Archives par étiquette : enfance

Driven, t.1 – Kay Bromberg


BROMBERG, Kay. Driven, t.1. Acrodacrolivres, 2015, 400 pages, 17 €.



L’histoire :

Pour se protéger de déboires passés, Rylee Thomas est toujours dans le contrôle d’elle-même jusqu’au jour où elle rencontre le seul homme qui, justement, pourrait lui donner envie de lâcher prise… Colton Donavan, un boy superbe, arrogant et ténébreux, habitué à obtenir tout ce qu’il désire. Une histoire d’amour torride entre une femme qui cherche à se reconstruire et un pilote de course intrépide, constamment sur le fil du rasoir, qui repousse toujours plus loin ses propres limites comme celles des autres.

Ce que j’en ai pensé :

Une romance dans la plus pure tradition des romances en littérature à l’américaine ! Un homme riche, une femme simple, des passés très compliqués. Et une histoire d’amour qui ne devrait pas exister, et pourtant…

⇒ Le contexte – l’ambiance

Cette romance évolue dans une ambiance électrique ; entre deux sujets distincts : la course automobile, à travers Colton et l’enfance abandonnée à travers l‘orphelinat pour garçons dans lequel travaille Rylee, l’héroïne du roman.
Ce dernier sujet est vraiment bien traité. Il évoque la détresse psychologique des jeunes garçons et adolescents face à une société qui les juge et dans laquelle ils ont souvent du mal à se faire une place.

⇒ Les personnages

J’ai eu un coup de coeur pour chacun des personnages principaux de l’histoire.

Rylee Thomas est une jeune femme de vingt-six ans, qui, depuis deux ans, vit uniquement pour l’orphelinat, cette cause qu’elle défend bec et ongle. Elle a noué une relation très complice avec les garçons et les soutient comme une mère.
C’est une femme pulpeuse, loin des stéréotypes du mannequinat. Peu à l’aise sur le devant de la scène, c’est une femme de l’ombre.
Un évènement de son passé l’a changé en profondeur et lui fait faire des cauchemars à répétition.

Colton Donovan est à l’anti-thèse de Rylee. Champion de course automobile F1, il est célèbre, beau, tombeur de ces dames. Il ne cache sa non-volonté de s’engager et ne cherche que des relations éphémères.
Lorsqu’il rencontre Rylee, c’est le choc : la peur de ce qu’il ressent, de l’impossibilité qu’il a de lui promettre une vraie relation.
C’est un homme torturé qui cache des blessures dont l’auteur ne nous révèle rien dans ce tome 1 !

⇒ En bref ?

Ce tome 1 m’a convaincu et m’a donné envie de suivre l’histoire de Rylee et Colton. Je vous conseille cette romance !

Je conseille si vous aimez…

– les personnages torturés dans les romances
– l’érotisme !

Tu tueras le Père – Sandrone Dazieri


DAZIERI, Sandrone. Tu tueras le Père. Robert Laffont, coll. La Bête Noire, 2015, 664 pages, 21,50 €.


L’histoire :

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

Ce que j’en ai pensé :

Après l’italien Donato Carrisi qui excelle dans le genre thrillers, voici qu’arrive Sandrone Dazieri, avec un livre au titre prometteur.

L’idée de départ, c’est un homme qui enlève des enfants et les tient séquestrés des années durant. Dante est d’ailleurs un survivant de ce tortionnaire qui se fait appelé le Père : après 11 ans de détention, il a réussi à s’échapper, avec des séquelles qu’on comprend vite être incurables. Il met sa terrible expérience au profit de la police pour aider à retrouver les individus disparus.
Jusqu’au jour où Colomba, flic en permission, vient le sortir de sa tanière : un jeune garçon a été enlevé et il semblerait que le Père soit derrière tout ça.
Dante et Colomba, ce sont deux âmes en peine, deux écorchés de la vie, qui ne savent plus où ils vont, ni comment s’en sortir mais qui se raccrochent néanmoins à leurs obsessions. Un duo de polar mixte, comme je les aime, qui marche étonnamment bien, servi par l’écriture rythmée de Sandrone Dazieri.

La force de ce roman, c’est avant tout la construction de ces deux personnages, avec une psychologie poussée et des secrets bien enfouis, qu’eux-mêmes ignorent parfois. Deux individus qui vont être forcés de travailler et d’avancer ensemble, malgré une confiance réciproque qui ne viendra que tard dans leur recherche.
La faiblesse de l’histoire, c’est malgré tout une impression de lenteur que j’ai eu à la moitié du livre, la sensation que l’histoire avançait trop doucement. Ce qui est gênant dans un thriller où tout doit s’enchaîner rapidement pour me tenir en haleine. Mais à lire différents avis, il semble que je sois la seule à avoir ressenti ça !
Cependant, la dernière partie du roman est très dynamique, avec des retournements de situations intéressants et surtout une fin qui annonce une suite,  et là je suis joie car j’ai hâte de retrouver Dante (et peut-être Colomba j’espère).

En bref, je suis ravie d’avoir découvert ce livre et surtout ce nouvel auteur de polar qui promet de nous faire frissonner et de nous livrer des histoires vraiment sympa à lire.
Merci à Robert Laffont et la collection La Bête Noire pour cette deuxième parution ; pas un coup de coeur comme le livre d’Ingrid Desjours mais néanmoins une jolie découverte. Et le plus important pour moi, des personnages forts, très bien construits, qui ont su me toucher.

Vous aimerez si…  

  • Vous aimez le duo mixte dans les thrillers.
  • Vous cherchez des personnalités sombres et très torturées.

Hyenae – Gilles Vincent


VINCENT, Gilles. Hyenae. Editions JIGAL, 2015, 214 pages, 18,50 €.


L’histoire :

Il a quatre ans, une fillette disparaissait, depuis aucune nouvelle, aucun corps. Jusqu’à cette demande de rançon incongrue.
Et voilà pour Aïcha et Sébastien l’occasion de replonger dans une affaire qui, quatre ans auparavant, a obligé ce dernier à fuir en laissant tout derrière lui.

Ce que j’en ai pensé :

– Avec « Hyenae« , c’est dans un thriller court mais intense que vous plongerez. Avec un thème pour le moins dérangeant, puisqu’il s’agit de la pire des pratiques sadiques : la torture de jeunes enfants pour la jouissance d’un petit nombre de dégénérés prêts à payer des fortunes pour le plus effroyable des spectacles.
Si les descriptions sanglantes et violentes ne vous font pas peur, vous en aurez pour votre compte à coups de mutilations et de séquences vidéos morbides.

– Dans ce thriller, le thème principal est celui de la vengeance qui, exercée par une personnalité psychotique peut devenir le moteur qui enclenchera les pires atrocités. Ce tueur sadique, ce fou attaché à la torture d’enfants, représente l’humain déviant qui peut tomber du côté obscur à cause d’un élément déclencheur tragique et fatidique. Pour la Hyène, c’est une marche inéluctable, démarrée en pensée il y a plusieurs années.

– Si ce thriller est court, ce n’est pas qu’il est pauvre. C’est au contraire grâce à l’écriture de Gilles Vincent qui n’a que faire des tournures alambiquées : c’est direct, acéré. Le rythme en devient ainsi très rapide, aucune pause, aucun répit pour le lecteur, et ce jusqu’à la toute fin. Jusqu’au dernier mot, même.

– Et que dire du personnage de Sébastien Touraine. LE personnage de thriller par excellence, comme je les aime, à savoir torturé, avec une blessure incurable dans son passé qui détermine l’homme qu’il est aujourd’hui : sans pitié, sans morale judiciaire, pour lui aussi la vengeance sera un moteur sans failles. On s’attache à lui, comme à Aïcha, cette femme commissaire, accessoirement sa compagne, qui est un personnage fort, qui cache ses faiblesses pour assumer à la perfection son job de femme flic.

En bref ?

Si vous aimez être caressé dans le sens des poils, passez votre chemin ! En revanche, si vous aimez les polars crus, sans concession envers le lecteur ainsi qu’envers les personnages du récit, allez-y ! Ce livre est une vraie découverte, je lirais sans aucun doute d’autres romans de Gilles Vincent, qui m’a convaincu tant par la teneur de son histoire que par son style.
Je conseille !

Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits : Enquête sur ces Français nés dans les maternités SS – Boris Thiolay


THIOLAY, Boris. Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits : Enquête sur ces Français nés dans les maternités SS. Flammarion, 2012, 315 pages, 21 €.


Le contexte historique :

Le nazisme, c’est la volonté de supprimer tous les éléments qui ne participeraient pas, bon gré, mal gré, à la constitution d’un nouvel ordre mondial dominé par la « race supérieure » des aryens. Tout le monde connaît l’extermination des juifs, gitans, handicapés, opposants au régime, etc. En revanche, très peu de lumière faite sur la création de parfaits petits aryens dans les Lebensborn, « Fontaines de vie », mystérieuses maternités SS, qui vont fleurir un peu partout en Europe. D’autant plus que, lors des procès de Nuremberg, ces lieux ne seront pas condamnés par les Alliés, estimant qu’ils avaient uniquement pour vocation de recueillir les orphelins.

L’enquête de Boris Thiolay :

Boris Thiolay est journaliste reporter d’enquêtes à L’Express. Lorsqu’il va s’intéresser aux Lebensborn, il ne s’imagine peut-être pas ce qu’il va découvrir. Et pour cause, la plupart des archives ont été détruites quand il a été évident que les nazis perdraient la guerre. Travail méticuleux de fourmis, il va remonter les pistes des mairies, états civils, archives qui s’ouvrent enfin, pour découvrir notamment une fameuse « liste des 17 », comportant 17 noms et prénoms d’enfants nés dans les maternités SS de Wégimont et Lamorlaye, en Belgique et en France.
Son enquête, c’est un pan de l’histoire du nazisme mais aussi et ce sont des rencontres avec des individus perdus sur leurs origines, qui vont redécouvrir ou tout simplement enfin se confier à propos de ce qui les attendaient dès leur naissance.

Ce que j’ai apprécié :

– C’est tout d’abord le thème qui m’a intrigué. La seconde guerre mondiale, on en parle de long en large. Mais finalement, ce sont toujours les mêmes thématiques qui sont abordées. Alors quand un sujet encore tabou est abordé, je pense qu’il est vital de s’y intéresser, ne serait-ce que pour redonner de l’estime à ceux qui ont souffert. C’est donc tout à l’honneur de Boris Thiolay de revenir sur les Lebensborn et toute la cruauté qu’ils cachaient derrière un masque plutôt sympathique.

– J’ai apprécié rencontrer Erwin, Gisèle, Christiane, Walter, et les autres enfants du Lebensborn. Une grande diplomatie de la part de Boris Thiolay a permis de les mettre en confiance, mais aussi parfois de reprendre espoir d’un passé qu’ils pensaient perdu à jamais. Beaucoup d’humanité dans ces rencontres, pas de jugements envers ces mères qui avaient très souvent eu des relations avec des officiers SS. Et quelle émotion lorsque, grâce au journaliste, des fratries se retrouvent, comme c’est le cas pour Christiane et Iris.

– J’ai trouvé le travail de Boris Thiolay particulièrement complet car, avec des mots simples, il nous fait replonger dans ces lieux inconnus de tous. Des maternités certes, des pouponnières où les résidents étaient majoritairement bien nourris, mais surtout des lieux de propagande nazie dans toute sa splendeur et son horreur, même si cela restait plutôt caché. Ces Lebensborn étaient véritablement des paris sur l’avenir : quand les nazis gagneraient la guerre, ils auraient besoin de petits aryens pour prendre la relève. Ces enfants étaient là pour ça. Sans tendresse aucune, élevés en troupeau (les libérateurs ont eu affaire à des enfants presque sauvage, s’exprimant par onomatopées), ces bébés étaient souvent le fruit des amours entre des femmes françaises ou belges et des militaires SS. Mais ce n’est pas le plus souvent de plein gré que les mères abandonnent leur progéniture ; en réalité, les enfants leur étaient parfois arrachés des bras. Pour d’autres, c’était le fruit du péché ultime.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

Le seul point qui m’a ennuyé par moment, ce sont les répétitions qu’il peut y avoir dans le récit. Cela permet d’ancrer les noms dans l’esprit du lecteur, mais c’était parfois trop j’ai trouvé.

En bref ?

Une lecture très intéressante et qui m’a ouvert les yeux sur une pratique nazie dont j’ignorais tout.

Cadre de lecture : Une lecture effectuée sur ma liseuse Kindle. Sortie le 27 août prochain au format poche chez J’ai Lu.

Elise au pays des alpages – Régine Boisier

9782842063771FSL’histoire :

Élise est une orpheline, née dans un hameau proche du Grand-Bornand en Haute-Savoie. En orphelinat pour commencer puis recueillie par deux vieilles filles, elle va n’avoir de cesse de vouloir en savoir plus sur sa naissance.

Un peu de réflexion…

Régine Boisier nous conte avec cette histoire très simple à la fois deux choses : d’une part les paysages de Haute-Savoie avec une géographie particulièrement montagneuse, et d’autre part la vie dans ses milieux reculés et parfois hostiles au début du XXe siècle.

Les points positifs ?

Plusieurs choses m’ont plu dans ce récit.
Tout d’abord, l’idée de base, à savoir le début du siècle (1913 pour être exacte) où les convenances sont de mises. Ainsi, une jeune femme enceinte sans être mariée ne peut que jeter l’opprobre sur sa famille et doit faire en sorte de cacher son péché.
Ensuite, j’ai trouvé l’écriture de Régine Boisier très agréable, avec des descriptions légères des paysages environnants.
Puis l’histoire en elle-même ainsi que le personnage d’Élise m’a vraiment charmé. Une jeune fille qu’on suit de sa naissance à ses vingt ans, avec une réelle déchirure qui est celle de l’orphelin. Les questions sur ses racines, et la façon de se construire sans connaître l’histoire de ses parents.

Les points négatifs ?

Plus une précision qu’un point négatif : la lecture de ce roman pourra ravir beaucoup de personnes mais je le conseille évidemment principalement aux personnes originaires des Savoie, puisque les éditions de la Fontaine de Siloé privilégient justement des récits où les lieux savoyards et hauts-savoyards ont presque une place de personnage principal.

En bref ?

Un roman régional qui m’a beaucoup plu et qui m’a permis de visualiser les paysages avec d’autant plus de facilité qu’ils me sont familiers.