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Lignes de fuite – Val McDermid


McDERMID, Val. Lignes de fuite. Flammarion, 2015, 440 pages, 21 €.
Traduit de l’anglais par Perrine Chambon et Arnaud Baignot.


L’histoire :

Stéphanie Harker voit son fils se faire enlever devant elle alors qu’elle passe les contrôles de sécurité d’un aéroport. Ce kidnapping est alors l’occasion pour elle, afin d’identifier le ravisseur avec les forces de l’ordre américaines, de raconter son histoire.

Ce que j’ai apprécié :

– J’ai aimé le concept de l’histoire, qui part d’un enlèvement d’enfant et qui laisse une mère éplorée raconter les cinq dernières années de sa vie afin de pouvoir retrouver le ravisseur. Une histoire qui, on le comprend rapidement, est très complexe et fournit un nombre élevé de suspects, dont Stéphanie n’est pas la dernière.
Tout au long du récit, le lecteur pense savoir qui est le coupable, pour finalement changer d’avis plusieurs fois.

– Un second thème très présent et qui amène des réflexions plus profondes : celui de la télé-réalité et de la célébrité rapide que cela engendre. Souvent sur des personnes qui, comme le personnage de Scarlett, jouent assez facilement de leur image de « blondes sans cervelle ». Une mise en avant éclair qui peut amener les dérives les plus terribles : alcool, drogues, abus en tout genre, violence, etc. Le tout exacerbé par l’omniprésence des journalistes paparazzi dans la vie des ces pseudo-célébrités.
J’ai aimé ce sujet tout à fait d’actualité. Ce sentiment de toute-puissance qui peut mener à un égoïsme frisant la folie, comme cela va être le cas dans le roman.

– Concernant le rythme de l’histoire, je l’ai trouvé plutôt intéressant, pas vraiment de temps mort, notamment du fait que la narration alterne le présent (l’interrogatoire, ou plutôt devrais-je dire le monologue, de Stéphanie) et le passé de Stéphanie et Jimmy.

– Et puis il y a la fin. Je dois dire que j’avais quand même un peu peur de ce que l’auteur allait nous réserver. Je m’attendais à une fin très banale, sans grand intérêt finalement. Mais Val McDermid a tout de même réussi une fin crédible au vu du caractère des personnages concernés.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Tout d’abord, j’ai été surprise par le terme de thriller psychologique. Je me suis sentie flouée tout au long de ma lecture à cause de cela, même si en effet, à la fin j’ai un peu mieux compris cette appellation, puisqu’il y a manipulation de la part d’un personnage de l’histoire. Aussi, si comme moi vous êtes habitués à des thrillers psychologiques très complexes, celui-ci est beaucoup plus léger, tenez-le vous pour dit !

– Et puis encore une fois, la fin. Celle-ci, malgré que l’auteur ait su me surprendre, reste, par un évènement en particulier, trop saugrenue. L’auteur avait eu une idée originale et qui dénotait, mais pour finir j’ai personnellement trouvé qu’elle était allée trop loin et trop rapidement.

En bref ?

Un polar très facile à lire, bien écrit (bien traduit), qui saura séduire les amateurs de thrillers classiques. La fin est bien trouvée quoiqu’un peu farfelue parfois. Il y a toutefois une réflexion sous-jacente intéressante sur la télé-réalité et les dérives de la célébrité.

Stiletto blues à Hollywood – Lauren Weisberger

Stiletto-BluesL’histoire :

Julian et Brooke Alter filent le parfait amour depuis plusieurs années. Elle est diététicienne, il est musicien fauché en quête de reconnaissance. Jusqu’au jour où Julian décroche le jackpot : il signe chez Sony et son premier album est un succès phénoménal. Que restera-t-il de leur couple ?

Éléments de réflexion :

Dans ce roman, Lauren Weisberger met en scène un couple lambda dont le quotidien se retrouve bouleversé par la célébrité et la médiatisation du mari, qui devient un idole pour la gente féminine. Le sujet est donc l’amour peut-il suivre à l’exposition médiatique, à l’argent, à l’alcool, aux fêtes et aux belles minettes qui voudront se frotter à votre amoureux.

Les points positifs :

– Le personnage de Brooke est sympathique, je m’y suis plutôt attachée. A la fois forte et désemparée face à cette nouvelle situation qui s’impose à elle. Un sentiment de culpabilité aussi, puisque, ayant toujours soutenu son mari, elle ne peut pas imaginer aujourd’hui lui reprocher de savourer son succès.
– L’écriture de Lauren Weisberger est plutôt intéressante pour un roman chick-lit. Ca se lit bien, ce n’est pas trop nunuche.

Les points négatifs :

Pour le genre d’histoire que c’est, le livre est vraiment trop long. Si bien qu’on a vite l’impression de toujours lire la même chose, ce que j’ai trouvé très désagréable. Autant j’avais apprécié « Le diable s’habille en Prada« , autant là, je ne suis pas convaincue.

En bref :

Avis très mitigé, avec 200 pages en moins, j’aurais certainement plus accroché avec ce livre. Mais vouloir gratter du papier en n’apportant pas grand chose de nouveau au fil des pages, c’est rédhibitoire.