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Air Vol – Geoffroy Fierens


FIERENS, Geoffroy. Air Vol. Acrodacrolivres, 2015, 372 pages, 15 €.


L’histoire :

Dans l’Afrique des années 50 encore dominée par le colonialisme, le jeune Paul perd son père dans de tragiques circonstances. Animé par une rage de vivre à toute épreuve, il mettra sur pied une entreprise dont les finalités dépasseront de très loin le cadre de sa propre vie. Commandant de bord sur la compagnie la plus originale qui soit, il trouvera le moyen de propulser un continent tout entier dans l’avenir.

Ce que j’en ai pensé :

Toujours délicat de se lancer dans un livre d’une petite maison d’édition qu’on ne connaît pas, puisque l’on peut vite avoir l’a priori d’une qualité moindre. Avec Air Vol, dès les premières pages j’ai été charmée par l’écriture de Geoffroy Fierens. Je le remercie donc chaleureusement de m’avoir envoyé son livre.

Air Vol, c’est l’histoire de Paul, un jeune garçon qui a l’âge des rêves et de tous les possibles. Son père aviateur meurt en cours de vol, un drame pour lui et sa mère. Cette dernière ne s’en remettra jamais et en voudra toute sa vie à son fils de tant ressembler à son défunt mari.
Heureusement, Paul trouvera une seconde famille chez son ami Louis. Ensemble ils partageront une aventure d’enfants : la création d’une compagnie d’aviation. Leurs vélos seront leurs avions, et le grenier de Louis leur tour de contrôle.
Les descriptions de ces moments de jeux sont fabuleux car ils rappellent à tout le monde l’importance des rêves d’enfant. Ceux en lesquels on croyait fébrilement et qui, parfois, définissent le cours de notre vie.
Ce que j’ai aimé avec cette histoire, c’est que l’on va suivre Paul tout au long de sa vie. Ainsi le lecteur découvre ce qu’il devient, et surtout la façon dont il se construit par rapport à ce passé lourd qu’il porte en lui.

Vous l’aurez compris, j’ai été comblée par l’histoire. Mais pas que. J’ai trouvé l’écriture de Geoffroy Fierens vraiment très plaisante et je suivrais avec plaisir les autres parutions de cet auteur belge.

Vous aimerez si…

  • Les histoires tenant sur la vie complète d’un personnage vous passionnent.
  • Vous avez un goût pour l’aviation.

Constellation – Adrien Bosc


BOSC, Adrien. Constellation. Stock, 2014, 192 pages, 18 €.


L’histoire :

27 octobre 1949. Le « Constellation » F-BAZN, nouvel avion luxueux d’Air France, s’apprête à rejoindre les Etats-Unis. A son bord, trente-sept passagers, parmi lesquels le célèbre amant d’Edith Piaf, Marcel Cerdan. Mais son périple s’arrête aux Açores, où il s’écrase violemment : aucun survivants.

Éléments de réflexion :

Un livre historique, sur une tragédie qui toucha le monde entier, d’une part car beaucoup de nationalités se trouvaient à bord, mais surtout car des célébrités ont péri : Marcel Cerdan, Ginette Neveu violoniste virtuose, Kay Kamen inventeur des produits dérivés Disney. Et d’autres, plus anonymes, dont Adrien Bosc raconte l’histoire.
Un roman sur le hasard et ses volutes indéchiffrables.

Ce que j’ai apprécié :

– L’écriture d’Adrien Bosc qui très poétique et très acérée. Le récit va vite, les phrases sont souvent courtes, parfois un seul mot. Tout va vite, comme un crash d’avion. Comme une destinée qui ne peut dévier de sa route.

– La démarche d’Adrien Bosc est vraiment intéressante. Un roman historique, oui, à la fois réel et romanesque. De ce crash du 27 octobre 1949, on ne retient que Marcel Cerdan, et éventuellement Ginette Neveu. Deux figures parmi les plus célèbres de leur époque. Mais ils étaient trente-sept. Et c’est sur un pied d’égalité qu’Adrien Bosc évoque leur parcours individuel : héritière d’une marraine fortunée, paysans basques partant faire fortune aux Etats-Unis, inventeur du concept de produits dérivés Disney, et tant d’autres. Et à chaque histoire, on découvre le hasard, comme une partie de dés déjà jouée d’avance.

– Car oui, tout est affaire de hasard. Comme ce jeune apprenti luthier qui devait accompagner Ginette Neveu mais qui annule son vol à la dernière minute car la violoniste n’aura pas besoin de lui dans l’immédiat. Ou encore cet homme d’affaire furieux que son vol ait pris du retard et l’ait fait raté sa correspondance avec le « Constellation » puis apprend le crash avec stupeur. Ou bien ces deux jeunes mariés qui se voient annuler leurs billets pour laisser place à Marcel Cerdan et son équipe : privilège du rang, mais quel privilège. Et que dire de cette prophétie qui dira à Marcel Cerdan, quelques semaines avant même qu’il sache qu’il embarquera sur le « Constellation » qu’il devrait éviter de voyager en avion, surtout le vendredi ?

– Au fur et à mesure du roman, Adrien Bosc s’intègre dans l’histoire pour nous dévoiler son travail d’enquêteur : dans les archives et sur les lieux du crash. Terrible évidence. Une enquête qui, lit-on entre les lignes, le prend peu à peu aux tripes, l’attachant à chacun des individus, avec une ferveur presque familiale.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– J’ai trouvé beaucoup de points positifs et n’a bien y chercher, dans la ferveur de la fin de ma lecture, rien de négatif n’en ressort. Que le plaisir ressenti à la lecture de ces histoires.

En bref ?

Roman du hasard, tragédie humaine et technique, « Constellation », que ce soit le roman ou l’évènement dramatique, restera longtemps dans les mémoires.

Cadre de lecture : Lu dans le cadre de l’opération « Les matchs de la rentrée littéraire » organisée par le site Priceminister.