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Tout ce qu’on ne s’est jamais dit – Celeste Ng


NG, Celeste. Tout ce qu’on ne s’est jamais dit. Sonatine, 2016, 320 pages, 19 €.


L’histoire :

Lydia est morte.
Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore…
Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus.
Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac.
Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés. Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées.

Ce que j’en ai pensé :

Quand on ouvre un livre des éditions Sonatine, on s’attend à un thriller. Là, pourtant, on est loin du thriller pour se rapprocher du drame familial. Un roman court mais qui m’aura beaucoup perturbé tout au long de ma lecture, et qui, j’en suis certaine, restera gravé un moment dans mon esprit.

Et pour cause : une famille sino-américaine de 5 personnes, la fille de 16 ans, Lydia, vient de mourir. Dans quelles circonstances, pourquoi ? Tout le monde l’ignore. L’auteur va nous amener peu à peu ; à travers l’histoire des parents ; à comprendre, poser des mots sur l’ambiance particulière qui façonnait ce foyer.

Un roman très fort, percutant, qui aborde nombre de sujets sociétaux de l’Amérique des années 70. Sujets toujours d’actualité mais qui avaient certainement une portée d’autant plus forte à cette époque. L’intégration des minorités, le transfert des rêves avortés des parents sur leurs enfants, la place de la femme dans le monde professionnel masculin, le rôle de la relation fraternelle au sein de la cellule familiale… Une pression sociale qui a un impact terrible sur ces cinq personnes.

Le roman est construit de telle façon que les chapitres alternent le présent de la mort de Lydia et le passé.
Le présent révèle la terrible réalité de la reconstruction après la mort d’un enfant, la place des autres enfants, l’errance, la fuite et aussi les relations qui se modifient entre les personnages.
Le passé montre à voir l’enfance des parents, Marilyn et James, leur rencontre et leur vie, etc. Au début, je dois bien avouer que j’ai été largement moins emballée par ces flash-back, néanmoins tellement importants pour la compréhension du présent que j’ai fini par les apprécier.

En bref, c’est un roman étonnant et original, qui aborde des sujets somme toute un peu tabou, avec beaucoup de justesse et sans aucun jugement de l’auteur envers ses personnages.
Je remercie l’auteur, Celeste Ng, pour les émotions très fortes et les questions qu’elle soulève et qui ne manqueront pas de m’habiter pour encore longtemps.