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Le Ramayana – Pascal Fauliot


FAULIOT, Pascal. Le Ramayana. Casterman, 2015, 187 pages, 5,95 €.


L’histoire :

Le Ramayana est une des plus populaires épopées indiennes. Rama, le fils ainé du roi Dasharatha, est le plus beaux et le plus vertueux jeune homme que l’on ait connu. Sa bonté n’a d’égal que sa force. Mais comment ne pas attirer les jalousies et les convoitises ?

Ce que j’en ai pensé :

Le Ramayana, c’est un peu le récit d’Ulysse, à l’indienne. Une épopée où un valeureux jeune homme, beau, brave et fidèle, va devoir affronter les affres du destin avec une modestie non feinte et se battre pour défendre les valeurs qu’il porte en étendard.
A la manière de certaines histoires, le monde est très manichéen : les bons et les méchants sont très distincts, ainsi que les laids et les beaux d’ailleurs. Avec des gentils particulièrement aptes à pardonner sans limites. Ce genre de vision du monde me dérange toujours mais soit, je ne suis pas là pour juger un récit vieux de plusieurs millénaires.

– Concernant la réécriture de ce conte, je loue le travail de Pascal Fauliot que je trouve excellent. Sans tomber dans la facilité de vocabulaire, il rend néanmoins accessible un texte ancien et fondateur d’une société.
D’ailleurs, j’aime assez ce concept de mettre à disposition les textes mythologiques pour un public de 10/11 ans car je me souviens avoir eu un intérêt particulier pour ces sujets lorsque j’avais cet âge-là. Tout en se divertissant avec un héros qui vit pleins d’aventures, les enfants enrichissent également ce qu’ils apprennent dans le cadre scolaire. Une pierre deux coups !

En bref ?

Je ne peux pas dire que j’ai personnellement été très emballé par ce récit mythologique mais néanmoins, je l’ai trouvé intéressant sur le fond, puisqu’il représente un fondement majeur pour les moeurs de la société hindoue. Et , indéniablement, il a été parfaitement adapté à un jeune public grâce au travail de réécriture et de choix des évènements de Pascal Fauliot.

Le pacte boréal – Anna Jansson

Quatrième de couverture :

Dans les derniers jours de l’année, alors que le froid et la neige submergent la côte, la petite ville suédoise de Kronköping est soudain plongée dans la terreur. Des inconnus assassinés sont retrouvés pendus ou mutilés selon des méthodes qui rappellent les pires châtiments de la mythologie viking. Une secte serait-elle à l’œuvre ? Pourquoi aurait-elle exécuté ces hommes et ces femmes sans histoires ? Ou bien s’agirait-il d’un tueur solitaire imprégné des traditions nordiques les plus sanglantes ?
La belle Maria Wern fait partie de l’équipe de policiers chargée de mener l’enquête. Elle va devoir sacrifier ses vacances de Noël pour comprendre au plus vite ce que cachent les signes étranges que les tueurs laissent sur les lieux de leurs crimes. Et si par malheur elle n’y parvenait pas, il ne fait aucun doute que les prochains sacrifices seront bien pires encore…

Mon avis :

A la découverte des polars nordiques avec Anna Jansson une auteure suédoise, qui nous conte une histoire où les meurtres sont empreints de mythologie nordique.

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Abandon, tome 1 – Meg Cabot



Quatrième de couverture :

Pierce, 17 ans, n’est pas morte. Ou plutôt elle n’est plus morte. 

Elle est revenue d’un séjour dans l’Au-delà, où elle n’a pas rencontré de lumière blanche, mais un jeune homme, John, à peine plus âgé qu’elle.
Un jeune homme qui lui a proposé de partager l’éternité à ses côtés. Pierce a refusé. 

Elle lui a échappé. Mais pour combien de temps ?

Mon avis :

Abandon est un livre jeunesse destiné selon moi aux jeunes adolescents de treize ou quatorze ans. Il a cela d’intéressant que l’auteur a choisi de revisiter le mythe grec de Perséphone et de parler d’un mystère scientifique : les expériences de mort imminente.

Le lecteur suit Pierce Oliviera, une jeune fille de dix-sept ans, qui a déjà vécu beaucoup de choses. Marginalisée par ses camarades et par les adultes depuis sa « mort » deux ans auparavant, elle tente de prendre un nouveau départ dans la vie avec sa mère, en allant vivre sur l’Isla Huesos : l’île aux os.
Nouveau lycée, nouveaux amis. Mais c’est aussi l’endroit où elle l’a rencontré pour la première fois lorsqu’elle avait sept ans. Lui, c’est John. Qui est-il ? Elle ne le sait pas vraiment. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle l’a revu lors de son séjour dans l’au-delà.
Ce livre, c’est l’histoire de cette adolescente considérée comme perturbée, qui doit faire face à certains démons intérieurs. Ce qu’elle a vécu dans les Enfers, tous les adultes et psychiatres lui assurent qu’il s’agit d’un rêve. Résignée à ne plus être crue, elle n’en parle plus. Mais surtout, pourquoi se passe-t-il tellement de choses étranges autour d’elle ?

Meg Cabot entraîne son jeune lecteur dans un univers bien particulier, qui est complètement original dans le monde de la littérature jeunesse. Ici, il n’est pas question de vampires, démons ou tout autres créatures fantastiques. Il s’agit d’humains et de… John ! Par ce roman, elle revisite le mythe grec de Perséphone, cette jeune fille qui va être destinée à vivre six mois de l’année dans les Enfers avec Hadès, et les six autres mois sur Terre. Le jeune lecteur qui souhaiterai se documenter sur ce mythe se voit donner une référence de lecture par l’auteur à la fin de l’ouvrage : une démarche que je trouve très pertinente. De plus, l’auteur met le doigt sur les expériences de mort immente, certainement peu connues du jeune public. Que se passe-t-il après la mort, qu’est-ce que les gens qui en sont revenus disent avoir vu ? Là encore de quoi piquer leur curiosité. 
De ce côté-là, je trouve que ce livre est bâti sur un fond très intelligent et intéressant.

Au niveau du style, on est clairement dans du jeunesse. Parfois certaines tournures m’ont gêné, telles que « beaucoup beaucoup », « très très » ou encore « un peu beaucoup ». Des expressions qui ont toutes leur place dans le langage oral mais non écrit. Néanmoins, le style est parfait pour un jeune de moins de quinze ans je dirais.
Pour un adulte, mieux vaut aimer ce genre de littérature pour s’y risquer.

Ce premier tome est bien construit, bien qu’un peu lent sur certaines scènes. Néanmoins, le livre en lui-même ne manque pas de dynamisme en général.
Il s’agit globalement d’un début de saga prometteur, dont le thème m’a semblé original et pertinent.

Remerciements : Un grand merci à Babélio et sa Masse Critique, ainsi qu’à Hachette Jeunesse pour l’envoi de ce livre. C’est toujours un plaisir de découvrir ce qu’il se fait en littérature jeunesse.



Le Passager – Jean-Christophe Grangé

Quatrième de couverture :

Je suis l’ombre.
Je suis la proie.
Je suis le tueur.
Je suis la cible.

Pour m’en sortir,
Une seule option: Fuir l’autre.

Mais si l’autre est moi-même ?…

Mon avis :

Sitôt sorti, sitôt acheté, sitôt lu, ce nouveau livre de Jean-Christophe Grangé ! Un bon pavé de plus de 700 pages que j’ai lu rapidement pour la simple et bonne raison que j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher. 
Faire un résumé de ce roman serait déjà trop en dire. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’on entre dans le récit avec le meurtre d’un homme auquel on a ajouté une tête de taureau post-mortem. Sur les lieux, un homme visiblement choqué est retrouvé : il ne se souvient de rien et se voit confié au psychiatre Mathias Freire. Une belle entrée en matière qui nous apprend deux choses : ce livre sera davantage porté sur le psychologique que sur le gore habituel de certains thrillers. Cela donne une lecture très intéressante car elle aborde un sujet de psychiatrie fascinant, dont je ne peux pas parler ici sans dévoiler le mystère ! A vous de le découvrir.

Quoiqu’il en soit, la force des thrillers se trouvent dans les personnages créés par l’écrivain. En ayant lu toute l’oeuvre de Grangé, on sait qu’il s’agit pour lui d’un sujet de travail très important que l’élaboration de ses protagonistes. Ici, ils sont deux : Mathias Freire et Anaïs Chatelet.
– Mathias Freire est psychiatre à Bordeaux. Visiblement la quarantaine. Il est seul et a subit un traumatisme qui le bloque dans ses relations sentimentales.
– Anaïs Chatelet est flic. Elle aussi est seul, torturée, en total déni de sa féminité qui ne l’intéresse plus. Il a vingt-huit ans et a une histoire familiale qui la gangrène littéralement. S’en sortir par le boulot, coûte que coûte.
Ils ont deux personnalités finalement assez semblables, ce qui fait qu’en tant que lectrice, je les ai rapidement associé.

Pour poser le cadre de son histoire, Jean-Christophe Grangé utilise bien une centaine de pages. Cela peut paraître interminable mais dans la lecture cela ne s’est pas ressenti pour moi. Disons que c’était nécessaire. Dans ce début, on découvre tout ce qu’il y a à savoir sur les personnages. Ensuite, le premier sursaut intervient et ce pour plus de 600 pages. Un rythme toujours haletant, incisif, brut qui se traduit immanquablement par des phrases courtes. Beaucoup de phrases interrogatives aussi : on suit les personnages dans leur(s) quête(s).

J’ai été vraiment contente de cette lecture, j’y ai trouvé un thème vraiment intéressant et novateur. Le lecteur est tenu en haleine tout au long du récit. La toute fin est un peu tirée par les cheveux. Grangé aurait pu faire plus simple et du coup peut-être plus crédible. Ce ne sera pas un coup de coeur pour cela. Mais quel livre encore une fois ! Le plus dur maintenant, c’est d’attendre le prochain.