Archives par étiquette : Angleterre

La dame de fer – Michel Constant


CONSTANT, Michel. La dame de fer. Futuropolis, 2017, 72 pages, 15 €.


Ce que j’en ai pensé :

Margaret Thatcher vient de mourir. En apprenant cela, Donald se souvient de sa jeunesse à l’époque de celle que les Anglais surnommaient la Dame de Fer. Pris d’une soudaine nostalgie, il recontacte ses deux vieux copains : Owen et Abby. Ensemble, ils se rappellent leur jeunesse, leurs idéaux et les confrontent à leur vie actuelle.

Avec humour et tendresse, cet album évoque l’entraide, l’amitié, les rêves perdus et les ambitions retrouvées.

Les illustrations rappellent la bande dessinées belge traditionnelle. C’est beau, un peu enfantin, tout à fait adapté à ce genre de récit.

Rendez-vous dans votre librairie préférée le 24 août pour lire ce joyeux album !
Chez Futuropolis.


 

Un hiver long et rude – Mary Lawson


LAWSON, Mary. Un hiver long et rude. Belfond, 2015, 417 pages, 21 €.


L’histoire :

La famille Cartwright vit à Struan, une petite bourgade perdue dans le Grand Nord canadien. Famille nombreuse moyenne des années 1960, leurs drames personnels les font évoluer en marge les uns des autres au lieu d’être unis et de se soutenir. Edward, Tom et Megan sont les voix de cette famille à la dérive, pourtant unie par une tendresse et un amour pas toujours évidents.

Éléments de réflexion :

Un roman familial, sur la construction d’une famille et cet instinct de rattachement qui n’est pas toujours inné. Une fresque des années 1960 où le fossé entre les villages et les grandes villes est immense, de même que celui entre les Amériques et la Vieille Europe.
Témoin d’une époque, mais aussi immersion dans la psychologie de personnages rattrapés par leur passé, sans réussir à le surmonter pour se construire sainement.

Ce que j’ai apprécié :

– C’est un récit contemporain à la fois terrible et plein de langueur (et non longueurs !). Nous sommes en hiver, dans un hiver canadien rude et long comme le dit la couverture et j’ai été ravie de retrouver cette ambiance froide, blanche, ainsi que la solitude qui va avec. Mary Lawson est née dans ce Grand Nord canadien qu’elle connaît bien et cela se voit dans les descriptions très juste des paysages et des sensations que l’on ressent durant la période hivernale.

– La narration est divisée selon le point de vue de trois membres de la famille Cartwright : Edward le père, Tom le fils ainé et Megan la seule fille de la fratrie. J’ai trouvé cette idée particulièrement intelligente car cette une famille tellement complexe, chaque membre étant si seul face à lui-même qu’il était intéressant d’en écouter plusieurs pour se faire une idée plus globale de leur situation.

– J’ai trouvé les personnages vraiment excellents et les trois narrateurs sont très attachants chacun à leur manière et, surtout, malgré leurs défauts.
Edward : C’est le père de famille, qui est loin d’avoir l’envergure de la figure symbolique du patriarche chef de famille que l’on pouvait avoir à cette époque. Il est complètement dépassé par cette masse d’enfants que sa femme ne cesse de vouloir, encore et encore, malgré les conseils du médecin de famille qui leur conseillait d’arrêter les grossesse à répétition. Edward est un homme triste, qui ne s’épanouit qu’à son travail de directeur de banque. Son enfance a été dure, son père violent et sa crainte est de lui ressembler. Sa carapace, c’est son bureau, son antre. Il s’y enferme dès qu’il rentre du travail et s’y réfugie sans cesse : là-dedans il se passionne pour des sujets historiques et culturels pour ne pas regarder sa réalité en face.
Tom : Le fils ainé, fort de ses études dans l’aéronautique, est un jeune homme terriblement taciturne. Après l’université, un évènement tragique l’a renvoyé chez ses parents, pour ne plus en sortir et gâcher son intelligence au sein d’un foyer qu’il exècre.
Megan : C’est la fille unique de la fratrie, qui a toujours fait tourner la maison d’une main de fer. Mais à vingt-et-un ans, elle n’en peut plus. La petite provinciale qui n’a jamais quitté sa bourgade natale s’envole vers l’Angleterre, sans projets, mais avec la force de sa jeunesse et une volonté farouche de s’en sortir. Ce qu’elle va faire. Pendant trois ans, elle va mener sa barque, sans jamais revenir au pays. Mais ce petit bout de jeune femme était la celle qui tenait sa famille d’une main ferme. Son départ n’a laissé derrière elle que des individus d’une même famille inconnus les uns pour les autres.

Ces trois personnages sont saisissant d’humanité, de tendresse mais aussi de colère.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Le choix de ne pas respecter une linéarité de temps. En effet, le roman s’étale sur trois ans : de 1966 à 1969. Et on passe d’une année à l’autre selon que ce soit le père ou le fils (1969) qui parlent ou la fille (1966 durant la majeure partie du roman). Ainsi, ce sont des retours en arrières sans cesse lorsque l’on a le point de vue de Megan. C’est un point qui m’a chagriné au début de ma lecture.

En bref ?

Ce roman, c’est la construction bancale d’une famille, avec des individus obligés de s’en sortir les uns sans les autres. C’est la difficulté de se montrer un amour présent mais pudique. C’est un père malgré lui. Un fils solitaire et désespéré. Une fille mère symbolique avec l’heure.
A la fois dramatique et tendre, cette lecture propose des personnages complexes, très travaillés. De plus, j’ai apprécié le travail de recherche de Mary Lawson pour nous proposer des descriptions et des situations au plus proche de la réalité.

Ces corps vils – Evelyn Waugh


Quatrième de couverture :

« Soirées masquées, soirées sauvages, soirées victoriennes, soirées grecques, soirées cow-boys, soirées russes, soirées ou il faut se déguiser en quelqu’un d’autre, réceptions nudistes, réceptions dans des appartements, dans des studios, dans des maisons, dans des hôtels, des bateaux et des boîtes de nuit » ; À la fin des année 30, Adam et Nina forment un couple aussi frivole qu’hédoniste ; ils s’abandonnent à une succession de mondanités, jusqu’à ne devenir que des corps, vils. Alors que la Seconde Guerre mondiale est sur le point d’éclater, Adam va même finir par vendre Nina à un ami…

Mon avis :

Lorsque j’ai lu le résumé du livre, c’est vraiment le côté jeunesse dorée, soirées folles et excentricité qui m’ont attiré. La couverture quant à elle m’a intrigué bien plus qu’elle ne m’a plu. Il y avait quelque chose de perdu dans le regard de ce jeune homme en chapeau haute-forme, qui, maintenant que j’ai terminé le livre, prend toute sa signification de malsaise et d’étrangeté .

Pour tout vous dire : je n’ai pas aimé cette lecture. Je ne l’ai pas aimé pour deux raisons. Premièrement, je n’ai pas compris la moitié de ce que je lisais, probablement dû à une ambiance relevant presque de l’absurde. Deuxièmement, je n’ai pas aimé le style de l’auteur. Est-ce à replacer dans le cadre des années 30, époque à laquelle ce roman a été écrit ? Peut-être, mais je crois surtout qu’il y a quelque chose qui m’a totalement échappé dans ce récit et il me semble que c’est dû à une langue et un style trop ampoulé

De ce que j’ai compris, l’auteur nous décrit le quotidien de la jeunesse dorée anglaise dans les années 30. Peut-être à la fin des années 30 d’ailleurs. Une société clairement faite de « m’as-tu vu », de rumeurs, de papiers que l’on qualifierait de « presse people » aujourd’hui. Un homme, M. Babillard, se fait le rapporteur de ces soirées et de chaque membres qui s’y trouve. Un « Gossip girl » en quelque sorte ! Evidemment, ne pas être invité dans ces soirées n’est pas tolérable et ce, jusqu’à un point qui peut pousser au suicide.
Expliqué comme cela, je trouve le sujet vraiment intéressant. Le problème tient vraiment dans le style d’écriture.
Prenons pour exemple les discours entre les personnages : ils sont d’un absurde parfois totalement déstabilisant. 
Exemple : 
– …Pauvre Adam !… dit tout à coup Nina.
– Pourquoi as-tu dit cela ?
– Je ne sais pas… Je crois que voici ta voiture.
– Nina, pourquoi as-tu dit « Pauvre Adam » ?
– … J’ai dit ça ?… Oh ! je ne sais pas… Oh je t’aime tant et tant, tu sais !
– Je vais me marier demain. Pas toi ?
– Oui, sans doute, mon cher.

Cet exemple est un exemple parmi tant d’autres. Je dirais même que tout le livre est de cet acabit. Epuisant pour la compréhension. J’ai dû relire beaucoup de passages plusieurs fois, pour finalement continuer la lecture, même sans avoir compris.

Un dernier mot sur les personnages ? Dans la lignée de ce que je viens d’énoncer, je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, tout simplement car ils me sont apparus tellement étranges, presque sans âme, que je n’ai trouvé aucun repère, aucun attachement dans ce roman. Je n’ai ressenti aucune émotion, pourtant il est clair qu’il s’agit d’un sujet tragique et qui aurait pu se révéler tellement intéressant ! Je ne m’attendais vraiment pas à cela, c’est une grosse déception malheureusement.

Remerciements : Merci à l’équipe de Livraddict ainsi qu’aux éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce livre. Malheureusement, c’est une déception mais ça m’a aussi permit de découvrir la collection « pavillons poche » de cette maison d’édition !