèmes typiques de cette période transitoire difficile à vivre, notamment pour les jeunes filles. Amours unilatérales, difficulté d’accepter ses transformations corporelles et ce nouveau statut d’individu sexué, jalousie, amitié enfantine à transformer, etc.

– J’ai été agréablement surprise de la fin qui donne une dimension intéressante à l’histoire car elle développe le côté dramatique que peuvent atteindre les désarrois adolescents. J’ai trouvé cette fin très juste ; si bien que, si j’avais un avis plutôt sympathique sans plus sur ce roman, la fin a fait remonté le tout dans mon estime.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Le format journal intime choisi par l’auteur n’est pas vraiment crédible du fait qu’il utilise un langage qui ne convient pas à des adolescentes de seize ans.

– J’ai trouvé le livre vraiment très court, j’aurais aimé en avoir plus. Je sais qu’Eric-Emmanuel Schmitt affectionne très souvent la concision pour ses romans et c’est un choix tout à fait louable. Mais cela engendre parfois de la frustration. D’autant que j’ai du mal à accepter le prix de 15€ pour aussi peu de matière ; mais cela est un autre débat !

En bref ?

Une lecture très rapide, agréable à lire, qui soulève les problèmes liés à l’adolescence féminine.

Cadre de lecture : Merci à l’agence de presse Gilles Paris pour m’avoir permis de lire et de vous faire découvrir ce livre.

Mon ado est un gros naze – L. Storck et S. Kahn


STORCK, Laurent & KAHN, Silvia. Mon ado est un gros naze. Editions Jungle, 2014, 139 pages, 6 €.


La thématique du livre :

Ce roman humoristique aborde un thème universel, commun à tous et toutes. Oui, nous y sommes tous passés ou peut-être y sommes-nous encore : l’adolescence. Cette période de transition entre l’enfance et l’âge adulte, quand on est globalement mal dans sa peau. Mais attention, il ne faut pas croire que ce n’est difficile que pour le spécimen ado. Non, non ! La position de parents est pire ! Oui, parce que on est détesté, renié, soulé par la chair de sa chair !
Les auteurs, tous deux parents d’adolescents, aborde avec humour cette période compliquée dans la vie d’une famille.

Ce que j’en ai pensé :

Rien que le titre m’a fait rire. Cela augurait donc une lecture drôle et donc très plaisante. Et je n’ai pas été déçue ! J’ai vraiment souri et ri à la lecture de ce guide de l’adolescent à destination des parents qui se sentent seuls face à cette vague hormonale qui s’empare de leur progéniture.
Vous avez aimez « La femme parfaite est une connasse », paru chez J’ai Lu et qui a fait fureur ? Vous adorerez ce livre-ci qui aborde le thème de l’adolescence de la même façon, avec le même humour parfois très noir et une mise en page très ludique (cadre, changement de typographie, de taille de caractère, photos, etc.)
J’ai pris un plaisir absolu avec ce livre, que je vous conseille d’acheter aux personnes de votre entourage qui subissent un adolescent dans leur foyer (et hop, un cadeau de Noël de trouvé !)

La fille seule dans le vestiaire des garçons – Hubert Ben Kemoun

Image hébergée par servimg.comQuatrième de couverture :

Tout commence par un baiser, comme une chance, une promesse pour Marion. Une aubaine pour une jeune fille toujours si maladroite avec les garçons. Mais ce baiser va faire de sa vie un enfer. Peu à peu, la honte laisse toute la place à la rage, et Marion prépare sa vengeance. Sans réfléchir aux conséquences de ses actes…

Mon avis :

La fille seule dans le vestiaire des garçons est avant tout un roman social, où l’adolescence et ses particularités sont mises en exergue.

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Paroles empoisonnées – Maïté Carranza

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Quatrième de couverture :

A quinze ans, Barbara Molina disparaît de chez elle. Si la police pense à une fugue, la réalité se révèle bien plus terrible lorsqu’elle passe un appel désespéré à sa mère. C’est la dernière fois que sa famille entendra parler d’elle. Quatre ans plus tard le mystère de sa disparition continue de planer…

Mon avis :

Maïté Carranza, avec ce court thriller, fait mouche en remportant le prix Edebé 2010 et le prix national de littérature jeunesse et jeunes adultes 2011. Que ce cache derrière cette histoire qui semble largement plaire ? Un récit terrifiant, qui se lit d’une traite, et qui s’appuie sur les drames vécus par Elisabeth Fritzl ou encore Natascha Kampusch (cf. « 3096 jours » de N. Kampusch).

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