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Nam-bok – Thierry Martin


MARTIN, Thierry. Nam-bok. Futuropolis, 2017, 104 pages, 18 €.


Ce que j’en ai pensé :

En s’appuyant sur une nouvelle de Jack London, « Nam-bok le hâbleur », Thierry Martin nous raconte l’histoire d’un homme parti très tôt de sa tribu natale certainement proche des inuits, et va découvrir malgré lui le monde.
Un jour, il revient alors que tout le monde le croit mort depuis longtemps. Et il se met à raconter le monde qu’il a découvert : des bateaux immenses, des maisons empilées les unes sur les autres, des villages avec plus de monde que l’on pourrait imaginer en rêve.
Alors qu’il est heureux d’offrir son nouveau savoir à son peuple, il est reçu avec une méfiance bien compréhensible.

Une histoire qui montre le choc des civilisations, et l’incompréhension du démesurément grand lorsque l’on vit très simplement. Les illustrations montrent ce que peuvent comprendre les amis de Nam-bok : le train devient un énorme monstre de fer, les immeubles des paillotes empilées les unes sur les autres.
Mais sont-ils prêts à croire Nam-bok ou simplement à envisager que cela est humainement possible ? Leur cerveau est-il apte à se représenter certains concepts ?

J’ai trouvé cet album magnifique et rempli d’enseignements. Très simple dans ses dessins et ses textes, il n’en est pas moins très riche.

Rendez-vous dans votre librairie préférée le 6 avril pour ne pas louper la sortie de cette pépite !
Chez Futuropolis.


La complainte de l’ours – Jean-Louis Étienne

[challenge ABC 2010]

Quatrième de couverture :

D’année en année, le grand ours blanc de l’Arctique voit la banquise se rétrécir, son territoire s’amenuiser…
Son destin lui échappe. L’homme, quant à lui, a conscience d’un monde qui se dégrade mais pourtant il continue à vivre tête baissée sans rien changer. A travers quinze chroniques, Jean-Louis Etienne nous décrit le monde polaire, sa stupéfiante beauté, sa pureté, son rôle fondamental dans les équilibres climatiques, ses terribles métamorphoses. Avec passion, il nous raconte comment les savants auscultent les glaces, observent les migrations, analysent l’eau et l’air.
Et comment les explorateurs et les habitants de ces contrées lointaines hésitent entre l’héroïsme et le fatalisme face à cette sournoise dégradation. Le monde polaire est une parabole de notre avenir. Dans son absolue blancheur, les stigmates de notre aveuglement se voient de façon encore plus éclatante.


Mon avis :

Je renoue dans la joie avec les récits de voyage. Je suis une passionnée de ce genre littéraire qui me fait voyager, rêver, découvrir, rire et tant d’autres choses.
Je ne connaissais pas l’explorateur Jean-Louis Étienne mais maintenant, je vais m’empresser de lire ses autres ouvrages. Ce petit livre (196 pages seulement) raconte le voyage en Arctique, plus exactement au Spitzberg, réalisé avec des scientifiques pour effectuer des relevés sur les courants comme le Gulf Stream et le biotope environnant. L’auteur nous donne ses yeux et tout au long du périple nous raconte des histoires : ici des explorateurs sont passés il y a plus d’un siècle, là on découvre le cimetière des baleiniers, puis plus loin il nous narre la malheureuse disparition de la baleine franche, après décimation par les humains. C’est un formidable hymne à la beauté de ses endroits encore un peu vierges, où l’homme n’est pas le maître. On comprend alors indirectement que l’homme a besoin de ces lieux qui permettent de réfléchir sur soi, sur le monde et la civilisation dans laquelle on vit.
Attention, contrairement à ce que laisse entendre le sous-titre « Chroniques d’un monde fragile », ce n’est pas uniquement un roman contre le réchauffement climatique. Il en parle dans les deux ou trois dernières chroniques clairement mais c’est tout. Ce livre est réellement un petit bijou !