Archives par étiquette : Etats-Unis

Shutter Island – Dennis Lehane

Quatrième de couverture :

Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité.

Mon avis :

Un thriller époustouflant, particulièrement bien orchestré, qui ne laissera pas le lecteur indemne une fois le livre refermé. Une histoire excellente, du début à la fin.

Continuer la lecture

Carnages – Maxime Chattam

Quatrième de couverture :

Harlem Est. 18 novembre. 8h28.
Ils sont tous là, dans le hall de l’entrée du lycée. Plus que quelques minutes avant le début des cours. Parmi les élèves, un adolescent prépare son arme. Le carnage peut commencer…
Quand l’inspecteur Lamar Gallineo arrive sur les lieux, c’est pour découvrir le cadavre du tueur qui a retourné son arme contre lui. L’affaire dépasse rapidement le fait divers : de nouvelles tueries ont lieu dans d’autres établissements.
Lamar doit à tout prix enrayer cette macabre épidémie. Mais les apparences sont trompeuses. Toujours.

Mon avis :

C’est dans une nouvelle policière de 92 pages que nous entraîne Maxime Chattam avec Carnages. 92 pages, un format peu habituel pour un thriller qui contient tous les codes propres à ce genre.

Continuer la lecture

Non Stop – Frédéric Mars



Quatrième de couverture :

9 septembre 2012, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. À peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam Pollack et Liz Mc Geary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. Une attaque non revendiquée et d’autant plus difficile à contrer qu’elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d’eux les agents de ce scénario apocalyptique. Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent ces fameuses enveloppes kraft et se mettent à marcher. S’ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient. Quels que soient leur âge et leur couleur de peau. La cavale sans fin de ceux qu’on appelle les Death Walkers, les marcheurs de la mort, ne fait que commencer.

Mon avis :

Etats-Unis, New-York, terrorisme. Vous pensez au 11 septembre 2001 ? Vous avez raison ! Sauf qu’ici Frédéric Mars nous propulse dans le futur, le 9 septembre 2012, et qu’il choisit de développer la thèse d’un terrorisme inédit. Entre thriller et docu-fiction sur la géopolitique, les 666 pages de ce roman vont défiler sans que vous ne vous en aperceviez.

Septembre 2012. A New-York, on s’apprête à commémorer les attentats survenus 11 ans auparavant, avec en bonus l’inauguration de la Tour de la Liberté en lieu et place des tours jumelles du World Trade Center.
Sam Pollack, capitaine de police au NYPD, en se rendant à son boulot, se retrouve par hasard sur le lieu d’une explosion. Après quelques minutes, on apprend qu’il ne s’agit pas d’un colis piégé déposé mais bien d’une bombe humaine Problème : il ne s’agit pas d’un acte isolé. Commence dès lors une course contre la montre pour découvrir ce qui se trame, qui sont les commanditaires et qui sont ces kamikazes d’un genre nouveau.

De la première à la dernière page, un rythme soutenu et ininterrompu nous tient en haleine et nous fait tourner les pages frénétiquement. Aucune longueur, aucun temps mort et surtout une vraisemblance qui fait froid dans le dos. Et cela tient dans la nouvelle forme de terrorisme qu’imagine Frédéric Mars. Les bombes humaines se révèlent être des citoyens américains lambda, sans rapport les uns avec les autres, mis à part un léger détail : ils ont tous une défaillance cardiaque et sont porteurs d’un pacemaker piégé. Pour empêcher au plus vite des innocents de mourrir, les hautes instances américaines doivent se porter main forte. Ainsi, le lecteur se trouve en présence de la CIA, du NYPD, du FBI, du Homeland Security et tout un arsenal d’institutions de sécurité dont les sigles sont détaillés en fin d’ouvrage. Vous le devinez, ce livre, tout en nous divertissant, nous donne des éléments pour comprendre comment la situation géopolitique mondiale pourrait encore déclencher des attentats terroristes : Printemps arabe de 2011, présence américaine dans certains pays du Moyen-Orient, situation politique avec l’Iran, question israélienne, etc. Dès la seconde moitié du livre, j’ai rapidement ressenti l’important travail de recherche et de documentation qu’a réalisé Frédéric Mars pour l’écriture de ce livre.

Concernant les personnages, l’auteur se centre sur Sam Pollack, ce père de famille veuf et célibataire, beau gosse grisonnant à la Georges Clooney. Bon flic mais peu enclin à l’évolution professionnelle, il ne ressemble pas vraiment à l’anti-héros border-line que l’on rencontre souvent dans les thrillers. Néanmoins, à un moment donné du livre, sa vie privée va entrer de plein fouet dans le récit et va le rendre d’une humanité telle que l’on se rapproche sensiblement de lui. Un personnage sympathique et fort, digne d’un bon film américain.
Mis à part Sam, un nombre phénoménal de personnages égrennent le livre. Si bien qu’au début, il faut s’accrocher pour ne pas s’y perdre. On rencontre des hommes et femmes politiques mais aussi des inconnus, ces fameux « marcheurs de la mort », qui vont peu à peu devenir le rebus de la société : la population va les traîter en paria, en animaux, leur jetant des pierres et les insultant. C’est effrayant mais encore une fois tellement vraisemblable.
Si l’on se concentre sur les personnages et sur le thème principal, aucun doute, ce livre ferait une très bonne adaptation cinématographique !

Un thriller parfaitement orchestré, dont les amateurs de « 24h chrono » retrouveront une trame similaire (de mon côté, je n’ai jamais vu cette série donc aucun problème). Un style résolument adulte, qui me fait me poser la question, comme beaucoup d’autres lecteurs, du choix de la maison d’édition et notamment de la collection Black Moon, clairement ciblée jeunesse. Alors certes, il ne s’agit pas d’un thriller sanglant et aucune scène ne choquera un public adolescent. Néanmoins, comme je l’ai remarqué, les libraires le classent souvent en jeunesse et ainsi le public adulte passe tout à fait à côté d’un thriller qui, pourtant, en intéresserait plus d’un. Un choix plus qu’étonnant, incompréhensible.

En conclusion, je me suis régalée avec ce roman et je pense que ce sera le cas pour beaucoup de lecteurs. Et n’oubliez pas : si vous ne le trouvez pas au rayon polar de votre librairie, allez faire un tour sur les étals jeunesse !

Cadre de lecture : Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune organisée sur le forum Livraddict. Voici le lien des chroniques des lecteurs qui y ont également pris part :

Karline
Galleane
Demolyna
Lisalor
Thib
Céline031
Pierre de Jade
Cerisia
Tousleslivres
Bookenfolie
Leslecturesdelilou
Styx2005
Iani
Ptitelfe
Soevangeline
Conseil-livres-manga
Frankie
AurelieBulle
Zina
Mimigogotte
Mycoton

Seul le silence – R.J. Ellory



Quatrième de couverture :

Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis bientôt trente ans. Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps horriblement mutilé d’une fillette assassinée. La première victime d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante. Des années plus tard, lorsque l’affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Lorsqu’il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre, il n’a d’autre solution pour échapper à ses démons, alors que les cadavres d’enfants se multiplient, que de reprendre une enquête qui le hante afin de démasquer le vrai coupable, dont l’identité ne sera révélée que dans les toutes dernières pages.

Plus encore qu’un roman de serial killer à la mécanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence marque une date dans l’histoire du thriller. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, sans concession aucune, R. J.Ellory évoque autant William Styron que Norman Mailer par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

Mon avis :

Un livre sombre, triste et tellement fort. Ce roman, présenté comme étant un thriller, est davantage un récit dramatique. Malheureusement, beaucoup pourraient être déçus à cause de cela. Pour ma part, j’ai juste adoré cette lecture. On m’en avait parlé comme un excellent livre et effectivement c’est le cas.

Nous suivons Joseph Vaughan, jeune garçon de douze ans au début de l’histoire. Il vit dans une petite ville, presque un village : Augusta Falls. Une première expérience de la mort le surprend, puis c’est l’enchaînement avec le meurtre de petites filles ; qui ont presque son âge ; selon un rituel plutôt macabre, digne d’un tueur en série diabolique. Joseph va être choqué par ces meurtres. Mais contrairement aux autres personnes qui les ont « vécu », Joseph va être fasciné et hanté très longtemps par ces cadavres. Ponctuée de malheurs, j’ai eu beaucoup d’empathie pour ce jeune homme qui, à dix-neuf ans, semble déjà avoir tout vécu. De ces douze ans à ses quarante ans environ, on suit sa vie, sa personnalité, sa culpabilité aussi. Tout cela donne le récit d’une existence avec, en toile de fond, les meurtres de fillettes, tels des fantômes qu’il ne cessera de le traumatiser. La seule façon de se libérer de ces entraves semble être la recherche du meurtrier.

Mais ce tueur en série reste très vague. On ne suit pas vraiment d’enquête policière. On suit uniquement Joseph, notre narrateur. Au début de ma lecture, je pensais qu’il s’agissait d’un thriller psychologique. Finalement, j’ai plutôt eu l’impression de lire un drame contemporain. Cela n’enlève rien à l’appréciation que j’ai de ce magnifique livre.
L’histoire des meurtres en tant que telle est assez banale. Elle n’existerait pas pour Joseph si sa vie n’avait pas été emplie de malheurs à côté. Ce qui la fait prendre tant d’ampleur, c’est justement ce que le jeune homme en pense, ce qu’il ressent. Personnage très sensible, portant sans cesse le fardeau de la culpabilité sur ses épaules, je l’ai trouvé très abouti. Attachant sous certains aspects, il fait surtout ressentir de la compassion à son lecteur ; parfois même les larmes aux yeux.

Le point fort de ce livre ? Sans hésiter un style d’écriture excellent. Notamment dans les descriptions qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, donne un rythme incroyable au récit. Des phrases très courtes, parfois un seul mot, alternent avec des phrases plus longues. Les paysages sont très souvent personnifiés, j’entends par là décrit à la manière d’un humain : C’était mon New York,le coeur des Amériques, ses rues et ses boulevards commes des veines, ses avenues comme des synapses électriques claquant, canalisant, s’étirant […] (p. 374). Cette citation illustre le type de description du roman. Elles peuvent être longues mais ne ralentissent que très rarement le rythme du livre.

Une lecture superbe, une ambiance sombre, des personnages forts, une écriture totalement maîtrisée. Je recommande.

127 heures – Aron Ralston


Quatrième de couverture :

Le 26 avril 2003, Aron Ralston, 27 ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah. Alpiniste expérimenté, il est déjà venu à bout des plus hauts sommets de la région. Là, au fond d’un canyon reculé, l’impensable survient : un rocher se détache au-dessus de lui et emprisonne son bras dans un mur de rocaille. Le voilà pris au piège. 127 heures plus tard, comprenant que les secours n’arriveront pas, il va devoir prendre la décision la plus difficile de son existence…

Mon avis :

L’instinct de survie. Une notion bien vague pour quiconque n’a jamais été dans une situation telle que celle vécue par Aron Ralston. Ce jeune américain de vingt-sept ans, alpinisme expérimenté, est parti un jour d’avril 2003 pour une randonnée dans le Blue John Canyon. Une randonnée tellement facile qu’il ne prend pas la peine de laisser son itinéraire comme il le fait à chaque fois. Sauf que cette fois, il se retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment. Et là, alors qu’il traverse une gorge peut-être large d’un mètre, un rocher en équilibre certainement depuis des dizaines et des dizaines d’années, se « décroche » et tombe sur lui. Son poignet droit se retrouve prisonnier de la roche. Impossible pour Aron de le déloger. Il est bel et bien bloqué.

Une histoire stupéfiante sur l’instinct de survie et sur ce que chaque être humain pourrait être capable de faire dans une telle situation. Car quand on demande à Aron Ralston s’il est exceptionnellement courageux, il répond que chaque homme dans une situation comme la sienne pourrait faire des choses impensables pour survivre et revoir ceux qu’il aime (cf. interview d’Aron Ralston dans l’émission « Sept à huit » sur TF1).
L’auteur nous raconte presque heure par heure son calvaire : économie d’eau puis pénurie, déshydratation, faim, hallucinations, etc. Le lecteur voit son état se dégrader petit à petit. Il raconte au présent, ce qui renforce le sentiment d’être face au jeune homme et de l’écouter. Dans les premières heures de son accident, Aron Ralston est sans cesse dans l’action. Il essaie d’entailler la roche avec son petit couteau, il tente de faire levier avec ses jambes pour soulever la pierre, il se fabrique un siège avec des sangles et des cordes. Il teste tout ce qui est en son pouvoir, même si dès les premières minutes il sait au fond de lui qu’il devra s’amputer le bras.

Ce récit est entrecoupé de souvenirs d’excursions (randonnées, alpinisme, canyoning) qui nous mettent face aux passions dévorantes de l’auteur. Les situations difficiles, voire dangereuses, qu’il a vécu. Il dira plusieurs fois au cours de l’histoire qu’il savait qu’il lui arriverait quelque chose de ce genre un jour, et que, peut-être, c’était ce qu’il recherchait. 
A la fin du livre, une phrase m’a touchée : « Mon accident et mon sauvetage dans le Blue John Canyon ont été les plus belles expériences spirituelles de ma vie« . A méditer.