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Les enfants de choeur de l’Amérique – Héloïse Guay de Bellissen


GUAY DE BELLISSEN, Héloïse. Les enfants de choeur de l’Amérique. Anne Carrière, 2015, 236 pages, 18,5 €.


L’histoire :

Mark Chapman et John Hinckley. Deux enfants maudits de l’Amérique. L’un a tué John Lennon, l’autre a tiré sur Ronald Reagan. Les deux avaient vingt-cinq ans et un exemplaire de « L’attrape-coeurs » de J.D. Salinger sur eux/près d’eux lors du crime.

Ce que j’en ai pensé :

C’est grâce à Séverine du blog Il est bien ce livre ? que j’ai pu découvrir ce livre et également cette auteure. Je la remercie donc vivement !
Je ne m’attendais pas à une telle écriture qui va autant droit au but et qui vous prend littéralement dans ses filets.

Ce ne sont pas moins de quatre personnages que l’on rencontre ici :
Mark Chapman, l’assassin de John Lennon.
John Hinckley, l’auteur de la tentative d’assassinat sur Ronald Reagan.
Holden Caufield, le personnage du roman « L’attrape-coeurs » de Salinger.
L’Amérique elle-même !
Chapman et Hinckley représentent les enfants terribles de l’Amérique, la mère patrie qui les aime autant qu’elle les rejette. Pour en faire des êtres isolés, mal dans leur peau, qui ne savent se rattacher qu’à des idoles : John Lennon pour Chapman, Jodie Foster pour Hinckley. Des individus terribles qui ont commis l’irréparable autant par folie passionnelle que par désir de passer à la postérité.

Evidemment, entre les lignes, on lira aussi les problématiques liées au port d’armes à feu auquel tout américain à la droit grâce au deuxième amendement de la Constitution. Et qui donne l’impression aux plus déjantés, fous et psychopathes de pouvoir très facilement se prendre pour Dieu.

Je tire mon chapeau au gros travail de recherches de l’auteure autour de ces deux faits divers ainsi que l’imagination sur le héros de L’attrape-coeurs, qui disserte autour du devenir des personnages de romans.

Une lecture originale et intelligente ! Qui m’a rendu très curieuse de son premier roman, « Le roman de Boddah », qui parle de Kurt Cobain.


Vous aimerez si…  

  • Vous aimez les écritures sincères, parfois crues, toujours justes.
  • Vous vous intéressez à l’Amérique et ce qu’elle engendre.

Visage volé. Avoir vingt ans à Kaboul – Latifa

Quatrième de couverture :

Le 27 septembre 1996, jour de l’entrée des taliban dans Kaboul, Latifa avait seize ans et des rêves plein la tête. Elle avait hâte de grandir pour devenir journaliste. Malgré la guerre qui sévissait en Afghanistan depuis dix-sept années, elle était plutôt insouciante et heureuse de vivre. A partir de cette date, les écoles ont été fermées et, comme toutes les femmes, Latifa a été humiliée, insultée, obligée de vivre en recluse et de porter le tchadri. Enfermée par un pouvoir monstrueux, elle a vu son existence confisquée. Latifa a fui son pays incognito avec une partie de sa famille. Ce livre est le récit de sa vie sous les talibans, de ses espoirs brisés mais aussi de son combat pour que les femmes afghanes retrouvent leur liberté et leur dignité.

Mon avis :

Un témoignage bouleversant sur les conditions de vie en Afghanistan depuis l’arrivée au pouvoir des taliban en 1996. Le récit de Latifa, jeune fille pleine de rêves, est poignant et intéressant pour nous occidentaux, notamment car l’on apprend concrètement qu’avant leur prise de pouvoir, et malgré la guerre déjà présente, les gens vivaient relativement libres : cinéma, école pour tous, habits occidentaux, journaux indépendants, etc. Puis, tout est remis en cause, notamment concernant les femmes qui se voient supprimer toute liberté, comme celle, fondamentale, de l’accès aux soins. Comment passer d’une vie presque insouciante à une vie de recluse forcée lorsque l’on a 16 ans ? Le symbole de cette soumission est le tchadri, ce vêtement sombre qui ne laisse rien voir de la femme et dont seule une grille au niveau des yeux et du nez la rattache au monde extérieur. Une non-existence, un assassinat à petit feu qui donne des frissons, nosu révolte et nous rend peut-être un peu honteux.

Le courage de Latifa de donner des cours clandestins aux enfants, n’est pas totalement isolé : il faut rendre hommage à d’autres femmes, jeunes filles mais aussi hommes, qui sont eux-mêmes des victimes. L’exemple du père de Latifa est exemplaire : il aime tellement sa famille, sa femme, ses filles que voir les taliban leur prendre leur liberté lui est très dur.
J’ai aimé la simplicité de ce récit, comme c’est le cas de la plupart de ces témoignages.