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Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles – S. Hayes & L. Nyhan

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HAYES, Suzanne & NYHAN, Loretta. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles. Belfond, 2014, 396 pages. 21€.


L’histoire :

Gloria et Rita sont deux américaines en 1943. Leurs maris (et fils pour l’une) respectifs partis faire la guerre, elles se retrouvent seules dans leur environnement intime. Les clubs des femmes pullulent, ce qui leur permettent d’être mises en relation et entre 1943 et 1946 elles ne vont avoir de cesse de s’écrire.

Éléments de réflexion :

Un roman épistolaire qui évoque plusieurs thèmes sous-jacents à celui de la guerre : l’amour, la solitude, la peur de la perte de l’être aimé, l’éducation des enfants, l’amitié, les bienfaits de l’écriture ou encore le deuil.

Ce que j’ai apprécié :

– Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé retrouver le même style du très célèbre livre « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates« , que j’avais adoré lors de ma lecture il y a plusieurs années. D’autant qu’ici, les auteures ne se sont jamais rencontrées ! Elles ont joué le jeu de l’envoi de lettres pour former ce roman et ne se sont vues qu’après la parution de leur ouvrage.

– Les personnalités des deux femmes ont un rôle central et sont vraiment très intéressantes :
>> Gloria : une jeune femme de vingt-trois ans, mère d’un petit garçon de 2 ans et enceinte au début de la correspondance. Son mari est recruté d’office quelque part dans un camp d’entraînement américain, en attente de partir en Europe, et celui-ci a chargé leur ami d’enfance Levi de veiller sur sa famille.
>> Rita : jeune quarantenaire, Rita est seule dans sa maison depuis le départ à la guerre de son fils Toby et l’engagement volontaire de son mari Sal. Passionnée de jardinage, amoureuse transie de son italien de mari, elle va être une sorte de grande sœur confidente pour Gloria.

– L’intérêt de ces échanges épistolaires est l’entraide et l’amitié qui va lier les deux femmes. Aucun tabou ne va résister à leur correspondance, si bien qu’elles vont s’épancher sur leur secrets les plus intimes, sur leurs colères parfois infondées, etc. Et tout cela sans qu’aucun jugement ne soit jamais porté, seulement des pistes pour être meilleures dans sa vie de tous les jours.

– Enfin, j’ai trouvé excellente la vision de la guerre. En effet, nous sommes aux États-Unis et la guerre est à la fois très présente (avec les rationnements et le départ des hommes valides notamment) et très éloignée puisque aucun combat ne se déroule sur le territoire. Il y a donc à la fois une fierté de voir leurs héros de maris et fils participer à l’effort de guerre, mais aussi l’incompréhension d’une guerre qui ne semble pas leur appartenir.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

Rien, c’est un coup de cœur !

En bref ?

Un livre absolument génial, délectable, avec lequel on ressent beaucoup d’émotions, qui nous montre la guerre des yeux de ceux qui restent, des femmes et depuis les États-Unis.