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L’islam sera français ou ne sera pas – Farid Abdelkrim


ABDELKRIM, Farid. L’islam sera français ou ne sera pas. Les Points sur les i, 2015, 128 pages, 12 €.


L’histoire :

À moins qu’il ne devienne français, l’islam en France est condamné, non pas à disparaître, mais à demeurer un problème. En posant ainsi le débat, ce livre ambitionne de soulever de vraies questions. Et d’y répondre ! Faut-il persister à vouloir représenter les musulmans ou simplement servir leur culte ? Pourquoi des citoyens, sous prétexte de leur appartenance réelle ou supposée à la tradition islamique, ne parviennent-ils pas à se sentirent membres à part entière de la communauté nationale ? La deuxième religion du pays est-elle condamnée à n’être envisagée qu’à travers les prismes ethnique, communautariste, électoraliste et policier ? Qu’on se le dise, la France a et aura l’islam et les musulmans qu’elle mérite. Et ces derniers ont et auront la France et l’islam qu’ils méritent.

Citoyen, croyant, et soucieux que sa religion cesse d’être un problème pour sa nation, l’auteur est convaincu que pour mettre de l’ordre dans ce désordre, il suffit de séparer les ordres. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Des mises au point simples et néanmoins réalistes qui jalonnent en permanence cette voie vers un islam définitivement français.

Ce que j’en ai pensé :

Il y a quelques mois, j’ai lu avec grand intérêt « Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste » de Farid Abdelkrim. Après cette lecture et le visionnage de plusieurs interviews de l’auteur, j’étais ravie de pouvoir découvrir un autre de ses livres.
Après un récit-témoignage, nous avons ici un livre-réflexion, qui se rapproche d’un rapport qu’un expert pourrait rendre au gouvernement. C’est d’ailleurs le point positif mais aussi le point négatif de ce livre selon moi. Et concernant ce dernier, je dirais en effet que Farid Abdelkrim s’adresse avant tout aux politiques, aux représentants des français, qui cherchent à trouver des solutions pour que l’islam de France s’accorde avec les principes de laïcité. Pour le moment en vain. En tant que lectrice lambda, voire carrément néophyte, je ne me suis pas sentie appartenir au public cible.
Cependant, avec un peu de volonté et en passant outre ce sentiment, il est évident que ce livre est une véritable mine d’informations. Et j’espère que l’auteur saura faire porter ses idées devant les dirigeants français.

Avant tout, il convient de rappeler que Farid Abdelkrim ne parle pas de l’islam dans sa généralité mais bien de son application sur les territoire français. Et selon lui, il faut que l’islam soit « réformer » pour son application en France. Pour se faire, il ne prend pas de pincette : éliminer les imams radicaux et autoproclamés pour établir des imams éclairés ; remettre les musulmans sur le devant de la scène afin qu’ils ne s’effacent pas devant des chefs religieux qui décideraient de la façon de mener leur religion à leur place.
L’auteur parle beaucoup, entre les lignes, du rôle du vocabulaire, qui peut être aussi néfaste et stigmatisant que porteur de richesses.
Ce qui ressort de ce livre, de ce « prologue » comme il le dit lui-même, c’est la nécessité de créer un islam de France très vite, avant que les religieux radicaux gangrènent toujours plus des pans entiers de la population.
A voir si nos dirigeants sauront prendre acte concrètement de ces idées, sans s’en tenir à de belles paroles qui ne font en rien avancer le débat. A bon lecteur, salut !

Vous aimerez si…  

  • Les évènements tragiques de novembre 2015 à Paris vous donne envie de vous intéresser aux problématiques liées à l’islam.

Bilan – Février 2015

Un mois de février encore très prolifique avec pas moins de 14 livres lus !

Et globalement de belles découvertes ce mois-ci, qui a été principalement placé sous le thème de la romance, il faut bien le dire 🙂


J’ai adoré et je conseille

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« Notre mère« , de Koren Zailkas : Un drame psychologique à la limite du thriller, dans lequel on rencontre un frère et une soeur qui sont les deux voix du roman et qui subissent le caractère pathologique horrible de leur mère. Terriblement bien fait.

« Journal d’une emmerdeuse« , d’Agustina Guerrero : Dans la lignée de Margaux Motin et Diglee. Si vous aimez ces deux illustratrices, vous aimerez Agustina Guerrero. Un dessin plus enfantin mais un humour tout aussi poilant !

« Mes sincères condoléances« , de Guillaume Bailly : La découverte du métier de croc-mort. Une véritable pépite, à la fois drôle, émouvant, terrible aussi parfois, sur les réalités d’un métier peu connu et qui, pourtant, est essentiel à notre quotidien. Mon conseil du mois.

« Femme interdite« , d’Ali Al-Muqri : Excellent roman sur la condition des femmes en république islamique, ici au Yémen. Et notamment du point de vue assez précis de la sexualité. C’est parfois cru, c’est sans concession, et ça fait indéniablement réfléchir sur ces pays où la femme est illicite par essence.

« Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste« , de Farid Abdelkrim : Le témoignage du parcours d’un homme qui a vécu l’organisation des Frères Musulmans en France de l’intérieur et qui en est sorti. Pour moi, un livre essentiel pour combattre les idées que ces extrémistes veulent inculquer aux plus faibles.

J’ai aimé

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 – « Les sirènes de Bagdad« , de Yasmina Khadra : Sur le thème du terrorisme dans les pays du Moyen-Orient, Yasmina Khadra est un auteur de référence. Ici, des personnages profonds et une réalité crue et terrible. Et en plus, c’est très bien écrit.

« Cinquante nuance de Grey« , de E.L. James : LE livre sulfureux qui a fait tant parler de lui et que j’ai lu à l’occasion de la sortie au cinéma de l’adaptation. Pas de la grande littérature mais moins terrible que ce que je pensais et surtout une vraie histoire d’amour que j’ai aimé.

« After, saison 1« , d’Anna Todd : Une romance young-adult érotique sous forme de gros pavé dont j’ai adoré les personnages et notamment Hardin le bad boy par excellence. On se sent retomber en adolescence.

« Wild seasons, 1 : Sweet Filthy Boy« , de Christina Lauren : LA nouvelle saga des auteurs de Beautiful… je ne pouvais pas passer à côté. Et en plus je l’ai lu en avant-première <3 Ravie de retrouver enfin une romance érotique légère, sans personnages torturés à l’extrême.

« Beautiful disaster« , de Jamie McGuire : Une romance young-adult érotique (encore !) dans la lignée des autres, avec une jeune fille innocente et un bad boy, mais là j’avoue avoir encore accroché. Malgré une fin un peu too much à mon goût.

« Cinquante nuances plus sombres« , d’E.L. James : L’histoire d’amour se précise entre Ana et Christian et c’est pour cela que j’ai aimé ce deuxième tome. Sinon, assez redondant dans l’ensemble. Et un Christian beaucoup moin sombre et plus gentillet que dans le premier tome. Ceci dit, je me laisse complètement prendre au jeu !

Lectures en demi-teinte

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« T’as le blues, baby ?« , d’Alessandra Sublet : Un témoignage intéressant sur le baby blues, un sujet encore tabou qui touche pourtant plus de futures et jeunes mamans qu’on le croie. Malheureusement, pas très bien écrit et beaucoup trop redondant à la fin.

« After, saison 2« , d’Anna Todd : Plus de 700 pages pour dire… grosso modo exactement la même chose que le premier à part quelques petites révélations. J’ai l’impression que l’auteur a voulu en faire des tonnes car la romance érotique est la tendance qui marche à fond en ce moment… Néanmoins je suis très attachée aux personnages !

Le coin des petits

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« Rush, t.4 : Chasse à l’homme« , de Phillip Gwynne est une saga parfaite pour les jeunes garçons d’une dizaine d’années. Des récits à la Mission Impossible, mettant en scène un ado de quinze ans. C’est bien fait, prenant, très rythmé.

« Le journal nul de mes amours nulles » de Bernard Friot : à partir de 8/10 ans, j’ai trouvé ce livre super sympa, notamment pour amener des enfants à la lecture. C’est ludique, changement de typographies, collages, etc.

Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Itinéraire au coeur de l’islam en France – Farid Abdelkrim


ABDELKRIM, Farid. Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Itinéraire au coeur de l’islam en France. Les points sur les i, 2015, 259 pages, 18,90 €.


Le sujet :

L’islamisme. Un sujet sur lequel on discourt énormément ces temps-ci. Et notamment avec les récents attentats contre Charlie Hebdo, contre une épicerie juive et contre la police et les militaires français. L’islamisme en France, c’est comme la mafia : on refuse de croire qu’il existe chez nous. Et pourtant, c’est bien chez les frères musulmans en France que le jeune Farid a cru trouver une voie pour sa foi.

L’auteur :

Farid Abdelkrim est nantais, diplômé de sociologie. Son parcours personnel l’a amené à s’engager corps et âme pour l’islam et l’a conduit vers des personnes qu’il n’a pourtant jamais vraiment estimé. Aujourd’hui, c’est un homme qui s’exprime grâce à la scène et qui vit son islam de l’intérieur.

Ce que j’en ai pensé :

– Le sujet du livre en lui-même ; ce titre et ce sous-titre ; sont un appel cinglant qui demande à être entendu par le plus grand nombre. C’est avant tout cette couverture qui m’a attiré et qui m’a dit que c’était un témoignage à lire pour éclairer certaines lanternes. Et effectivement, j’ai appris des choses et je pense sincèrement que ce livre pourrait être une base pour contrecarrer les arguments des recruteurs qui attirent toujours plus d’adolescents en mal de reconnaissance, que ce soit dans le milieu éducatif ou dans leur foyer.

– La construction du livre est intéressante puisque l’auteur a choisi de remonter aux racines qui ont fait qu’il s’est intégré aux Frères musulmans : une enfance nantaise agréable, mais un père mort trop tôt, évènement qui fut le début de la fin. Quête d’une reconnaissance qu’il ne trouvera nulle part, il devient complètement perméable à des discours qui lui font croire qu’il a été choisi, élu parmi des milliers d’autres pour intégrer une organisation islamiste. Car sa quête de religiosité, d’un islam profond, le conduit vers des hommes qu’ils pensaient admirer et qui vont très rapidement se révéler creux. D’ailleurs dès le début, dès qu’il prête serment, il porte un oeil sévère et aiguisé sur ceux qui l’entourent. Pourtant, il va être à leurs côtés, il va prêcher l’islam aux jeunes en fondant les JMF : Jeunes Musulmans de France. Il décrit assez bien une organisation de non-dits où la discussion et le débat n’ont pas leur place à son grand étonnement. Il pensait trouver des adeptes de l’islam mais il n’a trouvé que des hommes loin de la religion, loin du Dieu qu’ils disent adorer et servir.

– J’ai trouvé ce témoignage cathartique d’une importance fondamentale. Il montre que l’islamisme est bien implanté sur le territoire français et ce depuis plusieurs années. Il détaille les moyens de recrutement, la pression et la mise à l’écart utilisés par les têtes pensantes pour tenir les adhérents et leurs discours. Il explique surtout pourquoi ces prétendues mains de Dieu sont plus éloignées de la religion que ce qu’on pourrait penser. Car, de Dieu, ils n’en parlent pas vraiment : leur fondement, c’est le racisme, c’est la haine du pays et de la population dans laquelle ils évoluent. Pourquoi ne pas retourner chez eux dès lors que ce constat est avéré ? Parce qu’ils veulent la « saigner », la « pomper » jusqu’au bout, comme l’a dit un jour un homme à l’auteur. Aussi simple que ça.

En bref ?

Pour moi, ce témoignage a été révélateur : il devrait être une base pour décrire concrètement ce que sont ces islamistes recruteurs français, ce qu’ils prônent et pourquoi ils sont loin des idéaux religieux que peuvent avoir envie de suivre certains jeunes gens. Avec une seule ligne de conduite : pour combattre son ennemi, il faut le connaître intimement.