Archives par étiquette : Editions JC Lattès

Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss – Carl-Johan Vallgren

Quatrième de couverture :

Dès sa naissance, une nuit de 1813 dans une maison close de Königsberg, le corps difforme d’Hercule Barfuss suscite l’horreur chez tous ceux qui le voient. Nain monstrueux, sourd de surcroît, Hercule a toutefois un talent singulier : celui de lire dans les pensées. Ce don de télépathie lui vaudra un destin marqué par le drame, peuplé d’ennemis, alors que le héros court le monde à la recherche de sa bien-aimée, la douce Henriette Vogel, née la même nuit dans le même bordel.

Mon avis :

Voilà une lecture totalement atypique, qu’on ne rencontre pas partout ! Je ne dirais pas que j’ai adoré, mais ce qui est sûr c’est que l’histoire m’a interpellé par son originalité.
Le lecteur suit la vie d’Hercule Barfuss, un nain malforné et capable de lire dans les pensées, à qui la nature n’a pas donné grand chose, sauf l’amour. Naît dans une maison close le même jour qu’Henriette, celle-ci va devenir son amie, son âme soeur. Les deux enfants vont se chérir durant toute leur enfance. Les prostitués vont s’évertuer à l’aimer et le chouchouter. Ne connaissant rien du monde extérieur le choc sera terrible pour lui quand il va être arraché à ce coton. J’ai aimé le contraste entre la vie dépravée de ces filles de joie et leur grande tolérance envers cet être qualifié de mostrueux. Ce n’est pas forcément les gens qui paraissent aimable, bien sur eux, qui ont le plus gros coeur. Mais l’histoire, en plus d’être un hymne à l’amour et au fantastique, est également une fresque historique qui relate une période d’inquisition, où l’on cherchait à détruire le démon. Dans une société en plein essor industriel, avec de nouvelles façons de travailler (et une prise de conscience que le travailleur est un être qu’il faut ménager), la religion a de plus en plus de mal à rester un dogme sans faille.

Le personnage d’Hercule Barfuss est assez attachant. J’ai aimé la rationnalisation de la télépathie. En effet, il s’agirait en quelque sorte d’un sens dont les hommes ont perdu la faculté d’utiliser notamment à cause de la vue, l’odorat et l’ouïe. Une théorie qui est vraisemblable et qui m’a plu. J’avais justement peur du contraire.

Vers la fin du livre, certains passages ont néanmoins été un peu longs, mais mon sentiment général reste positif !

Remerciements :

Je remercie chaleureusement l’équipe de Blog-o-book et les éditions du Masque (JC Lattès) pour cette découverte !

3096 jours – Natascha Kampusch

Quatrième de couverture :

Natascha Kampusch a vécu le pire : le 2 mars 1998, à l’âge de dix ans, elle est enlevée sur le chemin de l’école. Pendant 3096 jours, huit ans et demi, son bourreau, Wolfgang Priklopil, la garde prisonnière dans une cave d’environ cinq mètres carrés, près de Vienne.
En août 2006, elle parvient à s’enfuir par ses propres moyens. Priklopil se suicide le jour même.
Dans ce récit bouleversant, Natascha Kampusch révèle les circonstances de son enlèvement, le quotidien de sa captivité, sa terrible relation avec son ravisseur et la façon dont elle a réussi à survivre à cet enfer.
Le témoignage unique d’une traversée de l’inimaginable par une jeune femme qui ne s’est jamais laissé briser.

Mon avis :

Ce livre, c’est le récit d’un cauchemar, c’est le récit d’une fillette qui a surmonté une captivité de 8 ans et demi et qui témoigne pour nous, pour elle, de ce qui restera un des chapitres les plus importants de sa vie.

Ce qui m’a frappé en lisant ce livre et en écoutant ou visionnant des interviews de Natascha Kampusch, c’est que ce livre est presque une justification : voilà pourquoi j’ai tenu tel propos à ma libération, pourquoi j’ai été obligé de m’adapter à cette vie, etc. Elle lève le voile sur cette relation étroite entre elle et son ravisseur, Wolfgang Priklopil, le seul être humain qu’elle a cotoyé pendant plus de huit ans. Faite de violences, mais aussi de cadeaux, de moments « agréables ». D’après elle, c’est ce que les gens ne veulent pas accepter. En quelque sorte, cet homme l’a enlevé, l’a séquestré, l’a battu, mais il était son seul référent, un être humain duquel elle a parfois eu réellement pitié. Comme une femme battue qui reste avec son mari nous dit-elle. Ce qui l’a sauvé ? Avoir été une enfant, encore très maléable comme tous les enfants, qui écoutait et croyait ce que lui disait l’adulte.

Ce qui ressort pour moi de cette lecture, c’est que les gens ne veulent pas accepter que cet homme était un être humain et non un monstre. Il était parfois bon, il aurait pu être votre enfant, votre voisin, votre frère, votre mari… Cela me fait penser à Hitler : pour beaucoup de gens c’est un monstre. Mais non, c’était bien un être humain et, oui, un être humain est capable de choses atroces, seuls, sans faire forcément partie d’un groupe organisé.
Natascha Kampusch nous montre aussi que l’homme est parfois ridicule à vouloir tout catégoriser, notamment par rapport au syndrome de Stockolm.

Pour conclure, cette force de caractère dont à fait preuve Natascha Kampusch m’a ému bien sûr, mais m’a aussi étonné de l’adaptabilité dont peut faire preuve un individu pour sauver sa vie, son intégrité. Et je peux sincèrement comprendre qu’elle soit aller se « recueillir » sur le corps de son ravisseur, qui aura été son seul compagnon (au sens étymologique du terme) pendant 3096 jours.
Vraiment je conseille la lecture de ce livre.

Caravanes – Philippe Frey



Quatrième de couverture :

Durant des milliers de kilomètres parcourus seul dans les déserts, j’en ai beaucoup croisé, de ces caravanes. J’étais frappé par cette vie insoupçonnée qui surgissait subitement au détour d’une dune. Alors que, dans d’autres endroits, on peut ne rencontrer aucune vie humaine durant près de deux mois !

Les nomades parcourent ces pistes telle une araignée sur sa toile. Quels sont les secrets de ces fabuleux voyageurs ? Comment font-ils pour s’orienter sans montre et sans boussole ? Pourquoi ne perdent-ils pas toutes leurs bêtes, alors qu’il n’y a jamais de pâturages sur ces zones ? Conduisent-ils la nuit, et dans ce cas, comment repèrent-ils leur route ? Comment font-ils pour ne pas se dissoudre sous le soleil de plomb, omniprésent ?

C’est ainsi que j’ai effectué toutes les caravanes du Sahara, du moins les plus grandes et les plus importantes – une dizaine environ -, celles qui vivent encore, celles qui ont été oubliées. Tantôt seul, tantôt avec ces chameliers qui m’ont tout appris.

Le Sahara vit au rythme de ses caravanes immuables et j’ai eu l’indicible honneur de vivre à leurs côtés.

Mon avis :

J’ai toujours aimé lire les récits de voyages. Lorsque j’ai vu ce livre et sa très belle couverture je me suis dit de tenter le partenariat. Car je n’avais jamais rien lu de ce type sur les déserts. Et quand on y pense, nous occidentaux, il y a toujours quelque chose qui nous fascinent dans ce mode de vie. Et ce fut une très belle lecture pour moi.
Tout d’abord, la rencontre avec un homme, Philippe Frey, qui a voyagé de nombreuses fois seuls dans plusieurs déserts du monde. Je me suis demandée – et me demande encore – quelle force d’esprit faut-il pour entreprendre de telles aventures en solitaire, dans un environnement aussi hostile à l’homme en apparence.
Le livre se découpe en cinq histoires achroniques au cours desquelles on rencontre les gens qui peuplent ces déserts (africains). Ils appartiennent à des tribus, des clans, que ce soit sur un plan politique ou non. Finalement ces « autoroutes » par lesquelles passent les caravanes ne sont pas si désertes qu’on pourrait le penser. Beaucoup de gens se croisent. On se saluent, on s’ignorent mais on se dit rarement au revoir ou adieu. Quoiqu’il en soit, Philippe Frey ne les jugera jamais comme eux ne le jugent pas nous précise-t-il.
Concernant le style de l’auteur, il écrit à la première personne de façon assez commune. Comme un passionné qui raconte, tout n’est pas linéaire ce qui m’a parfois posé des problèmes pour comprendre où je me trouvais à tel moment.

Au final, j’ai beaucoup aimé cette lecture mais elle est très centrée sur une activité du désert (normal !) aussi j’aurais préféré lire un autre livre de l’auteur, peut être plus généraliste avant celui-ci.

Remerciements :

Merci aux éditions JC Lattès et Livraddict pour l’envoi de ce beau livre !

La complainte de l’ours – Jean-Louis Étienne

[challenge ABC 2010]

Quatrième de couverture :

D’année en année, le grand ours blanc de l’Arctique voit la banquise se rétrécir, son territoire s’amenuiser…
Son destin lui échappe. L’homme, quant à lui, a conscience d’un monde qui se dégrade mais pourtant il continue à vivre tête baissée sans rien changer. A travers quinze chroniques, Jean-Louis Etienne nous décrit le monde polaire, sa stupéfiante beauté, sa pureté, son rôle fondamental dans les équilibres climatiques, ses terribles métamorphoses. Avec passion, il nous raconte comment les savants auscultent les glaces, observent les migrations, analysent l’eau et l’air.
Et comment les explorateurs et les habitants de ces contrées lointaines hésitent entre l’héroïsme et le fatalisme face à cette sournoise dégradation. Le monde polaire est une parabole de notre avenir. Dans son absolue blancheur, les stigmates de notre aveuglement se voient de façon encore plus éclatante.


Mon avis :

Je renoue dans la joie avec les récits de voyage. Je suis une passionnée de ce genre littéraire qui me fait voyager, rêver, découvrir, rire et tant d’autres choses.
Je ne connaissais pas l’explorateur Jean-Louis Étienne mais maintenant, je vais m’empresser de lire ses autres ouvrages. Ce petit livre (196 pages seulement) raconte le voyage en Arctique, plus exactement au Spitzberg, réalisé avec des scientifiques pour effectuer des relevés sur les courants comme le Gulf Stream et le biotope environnant. L’auteur nous donne ses yeux et tout au long du périple nous raconte des histoires : ici des explorateurs sont passés il y a plus d’un siècle, là on découvre le cimetière des baleiniers, puis plus loin il nous narre la malheureuse disparition de la baleine franche, après décimation par les humains. C’est un formidable hymne à la beauté de ses endroits encore un peu vierges, où l’homme n’est pas le maître. On comprend alors indirectement que l’homme a besoin de ces lieux qui permettent de réfléchir sur soi, sur le monde et la civilisation dans laquelle on vit.
Attention, contrairement à ce que laisse entendre le sous-titre « Chroniques d’un monde fragile », ce n’est pas uniquement un roman contre le réchauffement climatique. Il en parle dans les deux ou trois dernières chroniques clairement mais c’est tout. Ce livre est réellement un petit bijou !

Mon cher frère – Hakan Bravinger

Quatrième de couverture :

Stockholm, 1913. Andreas Bjerre, criminologue, prépare un livre d’entretiens avec des détenus condamnés à de longues peines. Malheureusement, l’angoisse de la page blanche l’empêche d’achever ce livre révolutionnaire, l’œuvre de sa vie.
Comment vivre avec ce sentiment d’impuissance ? Comment se mesurer à ce frère haï, le célèbre psychanalyse Paul Bjerre ? Comment survivre à cette haine qui le détruit peu à peu ? Pourtant, une femme, Madeleine, va tout tenter pour le sauver. Mais, en voulant à tout prix réconcilier les deux frères, ne court-elle pas elle-même à sa perte ?

Roman en partie épistolaire, Mon cher frère orchestre magistralement la musique amène des âmes torturées avec la rumeur d’un monde en plein bouleversement.

Mon avis :

Cette lecture a été assez déroutante pour moi. En effet, je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de roman et c’est la première fois que je lisais un roman suédois. Que de nouveautés donc !
Tout d’abord, je tiens à dire que j’ai aimé le fond de l’histoire qui nous montre l’impact des traumatismes de l’enfance sur l’adulte ; l’angoisse humaine poussée à son paroxysme ; les tourments qui peuvent exister dans une famille et qui anéantissent tous ses membres. C’est un livre psychanalytique fort. D’ailleurs, l’histoire du congrès de la psychanalyse au début de l’histoire est intéressante : on y côtoie Freud, Lou Salomé (femme de lettres allemande) entre autres.
Par contre, j’ai été un peu déçu de ne pas avoir eu plus d’éléments de contexte historique, qui aurait rendu l’histoire parfois plus attrayante. J’ai eu également l’impression que certains personnages étaient trop survolés ou des situations pas très compréhensibles pour l’histoire.
Quant au style d’écriture, il est relativement simple, ce qui est un réel atout pour un livre de ce genre. L’auteur alterne le récit épistolaire d’Andreas à son frère Paul, et le roman (historique ? peut-être car les personnages mis en scène ont réellement existé). L’ordre chronologique n’est pas respecté : sont au contraire des périodes de vie charnières dans la vie de cette famille.

Pour conclure, je dirais que les personnes qui cherchent des lectures traitant de psychanalyse, des tracas de l’esprit qui influent sur le destin des individus seront charmés par ce livre.

Remerciements :

Je remercie Livraddict et les éditions JC Lattès pour cette découverte !