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Les obus jouaient à pigeon vole – Raphaël Jerusalmy


JERUSALMY, Raphaël. Les obus jouaient à pigeon vole. Editions Bruno Doucey, 2016, 177 pages, 15,50 €.



L’histoire :

1916 : tranchée de première première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes. Le 17 mars à 16 h, le sous-lieutenant Cointreau-whisky, alias Guillaume Apollinaire, engagé volontaire, est atteint à la tempe par un éclat d’obus alors qu’il lit une revue littéraire. La revue qu’il tenait au moment de l’impact, annotée de sa main, vient d’être retrouvée en Bavière. C’est du moins ce que prétend l’auteur de ce récit. Les 24 h qui précèdent l’impact y sont relatées heure par heure, en un cruel compte à rebours qui condense le drame humain en train de se jouer au fond de cette tranchée et le bouleversement qu’il entraîne dans l’âme d’Apollinaire. Car cette journée va être capitale pour la poésie.

Ce que j’en ai pensé :

Lu dans le cadre du Prix Littéraire Cezam Inter-CE, par le biais duquel je vais donc lire 10 romans empruntés à la bibliothèque de mon CE.

Les obus jouaient à pigeon vole est un roman très particulier, court, qui nous parle de Guillaume Apollinaire, et de son engagement dans la Première Guerre Mondiale. Nous sommes le 16 et 17 mars 1916, dans une tranchée sur le front. Dans 24 heures, Apollinaire sera touché à la tête par un éclat d’obus.
Ce récit, c’est le compte à rebours qui nous amène jusqu’à l’impact.

Une écriture magnifique de Raphaël Jerusalmy, que je découvre et qui m’a totalement charmée. En très peu de pages, il nous conte la foi d’Apollinaire en son engagement, comme moyen de sublimer la poésie qui l’anime telle une flamme inextinguible. Pas de mélodrame dans ces quelques pages. Simplement des citoyens qui sont lancés dans ce conflit et qui en mesure la barbarie mais sans la nommer, sans s’apitoyer, sans montrer leur peur. Une force patriotique innée.
Apollinaire est un des rares poètes à s’être porté volontaire. Les projectiles ? Des « danseuses surdorées ». Et ces deux phrases, qui résument tellement bien tout cela : « Ah, si la guerre pouvait au moins servir à ça ! A écrire chaque ligne comme si c’était la dernière. »

Cette sélection de livres débute très bien ; il me tarde de découvrir ses concurrents !