Archives par étiquette : cuisine

Frères de terroirs, carnet de croqueurs, t.2 : été et automne – Y. Camdeborde & J. Ferrandez


FERRANDEZ, Jacques. CAMDEBORDE, Yves. Frères de terroirs, carnet de croqueurs, t.2 : été et automne. Rue de Sèvres, 2015, 115 pages, 22 €.


L’histoire :

Ils sont apiculteurs, maraîchers, vignerons, boucher..
Ils sont tous fournisseurs d’Yves Camdeborde depuis des années, avec qui ils partagent le goût du bien manger et du bien produire. Une année de rencontres avec les producteurs favoris d’Yves Camdeborde, mise en dessin par Jacques Ferrandez : pour aller à la découverte de chasseurs de truffes, pêcheurs de brochet et vignerons aux quatre coins de la France. Une belle peinture de savoir-faire et de convivialité.

Les illustrations :

Des images réalistes, qui traduisent merveilleusement les émotions et l’intensité des paysages.

Pour quel public ?

Pour tous les adultes amoureux de bonne bouffe à la française, du terroir et des bons produits.

Ce que j’en ai pensé :

Voilà un an que j’attends ce second tome. Un an, c’est tout simplement depuis que j’ai refermé le tome 1 avec un sentiment de plénitude, de sérénité et d’amour de mon pays.
Et je n’ai pas été déçu lorsque j’ai refermé cet album il y a quelques jours.

Le projet part d’une idée originale d’Yves Camdeborge, célèbre cuisinier français, avec la participation de Jacques Ferrandez aux illustrations. Et quelles illustrations. Réalistes, recréant les émotions comme personne, de même que l’intensité des paysages et des lieux divers visités.
Après « Hiver et printemps », voici donc « Eté et automne ». Et nous voici repartis à la découverte de cultivateurs, bouchers, vignerons, boulangers, sculpteurs aussi. Tous ces français qui travaillent le produit de façon noble et qui le mette à disposition des chefs cuisiniers : les vrais, ceux qui transforment le produit et ne se contentent pas de le réchauffer. Ce sont en majorité des fournisseurs d’Yves Camdeborge.
On rencontre ainsi des personnalités toutes différentes qui s’expriment à travers leur métier de passion. Qui se battent le plus souvent contre cette grande distribution qui semble vouloir les faire fléchir, ou les réduire à une certaine forme d’esclavage.

Je ne cesserais de recommander encore et encore la lecture de ce diptyque, magnifiques albums qui prônent le mieux vivre, le bien manger et la convivialité française.

A boire et à manger, tome 3 : Du pain sur la planche – Guillaume Long


LONG, Guillaume. A boire et à manger, t.3 : Du pain sur la planche. Gallimard, 2015, 137 pages, 13,99 € (numérique).


L’histoire :

Guillaume Long propose un livre de cuisine un peu particulier, sous forme de bande dessinée, où humour et conseils culinaires se succèdent.

Les illustrations :

Les illustrations m’ont beaucoup plu : très détaillées et colorées, elles sont résolument en adéquation avec le ton humoristique de la bande dessinée. Par contre, j’ai été parfois gênée par le texte, façon écriture manuscrite, qui prend souvent beaucoup de place dans les bulles. Un peu fastidieux à lire.

Pour quel public ?

Une bande dessinée à offrir à vos amis amoureux de cuisine ! Car en plus de passer un bon moment de lecture, ils pourront y piocher de vraies recettes, illustrées donc, et détaillées à la façon d’un livre de cuisine classique.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas une BD pour les enfants mais bien pour les adultes !

Ce que j’en ai pensé :

Première expérience de lecture numérique de bande dessinée, grâce à la plateforme Sequencity, qui offre une large gamme de BD pour un prix modique. Pour exemple, ce tome 3 de « A boire et à manger » coûte 22,50€ au format broché et seulement 13,99€ sur Sequencity. Par contre, il ne s’agit pas d’une plateforme de téléchargement, mais bien un catalogue numérique où vous pouvez acheter et lire les livres.

Concernant la BD elle-même, j’ai été vraiment charmée ! J’avais adoré Frères de terroirs, t.1, mettant en scène le terroir et la gastronomie française, j’étais donc très curieuse de découvrir une nouvelle façon de mettre en avant la cuisine par le biais de la bande dessinée. Et le pari est réussi. Très différent dans le ton et la forme, Guillaume Long donne à voir un ouvrage résolument humoristique, dans lequel il propose au lecteur des recettes de cuisine variées telles que du Poulet au vin jaune et aux morilles, la Soupe froide courgette, ou encore les Petites tartes tatin à la mangue. Avec également des astuces culinaires diverses. Tout cela entrecoupé d’anecdotes personnelles de l’auteur, toujours concernant la cuisine ou la rédaction de ses BD.
J’ai apprécié la diversité des histoires et des recettes et j’avoue que je ne m’attendais pas à ce que le tout soit aussi empreint d’humour et d’auto-dérision.

Une réussite, vous l’aurez compris. Comme il s’agissait d’un tome 3, il me tarde de découvrir les tomes précédents qui, selon les divers avis que j’ai pu lire, sont encore meilleurs. A suivre !

Vous aimerez si…

– Vous aimez la cuisine et l’humour !

Frères de terroirs, carnet de croqueurs, t. 1 : Hiver et printemps – J. Ferrandez et Y. Camdeborde


FERRANDEZ, Jacques. CAMDEBORDE, Yves. Frères de terroirs, carnet de croqueurs, t.1 : hiver et printemps. Rue de Sèvres, 2014, 115 pages, 22 €.


L’histoire :

Yves Camdeborde est chef cuisinier, inventeur de la bistronomie. Il est notamment connu du grand public pour avoir participé de 2010 à 2013 à l’émission télévisée Masterchef.
Pendant deux ans, il a parcouru la France, à la rencontre des producteurs de tous genres avec qui il travaille depuis des années : boulangers, vignerons, bouchers, pêcheurs, maraichers, etc. Mais plus que des professions, ce sont des noms et des amitiés qu’il décrit, en plus de l’amour des produits et du « bien produire » duquel découle le « bien manger » et le « bien boire » évidemment !

Les illustrations :

L’illustrateur, Jacques Ferrandez, est lui aussi bien connu. Il a notamment adapté « L’étranger » d’Albert Camus en bande dessinée. Mais son oeuvre ne se limite pas à cela (voir ici).
Dans cet album haut en couleurs, il manie habilement l’aquarelle et nous transmet des paysages magnifiques ainsi que des visages sur lesquels les émotions sont bien visibles.

Pour quel public ?

Pour les amateurs de bonne chère ! Incontestablement cette bande dessinée vous donnera soif et faim ! Surtout que des recettes parsèment les pages. Aussi, pourquoi ne pas tester chez vous le « Homard bleu de Chausey au beurre d’algues de Jean-Yves Bordier », ou encore les « beignets de fleur de courgette » ?

Ce que j’en ai pensé :

– L’objet-livre : en elle-même cette bande dessinée est magnifique et d’une grande qualité. D’autant que le format est assez grand et le nombre de pages conséquents (plus de 100 pages pour une BD, c’est top !).

– « Un livre qui donne faim et soif ! » : voilà ce que nous promet la quatrième de couverture. Et le verdict est que je ne suis pas déçue car, en effet, les auteurs ont de quoi nous faire saliver !

– J’ai bien aimé l’humour qui parsème ce livre et qui est tout à fait en adéquation avec l’esprit du livre, qui est avant tout de mettre en avant des amitiés, qui dépassent la simple relation professionnelle. Ainsi, les personnages (réels bien sûr) se parlent avec franchise et sympathie. Et ils trinquent évidemment !

– Et puis, ce qui est le plus important c’est l’esprit du livre et les messages qu’il transmet. Alors qu’il n’y a pas longtemps on choisissait d’attribuer le mot « restaurateur » à ceux qui transforment les produits sur place, voilà que cette bande dessinée illustre parfaitement ce propos. En effet, c’est toute la chaîne « alimentaire » qui est expliquée : du producteur quel qu’il soit au produit fini dans l’assiette.
Et les auteurs ont choisi d’illustrer cela en montrant Yves Camdeborde qui sillonne le pays et interview en quelque sorte les personnes avec qui il travaille. Ainsi, on en apprend davantage sur les métiers et sur les personnes. Ils sont tous nommés, et plutôt deux fois qu’une, si bien que si vous voulez leur rendre visite, vous pouvez !

– En bref, cette histoire vraie est celle de notre gastronomie. Des savoir-faire divers et variés mais qui ont tous un point commun : l’amour du travail bien fait et donner du plaisir au receveur. Tout cela saupoudré d’une bonne dose d’amitié et surtout beaucoup de travail.
Finalement, c’est un hymne à tous ces producteurs et aussi un rappel, pour nous dire que manger ne s’arrête pas qu’à une assiette remplie. C’est de véritables aventures qu’il y a derrière. Et cela, c’est absolument fantastique de s’en rendre compte et de le vivre au travers de cette bande dessinée. Aussi, je tire mon chapeau aux auteurs et les remercie pour cette idée originale.

La BD en réalité augmentée (application pour smartphones) :

A venir

Cadre de lecture : Merci à l’agence de presse Gilles Paris pour cet envoi. Parution le 29 octobre 2014. A noter que le second volet paraîtra à l’automne 2015.

L’école des saveurs – Erica Bauermeister


Quatrième de couverture :

Un jour, la petite Lilian se lance un défi fou : si elle parvient à sortir sa mère, qui vit coupée du monde, de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d’un bon cacao aux épices opère et, une vingtaine d’années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L’Ecole des saveurs réunit des élèves de tous horizons. De l’automne au printemps, ils vont partager tentatives culinaires et aspirations cachées, découvrir la force insoupçonnée des parfums et des épices, capables par leur douceur ou leur piquant d’éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes… Sensuel et savoureux, ce roman culinaire fait la part belle aux cinq sens, et dépeint avec justesse la passion et la patience de ceux qui comprennent le langage secret de la cuisine.

Mon avis :

Gagné lors d’un concours organisé par Le Livre de Poche, rien ne me prédestinait à lire ce livre sans cette occasion. Et c’est bien dommage car j’aurais raté un récit enchanteur.
L’auteure a choisi d’emmener son lecteur dans une lecture atypique, qui préfère les goûts et les odeurs aux mots. En effet, la protagoniste, Lillian, va se lancer dans la cuisine pour faire sortir sa mère des livres dans lesquels elles s’enfoncent un peu plus chaque jour pour oublier sa vie et l’homme qui l’a quitté. Un livre sur la cuisine, qui nous montre comment celle-ci, par l’éveil des sens (d’où « L’école des saveurs », qui sous-entend apprentissage et donc éveil), va permettre à la dizaine de personnes participant au cours de Lillian de se recentrer sur eux-mêmes, d’évoluer ou de tourner une page. Ainsi, le livre est divisé en dix chapitres qui sont chacun un condensé de la vie d’un participant (Lillian et ses neuf élèves). Le récit de leur histoire est entrecoupé du récit des cours des cours de cuisine en corélation avec ce qu’ils apportent au personnages.

C’est vraiment un livre charmant, doux, qui fera saliver vos papilles ! Je l’ai lu avec à l’esprit qu’il a été écrit par une américaine, c’est-à-dire que le lectorat américain n’a pas la même culture culinaire que nous, français. Ainsi, la portée de ce livre là-bas a du être important car ils n’ont pas le culte du repas et de sa préparation comme c’est davantage le cas chez nous.
Une gourmandise dont il ne faut pas se priver. D’autant plus que l’écriture est jolie, à la fois poétique et dramatique aussi.