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Le rond de la Fontaine – Georges Terlon

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TERLON, Georges. Le rond de la fontaine. Nelson District, 2ème édition, 2014, 165 Ko.


L’histoire :

Village provençal, 1952. La vie dans un hameau sans électricité, ni eau courante. Les complots, les rumeurs, mais aussi la solidarité.
Il y a Sophie et son mari Jacques. Robert, leur ami, voire plus pour la jeune femme. Il y a le maire, avide de pouvoir. Mais surtout, il y a la fontaine, le lieu où l’on apprend et commente l’actualité.

Éléments de réflexion :

Ce très court roman, uniquement disponible au format numérique, nous conte avec simplicité l’histoire de villageois provençaux, à travers des querelles sociales, amoureuses, ou encore immobilière. L’importance de conserver un mode de vie simple, où l’entraide reste le point culminant.

Les points positifs :

– C’est un roman bien écrit, avec une très bonne syntaxe, donc agréable à lire.

– L’auteur utilise le parler provençal et d’époque. Certaines expressions locales mais aussi l’utilisation de la particule « le » ou « la » devant les prénoms (la Sophie, le Jacques). J’ai trouvé cela intéressant car il y a un respect historique et géographique de l’histoire.

– L’histoire en elle-même est sympathique, il y a des rebondissements (même s’ils sont parfois prévisibles) et le lecteur s’immerge assez bien dans la vie des personnages et les péripéties qui leur arrivent.

Les points négatifs :

J’ai trouvé l’histoire trop courte et donc trop rapide. Ce qui m’a donné l’impression que les actions s’enchaînent beaucoup trop vites.

En bref :

Un roman agréable à lire, qui, sans être transcendant, aura l’avantage de vous plonger dans un quotidien régional et historique intéressant.

Macadam Gonzo – Jeff Balek

Quatrième de couverture :

La rue… La lente descente vers une inéluctable déshumanisation… C’est un peu un journal, le journal d’un SDF. L’histoire d’un homme ordinaire, qui perd son travail, son appartement, puis sa place même dans la société. Une ombre, presque, qui erre de rue en rue. Et tous les petits épisodes d’un quotidien qu’on n’imagine même pas.Tout cela conté avec une précision des mots, des images, une poésie qui surgit où on ne l’attend pas. Cette errance, cette violence dans la marginalité, on la prend en pleine face, on n’en sort pas indemne. Mais, au fil des pages, l’espoir est là, comme un petit cœur qui bat dans la grisaille.

Mon avis :

Le monde de la rue raconté par un homme qui l’a vécu. Voilà ce que nous propose Jeff Balek avec son roman numérique « Macadam Gonzo« , dont le narrateur est un homme qui a tout perdu et se retrouve Sans Domicile Fixe. Jeff Balek nous raconte-il sa propre histoire ou est-ce de la fiction ? Quoiqu’il en soit, si fiction il y a, elle n’en est pas moins réelle pour beaucoup d’individus. Ceux que nous croisons en bas de chez nous, aux portes des magasins, et qui nous mettent mal à l’aise.

Ce roman est une histoire tragique, racontée avec un détachement certain mais sans cacher la détresse et la honte qui envahissent cet homme ; ce monsieur X qui nous parle au « je » et dont on ne connaîtra pas l’identité. Un message fort de l’auteur, qui nous montre ainsi la déshumanisation forcée des SDF.
Cela commence de façon trop banale : une situation familiale que l’on imagine délicate (mais dont l’auteur ne parle absolument pas) et une auto-entreprise qui fait faillite. De lettres recommandées en visites d’huissiers, la mise à la porte arrive comme un soulagement ; un sentiment de liberté. En effet, un jour il ne reste que lui, notre narrateur anonyme, et sa voiture ; une 205 qui va devenir son toit.
L’impression que m’a donné ce livre est que la descente aux enfers ne se traduit pas uniquement par le fait de dormir dehors, de ne pas se laver ou manger régulièrement. Non, cela vient surtout du fait que l’on devient une bête de foire ; comme cette ancienne connaissance qui invite notre narrateur à une soirée digne du dîner de cons ou de cet homme qui se donne bonne conscience en lui donnant sa carte de visite et qui le rejette par la suite. Et puis, c’est aussi la sensation de demander aux amis plus qu’ils ne peuvent en donner, de leur raconter plus qu’ils ne veulent en savoir. Des amis qui deviennent bientôt des ex-amis, que l’on n’ose plus aller voir.

Un malaise m’a étreint lors de cette lecture. La honte de la déchéance, la capacité de s’en sortir qui ne tient plus qu’à la volonté des autres. Ces autres qui sont devenus des étrangers.
Cette histoire est percutante, frappante de vérité et bouleversante. Le style d’écriture à la manière d’un journal intime sert évidemment à nous rendre proche du personnage. Un autre système de narration n’aurait pas été pertinent. Je noterais tout de même quelques fautes de relecture trop évidentes.
De plus, la fin arrive trop vite : il manque une transition entre l’état de SDF et le sort final qui est expliqué en deux pages. Je me suis sentie frustrée.

En conclusion, un fait de société rarement traité en littérature, qui a le mérite de ne pas être plein de bons sentiments. Ce roman m’a beaucoup touché par sa simplicité.
Envie d’en savoir plus sur l’auteur ? Rendez-vous sur son site Internet : http://jeffbalek.com/.

Remerciements : Un grand merci à Delphine, du blog Mes petites idées et aux éditions Numeriklivres, que je ne manquerais pas de suivre. Je vous encourage vivement à aller visiter leur catalogue : des titres qui m’ont l’air très sympa.



Les derniers hommes, t.1 : Le peuple de l’eau – Pierre Bordage



Quatrième de couverture :

Le futur proche, après la troisième guerre mondiale. Dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques, les rares ressources intactes sont partagées par des tribus nomades qui ont pris chacune en charge l’exploitation d’une denrée spécifique. Solman le boiteux, du peuple aquariote – qui découvre et contrôle les sources d’eau -, possède le don de clairvoyance : infaillible juge des âmes, cet atout le confine aussi à l’écart de tous, qui se méfient de son talent. Seuls Raïma, la guérisseuse, puis la mystérieuse Kadija et un vieux scientifique de l’ancien monde vont l’accompagner dans sa quête pour échapper à l’apocalypse qui semble menacer les derniers hommes…

Mon avis :

Un récit de science-fiction où l’auteur nous plonge dans un futur dévasté, où notre civilisation est morte suite aux excès chimiques, nucléaires, etc. A présent, des peuples nomades cohabitent à la surface de la Terre, dont le peuple de l’eau que nous suivons.
Chaque peuple est détenteur d’une ressource ou d’une technologie. Le peuple de l’eau peut reconnaître l’eau potable de l’eau empoisonnée par des « anguilles GM ». D’autres peuples possèdent la savoir des armes à feu. Ainsi, la vie en harmonie est nécessaire puisque chacun doit à l’autre sa survie. Néanmoins, des dissentions existent comme on peut s’en douter : du moment qu’une société naît, l’homme créé des hiérarchies, ce qui engendre des tensions naturelles.

Le lecteur suit Solman le boîteux, un donneur du peuple de l’eau. Un donneur possède le don de percevoir les émotions de chacun, de connaître les pensées bonnes ou mauvaises, etc. Riche de ce don, il est à la fois respecté, craint et détesté. Ce jeune homme de dix-sept ans tente de se faire une place dans cette société dirigée par des pères et des mères, dont les ambitions ne sont pas toujours respectables. Sous couvert d’un bien-être général, ces personnages déterrent les principes des anciennes religions.
L’homme ne peut-il s’empêcher d’exercer une domination sur ses congénères ? Les civilisations prochaines suivront-elles indéfiniment le schéma de la nôtre, qui se détruit elle-même et détruit parallèlement la planète ? Quoiqu’il en soit, ce futur imaginé par Pierre Bordage est loin d’être parfait. Entre retour à une sorte de préhistoire où certaines technologies actuelles subsisteraient, l’auteur nous embarque dans un monde étonnant où l’on imagine sans peine la vraisemblance des faits.

J’ai beaucoup apprécié ce roman de science-fiction, dans lequel les personnages que l’on suit ont une belle consistance. Néanmoins, je soulèverais un point négatif qui m’a dérangé : l’auteur ne nous explique pas ce que sont ces fameuses « anguilles GM » qui ont contaminé l’eau. D’où viennent-elles ? Que sont-elles exactement ? Autant de réponses que je n’ai pas eu dans ce premier tome.

A savoir : sur la boutique Kindle d’Amazon, cet ebook est disponible gratuitement ! Les tomes suivants sont, quant à eux, à 0,99€. Avis à ceux qui possèdent une liseuse électronique.


En série. Journal d’un tueur – David Forrest


Quatrième de couverture :

Plongez dans l’intimité d’un tueur en série anonyme, un sociopathe à la fois effrayant et fascinant. Du passage à l’acte avec une première proie à son dénouement grinçant, le livre vous entraîne dans une spirale d’horreur, d’humour noir et de satire sociale.

Mon avis :

A la découverte des ebooks avec un roman sorti uniquement sous cette forme, et désormais considéré comme le « best-seller numérique de 2011 que personne n’attendait ».

Ce thriller est le journal intime d’un tueur en série, où celui-ci explique au lecteur le processus de repérage des victimes, l’accostage et toute la mise en scène qui les mènera à la mort.
David Forrest retranscrit parfaitement l’état d’esprit d’un tueur en série, qui raconte ses crimes de façon si naturelle que cela est d’autant plus effrayant que la mort elle-même, si violente soit-elle.

Le roman est divisé en trois parties de plusieurs chapitres chacune. La première partie s’intitule « Naissance » : on y découvre la génèse d’un tueur en série avec notamment la traque et le meurtre de la première victime. La seconde partie se nomme « Journal », où il décide effectivement de tout noter sur ses agissements, sur les problèmes rencontrés, etc. La deuxième victime meurt dans cette partie.
La troisième partie enfin, s’intitule « Règne ». Ici, il est roi. Il maîtrise ses rapts ; avec quelques ratures toutefois ; il cherche à leurrer l’opinion publique : en quelque sorte, il se fait un nom. Le lecteur se rend vite compte que le besoin d’être mis en avant, notamment dans les médias, est un accomplissement en soi. Plus il est relégué en première page, plus il est fier.

Que le lecteur amateur de thrillers qui sortent des sentiers battus n’hésite pas ! Cet ebook est une façon de découvrir un auteur, mais aussi une manière de se lancer dans l’édition numérique avec entrain. Bien moins cher qu’un livre papier (2,99€ sur Amazon), si vous êtes en possession d’une liseuse électronique, allez-y. C’est intrigant, étonnant, terrifiant et totalement fascinant.