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54 minutes – Marieke Nijkamp

NIJKAMP, Marieke. 54 minutes. Hachette, 2017, 304 pages, 15,90 €.



Opportunity School, Alabama. Les élèves sont réunis pour écouter leur directrice. Mais lorsque le discours s’achève, l’un d’entre eux, Tyler Browne, verrouille les portes et tire sur la foule.
Commencent alors cinquante-quatre minutes de massacre, cinquante-quatre minutes glaçantes racontées dans les messages des victimes à leurs proches et par quatre élèves, à l’intérieur et à l’extérieur de la salle. Tous ont un lien avec Tyler : Claire, son ex-petite amie, Autumn, sa propre sœur, Sylvia, la petite amie d’Autumn et le frère de celle-ci, Thomas.
Cinquante-quatre minutes pendant lesquelles Tyler force ses otages terrorisés à l’écouter se plaindre. Il n’a jamais été aimé, ni par sa petite amie Claire, ni par son père violent et alcoolique, et encore moins par sa sœur Autumn, à laquelle il ne pardonne pas de vouloir partir à New York pour être danseuse.
Mais loin d’être une victime, Tyler est avant tout un psychopathe, qui assassine trente-neuf personnes.

Un roman jeunesse de 300 pages qui m’a happé, à tel point que je l’ai lu très rapidement. Marieke Nijkamp se base sur des faits réels malheureusement récurrents aux Etats-Unis : les fusillades dans les lycées américains. Une tuerie de cinquante-quatre minutes qui changera pour toujours la vie des protagonistes.

Nous sommes dans l’auditorium du lycée Opportunity, en Alabama. Une matinée de début de semestre où la proviseur fait son traditionnel discours dans l’Auditorium. Jusqu’au moment où Tyler, un élève qui avait arrêté ses études quelque temps auparavant, sort son arme, harnaché de munitions, bloque les issues de la grande salle et canarde ses anciens camarades. Débute une tuerie froide, durant laquelle Tyler va fustiger tel ou telle camarade pour le mal qu’il a pu lui faire.

Pour construire ce huis-clos terrible, l’auteur utilise quatre points de vue :
Autumn, la soeur de Tyler,
Sylvia, la petite-amie d’Autumn,
Tomàs, le frère de Sylvia,
Claire, l’ex-petite-amie de Tyler.
Ces quatres personnages présentent différentes facettes de Tyler. Le frère protecteur, aimant,  mais un jeune homme jaloux, conservateur, incapable de faire le deuil de sa mère décédée des années plus tôt.

Avec son roman, Marieke Nijkamp traite du sujet des armes aux Etats-Unis évidemment, mais aussi et surtout du mal-être adolescent, de la difficulté de se faire une place dans un univers de jeunes adultes parfois impitoyables. Tyler est instable et froid, aussi il ne gère pas la colère et la vengeance autrement qu’en voulant se faire le Dieu Tout-Puissant qui anéantira ses anciens camarades et professeurs.
La douleur engendre ainsi la violence et créé un récit d’une intensité intéressante pour un roman jeunesse. La cible ne sera pas choquée car même si la tuerie est froide, ce n’est pas gore.

Une belle réussite !

⇒ En bref ?

Un récit saisissant, qui prend aux tripes et qui ne laisse pas indifférent. Un roman jeunesse que je conseille à tous.
Petit point bonus à la jolie couverture.

Je conseille si vous aimez…

– Les huis-clos

Les enfants de choeur de l’Amérique – Héloïse Guay de Bellissen


GUAY DE BELLISSEN, Héloïse. Les enfants de choeur de l’Amérique. Anne Carrière, 2015, 236 pages, 18,5 €.


L’histoire :

Mark Chapman et John Hinckley. Deux enfants maudits de l’Amérique. L’un a tué John Lennon, l’autre a tiré sur Ronald Reagan. Les deux avaient vingt-cinq ans et un exemplaire de « L’attrape-coeurs » de J.D. Salinger sur eux/près d’eux lors du crime.

Ce que j’en ai pensé :

C’est grâce à Séverine du blog Il est bien ce livre ? que j’ai pu découvrir ce livre et également cette auteure. Je la remercie donc vivement !
Je ne m’attendais pas à une telle écriture qui va autant droit au but et qui vous prend littéralement dans ses filets.

Ce ne sont pas moins de quatre personnages que l’on rencontre ici :
Mark Chapman, l’assassin de John Lennon.
John Hinckley, l’auteur de la tentative d’assassinat sur Ronald Reagan.
Holden Caufield, le personnage du roman « L’attrape-coeurs » de Salinger.
L’Amérique elle-même !
Chapman et Hinckley représentent les enfants terribles de l’Amérique, la mère patrie qui les aime autant qu’elle les rejette. Pour en faire des êtres isolés, mal dans leur peau, qui ne savent se rattacher qu’à des idoles : John Lennon pour Chapman, Jodie Foster pour Hinckley. Des individus terribles qui ont commis l’irréparable autant par folie passionnelle que par désir de passer à la postérité.

Evidemment, entre les lignes, on lira aussi les problématiques liées au port d’armes à feu auquel tout américain à la droit grâce au deuxième amendement de la Constitution. Et qui donne l’impression aux plus déjantés, fous et psychopathes de pouvoir très facilement se prendre pour Dieu.

Je tire mon chapeau au gros travail de recherches de l’auteure autour de ces deux faits divers ainsi que l’imagination sur le héros de L’attrape-coeurs, qui disserte autour du devenir des personnages de romans.

Une lecture originale et intelligente ! Qui m’a rendu très curieuse de son premier roman, « Le roman de Boddah », qui parle de Kurt Cobain.


Vous aimerez si…  

  • Vous aimez les écritures sincères, parfois crues, toujours justes.
  • Vous vous intéressez à l’Amérique et ce qu’elle engendre.

La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

couv52647257L’histoire :

Années 60. Jackson, Mississippi. Des bonnes noires sont employées au sein de familles blanches comme femmes à tout faire. Les convenances veulent qu’elles soient soumises aux maîtresses de maison. Certaines voix, blanches et noires, vont décider de s’élever contre ce dogme, à leurs risques et périls.

Éléments de réflexion :

Le thème du racisme et de l’esclavage moderne (dans les années 60 aux États-Unis) sont les thèmes choisis par l’auteure pour ce roman qui a fait beaucoup parler de lui, le plus souvent en des termes élogieux.
Mais l’intérêt de cette histoire est d’être racontée à plusieurs voix (deux bonnes noires et une fille d’exploitants blanche) et de montrer avant tout les relations entre les personnages.
– Aibileen, la bonne d’expérience, qui ne reste jamais longtemps dans une famille, ne supportant pas de tisser des liens maternels avec des enfants qui la traiteront eux aussi un jour selon les conventions raciales en vigueur.
– Minny, la jeune bonne, pleine de revendications, qui se rebelle sans cesse et dont la situation d’apparence fatale et inchangeable l’emplit de colère.
– Miss Skeeter, une jeune femme blanche, pleine d’ambitions professionnelles et sociales, qui ne comprend pas cette haine raciale.

Les points positifs ?

– La justesse du récit, qui nous transmet de la douceur et de la violence, de la colère et de l’acceptation, de l’ambition et fatalité. Chaque regard ou non-dit est exprimé de telle façon que le lecteur est réellement touché d’émotions diverses.
– Coup de cœur pour les personnages : des femmes aussi différentes que semblables dans leur envie de changement et d’action.
– La narration à la première personne du singulier, selon qu’il s’agisse de Aibileen, Minny ou Miss Skeeter qui parlent : leur histoire nous paraît d’autant plus proche).
– L’exceptionnelle capacité de l’auteure à nous tirer plusieurs fois des larmes et à nous dire que ce livre, on s’en souviendra longtemps.

Les points négatifs ?

Aucun, c’est un coup de coeur !!

En bref ?

Lisez-le ! On ne voit pas les pages se tourner tellement l’histoire est addictive.

Feed – Mira Grant



Quatrième de couverture :

La bonne nouvelle : nous avons survécu.
La mauvaise : eux aussi.

2034. Il y a vingt ans, l’humanité a vaincu le cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible que personne n’a été capable d’arrêter. Une infection virale. Qui s’est propagée à une vitesse redoutable, le virus prenant le contrôle des cerveaux, avec une seule obsession : se nourrir.
Issus de cette génération sacrifiée, Georgia et Shaun Mason sont les maîtres de la blogosphère, devenue le seul média indépendant proclamant la vérité sur ce qui se passe derrière les barricades. Shaun, la tête brûlée, et Georgia, l’âme du duo, enquêtent sur l’affaire la plus importante de leur carrière : la sinistre conspiration qui se cache derrière les infectés. Et ils sont bien décidés à faire éclater la vérité, même s’ils doivent y laisser la vie.

Mon avis :

Les zombies et moi, ce n’est pas une grande histoire d’amour. Disons plutôt que je connais l’engouement général qui est notamment dû à la série The Walking Dead qui marche du tonnerre ; mais je regarde ça de loin. Ma seule expérience étant la lecture de Zombie thérapie et Zombie Business de Jesse Petersen, qui abordent le thème des morts-vivants sous l’aspect humoristique.
Avec Feed, nous découvrons un monde post-apocalyptique, où l’humour n’a pas sa place. Plutôt un thriller dramatique.

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Le cercle des loups – Nicholas Evans

Quatrième de couverture :

Hope, petite ville du Montana, est en ébullition. Un loup a dévoré un chien, celui de la fille de Buck Calder, une des personnalités les plus en vue de la localité. La vieille querelle qui oppose les éleveurs, qui se sentent menacés, et les défenseurs des loups, est à son paroxysme. C’est à ce moment qu’arrive Helen Ross, jeune zoologiste de 29 ans, chargée par le service de protection des loups de capturer les animaux pour les munir de colliers émetteurs. Les éleveurs, avec à leur tête Buck Calder, s’opposent à cette mission, sabotent le travail d’Helen et n’hésitent pas à abattre les loups. Helen trouvera en Luke Calder, le fils de Buck, un précieux allié, mais elle devra affronter la haine d’une communauté prête à tout pour chasser les loups de ses terres.

Mon avis :

Après plusieurs années à traîner dans ma bibliothèque, j’ai décidé de me lancer dans ce livre, qui est globalement très apprécié. C’est pourtant avec une certaine appréhension que je débute cette lecture.

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