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Marina Bellezza – Silvia Avallone


AVALLONE, Silvia. Marina Bellezza. Liana Levi, 2014, 544 pages, 23 €.


L’histoire :

Marina et Andrea ont respectivement vingt-deux et vingt-sept ans. Depuis trois ans, ils ne sont pas vus. Et pour cause, leur histoire d’amour s’est abruptement terminée. Sans un au revoir, ni explications.
Ils vivent dans la vallée Cervo, dans les Alpes italiennes. L’une rêve de paillettes et de célébrités, tandis que l’autre n’aspire qu’à sortir de cette économie fauchée où les jeunes n’ont plus d’avenir.

Éléments de réflexion :

Merveilleuse Silvia Avallone ! A travers ce roman, c’est l’histoire d’une génération de jeunes adultes qui n’ont plus d’illusions. Les politiques les ont lâchés, de même que leurs parents. Comment et où se construire ? Et pourtant, ils ont des rêves ; souvent en lien avec les blessures de leur histoire personnelle.
Mais « Marina Bellezza », c’est aussi une ode à ces Alpes italiennes et notamment la province de Biella, d’où est originaire Silvia Avallone. Résidant dans les Alpes, je comprends la passion que l’on peut ressentir de près ou de loin pour ces montagnes qui sont tellement splendides et difficiles voire impossible à quitter.

Ce que j’ai apprécié :

– Déjà, j’ai été ravie de retrouver le style de Silvia Avallone, avec une écriture très tendre et terriblement fluide. J’avais tellement adoré « D’Acier » il y a deux ans, que j’attendais beaucoup de ce livre, qui ne pas déçu, bien au contraire. J’ai retrouvé toute l’intransigeance d’une auteure envers une société italienne en déperdition, où la jeunesse est complètement désœuvrée mais où l’optimisme est toujours là, à poindre son nez.

– Les personnages de Marina et Andrea, qui sont fantastiques dans leur construction. Ils sont autant attachants que détestables par moments. Amoureux fous l’un de l’autre, ils ne peuvent être ensemble car leur parcours de vie, leurs envies sont trop différents, même si au fond, dans leur parcours familial, ils sont très semblables. Mais comment bien aimer l’autre quand on ne s’aime pas soi-même ?

  • Marina est une starlette née : en participant à des émissions télévisées de chant, elle se très vite remarquée et ne vit que pour qu’on lui dise qu’elle est la meilleure. Car en vérité, entre un père absent et une mère alcoolique, elle s’est toujours sentie seule.
  • Andrea, fils d’avocat bien en vue, est avant tout le second d’une fratrie où tout est dévolu au frère aîné. Aucune place pour lui, l’enfant non désiré. L’argent ? Peut lui importe. Ce qu’il veut, c’est s’enfuir dans les montagnes qu’il aime tant, pour que sa rage se transforme en énergie créatrice dans la ferme de son grand-père.

– En fait, ce livre m’a juste transporté. Dès que je l’ai refermé, j’ai tout de suite eu envie de lire encore et encore Silvia Avallone. Malheureusement, je suis à jour dans sa bibliographie (en même temps, il s’agit de son second roman, avec également une nouvelle ; « Le lynx » ; à son actif) et il me faudra attendre un ou deux ans (pas plus, j’espère !) pour découvrir une autre de ses histoires. Complètement ancrée dans une société italienne en faillite, elle est terriblement proche de ses personnages, à qui elle n’épargne rien mais qu’elle aime profondément, cela est indéniable.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

Aucun, ce livre est merveilleux !

En bref ?

J’ai tellement envie que cette auteure soit lue et reconnue par les lecteurs français que j’aurais presque envie de m’en faire son ambassadrice ! C’est dire si j’ai adoré cette histoire splendide et tragique. Il me restera à visionner le film tiré du livre « D’acier » pour continuer avec Silvia Avallone.

Cadre de lecture : Ce livre a été lu dans le cadre d’un Service de Presse avec les éditions Liana Lévi. Sortie en librairie le 28 août.

Moi et toi – Niccolò Ammaniti

couv582252L’histoire :

Lorenzo est un jeune garçon un peu marginal. Diagnostiqué avec un « égo ambitieux », il ne s’intéresse qu’aux personnes qui font partie de son cercle émotionnel. Les autres ne représentent aucun intérêt pour lui. Mais ne voulant pas déplaire à sa mère, il lui fait croire qu’il est invité une semaine au ski avec des camarades de classe. A la place, il passera une semaine au fond de la cave familiale.

Éléments de réflexion :

Le thème abordé est celui de la singularité de certains individus. Ceux qui sortent de la norme et qui de fait mis de côté. Ainsi que les personnages marginaux, tels que les drogués.
Une des réflexions sous-jacente est la suivante : est-ce que l’on ne peut pas vivre comme on le veut (solitaire par exemple) sous prétexte que la société prône les relations sociales, même fausses, entre les individus ?

Les points positifs :

– La dimension dramatique du roman est merveilleusement racontée, avec une écriture, une langue (et donc une traduction : par Myriem Bouzaher) excellente.
– Le personnage de Lorenzo est très attachant. Le paradoxe exprimé par l’auteur est intéressant : à la fois il est diagnostiqué comme un individu particulièrement égocentrique, mais parallèlement il est très attentif aux émotions et au bien-être de sa mère et sa demi-sœur qu’il connaît à peine.

Les points négatifs :

Je pourrais dire que 150 pages, c’est trop court. Mais étonnamment l’histoire se suffit à elle-même.

En bref :

Très touchant dans les drames évoqués, avec une fin bouleversante. En quelques lignes, toute la dimension tragique prend son sens.

Mille jours en Toscane – Marlena de Blasi

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Quatrième de couverture :

«Le bar du village est devenu une véritable annexe de notre maison. Les habitués nous ont adoptés et s’ingénient à nous faciliter la vie. Il y a un téléphone au mur et quand je parle à mes enfants, à mon agent à New York ou à mes éditeurs en Californie, tout le monde se tait en imaginant que je discute avec le président des États-Unis. Le Centrale est notre bureau, notre PC, notre refuge. Je commence à comprendre pourquoi certains Italiens, avant de choisir un appartement, vérifient si le bar le plus proche leur conviendra…» L’auteur et son mari ont décidé de s’installer à San Casciano, un petit village toscan. On s’échange des recettes de cuisine (soigneusement consignées dans ce livre), on fait ensemble les vendanges, la chasse aux cèpes et aux truffes…. Marlena de Blasi nous offre une ode à la vie, pleine de saveurs, d’odeurs et de couleurs.

Mon avis :

L’Italie, la dolce vita, le plaisir de partager et d’être ensemble. Marlena de Blasi nous entraîne dans son expérience personnelle de la vie à l’italienne. Après Mille jours à Venise, le périple continue. C’est son mari qui l’impulse en quittant l’univers de la banque pour une grange au cœur de la Toscane.

Une épopée très douce, lente et délicieuse. L’auteure nous raconte l’intégration et l’accueil réservé par les locaux. Car la chaleur humaine est parfaitement transmise par l’écriture, et l’on aimerait être avec eux, à la Centrale, ce lieu de rassemblement autour des plats de Marlena, critique et auteure culinaire.

Rythmé par les saisons, le roman s’égraine comme la vie : parfois des rebondissements, souvent le calme et la routine. Chaque chapitre est marqué par un plat préparé par Marlena et le petit plus ? chaque recette est détaillée et expliquée en fin de chapitre. Astucieuse attention qui en fait un ouvrage contemporain original malgré son apparente lenteur. Et quelle belle lecture pour l’été ! La chaleur, les couleurs, les odeurs : tout est là pour faire saliver nos sens.
Je conseille la lecture de ce livre entre deux romans à suspense, pour souffler et rêver d’ailleurs et d’Italie, de douceur et de soleil. Vous n’aurez qu’une envie après cette lecture : rencontrer les toscans !

Le dernier pape – Edouard Brasey


Quatrième de couverture :

Le pape se meurt.
Alors que les prétendants à sa succession intriguent dans les couloirs du Vatican, des meurtres rituels particulièrement sanglants profanent des lieux de culte.
Comme un hommage atroce au martyre de saint Pierre.
Il y a 2 000 ans, l’apôtre lança sur Rome, lieu de son supplice, une malédiction qui semble prête à s’accomplir : une menace cosmique est sur le point d’anéantir le siège de la chrétienté.
Mais les ennemis les plus acharnés de l’Église sont peut-être ailleurs…

Mon avis :

La fin, heureusement hypothétique, du monde, n’est pas encore arrivée. Mais les auteurs de thrillers ésotériques sont loin d’avoir fini d’utiliser ce thème porteur pour leurs romans. Edouard Brasey en est le parfait exemple avec ce nouveau livre.

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3 mètres au-dessus du ciel – Federico Moccia

moccia
Quatrième de couverture :

Jeunes et déchaînés, ils s’aiment
jusqu’à décoller de terre,
jusqu’à toucher le ciel.
Plus que ça.
Au moins.., trois mètres au-dessus du ciel !
Mais ils ne sont pas seuls: il y a le lycée,
les parents, la bande de copains qui dérape
et franchit les limites…

Mon avis :

Federico Moccia, un auteur qui enchante la jeunesse italienne avec des ouvrages young adult presque tous adaptés au cinéma. Aussi, il me tardait de découvrir un de ses romans, son premier, dont la critique est plutôt élogieuse.

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