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L’honneur de Preston – Mia Sheridan


SHERIDAN, Mia. L’honneur de Preston. Hugo et Cie, coll. Hugo New Romance, 2017, 421 pages, 17 €.



L’histoire :

Ils étaient deux frères –des jumeaux– je les aimais tous les deux, mais mon âme n’appartenait qu’à l’un d’entre eux.
Toute sa vie durant, Annalia Del Valle a aimé Preston Sawyer. Elle a grandi dans une cabane dans Central Valley en Californie, mais a découvert la liberté, dans la ferme Sawyer vosine et auprès des garçons qui étaient ses seuls amis. Preston est amoureux de Annalia depuis son enfance. Il a réussi à le lui cacher jusqu’ à ce que leurs mondes – comme leurs corps– sont entrés en collision par une chaude nuit d’été. Une nuit qui va bouleverser leur vie pour toujours. Après avoir disparu corps et âme pendant six mois Annalia est de retour en ville. Si Preston a échappé à son désespoir amoureux, son sens de l’honneur et sa fierté parviendront-t-ils à le retenir à nouveau, lorsque, l’objet de son désir de toujours, est de retour.
Comment fait-on pour dépasser les blessures du passé ? Réparer L’irréparable ?

Ce que j’en ai pensé :

Quand j’ai vu la couverture différente de ce livre par rapport aux autres romances de chez Hugo New Romance, j’ai tout de suite été intriguée. J’ai senti qu’on aurait ici quelque chose de sensiblement autre que ce qui se fait habituellement en new romance.
Et quelle surprise !
Ici, vous trouverez une romance dramatique, ou drame psychologique comme l’appelle la maison d’édition sur la quatrième de couverture.

Nous suivons Preston et Cole, deux jumeaux fils de fermier, ainsi qu’Annalia, fille d’immigrée mexicaine. Malgré les trois ans qui les séparent, les trois enfants, sont amis et s’apprécient au-delà des différences ethniques et sociales.
En grandissant, l’amitié se transforment en amour mais seulement voilà, ils sont deux. Deux jeunes adolescents qui aiment de façon tout à fait différente la même fille. Simplement, si elle aime Cole plus que tout, c’est pour Preston que le coeur de Lia bat plus fort.
Cela pourrait être simple mais le respect et la parole entre les deux jumeaux est plus forte que tout. Preston perd rapidement le bénéfice de séduire celle qui hante ses pensées.

L’histoire entre Preston et Lia est magnifique et terrible. Un amour presque impossible car ni l’un ni l’autre ne parle de ses blessures. La construction de leur vie est d’autant plus difficile qu’elle ne peut avoir pour base des non-dits.
J’ai vraiment pleuré à des moments de ma lecture et j’ai adoré le personnage de Preston qui change tellement des hommes dans les romances actuelles. Il est renfermé, mystérieux et peu sûr de lui. Ca le rend plus humain et plus fort.
J’ai adoré le personnage féminin également, qui est en adéquation avec son histoire.

Je vous conseille ce roman pour sa puissance et ses réflexions sur la fraternité et l’amour. Sur la maternité également, avec tous les tabous liés au fait de devenir parents.

⇒ En bref ?

Un coup de coeur pour cette romance magnifique, assez différente de ce qui se fait dans la vague new romance actuelle.

Je conseille si vous aimez…

– Les romances dramatiques


Duelle – Barbara Abel


ABEL, Barbara. Duelle. Le Livre de Poche, 2014, 417 pages, 7,60 €.


L’histoire :

Lucy mène une vie bourgeoise rangée à Bruxelles, lorsque reçoit la visite de l’émission de télé-réalité « Devine qui est là ? ». En effet, une personne recherche Lucy. Qui est-ce ? Certainement sa mère biologique qui l’a abandonné à la naissance. Entre joie et appréhension, la jeune femme se rend à l’émission. Elle est loin de se douter de ce qu’elle va découvrir et encore moins de ce que cela va engendrer dans sa vie.

Ce que j’ai apprécié :

– Si les thrillers sont mon dada, il est clair que les thrillers psychologiques sont mon dada ultime ! La crème de la crème. Toujours prête à en découvrir de nouveau. Barbara Abel commence à se faire un nom dans la scène polar francophone, notamment avec Derrière la haine. Me concernant, Duelle est le premier livre que je lis de cette auteur. Et effectivement, premier bon point : c’est un thriller psychologique dont le thème promet des merveilles.

– Il est assez difficile de parler de cette histoire sans trop en dévoiler. Car en vérité, chaque révélation mérite la surprise de l’instant. Et ce que j’ai aimé, après avoir refermé le livre, c’est justement le nombre de retournements de situation qui surprennent le lecteur. Et en étant tout à fait honnête, je n’ai rien vu venir. Si bien que, au milieu du livre, j’ai eu un bug : j’avais l’impression que l’histoire était trop simple, que je l’avais vu venir et qu’il n’y avait rien d’original. Mais que nenni ! Si vous avez la même impression que moi, continuez votre lecture surtout. Ne vous arrêtez pas car, en réalité, Barbara Abel est très forte pour embobiner son lecteur.

– Dans ce polar, en plus de l’histoire assez terrifiante en elle-même, il y a aussi des réflexions sur le destin qui prend un chemin plutôt qu’un autre, qui favorise une personne plutôt qu’une autre. Et surtout l’instant éphémère, fugace, qui décide si la vie entière d’une personne sera sans histoires ou terrible. Plusieurs personnes y sont confrontées dans ce roman, de différentes manières. Et surtout, ce qui fait qu’une fois la limite franchie, aucun retour en arrière ne semble possible. De même que les apparences sont parfois trompeuses, et que les individus ne sont pas toujours ce qu’ils prétendent être. Pas de complexe manichéen ici : personne n’est tout noir ou tout blanc. Les personnages sont très complexes et vraiment ancrés dans un quotidien que tout le monde peut connaître.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– J’ai clairement trouvé l’histoire trop longue à se mettre en place. Et pourtant, l’histoire de l’émission de télé-réalité arrive presque immédiatement au début du livre. Mais ensuite, j’ai eu l’impression que tout traînait en longueur. J’ai du attendre la moitié du livre pour être enfin dans le coeur du thriller et là j’ai pris mon pied. Mais je dois bien avouer m’être ennuyée pendant quelques chapitres.

En bref ?

Un très bon polar psychologique, malgré quelques ralentissements dans l’histoire à un moment donné. Dommage mais malgré tout, la seconde moitié du livre est absolument excellente.

Le vent t’emportera – Jean-Marc Souvira

couv39022857L’histoire :

Les meurtres de trois femmes sur Paris s’enchaînent avec quelques jours d’écart. Le processus est le même : nues, des morceaux de miroirs dans les yeux, un morceau de papier recouvrant leurs visages.
La police judiciaire, saisie de l’affaire, va s’apercevoir que quelques mois plus tôt, des crimes tout à fait similaires ont été commis, le suspect confondu par son ADN est actuellement en prison.

Éléments de réflexion :

Un thriller qui reprend le thème de la traque du serial killer, en suivant à la fois le tueur lui-même et les recherches presque heure par heure des équipes de la police judiciaire.

Les points positifs :

– J’ai beaucoup aimé le parti pris de Jean-Marc Souvira de nous proposer deux visions de la même histoire : à la fois la résolution de l’enquête par la police judiciaire, notamment avec le personnage de Ludovic Mistral ; mais aussi la psychologie du tueur en série.
– Le personnage du tueur (dont je dois taire le nom !) est vraiment excellent. Car on le déteste de par ses crimes mais ses problèmes psychologiques et physiques nous font obligatoirement le prendre en pitié. En effet, l’auteur nous fait très vite comprendre que c’est un homme en souffrance, qui a été seul tout au long de sa vie, complètement malgré lui.
– J’ai particulièrement apprécié le dénouement. Tout d’abord les motivations du tueur qui étaient « pertinentes » par rapport à la façon dont les crimes sont exécutés ; de même que l’auteur a choisi de s’attarder un long moment sur l’explication des crimes et de la psychologie du tueur.

Les points négatifs :

Le seul réel point négatif de ce roman a clairement été le personnage du flic Ludovic Mistral. On comprend tout de suite qu’il s’agit du même personnage officiant dans le précédent thriller de l’auteur, « Le Magicien » (que je n’ai pas lu). Et cela m’a vraiment agacée de voir que le personnage est toujours sujet aux troubles et à la fatigue qui l’ont visiblement touché lors du premier livre. Or, dans ce roman, ces traits de personnalités n’apportent strictement rien à l’histoire. J’ai simplement l’impression que l’auteur a voulu faire un flic torturé mais sans que ce soit réussi.

A savoir :

Jean-Marc Souvira est lui-même commissaire ayant exercé dans la police judiciaire, et cela est une vraie valeur ajoutée pour le roman, notamment dans les descriptions très précises sur le déroulement d’une enquête. Très appréciable.

Notre secret – Jessica Warman

couv56569068L’histoire :

Alice et Rachel sont deux sœurs jumelles de dix-huit ans. Elles sont très liées, dans les bons comme dans les mauvais moments, jusqu’au jour où l’une d’entre elles disparaît. Des heures d’angoisse commencent pour sa moitié.

Un peu de réflexion…

Ce thriller ; car il s’agit bien là d’un véritable thriller ; est centré sur le lien des jumeaux, qui fascine tout un chacun. Ont-ils des facultés parallèles, tel que la télépathie ou l’empathie excessive par exemple ? L’auteur s’appuie sur cette question pour construire un roman étonnant, auquel je ne m’attendais pas.

Les points positifs ?

– C’est un thriller psychologique, est vous savez comme j’aime les thrillers psychologiques ! Il y a des rebondissements excellents, que je soupçonnais (ou que j’espérais secrètement plutôt) en début de lecture et qui ne m’ont pas déçu ! Au contraire, l’auteur exploite bien le filon psychologique. Malheureusement, je ne peux pas plus en parler car l’histoire mérite vraiment qu’on la découvre de A à Z.
– Le personnage d’Alice : c’est LE point fort du livre, et tant mieux puisqu’il s’agit du personnage principal. Elle a une personnalité très controversée, et très onirique parfois. Souvent transportée par son imagination, elle est typiquement une adolescente qui n’arrive pas à se construire à cause d’un traumatisme qu’elle ne surmonte pas. Extrêmement dépendante de sa sœur Rachel, on découvre que sans elle, elle n’est plus tout à fait elle-même.
– Le fantastique (ou pas, selon ce que l’on croit), est présent sous la forme de don que possèderaient les deux jeunes filles et qui les lit au-delà de l’imaginable.
– La fin m’a plu (avec un bémol vous verrez ensuite) car elle n’est pas entièrement « rose bonbon ». L’auteure n’a pas eu peur de heurter son lecteur une dernière fois.

Les points négatifs ?

– Ce livre aurait pu être un coup de cœur. Le problème, c’est essentiellement que l’auteure n’a pas creusé certains aspects de la personnalité d’Alice, notamment dans les révélations finales.
– La fin, qui est arrivée beaucoup trop vite. J’aurais aimé que l’auteure prenne son temps et approfondisse le dénouement.

En bref ?

Ce livre a été une vraie découverte. Je ne m’attendais à être passionnée, ça a pourtant été le cas. C’est exactement ce que je demande à la littérature : me surprendre.
A noter que j’espère qu’il se fera connaître, et pas seulement chez les adolescents (il est sorti chez Fleuve Noir dans leur collection young adult « Territoires »). Il ravira également les amateurs de thrillers.