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Tu tueras le Père – Sandrone Dazieri


DAZIERI, Sandrone. Tu tueras le Père. Robert Laffont, coll. La Bête Noire, 2015, 664 pages, 21,50 €.


L’histoire :

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

Ce que j’en ai pensé :

Après l’italien Donato Carrisi qui excelle dans le genre thrillers, voici qu’arrive Sandrone Dazieri, avec un livre au titre prometteur.

L’idée de départ, c’est un homme qui enlève des enfants et les tient séquestrés des années durant. Dante est d’ailleurs un survivant de ce tortionnaire qui se fait appelé le Père : après 11 ans de détention, il a réussi à s’échapper, avec des séquelles qu’on comprend vite être incurables. Il met sa terrible expérience au profit de la police pour aider à retrouver les individus disparus.
Jusqu’au jour où Colomba, flic en permission, vient le sortir de sa tanière : un jeune garçon a été enlevé et il semblerait que le Père soit derrière tout ça.
Dante et Colomba, ce sont deux âmes en peine, deux écorchés de la vie, qui ne savent plus où ils vont, ni comment s’en sortir mais qui se raccrochent néanmoins à leurs obsessions. Un duo de polar mixte, comme je les aime, qui marche étonnamment bien, servi par l’écriture rythmée de Sandrone Dazieri.

La force de ce roman, c’est avant tout la construction de ces deux personnages, avec une psychologie poussée et des secrets bien enfouis, qu’eux-mêmes ignorent parfois. Deux individus qui vont être forcés de travailler et d’avancer ensemble, malgré une confiance réciproque qui ne viendra que tard dans leur recherche.
La faiblesse de l’histoire, c’est malgré tout une impression de lenteur que j’ai eu à la moitié du livre, la sensation que l’histoire avançait trop doucement. Ce qui est gênant dans un thriller où tout doit s’enchaîner rapidement pour me tenir en haleine. Mais à lire différents avis, il semble que je sois la seule à avoir ressenti ça !
Cependant, la dernière partie du roman est très dynamique, avec des retournements de situations intéressants et surtout une fin qui annonce une suite,  et là je suis joie car j’ai hâte de retrouver Dante (et peut-être Colomba j’espère).

En bref, je suis ravie d’avoir découvert ce livre et surtout ce nouvel auteur de polar qui promet de nous faire frissonner et de nous livrer des histoires vraiment sympa à lire.
Merci à Robert Laffont et la collection La Bête Noire pour cette deuxième parution ; pas un coup de coeur comme le livre d’Ingrid Desjours mais néanmoins une jolie découverte. Et le plus important pour moi, des personnages forts, très bien construits, qui ont su me toucher.

Vous aimerez si…  

  • Vous aimez le duo mixte dans les thrillers.
  • Vous cherchez des personnalités sombres et très torturées.