Archives par étiquette : Editions Allia

Europeana. Une brève histoire du XXe siècle – Patrik Ourednik

Quatrième de couverture :

Qu’est-ce que la vérité historique ? La vérité littéraire ? La vérité de la mémoire ? Ce livre ne fournit aucune réponse ou pire, il nous en fournit, nonchalamment, une telle quantité – on croirait assister à une dernière démarque de la solderie du XXe siècle – que cela revient au même. Cependant il nous livre peut-être une piste avec le thème du Bug du Millénium : si les ordinateurs avaient identifié de façon erronée l’année s’annonçant pendant la nuit du 31 décembre 1999, cela aurait été “comme si le vingtième siècle et l’attentat sur l’héritier du trône d’Autriche n’avaient jamais eu lieu”.

Mon avis :

Imaginez-vous vos arrières-petits-enfants (ou plus loin encore !) qui seraient curieux de connaître les grandes lignes de l’histoire du XXe siècle. Avec Patrik Ourednik et son Europeana, une brève histoire du XXe siècle, ils auront matière à nourrir leur curiosité et à découvrir différentes facettes de 100 ans qui ont vu naître les pires atrocités.

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Machine soul. Une histoire de la techno – Jon Savage

Quatrième de couverture :

Dans Machine Soul (« l’âme des machines »), Jon Savage retrace toute l’avancée de la musique électronique, en la resituant dans le contexte socioculturel des pays qui l’ont vu émerger (Allemagne, Angleterre, France, Belgique, États-Unis). Loin des idées reçues, il apparaît que la techno, cet art du bruit, ce « boom boom » sauvage qui a fleuri dans les années 70, est l’aboutissement d’une véritable pensée conceptuelle : celle qui vise l’harmonie entre l’homme et la machine, l’état de transe créé par la répétition des boucles sonores, une projection dans le futur. Des premiers DJ (Kraftwerk, Juan Atkins…) jusqu’à la popularisation de la techno et l’arrivée des autodidactes, de la musique underground à la musique de dancefloor, Jon Savage parcourt l’histoire de la techno comme les rayons de lumière balayent la foule des « teuffers ». Le texte s’ouvre sur la description d’un concert de Orbital, Savage comparant les DJ aux personnages de La Guerre des étoiles… Avant tout, la techno est une performance, au sens artistique.

Mon avis :

La musique, tout comme la littérature, est un art éclectique, qui a vu naître des mouvements qui, à leurs débuts, ne convenaient qu’à une minorité de passionnés. La techno en est peut-être l’exemple le plus percutant et le plus récent.

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La grève des électeurs – Octave Mirbeau

Quatrième de couverture :

Le 28 novembre 1888, Octave Mirbeau signe dans Le Figaro un article intitulé La Grève des électeurs. Un tel manifeste en faveur de l’abstention serait aujourd’hui impensable. Pour autant, il ne cherche point à inoculer le vice du désengagement mais à dénoncer la mystification du système électoral qui pare de la légitimité du vote les extorsions des puissants. Ce n’est pas l’idée de démocratie qu’il critique mais sa pratique au sein de la République ; les institutions abêtissent l’électeur tout en lui demandant son aval. L’anarchisme de Mirbeau fait de l’individu le centre à partir duquel la République doit être interrogée. Il prend à partie l’électeur, qu’il tutoie, sur l’absurdité de sa contribution au grotesque spectacle de sa quête aux suffrages. Par l’humour et la dérision, il attente à la respectabilité des institutions, dénonce “la protection aux grands, l’écrasement aux petits”. Si Mirbeau n’érige pas d’utopie dans cette critique radicale, il nous lègue les armes capables de nous défaire du conditionnement qui annihile le plus faible ; vision suffisamment juste pour qu’elle nous dérange encore plus de cent ans plus tard !

Mon avis :

Un article cinglant sur le rôle abrutissant des électeurs, écrit en 1888 par Octave Mirbeau, et qui trouve toute sa place aujourd’hui, dans le contexte des prochaines élections présidentielles françaises.

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Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans – Baron d’Holbach

Quatrième de couverture :

Le propre de l’ironie est le double discours. Sous la forme elle-même ambiguë de l’essai, d’Holbach fait ici l’apologie de l’art singulier de ramper, nécessaire au maintien du courtisan dans la Cour du Roi. Art du maintien, de la bonne façade et du savoir-vivre hypocrite, ramper est une manœuvre subtile, fondée sur l’abnégation. D’Holbach moque l’intelligence des conventions sociales, tissées d’hypocrisie et d’arrivisme. Car c’est n’avoir que peu d’orgueil et de passion que de devoir revêtir le costume de l’hypocrite pour, au fond, conforter le pouvoir des puissants. La position de l’auteur à l’égard de ces courtisans n’a d’égale que celle des courtisans face à leurs pairs et à leur maître. En décrivant les masques dont doit se revêtir le courtisan, d’Holbach met bas les mécanismes mêmes de la dissimulation et de la pantomime.

Mon avis :

Un essai philosophique très court (quatorze pages + une biographie du baron d’Holbach) mais d’une justesse et d’un humour décapants !

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L’invité mystère – Grégoire Bouillier

Quatrième de couverture :

Chaque année, lorsqu’elle fête son anniversaire, Sophie Calle demande à l’un de ses hôtes d’amener avec lui un “invité mystère”, inconnu de tous. Il y a dix ans, Grégoire Bouillier fut cet invité mystère, lors d’une soirée mémorable où, une fois encore, les lois mystérieuses qui semblent régir souterrainement l’existence se manifestèrent. Fin de l’histoire ? Non. Car dix ans plus tard, lorsque parut le « Rapport sur moi« , Sophie Calle entra en contact avec lui après la lecture du livre. Sans soupçonner qui il était. Une boucle se boucle. Une relation naît. Mais où est le hasard ? Quel est le mystère ? Qui s’invite réellement entre les êtres ? Où est la fiction et que signifie rendre compte de ce qui a lieu ?

Mon avis :

Une couverture sobre, élégante et atypique, qui donne envie d’ouvrir le livre. Un titre intrigant et un résumé qui laisse présager une autobiographie. Trois éléments qui donnent une première approche extrêmement positive de ce court roman de 93 pages.

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