Meurtres pour rédemption – Karine Giébel


GIEBEL, Karine. Meurtres pour rédemption. Pocket, 2012, 988 pages, 9,30 €.



L’histoire :

Si jeune, Marianne devrait être insouciante et rêver à l’avenir, des projets plein la tête. Mais son seul rêve, c’est la liberté. Car Marianne est en prison. Perpétuité pour cette meurtrière. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l’univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les brimades, les coups, les humiliations. La tête haute, toujours. Elle s’évade parfois, grâce à la drogue qu’elle paye en nature, grâce aux romans qu’on lui laisse lire, grâce à ses souvenirs aussi. Grâce au bruit des trains, véritable invitation au voyage. Elle finit par apprendre l’amitié, la solidarité, et même… la passion. Mais sans aucun espoir de fuir cet enfer, hormis dans ses rêves les plus fous. Et puis un jour, l’inimaginable se produit. Une porte s’ouvre au parloir. Trois hommes, trois flics lui proposent un odieux marché, lui offrant une possibilité de quitter ce purgatoire. Mais en échange de sa liberté elle devra tuer pour eux. Des derniers meurtres à commettre… pour rédemption.

Ce que j’en ai pensé :

Il y a les livres encensés par la critique qu’on ne lit pas de peur d’être déçu. Puis il y a les Karine Giébel.
La claque ! Je comprends mieux toutes les éloges sur ce bouquin de malade. Un huis-clos de dingue. Bon, déjà un huis-clos de mille pages, faut oser (deux huis-clos en fait). Mais alors une histoire d’une telle intensité dramatique, là, franchement, à part Karine Giébel je ne vois pas qui aurait pu l’écrire.

Et les mille pages tiennent en un seul personnage : Marianne. Une force de la nature malgré son jeune âge et sa corpulence. Cette femme représente tout ce que l’on peut sacrifier par amour. C’est beau et terrifiant. Et sous la plume de Giébel ça donne des scènes absolument terribles, qui resteront gravées dans ma mémoire.
Les personnages masculins sont également à la hauteur du récit. J’ai adoré Daniel ; un peu moins Franck mais pas pour une question de construction du personnage. Simplement question de feeling.

La force de l’auteur est de créer des personnages que l’on adore malgré leurs actes impardonnables. Dans ce roman, encore une fois, elle détruit les barrières manichéennes du bien et du mal en dévoilant la part la plus sombre des êtres humains… qui n’en restent pas moins des humains et non de simples monstres.
L’intelligence de l’écriture est stupéfiante, j’ai rarement rencontré ça littérairement parlant, que ce soit dans des thrillers ou dans tous genres confondus.

Je ne conseille pas uniquement ce livre, je conseille l’oeuvre de Karine Giébel. Jamais déçue jusqu’à présent.

De fièvre et de sang – Sire Cédric


SIRE Cédric. De fièvre et de sang. Pocket, 2012, 565 pages, 7,70 €.


L’histoire :

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors-norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ?

Ce que j’en ai pensé :

Après le coup de coeur que j’ai eu avec « Serre-moi fort » de Claire Favan (cf article précédent), je ne savais pas vers quoi me tourner. Peur d’être déçue. J’ai donc décidé de sortir le plus vieux livre de ma PAL : un livre que j’avais acheté et fait dédicacé par l’auteur lors du festival Quais du Polar de Lyon en mars 2013. 3 ans donc.
Après avoir tourné la dernière page de ce livre, je me demande pourquoi j’ai attendu aussi longtemps pour le lire. Certainement parce que j’avais déjà lu le tome 2, Le Premier Sang, en avril 2012. Et j’ai attendu que son souvenir s’estompe complètement pour lire le tome 1.

Et alors là, quel pied de lecture encore une fois ! Un thriller un peu différent de ce dont j’ai l’habitude puisque Sire Cédric allie avec brio le polar réaliste avec une touche importante de fantastique.
Des jeunes filles enlevées, vidées de leur sang et écorchées vives. Des scènes de crimes sanglantes à souhait et l’ombre d’un tueur en série maléfique qui plane sur les enquêteurs. Ils pensent l’avoir tué quand, un an plus tard, tout recommence, à l’identique.

J’ai adoré les personnages principaux, deux flics aux blessures intimes encore à vif : Eva Svartä, flic parisienne albinos, un caractère froid, solitaire, avec un don de profileuse aguerrie. Alexandre Vauvert, commandant à Toulouse, colosse insomniaque, solitaire lui aussi et qui n’a peur de rien.
Duo qui va se retrouver sur une enquête où la mythologie vampirique va les prendre de plein fouet, remettant en cause leurs croyances terre à terre. Mythologie associée à un personnage historique, dont j’ai trouvé l’association au récit passionnante et pertinente.

Le mélange des genres de ce thriller m’a fasciné, tout autant que tenu en haleine grâce à une ambiance oppressante et un rythme rapide. Le lecteur suit à la fois l’enquête policière, la psychologie des deux flics ainsi que les scènes victimes/tueur en série.
C’est simple, rien à jeter ici : c’est complexe et terriblement bien écrit.
Encore un auteur de polar français au top niveau !

Puzzle – Franck Thilliez


THILLIEZ, Franck. Puzzle. Pocket, 2014, 480 pages, 8,10 €.


L’histoire :

Et si on vous demandait de mourir… dans un jeu ?

Ilan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont rêvé des années durant de participer à la partie ultime, d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, dont on ne connaît pas l’entrée, et dont on ne sait même pas s’il existe. Mais dont on connaît le nom : Paranoïa.
Lorsqu’un an après leur rupture Chloé réapparaît dans la vie d’Illan en lui annonçant qu’elle sait comment jouer, ce dernier a totalement rompu avec l’univers des jeux, et vit isolé dans la maison de ses parents disparus en mer. Officiellement morts, mais Ilan est persuadé qu’ils ont été enlevés à cause de leurs recherches scientifiques. Après avoir refusé l’aventure, Illan cède alors que Chloé lui fait part de la rumeur : le gagnant remporterait 300 000 euros.
Après un premier jeu de pistes dans Paris, les deux amis sont enfin sélectionnés. C’est alors qu’ils découvrent la règle numéro 1 : « Quoiqu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. », rapidement suivie, à leur arrivée sur les lieux du jeu – un gigantesque bâtiment isolé en pleine montagne appelé Complexe psychiatrique de Swanessong – de la règle numéro 2 : « L’un d’entre vous va mourir. »
Quand les joueurs découvrent le premier cadavre, quand Illan retrouve dans le jeu des informations liées à la disparition de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à faire…
Et Paranoia peut alors réellement commencer…

Ce que j’en ai pensé :

Après m’être enchaîné les livres de la saga Franck Sharko et Lucie Hennebelle l’année dernière, je me replonge dans l’univers glaçant de Franck Thilliez avec un one-shot qui m’a été très recommandé par mon chéri depuis qu’il l’a lu !
Et j’ai précisément décidé de le lire à cette période de l’année car l’intrigue se déroule en hiver, dans les montagnes alpines. Et même, pour être plus précise, en Haute-Savoie, à Morzine, près de chez moi ! Rien de mieux pour être directement dans l’ambiance.

Et quelle ambiance ! Un hôpital psychiatrique désaffecté pour aire de jeu. Un jeu terrible, où huit participants s’affrontent pour remporter un joli pactole de 300 000 €.
Dans ce roman, l’ambiance est un personnage à part entière : une atmosphère glauque, sombre, à la limite du film d’horreur parfois, tellement l’auteur nous met sous tension.
Le vrai personnage principal est Ilan Dedisset, un jeune homme perdu, ancien accro aux jeux vidéos qui se lance un peu à contre-coeur dans « Paranoïa« , pour suivre son ex-petite amie. Là-bas, de troublantes similitudes avec des cauchemars récurrents le plonge dans une peur sans limites.

Le final est à la hauteur du roman, même si on peut s’y attendre dans les grandes lignes. Et dans les dernières lignes, Franck Thilliez laisse son lecteur sur la brèche, comme s’il appelait une suite !
Après avoir lu beaucoup de livres de l’auteur maintenant, je dirais que ce roman est assez proche de « Vertige » dans son approche psychologique. A croire pour pour ses thrillers le plus psychiatriques, il a besoin de montagne et de neige !

En bref, une très bonne lecture et encore une fois pas déçue de Francky !

Vous aimerez si…  

  • Vous adorez, comme moi, Franck Thilliez et son écriture percutante.
  • Vous avez envie de frissonner dans un huis-clos au coeur des Alpes, en plein hiver, dans un hôpital psychiatrique désaffecté.

Bilan – Août 2015

Le mois d’août aura été plus fourni que ce que j’aurai pensé, avec
12 livres terminés.

Un mois de vacances en famille donc évidemment j’ai un peu moins lu ; même si le nombre est important, j’ai eu des lectures qui m’ont moins plu et que j’ai donc terminé en lecture rapide. Il faut dire qu’au final, beaucoup  de lectures moyennes voir mauvaises…


J’ai adoré et je conseille

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« Je n’aurai pas le temps« , de Hubert Reeves : J’aime le personnage, j’aime la vulgarisation scientifique qu’il propose, DONC j’ai aimé lire ses mémoires !

« Purgatoire des innocents« , de Karine Giébel : Grosse claque avec ce thriller. Un coup de maître, c’est magistral. Je le conseille à 100% !

« Outlander, t.1 : Le chardon et le tartan« , de Diana Gabaldon : Début de série qui m’a passionnée, transportée dans les Highlands écossais du XVIIIe siècle : amour, aventure, histoire… Excellent, vivement le tome 2 !

« Doggybags, t.7« , de Collectif : Découverte de cette saga BD (par le dernier sorti !) : trash, cru, terrible, tout ce que vous voulez mais tellement bien fait !

J’ai aimé

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 – « Dragons, triades et karaoké« , de Eric Gallorini : Un polar vraiment intéressant, publié chez une petite maison d’édition. Hong Kong, course poursuite, machination politique et intrigues mafieuses.

« La nuit des éventails« , de Cathy Borie : Encore une petite maison d’édition qui m’a convaincue, avec un récit riche, sur fond d’intrigues familiales mais surtout de destin.

« Marie-Madeleine, t.1 : Le Livre de l’Elue« , de Kathleen McGowan : Thriller théologique sur le même thème que le « Da Vinci Code » de Dan Brown : le mariage et la descendance de Jésus et Marie-Madeleine. Se lit très bien.

Lectures en demi-teinte

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« Vie et mort de Sophie Stark« , d’Anna North : Roman contemporain sur une personnalité étonnante. Très bien écrit mais pas du tout touchée par l’histoire.

« Tout ce qui est solide se dissout dans l’air« , de Darragh McKeon : Très intéressée par tous les passages concernant la catastrophe de Tchernobyl. Pour le reste, je me suis lassée.

« La vie selon Florence Gordon« , de Brian Morton : Exactement le même ressenti que pour « Vie et mort de Sophie Stark ».

« Sur tes yeux« , d’Irene Cao : Une romance qui commençait très bien mais je n’ai pas trouvé l’histoire d’amour que j’attendais. Que de la soumission et de la manipulation. Pas cliente.

La déception du mois

« Napoléon, le retour !« , de Patrick Jadin : Pas convaincue, voire complètement énervée par ce livre où l’auteur ne fait finalement que se plaindre de sa vie et de la société en général. Malheureusement, je n’ai trouvé aucun intérêt à ce livre.

Marie-Madeleine, t.1 : Le livre de l’Elue – Kathleen McGowan


McGOWAN, Kathleen. Marie-Madeleine, t.1 : Le livre de l’Elue. Pocket, 2008, 535 pages, 8,10 €.


L’histoire :

Maureen Pascal est une journaliste, très sensible à la place des femmes dans l’histoire. Des femmes à qui elle veut redorer le blason. L’une d’elle notamment, Marie-Madeleine, est au coeur de ses recherches mais aussi de sa vie personnelle puisqu’elle a des visions qui la laisse dans un état de profonde tristesse. Ce qu’elle va mettre au jour risque de révolutionner le monde de la chrétienté.

Ce que j’en ai pensé :

Si vous avez aimé le célèbre Da Vinci Code de Dan Brown, et que vous l’avez lu il y a déjà longtemps, vous aimerez certainement ce premier tome de Marie-Madeleine. En effet, l’auteure reprend l’idée du mariage et de la descendance de Jésus et Marie-Madeleine, celle que l’église a érigé en pécheresse et prostituée.

Un thème qui m’intéresse beaucoup, même s’il est très récurrent en matière de thriller ésotérique. Néanmoins, j’ai trouvé la façon dont il est mené ici particulièrement prenante et, finalement assez crédible.
Sociétés secrètes, rivalités entre héritiers, manuscrit caché, évangile retrouvé… Tous les éléments sont présents pour coller aux codes de ce genre de littérature. Kathleen McGowan, comme elle l’explique dans une postface, s’est largement inspirée de sa propre expérience pour créer le personnage de Maureen. Car les rêves et les visions de cette dernière ont apparemment un écho dans sa vie personnelle. Quoiqu’il en soit, que l’on croit ou non à la véracité des dires des l’auteure, j’ai aimé l’histoire qu’elle développe autour de Marie-Madeleine. Et au-delà de cela, j’ai apprécié la précision et les détails qu’elle fournit autour de son récit. Au début du livre, nous sommes en 2005 avec Maureen et les autres personnages, en pays cathare principalement ; puis dans le dernier tiers nous nous retrouvons au temps de Jésus et Marie-Madeleine. Et là, c’est toute une mythologie que Kathleen McGowan imagine : mariage avec Jean-Baptiste, puis avec Jésus, femme forte, amoureuse, détentrice des enseignements du Chemin, et surtout mère des descendants de celui qui sera le Christ. Dans les grandes lignes, rien de nouveau sous le soleil des spéculations, mais le détail est si précis que j’ai adoré !
La fin donne à voir les intrigues du tome 2, que je possède déjà et qu’il me tarde de lire.

Toutefois, je note un bémol : trop peu de passages sur les réactions que cela pourrait susciter au sein de l’Eglise, or le problème viendrait essentiellement de là, puisque cela remet en cause tout l’imaginaire du Nouveau Testament.

Vous aimerez si…

  • Les thrillers ésotériques à la façon du Da Vinci Code de Dan Brown.
  • Les mystères autour des évangiles perdus vous intéressent.