Archives par étiquette : Chine

Thé vert et arsenic – Frédéric Lenormand


LENORMAND, Frédéric. Thé vert et arsenic. Points, 2015, 264 pages, 6,70 €.


L’histoire :

Comme chaque année dans la Cité interdite, le Fils du Ciel attend la livraison de son thé personnel. Mais en cette année 670 il charge le juge Ti de superviser la récolte. Une série d’empoisonnements survient tout près des plantations, et le juge comprend alors les vraies raisons de sa venue. Il va devoir redoubler d’inventivité pour apprendre à discerner, de tasse en tasse, le thé vert du poison.

Ce que j’en ai pensé :

Je connais Frédéric Lenormand à travers son excellente série « Voltaire mène l’enquête« . Un Voltaire caustique, hypocondriaque, agaçant au possible et tellement drôle ! Je voulais donc tester sa série « Les nouvelles enquêtes du juge Ti » qui se passe cette fois-ci dans la Chine de l’an 670.

Nous suivons le Juge Ti, qui va être envoyé dans une contrée reculée pour inspecter la récolte de thé vert. Tout semble calme, il craint de s’y ennuyer mortellement, jusqu’à ce qu’il découvre une mort déguisée en suicide.

Autant être sincère, cette fois-ci je suis restée hermétique à cette histoire. Et le plus gros problème est que je n’ai pas accroché du tout aux personnages, que j’ai trouvé trop abstraits, pas assez réels, ni profonds. Or, c’est précisément ce que je cherche maintenant dans mes lectures et surtout les polars. Cette distance m’a carrément fait sortir de ma lecture. J’ai persévéré mais tout en adoptant une lecture rapide, pour ne pas tout bonnement l’abandonner.

Néanmoins, ce n’est pas un polar classique puisque le sujet du thé le rend au contraire très original. Pour les vrais amateurs de ce breuvage, vous en apprendrez plus sur les usages qui l’entourent. D’ailleurs on devine le travail de documentation de Frédéric Lenormand, tant sur ce sujet-là que sur la Chine du VIIe siècle.

Mais voilà, on ne peut décidément pas tout aimer, et là j’ai été plutôt déçue. Je passe donc mon tour pour cette série autour du Juge Ti ; mais à vous de vous en faire un avis !

Vous aimerez si…  

  • Vous aimez les polars originaux, ici autour du thé vert.
  • La Chine antique vous intéresse.

Retrouvez les éditions Points sur Le Cercle Points, Twitter, Facebook & Instagram !

unnamed

Fleur de Neige – Lisa See

Quatrième de couverture :

Dans la Chine impériale du XIXe siècle, Fleur de Lis et Fleur de Neige naissant au même instant. Cette coïncidence et sa grande beauté permettent à Fleur de Lis, malgré son extraction modeste, de devenir l’âme-sœur, la laotong, de Fleur de Neige, fille de la haute noblesse. La grande amitié qui lie les jeunes femmes se brise quand Fleur de Lis découvre que son amie l’a trahie…
Une histoire d’amitié et de fascination réciproque qui explore avec lyrisme et émotion l’une des plus mystérieuses relations humaines : l’amitié féminine.

Mon avis :

Une plongée dans la Chine du XIXe siècle avec ce magnifique roman, qui nous raconte une histoire à la fois dure et belle, celle d’une amitié féminine qui durera toute une vie.

Fleur de Neige et Fleur de Lis sont deux fillettes nées en 1823. Elles ne se connaissent pas mais leurs destins vont s’unir de la façon la plus étroite car, dès leur septième année, elles deviennent laotong, autrement dit des âmes soeurs. L’amour qu’elles se porteront sera bien au-delà d’un quelconque amour filial ou marital. Plus que des amies ou des soeurs, leurs coeurs vont battre ensemble, si bien qu’elles se réjouiront ou souffriront l’une avec l’autre. Et de la souffrance, elles en connaîtront ; car être une femme dans la campagne chinoise de cette époque n’est pas une mince affaire. Leur naissance n’est pas attendue comme celle d’un garçon, elles ne sont qu’une source de dépenses et surtout, elles n’ont aucun droit.

Fleur de Lis, notre narratrice, naît dans une famille pauvre. Sa seule façon de s’en sortir est d’avoir les plus petits et les plus beaux « lis dorés ». Que se cache-t-il derrière ce nom poétique ? Une pratique atroce : les fillettes, dès leurs six ou sept ans, se font bander les pieds à l’extrême, jusqu’à ce que leurs os se brisent et se modèlent de la plus parfaite des manières. Une souffrance indicible, très bien rendue dans ce roman.
Fleur de Neige se voit aussi subir ce cruel rituel, bien qu’issue d’une famille plus aisée. Souvent en visite chez sa laotong, elle n’a de cesse de lui apprendre le nu shu ; l’écriture secrète des femmes ; tandis que Fleur de Lis l’initie aux tâches ménagères.
Après l’enfance, suit l’adolescence où les jeunes filles vont découvrir leur corps et leur potentiel, puis viendra le mariage et la vie de mère. Pendant que l’une contracte une union au-delà de toute espérance, l’autre baisse de la pire des façons dans l’échelle sociale. Leur amitié surmontera-t-elle les difficultés ? La vie finira-t-elle par les séparer ?
Derrière cette saga dramatique, le contexte culturel de la Chine du XIXe siècle a une place primordiale. On y comprend la difficulté de naître femme, la complexité des rapports avec les hommes, de même que l’instinct maternel qui n’est pas censé exister puisqu’un enfant n’est jamais sûr de passer sa cinquième année. On y côtoie également les rebellions qui éclatent ou les épidémies de maladies mortelles qui déciment la population.

Concernant les personnages, je les ai adoré. Je me suis autant attachée à Fleur de Lis qu’à Fleur de Neige. Elles sont complémentaires, se soutiennent mutuellement lorsque l’une ou l’autre est au plus mal. Elles sont fortes parfois, et si fragiles à d’autres moments. Le lien qui les unit est d’une force insoupçonnable, si bien que comme dans une histoire d’amour, la jalousie fera aussi partie de leur vie. Les quitter une fois le livre fermé a été très difficile, ce qui m’arrive assez rarement.

C’est un roman à la fois dur et très beau. Une histoire d’amour amical entre deux femmes mais aussi l’histoire plus large des chinoises qui vivaient à cette époque. Un coup de coeur pour ce magnifique récit.

La couleur du bonheur – Wei-Wei

Quatrième de couverture :

Mei-Li quitte tout pour rejoindre sa fille, Bai-Lan, et ses petits-enfants. Le gendre? Envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste. Ensemble, les deux femmes affrontent la misère et les persécutions. Cuisinière hors pair, conteuse de talent, Mei-Li ramène la joie dans cette famille brisée. Sa méthode : infusions au gingembre, cueillette de plantes médicinales et histoires abracadabrantes!

Mon avis :

Cette lecture a été un moment de plaisir et de réelle émotion pour moi. Depuis un moment, j’aime lire tout ce qui se rapporte au mode de vie dans les pays asiatiques. Leur mode de vie et leur philosophie sont si particuliers qu’ils leur permettent d’accepter tous les tourments de la vie. Ce livre en est un exemple intéressant : l’histoire se déroule en deux temps qui se chevauchent à chaque chapitre. D’un côté c’est l’histoire de Mei-li qui raconte à sa petite fille sa vie personnelle depuis son mariage jusqu’aux années 1985. D’un autre côté, le narrateur n’est plus Mei-li : on a alors l’histoire de la famille entière, depuis le mariage de sa fille Bai-Lan aux années 1985 également.
Alors que trouve-t-on dans ce roman ? La vie difficile des filles en Chine encore en cours dans la première moitié du XXe siècle ; de belles histoires d’amour qui se trouvent douloureusement entravées par le climat politique désastreux ; des femmes qui savent continuer leur vie malgré tout.
J’ai trouvé que ce livre, tragique, est un témoignage de la force des individus qui vivent dans des systèmes politiques très compliqués. Le bonheur se trouve alors dans chaque petit moment du quotidien.
Une histoire touchante qui met les larmes aux yeux à la fin !

Remerciements :

Je tiens à remercier chaleureusement Livraddict et les éditions Points pour ce très beau partenariat !

Chinoises – Xinran

[Lu pour le Challenge ABC 2010]

Quatrième de couverture :

Un dicton chinois prétend que  » dans chaque famille il y a un livre qu’il vaut mieux ne pas lire à haute voix « . Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d’elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d’entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d’elles-mêmes. Épouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie… Mais elles parlent aussi d’amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.

Un livre bouleversant,  » décapant, à lire de toute urgence pour voir l’importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir  » (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire).

Mon avis :

Un livre bouleversant, qui m’a donné les larmes aux yeux plus d’une fois. Ces différents récits racontés par Xinran, animatrice d’une émission radio chinoise, sont des histoires vraies. Il y est narré des histoires tragiques, des destins, des vies de femmes brisées. Brisées dans leur chair par les hommes, mais surtout par une société de paraître qui empêchait les individus de montrer leurs sentiments et toute preuve d’affection.
La Révolution culturelle, avec Mao, a été une période de répression très dure et l’on ressent tout le désespoir des femmes ainsi que leur fatalisme parfois.

Personnellement, je me souviendrais de ce livre, comme on se souvient d’évènements pour ne pas les oublier et les revivre.
Je ne peux pas en dire bien plus. C’est une lecture émouvante, que l’on a du mal à laisser de côté. Je n’ai pas voulu croire que de telles histoires aient réellement existé, et pourtant.

Carnets d’une longue marche – Bernard Ollivier & François Dermaut

Quatrième de couverture :

Il a arpenté trois années durant la Route de la Soie, d’Istanbul à Xi’an, et un beau jour la nostalgie a eu raison de lui : Bernard Ollivier a refait le chemin en compagnie de l’aquarelliste François Dermaut. Ensemble, ils parcourent les âpres montagnes d’Anatolie, les ruelles du vieux Tabriz, les coupoles de Samarcande, les bazars chinois de Kashgar…
Un hymne écrit, peint, à la gloire du voyage.


Mon avis :

Bernard Ollivier a écrit un livre en 3 tomes, La longue marche, suite à un voyage de 3 ans en suivant la Route de la soie, d’Istanbul à Xi’an, en passant par l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan.
Quelques temps plus tard, il rencontre François Dermaut, aquarelliste, et ils décident de refaire ce voyage en 2 mois, en voiture.

C’est ce voyage là que relate ce petit livre sans prétention. Un récit où Bernard Ollivier tente de revoir les personnes qu’il a rencontré 4 ans auparavant et d’en faire profiter son compagnon. Il se rend malheureusement compte que beaucoup ne sont plus là, et c’est parfois avec beaucoup de frustration qu’il continue son chemin. A la fin du livre, il dit qu’il n’aime pas ce genre de voyages, en voiture, mais que le fait de l’avoir partagé avec un homme comme François donne une dimension tout aussi intéressante.

Cette lecture m’a donné envie de lire le récit de voyage La longue marche afin de connaître la merveilleuse aventure que l’auteur semble avoir vécu et qui l’a tant marqué.
Il est en effet un peu délicat d’apprécier totalement un récit de voyage sur si peu de pages !