Archives par étiquette : art

Un château sur la Lune. Le rêve brisé de Joséphine Baker – Jean-Claude Bouillon-Baker

Quatrième de couverture :

Sous les paillettes et les costumes extravagants de cette star de la chanson et de la danse, se cache une femme de coeur et de courage à la destinée hors du commun. Résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, engagée dans la lutte contre le racisme, Joséphine Baker est de tous les combats en faveur de l’égalité et de la justice entre les hommes. Au faîte de sa carrière, elle décide avec son mari Jo Bouillon d’adopter des enfants de nationalité et de religion différentes pour prouver au monde que la fraternité entre les peuples n’est pas une utopie. Et c’est au coeur du Périgord, au château des Milandes, qu’elle installe sa « tribu arc-en-ciel ». Jusqu’au jour ou ses dettes la rattrappent… Son fils adoptif, Jean-Claude Bouillon-Baker, avec une sensibilité à fleur de peau, nous livre un témoignage bouleversant et inédit sur sa mère en faisant le récit de son enfance. Il rend ainsi l’hommage le plus poignant qui soit à l’une des plus grandes figures du XXe siècle.

Mon avis :

Joséphine Baker racontée par Jean-Claude Bouillon-Baker, un de ses douze enfants adoptés ; voilà ce que nous propose les éditions Hors Collection.

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Les morts le diront – Christophe Garda



Quatrième de couverture :

« Andreï, (…) si tu veux me dire quelque chose d’important, mon vieil ami, et ce doit être important pour que tu viennes me chercher dans mon lit au milieu de la nuit, alors je t’écoute…
— Je veux me remettre à sculpter, Viktor, et j’ai besoin de toi.
— Te remettre à sculpter ? C’est assez incroyable comme nouvelle. C’est une idée formidable. Seulement, je ne comprends pas. Tu as besoin de moi au milieu de la nuit pour ça ? Il y a autre chose, non ? »

Roman de l’amour et de l’amitié sur fond de Printemps de Prague, dont les marques indélébiles détermineront le destin d’une bande de copains.

Mon avis :

Un roman qui regroupe des histoires d’amour, des histoires d’amitié, une réflexion sur l’Art et un récit historique, ce n’est pas évident à trouver. Et pourtant je l’ai trouvé avec Les morts le diront de Christophe Garda.
Premier roman de l’auteur, je peux d’ores et déjà vous annoncer qu’il s’agit pour moi d’un coup de coeur. J’ai ressenti beaucoup d’émotions à la lecture de ce livre, dont le style est excellent.

Le lecteur suit deux personnages principaux : Viktor Marek et Veronika, un couple d’une soixantaine d’années. Viktor est propriétaire d’une galerie d’art à Genève où il vit, ainsi qu’à Paris et New-York. Une nuit, il est réveillé par son téléphone. Au bout du fil, Andreï Zerkin, son ami de toujours, avec qui les relations sont devenues houleuses et qu’il a fini par perdre de vue. Andreï lui annonce qu’il va bientôt mourrir. Sculpteur anciennement célèbre, il souhaite accomplir sa dernière oeuvre et pour cela, il demande à Viktor de lui trouver quatre modèles féminins.
Ce contact avec Andreï et cette annonce funeste va amener Viktor et Veronika à replonger dans leurs souvenirs. Notamment ceux de la bande de copains qu’ils étaient à l’époque de leurs vingt ans : Viktor, Andreï, Veronika, Anna, Tadeusz, Bohuslav, Janek et Andrea. Le lecteur se retrouve projeter en 1968 à Prague, en pleine insouciance et libération sexuelle. Mais 1968, c’est aussi l’entrée des chars russes et le Printemps de Prague, avec toute la violence que cela a engendré. Le lecteur découvre la désillusion qui va prendre le pas sur l’idéalisme de la jeunesse. Les guerres séparent les individus. Viktor et les autres n’échappent pas à la règle.
Que sont-ils devenus ? On apprend, à mesure que les souvenirs reviennent à Viktor et Veronika, le destin de cette petite bande.

Dans ce livre, l’amour et l’amitié ont une place importante, on le devine. L’auteur fait preuve d’une plume excellente pour décrire les émotions et les personnalités de chacun de ses personnages. Malgré les défauts et les excès, ils ne les jugent pas, ce qui fait que le lecteur peut les apprécier chacun pour ce qu’ils sont.
Viktor Marek est un personnage qui m’est apparu comme réservé, posé, travailleur et rêveur. Je l’ai juste adoré ! Sa compagne Veronika est indépendante, amoureuse, un peu torturée par ses secrets aussi.
Andreï, quant à lui, le lecteur découvre sa personnalité au travers des amis qui l’ont connu. D’ailleurs, Viktor a une jolie façon de voir les choses : selon lui, personne ne peut connaître entièrement un individu. Chaque ami en connaît une parcelle.

Dans ce livre, il y a aussi une réflexion très intéressante sur l’art. D’une part sur la relation entre l’artiste et le marchand d’art (ici le galeriste) ; d’autre part sur la recherche de la Beauté et de la Vérité dans l’œuvre d’art. Et l’œuvre d’art, ici, est représentée par la sculpture. Andreï tente d’exorciser ses démons et ceux de la société au travers de l’acier notamment. Mais la sculpture, ce sont aussi des modèles. Modèles qui se donnent à l’artiste et qui dévoilent ainsi une part de leur personnalité. L’auteur nous transmet tout cela avec une habileté certaine.

Mais qu’en est-il du titre, « Les morts le diront » ? Ces morts sont ceux qui influent sur nos vies malgré leur absence. Qui, par leur souvenir, nous encouragent à agir d’une façon ou d’une autre, à prendre des décisions.

Il est étonnant de constater qu’il s’agit d’un premier roman tellement il semble complet et parfaitement maîtrisé. Il s’agit de ces livres que l’on aimerait ne pas avoir lu afin de pouvoir encore les découvrir. Je recommande absolument.

Le comité Tiziano – Iain Pears

Quatrième de couverture :

Venise : ses canaux, ses ruelles, ses musées…
et son Comité Tiziano chargé par le gouvernement de recenser et d’authentifier les ?uvres de Titien. La vie serait belle et douce dans ce décor somptueux si l’un des membres du Comité n’avait pas été retrouvé assassiné dans les Giardinetti Reali, au beau milieu d’un parterre de lys. La séduisante Flavia di Stefano se rend à Venise où elle retrouve Jonathan Argyll, négociant en art. Nos deux complices vont tenter de percer le mystère du Comité qui s’épaissit à mesure que sont perpétrés de nouveaux crimes et que des tableaux de valeur disparaissent.
Crimes passionnels ? Affaire d’Etat ? Vaste trafic international ? Une intrigue inquiétante se joue dans le monde de l’art, monde dont Iain Pears, historien de l’art, est plus que familier. Ses connaissances précises de la peinture servent admirablement ce roman où humour, charme et suspense forment un cocktail détonant.

Mon avis :

Un moment de lecture agréable, sans être non plus transcendant. Disons que c’est un policier assez banal mais qui m’a attiré car je gardais un bon souvenir du premier opus de la série, L’affaire Raphaël
Alors, c’est vrai que je l’ai lu assez rapidement et je dois avouer que c’est une écriture simple et efficace. Néanmoins, j’ai trouvé les personnages creux et, surtout, l’intrigue peu étoffée. Il faut dire que j’attendais de passer un agréable moment en compagnie d’un fond d’histoire de l’art très présent et complet. Malheureusement, ça n’a pas été le cas, du moins pas à mon goût.

Je n’ai donc pas grand chose à dire… Moi qui comptait lire toute la série, je pense m’arrêter ici et chercher ce genre de récit (polar mêlant l’histoire de l’art) chez d’autres auteurs.  

De pierre et de cendre – Linda Newbery

[Lu pour le Challenge ABC 2010]

Quatrième de couverture :

Lorsqu’un soir brumeux de 1898, le jeune artiste Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux jeunes filles de Mr. Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par ses filles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, le peintre comprend vite que le raffinement du décor et des personnages dissimule les plus sombres mystères que le vent souffle pour balayer les cendres d’un passé scandaleux…

Mon avis :

J’ai été subjugué par cette lecture ! Au début je croyais qu’il s’agissant d’une histoire inventée de toutes pièces mais en fait, l’auteur se base sur des faits réels puisque le peinture Samuel Godwin a vraiment existé.
L’histoire est un drame qui fait rire le lecteur, le fait frissonner, le choque aussi. Durant toute ma lecture, j’ai eu l’impression de regarder un tableau. C’est une étrange impression, qui est propre aux livres de cette collection (chez Le Livre de Poche). L’histoire est réellement interprétée comme une œuvre d’art tragique. C’est quelque chose de très beau.