Archives par étiquette : futur

Autogenèse – Erwan Larher

Quatrième de couverture :

Il se réveille, nu, dans une maison isolée.
Il ne se souvient plus de rien.
Il se lance dans le monde, à la recherche de son passé et de son identité.
C’est un destin qu’il trouvera, agrémenté d’une mystérieuse ange-gardien à la gâchette facile, d’un journaliste schizophrène, d’un bienfaiteur sans scrupules. 
Dans son turbulent sillage, les trajectoires se déjettent, pas toujours en douceur.
D’exclu amnésique, jouet du hasard, nom de code Icare, il devient maître du jeu. Mais certains n’ont pas l’intention de le laisser faire…

Roman picaresque et politique, Autogenèse interroge sur la folie et la grandeur des hommes, entrelaçant parcours singuliers et Histoire en marche.
Peut-on (se) construire en misant sur le bon sens contre les passions, les émotions ?
Peut-on (se) bâtir sans mémoire ?
…et qui est ce diable d’Icare ?

Mon avis :

Comment qualifier cette lecture au titre étrange ? Une sorte d’OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) qui met en avant un florilège de thèmes éclectiques et sociétaux, en prenant pour point de départ un homme amnésique.

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Uglies, t.1 – Scott Westerfeld

Quatrième de couverture :

Tally aura bientôt 16 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle s’apprête à subir l’opération chirurgicale de passage pour quitter le monde des Uglies et intégrer la caste des Pretties. Dans ce futur paradis promis par les Autorités, Tally n’aura plus qu’une préoccupation, s’amuser… Mais la veille de son anniversaire, Tally se fait une nouvelle amie qui l’entraîne dans le monde des rebelles. Là-bas, elle découvre que la beauté parfaite et le bonheur absolu cachent plus qu’un secret d’État : une manipulation. Que va-t-elle choisir? Devenir rebelle et rester laide à vie, ou succomber à la perfection ?

Mon avis :

Que serait le monde si l’on vous persuadiez que vous naissez laid mais qu’à seize ans, une opération vous rendra beau et heureux ? Un endoctrinement des cerveaux qui repose sur le paraître, sur l’amusement, pour détruire toute volonté de réflexion et de rébellion. C’est l’univers dans lequel Scott Westerfeld nous plonge avec « Uglies« .

Les Uglies sont de jeunes adolescents qui, de douze à seize ans, partent de chez leurs parents pour vivre dans des dortoirs à Uglyville. Période de transition où ces jeunes gens n’aspirent qu’à devenir des Pretties, c’est-à-dire des personnes parfaites, grâce à la mystérieuse Opération.
Le lecteur va suivre Tally, une demoiselle qui attend avec impatience sa transformation. Son meilleur ami vient de devenir un Pretty ; elle est donc seule dans Uglyville quand elle rencontre Shay, qui va l’amener à se poser de nombreuses questions sur cette société qu’elle refuse en masse.

Cette saga young adult, bien que destinée à la jeunesse, ne gênera pas les adultes, au contraire. J’ai trouvé l’écriture très agréable et certainement pas enfantine.
Au sujet du rythme de l’histoire, le début m’a semblé long et redondant. A partir de 150 pages environ, lorsque Tally est prête pour sa transformation, j’ai réellement commencé à accrocher au roman. Cette dystopie est donc longue à démarrer mais le sujet de fond est vraiment intéressant. L’auteur exploite un thème de notre société où seule l’apparence compte et dans laquelle les modèles de perfection aussi bien féminins que masculins sont dictés par les médias. Tally est le personnage central du roman : endoctrinée, elle va peu à peu ouvrir les yeux devant la terrifiante vérité que cache les Specials Circumstances, qui gèrent notamment l’Opération. Shay et David sont deux personnages secondaires qui vont aider à cette prise de conscience. Chacun des trois sont très différents et par là même très intéressant. Ils ont un potentiel de réflexion qui s’éveille au contact les uns des autres, ce qui laisse présager une suite intéressante et pleine d’action.

Premier dystopie jeunesse que je lis et je dois dire que je trouve ce concept, maintenant à la mode, très formateur pour les adolescents. Une histoire mettant en scène des jeunes adultes, qui vivent avec les problèmes de leur âge, mais qui sont face à une société contre-utopique, où les consciences sont contrôlées d’une quelconque manière. Des récits qui mènent à une réelle réflexion sur le rôle des masses et de leur endoctrinement : distrayant et intelligent.

Les derniers hommes, t.1 : Le peuple de l’eau – Pierre Bordage



Quatrième de couverture :

Le futur proche, après la troisième guerre mondiale. Dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques, les rares ressources intactes sont partagées par des tribus nomades qui ont pris chacune en charge l’exploitation d’une denrée spécifique. Solman le boiteux, du peuple aquariote – qui découvre et contrôle les sources d’eau -, possède le don de clairvoyance : infaillible juge des âmes, cet atout le confine aussi à l’écart de tous, qui se méfient de son talent. Seuls Raïma, la guérisseuse, puis la mystérieuse Kadija et un vieux scientifique de l’ancien monde vont l’accompagner dans sa quête pour échapper à l’apocalypse qui semble menacer les derniers hommes…

Mon avis :

Un récit de science-fiction où l’auteur nous plonge dans un futur dévasté, où notre civilisation est morte suite aux excès chimiques, nucléaires, etc. A présent, des peuples nomades cohabitent à la surface de la Terre, dont le peuple de l’eau que nous suivons.
Chaque peuple est détenteur d’une ressource ou d’une technologie. Le peuple de l’eau peut reconnaître l’eau potable de l’eau empoisonnée par des « anguilles GM ». D’autres peuples possèdent la savoir des armes à feu. Ainsi, la vie en harmonie est nécessaire puisque chacun doit à l’autre sa survie. Néanmoins, des dissentions existent comme on peut s’en douter : du moment qu’une société naît, l’homme créé des hiérarchies, ce qui engendre des tensions naturelles.

Le lecteur suit Solman le boîteux, un donneur du peuple de l’eau. Un donneur possède le don de percevoir les émotions de chacun, de connaître les pensées bonnes ou mauvaises, etc. Riche de ce don, il est à la fois respecté, craint et détesté. Ce jeune homme de dix-sept ans tente de se faire une place dans cette société dirigée par des pères et des mères, dont les ambitions ne sont pas toujours respectables. Sous couvert d’un bien-être général, ces personnages déterrent les principes des anciennes religions.
L’homme ne peut-il s’empêcher d’exercer une domination sur ses congénères ? Les civilisations prochaines suivront-elles indéfiniment le schéma de la nôtre, qui se détruit elle-même et détruit parallèlement la planète ? Quoiqu’il en soit, ce futur imaginé par Pierre Bordage est loin d’être parfait. Entre retour à une sorte de préhistoire où certaines technologies actuelles subsisteraient, l’auteur nous embarque dans un monde étonnant où l’on imagine sans peine la vraisemblance des faits.

J’ai beaucoup apprécié ce roman de science-fiction, dans lequel les personnages que l’on suit ont une belle consistance. Néanmoins, je soulèverais un point négatif qui m’a dérangé : l’auteur ne nous explique pas ce que sont ces fameuses « anguilles GM » qui ont contaminé l’eau. D’où viennent-elles ? Que sont-elles exactement ? Autant de réponses que je n’ai pas eu dans ce premier tome.

A savoir : sur la boutique Kindle d’Amazon, cet ebook est disponible gratuitement ! Les tomes suivants sont, quant à eux, à 0,99€. Avis à ceux qui possèdent une liseuse électronique.


Axiomatique – Greg Egan

Quatrième de couverture :

Est-il possible de reproduire dans la réalité des tableaux fantastiques célèbres en créant des chimères ? Une drogue permet-elle de rejoindre et de joindre tous les possibles ? Le temps qu’on lui reconstruise un corps, un homme peut-il confier au ventre de sa femme le soin d’accueillir son cerveau ? Autant de questions, avec bien d’autres, que Greg Egan soulève dans dix-huit nouvelles.

Mon avis :

Changement de genre radical pour moi avec ce livre. Je plonge dans la SF, que je n’ai pas du tout l’habitude de lire. Néanmoins, j’ai choisi ce partenariat car il s’agissait de récits d’anticipation, et depuis Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, lu il y a déjà très longtemps, j’attache une certaine attirance, fascination presque, pour ce genre littéraire.

L’entrée dans le livre n’a pas été évidente du tout. La première nouvelle, L’Assassin infini, est franchement inaccessible pour les néophytes. Je n’ai rien compris du tout, tant au niveau du fond que du vocabulaire utilisé. J’ai donc trouvé ce choix d’entrée en matière assez peu judicieux. Cela pose d’emblée un frein pour la suite. Malgré tout, j’ai bien fais de continuer car les autres nouvelles sont en générales bien abordables et franchement passionnantes de par leur sujet.

L’auteur réfléchit dans ce livre, sur des futurs possibles pour l’être humain. Je pense que lorsqu’on écrit ce genre de récit, on extrapole nos peurs face à la science et comment elle peut petre dangereuse dans l’exploitation qu’en fait le cerveau humain. Et là, j’ai trouvé les histoires vraiment intéressantes. Il y a une fascination non cachée pour la recherche embryonnaire et tout ce qui peut en découler, surtout en mauvais. Notamment, à quel point est-il bon de pouvoir tout contrôler et tout décider dans la conception et la naissance d’un enfant ? La peur de la création contrôlée d’un humain est au coeur des préoccupations de l’auteur, mais aussi de toute une génération je pense. Cette question d’éthique, je crois, nous concerne aussi directement puisqu’il me semble que nous pourrions par exemple connaître le sexe d’un enfant à naître avant la date limite d’avortement : hors quelles seraient les concéquences ? Avorter à cause du sexe de l’enfant. 

Ces utopies montrent toujours l’Homme au centre de la réflexion. Pour moi, c’est assez important, cela m’aurait certainement moins plu s’il y avait eu présence d’extraterrestres ou autres créatures de ce type. D’autant plus que cela ajoute à la vraisemblance des récits, ce qui est primordiale : le lecteur doit absolument y croire, à grand renfort d’arguments scientifiques. Passionnant, je dois bien le dire !

Je suis donc globalement contente de ma lecture, ne serait-ce ce début cahotique. Ca restera un bon souvenir de lecture. 

Remerciements :

Je remercie Le Livre de Poche ainsi que la team de Livraddict pour l’envoi de ce livre ! 



 

La nuit des temps – René Barjavel

Quatrième de couverture :

Dans l’immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace… Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? « La nuit des temps », c’est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d’amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d’Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.    

Mon avis :

Deuxième fois que je lis ce livre. Quand j’ai décidé de me replonger dedans, j’espérais avoir la même émotion qu’il y a dix ans. Et effectivement, je n’ai pas été déçue ! C’est un récit qui plaît à toutes les générations, tant au niveau de l’histoire que du style d’écriture de René Barjavel.
Comme dans beaucoup de ses romans, Barjavel peint un amour fort et indestructible, au-delà du temps qui passe. Mais il montre aussi le déclin des civilisations avec l’utopie de Gondawa. Ainsi inexorablement les sociétés savantes en viennent à se détruire. Un avertissement ? Certainement, puisque ce roman se place, d’après moi, dans la lignée de H.G. Wells, Aldous Huxley et autres auteurs d’utopies et contre-utopies.
Les personnages sont attachants, émouvants, à la fois soudés et solitaires, qu’ils aient une place importante ou tout à fait secondaire.
C’est vraiment un tout qui fait que cette lecture est plaisante, et ce n’est pas pour rien que c’est un livre très apprécié.