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T’as le blues, baby ? – Alessandra Sublet


SUBLET, Alessandra. T’as le blues, baby ?. Flammarion, 2013, 271 pages,  18 €.


L’histoire :

Alessandra Sublet, animatrice sur la télévision nationale française, revient sur un phénomène de sa grossesse et son accouchement qui l’a laissé pantoise : le baby blues. Késako ? Une dépression bien réelle qui touche certaines femmes et qui est très peu évoquée aux futures mamans.

Ce que j’ai apprécié :

– Sentiment de bien-être et de plénitude de la toute nouvelle maternité, rattrapé immédiatement par la descente au fond du fond : je suis nulle, je n’existe plus, je ne veux plus voir mon bébé que j’adore, je m’énerve, je broie du noir… Alessandra Sublet, énergique et pleine de vie, se retrouve dans un état proche de la dépression sans savoir ce qu’il lui arrive. J’ai trouvé ce témoignage poignant, très sincère, sur le sentiment de culpabilité qui étreint la jeune maman qui est submergée par des sentiments négatifs alors même que la société lui crie qu’elle a tout pour être heureuse.

– En tant que jeune maman, je n’ai pas connu le baby blues. Mais indéniablement, je me suis retrouvée dans certaines situation et dans certains états d’esprit. Notamment le sentiment d’incrédulité de devenir responsable à vie d’un petit être réellement sans défenses ; ou encore d’avoir peur de mal faire et d’être forcément jugée. Ce témoignage dit une chose essentielle : il faut savoir se faire confiance et, le cas échéant, demander de l’aide.

– Puis, un enfant, on le fait rarement seule. Alessandra Sublet met en avant les papas, et notamment celui de sa fille. Les hommes qui supportent les sautent d’humeur, les montées et descentes d’hormones. Savoir s’appuyer sur eux, c’est aussi leur montrer notre confiance. Une belle déclaration d’amour au final.

– J’ai apprécié que, dans son épilogue, Alessandra Sublet, humble, rende hommage à la personne qui l’a aidé à écrire son livre. Elle est animatrice et non écrivain. C’est un remerciement que je loue car il n’est pas toujours légion dans ce genre de livre.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– La répétition des informations et des conseils au fur et mesure que l’on approche de la fin du livre. Je l’ai trouvé long sur la fin alors même que c’est un livre très court. (moins de 200 pages au format poche chez J’ai Lu).

– De même, je n’ai pas toujours trouvé l’écriture excellente. Certes, le vocabulaire et le style rendent le récit très accessible, comme si l’auteure était notre copine assise devant un café qui nous conte son histoire. Mais néanmoins, cela m’a parfois un peu énervée.

En bref ?

Une lecture en demi-teinte mais avec un fond très intéressant, qui a le mérite de lever le voile sur un sujet tabou et pourtant légion, dont les femmes n’osent pas parler de peur de passer pour de mauvaises mères. Et pourtant, comme Alessandra Sublet le dit très justement, connaître se problème permettrait certainement de le guérir plus vite ou même de l’éviter.

Barbarie 2.0 – Andrea H. Japp


JAPP, Andrea H. Barbarie 2.0. Flammarion, 2014, 435 pages, 21 €.


L’histoire :

Depuis quelques années, les meurtres violents et surtout gratuits pullulent. Qu’est-ce que notre époque a de pire qu’une autre pour que de nombreux êtres humains deviennent de plus en plus… inhumains ?

Éléments de réflexion :

Andrea H. Japp a écrit à polar à la limite du roman engagé sur le thème de dérèglement de notre civilisation : toujours plus nombreux sur Terre, avec des ressources qui ne suivent plus. Pour cela, elle s’appuie sur des faits divers réels du monde entier ainsi que sur une théorie ; apparemment vraie ; de la volonté de créer une sorte d’île artificielle où élite intellectuelle vivrait et « sauverait » le monde de sa barbarie.

Ce que j’ai apprécié :

– Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman c’est la trame de fond, à savoir le thème des ressources limitées pour une population toujours plus importante, avec une espérance de vie de plus en plus longue. Ce genre de réflexion actuelle sur l’évolution de notre civilisation fait toujours une bonne base de roman policier.

– Contrairement à beaucoup de lecteurs, les passages plus scientifiques (disons « documentaires ») me plaisent particulièrement. En effet, les auteurs s’interrogent beaucoup pour leur écriture et permettent, en plus du divertissement, de se cultiver et d’en apprendre plus sur un thème précis. Ces passages sont bien rendus dans le livre, donc un bon point pour moi.

– Le personnage de Yann Lemadec, l’analyste de données pour les services secrets qui va jouer le rôle d’enquêteur un peu malgré lui, est assez intéressant car Andrea H. Japp ne fait aucune concession le concernant. La spirale dans laquelle il se retrouve est infernale comme le lecteur s’en rend compte à la fin du roman.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Pour s’appuyer sur les faits divers de meurtres terribles, l’auteure s’appuie sur des histoires vraies comme je l’écrivais plus haut. Pour ce faire, elle cite énormément de sources sous forme de notes de bas de page qui, parfois, polluent vraiment le livre. De même concernant les nombreuses citations de statistiques qui n’ont aucun intérêt pour moi énoncées telles quelles. D’autant que l’on quitte presque le roman pour entrer dans un listing journalistique de faits divers que j’ai trouvé vraiment déplaisant alors que le contenu même sert parfaitement l’histoire. J’aurais aimé que cela soit inclus de façon plus subtile dans le récit.

– Enfin, beaucoup de personnages et d’histoires différentes, si bien que j’ai eu du mal tout le long du livre à me souvenir qui était qui. Pas évident pour lire de façon fluide une histoire.

En bref ?

Un polar foisonnant d’idées et de personnages où il n’est pas toujours évident de se retrouver. Un traitement plus simple aurait été certainement plus percutant. Néanmoins, le thème est très intéressant et tout à fait d’actualité.

Cadre de lecture : Lu avec le concours de l’agence de presse Gilles Paris.

Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits : Enquête sur ces Français nés dans les maternités SS – Boris Thiolay


THIOLAY, Boris. Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits : Enquête sur ces Français nés dans les maternités SS. Flammarion, 2012, 315 pages, 21 €.


Le contexte historique :

Le nazisme, c’est la volonté de supprimer tous les éléments qui ne participeraient pas, bon gré, mal gré, à la constitution d’un nouvel ordre mondial dominé par la « race supérieure » des aryens. Tout le monde connaît l’extermination des juifs, gitans, handicapés, opposants au régime, etc. En revanche, très peu de lumière faite sur la création de parfaits petits aryens dans les Lebensborn, « Fontaines de vie », mystérieuses maternités SS, qui vont fleurir un peu partout en Europe. D’autant plus que, lors des procès de Nuremberg, ces lieux ne seront pas condamnés par les Alliés, estimant qu’ils avaient uniquement pour vocation de recueillir les orphelins.

L’enquête de Boris Thiolay :

Boris Thiolay est journaliste reporter d’enquêtes à L’Express. Lorsqu’il va s’intéresser aux Lebensborn, il ne s’imagine peut-être pas ce qu’il va découvrir. Et pour cause, la plupart des archives ont été détruites quand il a été évident que les nazis perdraient la guerre. Travail méticuleux de fourmis, il va remonter les pistes des mairies, états civils, archives qui s’ouvrent enfin, pour découvrir notamment une fameuse « liste des 17 », comportant 17 noms et prénoms d’enfants nés dans les maternités SS de Wégimont et Lamorlaye, en Belgique et en France.
Son enquête, c’est un pan de l’histoire du nazisme mais aussi et ce sont des rencontres avec des individus perdus sur leurs origines, qui vont redécouvrir ou tout simplement enfin se confier à propos de ce qui les attendaient dès leur naissance.

Ce que j’ai apprécié :

– C’est tout d’abord le thème qui m’a intrigué. La seconde guerre mondiale, on en parle de long en large. Mais finalement, ce sont toujours les mêmes thématiques qui sont abordées. Alors quand un sujet encore tabou est abordé, je pense qu’il est vital de s’y intéresser, ne serait-ce que pour redonner de l’estime à ceux qui ont souffert. C’est donc tout à l’honneur de Boris Thiolay de revenir sur les Lebensborn et toute la cruauté qu’ils cachaient derrière un masque plutôt sympathique.

– J’ai apprécié rencontrer Erwin, Gisèle, Christiane, Walter, et les autres enfants du Lebensborn. Une grande diplomatie de la part de Boris Thiolay a permis de les mettre en confiance, mais aussi parfois de reprendre espoir d’un passé qu’ils pensaient perdu à jamais. Beaucoup d’humanité dans ces rencontres, pas de jugements envers ces mères qui avaient très souvent eu des relations avec des officiers SS. Et quelle émotion lorsque, grâce au journaliste, des fratries se retrouvent, comme c’est le cas pour Christiane et Iris.

– J’ai trouvé le travail de Boris Thiolay particulièrement complet car, avec des mots simples, il nous fait replonger dans ces lieux inconnus de tous. Des maternités certes, des pouponnières où les résidents étaient majoritairement bien nourris, mais surtout des lieux de propagande nazie dans toute sa splendeur et son horreur, même si cela restait plutôt caché. Ces Lebensborn étaient véritablement des paris sur l’avenir : quand les nazis gagneraient la guerre, ils auraient besoin de petits aryens pour prendre la relève. Ces enfants étaient là pour ça. Sans tendresse aucune, élevés en troupeau (les libérateurs ont eu affaire à des enfants presque sauvage, s’exprimant par onomatopées), ces bébés étaient souvent le fruit des amours entre des femmes françaises ou belges et des militaires SS. Mais ce n’est pas le plus souvent de plein gré que les mères abandonnent leur progéniture ; en réalité, les enfants leur étaient parfois arrachés des bras. Pour d’autres, c’était le fruit du péché ultime.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

Le seul point qui m’a ennuyé par moment, ce sont les répétitions qu’il peut y avoir dans le récit. Cela permet d’ancrer les noms dans l’esprit du lecteur, mais c’était parfois trop j’ai trouvé.

En bref ?

Une lecture très intéressante et qui m’a ouvert les yeux sur une pratique nazie dont j’ignorais tout.

Cadre de lecture : Une lecture effectuée sur ma liseuse Kindle. Sortie le 27 août prochain au format poche chez J’ai Lu.

De Sacha à Macha – Rachel Hausfater et Yaël Hassan

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Sortie en librairie le 16/04/2014 – A partir de 11 ans

L’histoire :

Sacha est un garçon solitaire. Un jour il décide d’envoyer des mails à des adresses inconnues, avec le simple message « Il y a quelqu’un ? ». Des bouteilles à la mer sans retour, jusqu’au jour où Macha reçoit son appel et décide d’y répondre. Une correspondance s’engage entre les deux adolescents.

Éléments de réflexion :

Ce roman jeunesse met en scène deux personnages que tout oppose. Sacha, un jeune garçon renfermé, marginal dans ses relations aux autres, presque taciturne. Macha, une jeune fille pétillante, la langue bien pendue et qui n’a peur de rien. Si la bouteille à la mer de Sacha n’avait pas aboutie, certainement ne se seraient-ils jamais rencontrés.
Au fur et à mesure de leur correspondance, ils vont se dévoiler l’un à l’autre et Macha va, à la manière d’une psychothérapie, amener son ami virtuel à se confier sur son mal-être et ces causes. De là, une confiance, voire une dépendance amicale va s’en suivre.

Ce que j’en ai pensé :

– J’ai apprécié le format du dialogue via les e-mails pour aborder les jeunes lecteurs. Une lecture douce et très simple, dont les pages sont aérées (un mail, une page).
– L’histoire contient un suspense concernant l’histoire de Sacha qui maintiendra le jeune lecteur en haleine.
– La solidarité entre les deux personnages est fondamentale. L’un se sent plus fort que l’autre : il va donc l’aider à prendre des décisions, l’écouter et le soutenir dans son parcours de recherche de la vérité. Le thème de l’amitié est développé de façon très intéressante puisqu’il n’y est pas question d’apparence physique ou de ressemblance : les deux jeunes gens se plaisent dans leurs différences.

En bref ?

Un court roman très sympathique, qui développe le thème de l’amitié et de la filiation.
Cette nouvelle édition comporte un carnet spécial en fin d’ouvrage, à la façon d’une fiche de lecture ludique : voilà qui est astucieux et qui en fait un livre qui peut-être proposé dans les écoles.

La fille seule dans le vestiaire des garçons – Hubert Ben Kemoun

Image hébergée par servimg.comQuatrième de couverture :

Tout commence par un baiser, comme une chance, une promesse pour Marion. Une aubaine pour une jeune fille toujours si maladroite avec les garçons. Mais ce baiser va faire de sa vie un enfer. Peu à peu, la honte laisse toute la place à la rage, et Marion prépare sa vengeance. Sans réfléchir aux conséquences de ses actes…

Mon avis :

La fille seule dans le vestiaire des garçons est avant tout un roman social, où l’adolescence et ses particularités sont mises en exergue.

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