La vengeance du pardon – Eric-Emmanuel Schmitt


SCHMITT, Eric-Emmanuel. La vengeance du pardon. Albin Michel, 2017, 325 pages, 21,50 €.



L’histoire :

Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psycho- logique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences.
Comment retrouver notre part d’humanité quand la vie nous a entraîné dans l’envie, la perversion, l’indifférence et le crime ?

Ce que j’en ai pensé :

Quelle découverte que le nouveau Eric-Emmanuel Schmitt ! Une merveille que ces quatre nouvelles sur le thème de la vengeance.

Chacune des histoires est une fable qui raconte la violence de la douleur et la difficulté du pardon. L’envie entre deux soeurs jumelles dont l’une est dans la lumière et l’autre non ; la honte de l’amour et la sensation de supériorité ; la douleur de la perte d’un enfant ; le passé que l’on n’assume pas et qui empêche de nous construire.

J’ai trouvé ces récits d’une justesse magnifique, chaque mot est à sa place, il s’agit de poésie et de morale. J’ai été littéralement enchantée par ce recueil de nouvelles.

L’accent est mis sur la psychologie des personnages, et notamment leur façon d’aborder les différents sentiments : la colère, l’envie, la douleur, la tristesse.
A l’heure des livres de développement personnel, celui-ci pourrait en être un : il aide à trouver des pistes pour se mieux envisager ses relations aux autres, trouver sa place, réagir face à la douleur et au besoin de vengeance. Le pardon, envers les autres mais surtout envers soi-même est peut-être l’acte le plus difficile à envisager et à réaliser.

⇒ En bref ?

Eric-Emmanuel Schmitt n’a pas besoin de publicité : à chaque rentrée littéraire, il est présent et ne vole pas son succès. Il y a longtemps que je n’avais pas été autant touchée par des histoires.

Je conseille si vous aimez…

– l’auteur
– les histoires qui vous donne à réfléchir sur des émotions qui rythment notre vie.


Lontano – Jean-Christophe Grangé


GRANGE, Jean-Christophe. Lontano. Albin Michel, 2015, 776 pages, 24,90 €.


L’histoire :

Éminence grise du pouvoir, Grégoire Morvan a connu ses heures de gloire en Afrique dans les années 80, en arrêtant au Zaïre « l’Homme clou », tueur en série au rituel atroce, inspiré des plus violents fétiches africains.
Quarante ans plus tard, en France, les cadavres mutilés, criblés de ferraille et de tessons s’accumulent : la marque de « l’Homme clou », totem de la folie meurtrière née au plus profond de l’Afrique. Le passé trouble de son père – fantôme menaçant de sales affaires enterrées – rattrape alors Erwan Morvan, le meilleur flic de la crim’.
Saga familiale, roman psychologique et roman noir, Lontano est une plongée verticale dans les ténèbres de l’âme, roman paroxystique et vertigineux, dérangeant comme ces rites primitifs qui nous fascinent et nous effarent.

Ce que j’en ai pensé :

3 ans que je l’attends ce bouquin ! 3 ans ! Je me suis donc lancée dedans avec une impatience non feinte et aussi un poil d’appréhension je dois dire. Car depuis ma découverte de Jean-Christophe Grangé, il y a plusieurs années, j’ai lu et découvert d’autres auteurs français de thrillers ; et de très bons d’ailleurs.
Concernant « Lontano« , j’ai essayé de ne rien lire et rien écouter à son propos. Je suis donc entrée vierge dans ce livre !

Première impression : grosse brique ! Deuxième impression : pas aussi gore que les derniers livres de l’auteur, ni aussi pesant niveau ambiance.
Ici, c’est plutôt une saga familiale qui va servir de prétexte au thriller. Une nouveauté que j’ai plutôt apprécié. Cinq personnages, cinq personnalités torturées, secrètes et destructrices : le clan Morvan.
Grégoire, le père, tout d’abord. Ancien flic, une barbouze de l’ancien temps : tout est permis pour la République, quels que soient les moyens. Autoritaire, charismatique, il bat sa femme et mène ses enfants d’une main de fer, bien qu’ils soient maintenant adultes.
Un personnage noir, dur, dont j’ai aimé la construction psychologique.
Maggie, la mère. Personnage effacé ? Au fond on sait bien que non, que le couple cache un lourd secret qu’il a ramené de son passé au Zaïre, l’ex-Congo. Impossible de cerner cette femme et ce jusqu’à la fin du roman. Mais comme il s’agit d’un diptyque, il est évident que les réponses viendront avec le prochain livre.
Gaëlle, la plus jeune, vingt-neuf ans et un avenir qui semble fait de prostitution pour des rôles de cinéma qu’elle n’obtiendra jamais. Très sombre personnalité, la plus révélatrice de l’enfance qu’ils ont connu avec ce père violent et cette mère soumise.
Loïc, l’enfant du milieu : financier, il est aussi cocaïnomane, père de famille et séparé d’une riche italienne, Sofia. Le personnage que j’ai le moins pris plaisir à suivre. Je ne l’ai pas trouvé franchement intéressant pour l’histoire.
Erwann, le fils aîné : flic tout comme son père, c’est LE personnage de l’histoire, celui qui va poursuivre la trace d’un tueur en série aux moeurs des plus terrifiantes. Un homme taciturne, sans aucune confiance en lui dans son rapport aux autres, et notamment aux femmes. J’ai adoré le suivre, me laisser porter au gré de ses découvertes, de ses peurs, de ses coups de sang aussi.

Ajoutez à tout ces personnages un tueur en série qui a la particularité malsaine d’imiter les pratiques d’un homme qui a sévi au Congo dans les années 70, arrêté par Morvan père et mort trois ans plus tôt. Plusieurs victimes, mortes selon un rituel primitif qui rappelle les poupées vaudou, sauf qu’ici il s’agit de se protéger des esprits en plantant des clous et autres tessons de verre dans le corps d’individus bien vivants.
Le gros bémol, c’est que j’ai très vite deviné qui était ce tueur… Et cela m’arrive très rarement, ce qui me pousse à croire que Grangé a laissé des indices assez parlants. Ou alors je suis devenue très douée ! 😀

Au niveau géographique, Jean-Christophe Grangé nous entraîne en Bretagne et en Afrique, bien que nous explorerons ce continent seulement dans le second tome. Et croyez-moi, j’ai vraiment envie de me plonger dans celui-ci lorsqu’il paraîtra car je me demande s’il ne me plaira pas plus que « Lontano« . Disons que l’on aura enfin les réponses à toutes les questions fondamentales sur la famille Morvan, et notamment cette mystérieuse Maggie que je soupçonne d’être moins naïve qu’elle n’y paraît.

En bref, je suis ravie d’avoir retrouvé Grangé et sa plume. Il n’est peut-être plus mon auteur de thriller favori, mais reste un auteur que je suivrais coûte que coûte, à chacune de ses parutions.
Allez, on ne va pas se mentir, j’ai vraiment pris mon pied à savourer cette lecture, voilà, c’est dit !

Vous aimerez si…

  • Jean-Christophe Grangé vous a manqué après 3 ans d’attente.
  • Les sagas familiales et leur traitement sur fond de thriller vous intriguent.

La nuit de feu – Eric-Emmanuel Schmitt


SCHMITT, Eric-Emmanuel. La nuit de feu. Albin Michel, 2015, 183 pages, 16 €.
En librairie le 2 septembre 2015


L’histoire :

Pour la première fois, Eric-Emmanuel Schmitt évoque un évènement qui a changé le cours de son existence : un voyage de dix jours dans le désert algérien. Spiritualité et remise en cause de soi sont les maîtres mots de ce récit autobiographique.

Ce que j’en ai pensé :

Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur prolifique, dont j’ai lu une dizaine de romans, la plupart m’ayant laissé un très bon souvenir. Avec sa belle écriture, il aborde des sujets aussi graves et éclectiques que l’amour (« L’elixir d’amour« , « Le poison d’amour« ), l’Histoire (« La part de l’autre« ), la maladie (« Oscar et la dame rose« ), la tolérance (« Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran« ) ou encore la mort.
Romans, bande dessinée, pièces de théâtre… Des genres toujours différents, où la patte du philosophe est bien reconnaissable. Mais il y a un genre dans lequel, lui, un des auteurs français les plus lus dans le monde ; homme au demeurant très discret sur sa vie privée ; ne s’était pas encore illustré : l’autobiographie.
Ces 180 pages ont été pour Eric-Emmanuel Schmitt une expérience physiquement et psychologiquement très intense : comme il le dit à la fin du livre, celui-ci lui aura coûté deux séjours à l’hôpital !

« La nuit de feu« , c’est l’histoire de la seconde naissance de l’auteur. Nous sommes en 1989, il a vingt-huit ans, en voyage dans le désert algérien il s’apprête à vivre une expérience qui va le bouleverser et modifier sa façon de vivre. Et pour cause, un jour de voyage, il va avoir l’imprudence de s’écarter du groupe et l’obliger à vivre une nuit seul, dans un désert effrayant. Et cette nuit précisément, il s’en souviendra toujours, certainement comme le premier jour du reste de sa vie ! Car l’expérience, si difficile à décrire avec des mots comme il le dit très bien, va lui prouver l’existence d’une entité supérieure. Dieu ? S’il faut le nommer ainsi, oui. Mais surtout, ce jeune homme athée va rencontrer la foi.
Pourquoi raconter cette expérience plus de vingt-cinq ans après ? Tout d’abord, la peur de se dévoiler et peut-être aussi de ne pas arriver à transmettre ce que cela lui a apporté. La foi ? Dieu ? Plutôt une confiance spirituelle, une confiance dans le mystérieux Après qui nous attend.

Mais ce livre est aussi une formidable ode au désert et à ses peuples. Des individus vrais, fiers, portés sur les actes plutôt que sur les paroles. Une relation forte va lier Eric-Emmanuel Schmitt avec le touareg qui va suivre le groupe. Dans ce désert dont on ne sort pas indemne, les individus vont échanger autour de sujet tels que Dieu, ou encore l’Univers et notre place au sein de celui-ci.

Finalement, ce livre est court mais intense. C’est fort, bien écrit, sensible et quelle force de la part d’Eric-Emmanuel Schmitt d’oser se confier avec la peur tacite d’être jugé. J’ai trouvé ce récit littéralement envoûtant, par le sujet développé, l’intimité fragile décrite ainsi que les nombreux thèmes de réflexions qu’il apporte au lecteur.

Vous aimerez si…

– Vous êtes un adepte de l’auteur à travers ses nombreuses histoires.
– Vous souhaitez en savoir plus sur Eric-Emmanuel Schmitt et son rapport à la spiritualité.

Bilan – Juillet 2015

Le mois de juillet a globalement été bon et prolifique, malgré quelques abandons.
 16 livres terminés.

Un mois où j’ai essayé de lire pas mal de livres de ma PAL, et pas uniquement des réceptions. Résultats des courses, j’ai sorti quelques vieux livres, qui se sont parfois soldés par des abandons. Et d’autres bonnes découvertes.


J’ai adoré et je conseille

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« Pandemia« , de Franck Thilliez : La voilà, la dernière aventure de Sharko et Henebelle ! Toujours aussi bon, documenté, précis, plein de suspense. Evidemment, c’est un coup de coeur !

« La nuit de feu« , d’Eric-Emmanuel Schmitt : Si vous aimez l’auteur, retenez la date du 3 septembre : Eric-Emmanuel Schmitt vous livrera un de ces mystères de la vie, un évènement qui l’a changé à tout jamais.

« Le testament de Marie« , de Colm Toibin : Un livre de la rentrée littéraire qui sera plébiscité, j’en suis sûre. L’histoire la plus connue du monde, celle de Jésus, vu par sa mère, Marie.

« Je m’appelle Blue« , de Solomonica de Winter : Ecrire un roman psychologique de cette envergure à seulement dix-huit ans c’est tout simplement une prouesse presque incroyable. Grosse claque.

J’ai aimé

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 – « Fight for love, t.5 : Ripped« , de Katy Evans : Un cinquième tome qui nous présente deux nouveaux personnages, Pandora et McKenna. Une belle romance qui m’a beaucoup touché.

« Faits d’hiver« , d’Alice Moine : Un roman de la rentrée littéraire sur l’instant T, entre hasard et destin. Joliment écrit.

« Le cimetière du diable« , de Anonyme : Le plus vieux livre de ma PAL n’est plus ! Toujours une atmosphère rock’n’roll, hâchée, crue, détonnante. Hâte de lire le tome 4.

« Noblesse oblige, t.4 : Le gentleman mis à nu« , de Sally MacKenzie : Une romance historique dans la lignée des précédentes. Le schéma est le même, et j’adore ça. Humour et détente au rendez-vous.

« Une fille parfaite« , de Mary Kubica : Un roman psychologique bien construit, plusieurs points de vue et surtout une fin très intéressante.

« Thérapie« , de Sebastian Fitzek : Thriller court, qui m’a bien fait flipper pour le côté psychiatrique chelou ! Une fin un peu bizarre quand même.

« Chiens de sang« , de Karine Giébel : Malgré les avis négatifs, j’ai vraiment aimé ce thriller, où l’auteure aborde le thème de la traque humaine, de la chasse.

Lectures en demi-teinte

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« Des noeuds d’acier« , de Sandrine Collette : Une histoire intéressante, mais un style étonnant au début et surtout, pas assez d’inspection psychologique. J’ai hâte de voir ce que l’auteur nous propose dans ses autres livres.

« Freaks’ Squeele, t.6 : Clémentine« , de Florent Maudoux : J’adore toujours autant le dessin et l’humour de la saga, mais ce tome-là est plus brouillon, je me suis perdue dans l’histoire, dommage. J’attends de voir le septième et dernier tome.

« Trait bleu« , de Jacques Bablon : J’ai adoré le style décapant et résolument rock. Par contre, je n’ai pas saisi la finalité de l’histoire, je suis restée hermétique.

« Le prince de la brume« , de Carlos Ruiz Zafon : Toujours une écriture et un style magnifique ; mais ici l’histoire est trop jeunesse et surtout trop de questions sans réponses.

« Les morsures de l’ombre« , de Karine Giébel : Un thriller à l’histoire excellente, effrayante mais le style ne m’a pas vraiment plus ici. Final génial par contre.

J’ai abandonné

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« Ladies’ Taste, t.1« , de Laura Trompette : Je n’ai pas adhéré à l’histoire d’une romance érotique entre deux femmes. Cependant, l’écriture est sympathique donc n’hésitez pas à tenter.

« Si je reste« , de Gayle Forman : Lecture trop jeunesse et je n’en ai pas envie en ce moment. Résultat, je n’ai pas accroché.

« La croix des assassins« , de Giacometti & Ravenne : Je me demande si les thrillers ésotériques m’intéressent toujours autant qu’avant ! En tout cas, les templiers n’ont pas su me séduire ici.

« Divergente, t.2« , de Veronica Roth : Je crois avoir trop attendu à lire ce tome 2 alors que j’avais adoré le 1. Je n’ai tout simplement plus envie d’en savoir plus sur les personnages.

« Sacrifices« , de Pierre Lemaître : Je retenterais certainement la lecture de ce thriller, mais je dois avouer que j’ai trouvé l’histoire ennuyante, malgré le fait que le style est toujours aussi excellent.