Double piège – Harlan Coben


COBEN, Harlan. Double piège. Belfond, 2017, 367 pages, 21,90 €.



L’histoire :

Pour surveiller sa baby-sitter, Maya a installé une caméra dans son salon, quand apparaît à l’écran son mari, Joe… qu’elle vient d’enterrer ! Un choc suivi de deux troublantes découvertes : le certificat de décès de Joe a disparu et l’arme impliquée dans sa mort est aussi celle qui a coûté la vie à la sœur de Maya, Claire, quelques années auparavant dans des circonstances troubles.
Mort ou vivant, Joe était-il bien l’homme que Maya pensait connaître ? La frontière entre vérité et illusions n’a jamais semblé si floue. La jeune veuve plonge dans les zones d’ombre du passé… à ses risques et périls.

Ce que j’en ai pensé :

Maya est une jeune mère de famille, récemment veuve, orpheline de soeur et ancienne militaire de terrain. La guerre, elle la connaît, l’a faite et en est revenue avec des cauchemars terribles et un secret qu’elle cache enfoui au plus profond de son esprit.
Néanmoins, c’est un personnage fort, qui refuse qu’on la considère comme malade ou folle. Les meurtres non élucidés autour d’elle, elle pourrait les accepter si une source médiatique ne l’avait pas informé de faits troublants.

On entre alors dans ce qui semble être un complot familial énorme, autour de la riche famille de son mari. Ce qui est étonnant avec ce livre, c’est tout semble très simple et pourtant c’est un engrenage diabolique, servi par une écriture et une mise en scène excellentes.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu Harlan Coben, et pour tout dire j’avais un a priori sur ses romans. Trop simples, trop classiques, loin de ce que j’aime. Eh bien peut-être pas tant que ça !

Dans ce roman, on a deux pistes de réflexions intéressantes : le sacrifice et la culpabilité. Le lecteur fait des spéculations mais bien ambitieux celui qui pourra prétendre avoir tout compris avant la fin.
Fin inattendue pour moi, ce qui rend le sentiment de lecture d’autant plus positif.

⇒ En bref ?

Cette lecture, sans m’avoir transcendée, a été très bonne. L’écriture est maîtrisée et le sujet intéressant et ancré dans le quotidien.
Harlan Coben est un auteur parfait pour se lancer dans le genre littéraire du policier.

Je conseille si vous aimez…

– les polars simples mais maîtrisés.


Les yeux jaunes des crocodiles – Katherine Pancol


PANCOL, Katherine. Les yeux jaunes des crocodiles. Le livre de poche, 2009, 665 pages, 7,50 €.



L’histoire :

Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l’histoire d’un mensonge. Mais aussi une histoire d’amours, d’amitiés, de trahisons, d’argent, de rêves. Ce roman est plein de rires et de larmes. Ce roman, c’est la vie.

Ce que j’en ai pensé :

Voilà plusieurs années que ce livre est sorti et la saga n’a plus besoin de publicité : son succès est bien assis, le public a été largement conquis. D’ailleurs une adaptation cinématographique en a été faite.
Et pourtant, je n’avais aucune intention de le lire avant de trouver une bonne occasion en brocante !

J’ai décidé de me lancer dans la lecture pendant mes vacances, du fait qu’il fait tout de même plus de 650 pages. Et j’ai bien fait car l’histoire simple et très accessible se prête à la lecture détente.

On suit Joséphine, mariée depuis plusieurs années à Antoine. Une femme effacée qui ne vit que par son mari et ses deux filles. Jusqu’au jour où leur couple explose et qu’elle se retrouve seule à gérer sa famille, les dépenses, les rentrées d’argent et tout ce qui fait tourner une vie. Cette femme est de celle que l’on croise dans la rue, qui peut-être fait partie de nos connaissances. De même que chacun des personnages rencontrés dans le récit ; et ils sont très (trop ?) nombreux.

Parmi cette galerie de personnages, on rencontre notamment les filles de Joséphine ; son ex-mari avec sa nouvelle copine ; sa soeur Iris et son mari Philippe ; la mère et le beau-père de Joséphine ; son amie Shirley, etc.
On y rencontre des gens simples, dont la vie est classique, parfois fade ; et des individus qui vivent dans le paraître, uniquement portés par l’argent (souvent il s’agit d’hommes riches et de femmes entretenues).

Besoin de reconnaissance, que ce soit sociale ou émotionnelle. Envie de changer de vie, bousculer son destin.
Le tout est plutôt bien orchestré, même si j’ai trouvé certaines situations peu crédibles voire carrément loufoques (ex : la nouvelle vie d’Antoine en Afrique).

⇒ En bref ?

Un premier tome facile à lire, bourré de personnages aussi différents les uns des autres. Une grosse brique mais les pages se tournent vite.

Je conseille si vous aimez…

– les sagas familiales


Avec tes yeux – Sire Cédric


CEDRIC, Sire. Avec tes yeux. Presses de la cité, 2015, 549 pages, 21,50 €.



L’histoire :

Thomas ne croit que ce qu’il voit, mais personne ne le croit. Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D’épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu’il a déjà fragile. Si ce n’était que ça ! Après une séance d’hypnose destinée à régler ses problèmes d’insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d’un autre, torturant une jeune femme… Persuadé qu’un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.

Ce que j’en ai pensé :

Sire Cédric, l’auteur français qui allie avec merveille thriller et fantastique. Et ici, encore une fois j’ai été ravie de retrouver ce combo gagnant. Thomas est un jeune homme un peu dépressif à cause de ses nuits très courtes, toujours entrecoupées de violents cauchemars. Jusqu’au jour où, épuisé, il se rend chez un hypnothérapeute pour tenter de vaincre le mal. Mais c’est l’inverse qui se produit puisqu’il est victime d’une terrifiante hallucination. Il n’est pas au bout de ses peines, et le lecteur avec lui.

Coeurs accrochés nécessaires ! En effet, les scènes de tortures et de violences sont nettement explicites ; d’autant plus lorsque cela touche aux yeux. Mais ces scènes sont finalement assez rares et l’ambiance angoissante de la traque est davantage mise en avant. L’intrigue est parfaitement ficelée, jusqu’à la dernière ligne du dernier chapitre. L’intelligence au service de la barbarie et de la vengeance, tel pourrait être le leitmotiv du roman. C’est osé, cru, dérangeant parfois, à la limite du paranormal mais tellement bien fait que tout est vraisemblable.

Concernant les personnages, j’ai adoré Fox, l’ami virtuel de Thomas. Un personnage surprenant et qui se dévoile au fur et à mesure de l’histoire. De même que Nathalie, la flic, qui va passer de jeune femme effacée et réservée à une femme forte, osant s’imposer dans l’enquête.
Le personnage de Thomas, bien que protagoniste principal, m’a moins plu : j’ai eu l’impression qu’il n’était là que pour servir l’histoire et non comme individu propre avec une psychologie poussée. La fin donne néanmoins un élément de sa vie passée indispensable à la compréhension de l’histoire !

Plus de 500 pages ? Peu importe, vous en redemanderez encore ! Aucun temps mort, c’est terrifiant et bien fait, sanglant sans trop vous salir non plus. L’originalité est au rendez-vous, vous n’avez pas l’impression que c’est une histoire réchauffée ou un thème exploité cent fois.
Encore une réussite de Sire Cédric ! A quand le prochain livre ?!

De force – Karine Giébel


GIEBEL, Karine. De force. Belfond, 2016, 528 pages, 19,50 €.



L’histoire :

«Le temps de l’impunité est révolu. Le temps des souffrances est venu.» Elle ne m’aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet. Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n’aime pas ainsi. Que m’a-t-elle donné ? Un prénom, un toit et deux repas par jour. Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. Lorsque j’arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée. Je respire longuement avant d’entrer. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide, tout a disparu. Il ne reste qu’un tabouret au centre de la pièce. J’essuie mes larmes, je m’approche. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l’enveloppe, mon prénom écrit en lettres capitales. Deux feuilles. Ecrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant, je sais. Et ma douleur n’a plus aucune limite. La haine. Voilà l’héritage qu’elle me laisse.

Ce que j’en ai pensé :

Pour moi, Karine Giébel est l’auteure féminine de thrillers français la plus dingue, border-line et tout simplement exceptionnelle, du moment. Se lancer dans sa dernière parution, c’est à la fois beaucoup d’excitation et d’exigences.

Quatre personnages : Maud, la jeune fille victime d’un harceleur, pourrie gâtée et adulée par son père ; Armand Reynier, le père mégalo, chirurgien influent et pas net ; Charlotte la belle-mère dragueuse mais détruite ; et enfin Luc, le garde du corps bien sous tous rapports… enfin presque ! Des menaces, des agressions, des violations d’intimité. Et une sorte de Cluedo dans lequel on se demande où se trouve le méchant.

Ce roman, c’est une tension permanente entre les personnages, que ce soit dans leurs rapports aux autres ou à eux-mêmes. Chacun est border-line, prêt à partir du mauvais côté : drogue, manipulation, meurtre, folie. Aucun individu à peu près sain à qui se raccrocher. C’est une des caractéristiques de Karine Giébel : une ambiance pesante, un rythme assez soutenu et des intrigues inimaginables ailleurs.
Pourtant ici, un peu de prévisible. Notamment certaines révélations que j’avais vu venir. Mais, comme d’habitude, c’est cash, sans concession pour le lecteur. Tu fermes le livre en restant sur un sentiment de noirceur. Un drame familial façon thriller.

Le point fort du livre c’est le style Karine Giébel. Ca se lit tout seul, les pages défilent.
Le point faible, c’est qu’elle a déjà fait tellement mieux précédemment !

Une autre vie – S.J. Watson


WATSON, S.J. Une autre vie. Sonatine, 2015, 443 pages, 21 €.


L’histoire :

Julia a une vie bien rangée entre son mari médecin, son fils et son métier de photographe. Une seule ombre au tableau, sa soeur Kate, dont elle élève l’enfant depuis toujours. Jusqu’au jour où elle apprend que Kate est morte, certainement assassinée.

Ce que j’en ai pensé :

Première expérience de lecture via la plateforme NetGalley, qui propose des services de presse au format numérique. Et pour inaugurer cette nouveauté, j’ai choisi un titre de chez Sonatine, une maison d’édition plutôt axée polars, dont j’aime assez la ligne éditoriale.
Et puis, « Une autre vie« , c’est avant tout un coup de coeur physique, puisque j’ai flashé sur la couverture. N’ayant pas lu « Avant d’aller dormir » du même auteur, je me suis engagée avec plaisir dans ce livre.

Le résultat est que malheureusement, je me suis ennuyée la plupart du temps. Les personnages m’ont agacé tous autant qu’ils sont, et surtout Julia la protagoniste de l’histoire. Mais surtout, ce sont les longueurs et le côté très classique du récit et de la façon de le raconter. Je suis bien désolée M. Watson mais ça ne l’a pas fait avec moi !

Cependant, l’idée d’une femme qui va vouloir enquêter sur la mort de sa soeur via les sites de rencontres que celle-ci fréquentait est bonne. De même que la réflexion sur cet Internet façon Big Brother, grâce auquel une personne mal intentionnée, mais douée en nouvelles technologies, peut traquer un individu et tout savoir de lui. Ce pan du livre est intéressant c’est vrai, mais dans un thriller il faut être tenu en haleine, frissonner, avoir peur avec le personnage, être terrifié par le méchant. Ici, bof.

Alors, oui, je ne m’attendais pas à la fin et à la révélation. Ceci dit, je ne l’ai pas non plus trouvée transcendante, ni exceptionnelle. Elle n’aura donc pas remonté mon ressenti global sur ma lecture et c’est bien dommage.
A vous de vous faire un avis bien sûr !

Vous aimerez si…  

  • Vous êtes adeptes des polars classiques ou que vous lisez du polar l’occasion.