Les BD de la semaine #4


Une petite semaine de lecture, mais quand même deux albums à vous présenter.

1. Le Château, une année dans les coulisses de l’Elysée – Mathieu Sapin

Découverte par hasard à la bibliothèque, superbe découverte avec ce reportage dans les coulisses de l’Elysée, aux côtés de l’occupant actuel, François Hollande.
C’est une immersion auprès des plus intimes, on rencontre presque tous les corps de métiers qui gravitent au sein même de l’édifice, pour faire vivre la fonction de Président.
Avec humour et précision, Mathieu Sapin raconte ce microcosme, la liberté avec laquelle il a pu mettre sur le papier tout ce qu’il désire, sans censure.

C’est drôle tout en étant sérieux. Le côté reportage BD m’a vraiment plu. J’aime de plus en plus ce vecteur d’informations et d’idées que représente ce support.
Mathieu Sapin ? Je le découvre et il est clair que je le suivrais assidûment !

C’est édité chez Dargaud.


2. Tocqueville, vers un nouveau monde – Kévin Bazot

Une plongée dans les pas des découvreurs de l’Amérique, avec Tocqueville. En véritable ethnologue, il part à la recherche des indiens. Mais ce qu’il va trouver, ce ne sont que des miséreux asservis, méprisés par les colonisateurs.

La nature a une place dominante dans cet album, avec les illustrations très belles de Kévin Bazot. Le trait ressemble un peu aux dessins animés « Il était une fois l’homme« .
L’auteur montre la suprématie de l’européen colonisateur et moralisateur, qui a détruit une civilisation en seulement quelques années.

Une jolie découverte qui m’a fait passé un très bon moment.

C’est paru chez Casterman.


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !

Neuroland – Sébastien Bohler


BOHLER, Sébastien. Neuroland. Robert Laffont, 2015, 615 pages, 22,90 €.


L’histoire :

Un attentat terroriste tue 53 personnes à Paris. Les policiers n’ont pas réussi à faire parler le suspect à temps pour éviter le carnage. Que faut-il faire pour obliger les assassins à parler ?
Et s’il était possible de lire dans le cerveau des individus grâce à un scanner surpuissant ?

Ce que j’ai apprécié :

– En ouvrant « Neuroland« , je pensais m’engager dans un thriller scientifique comme je les aime. Mais finalement, j’ai découvert un livre extrêmement plus riche que cela. En plus du thème des neurosciences et des applications de celles-ci, c’est une véritable plongée dans les jeux politiques, les détournements de fond et les gens prêts à tout pour servir un idéal, aussi malsain soit-il.
Concernant le style de l’auteur, je l’ai trouvé très bon, prenant, et aussi sans concession avec ses personnages ! Il m’a tenu en haleine sans me lasser pendant plus de 600 pages tout de même !

– Concernant le volet scientifique, j’ai été impressionnée par la maîtrise du sujet par l’auteur. Et en effet, ce n’est pas anodin puisque Sébastien Bohler est lui-même spécialiste des questions de neurobiologie et co-directeur d’une revue scientifique, Cerveau et Psycho. Donc, tenez-vous le pour dit : il y a du fond très réaliste ici et vous n’êtes pas dupé question neurosciences. Pour être plus précise, vous allez en apprendre plus sur la maladie d’Alzheimer ainsi que sur le décodage de notre cerveau. En effet, un des thèmes du livre est le suivant : révolutionner les interrogatoires judiciaires en inventant une machine permettant de lire dans les pensées au moyen d’un code inversé (on pense à une image > elle est transformée en signal par/dans les neurones > on inverse le code pour retrouver l’image à laquelle une personne pense).
Mais ce n’est pas aussi simple. Car pour les besoins du roman, l’auteur imagine une intrigue où l’adage « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » prend tout son sens.

– Et, de fait, nous en arrivons au volet politique de l’intrigue. Lire dans les pensées d’un individu. Quel homme politique ne l’a pas rêvé ? Notamment en ce qui concerne les interrogatoires. Voici donc une nouvelle cellule policière de la section anti-terroriste est ouverte pour réfléchir à de nouvelles méthodes pour faire parler coûte que coûte les suspects. La ligne rouge de la manipulation n’est pas loin. Et pourtant l’auteur est malin d’user du prétexte du terrorisme. En effet, entre massacre d’innocents et belles paroles, le politiquement et socialement correct est difficile à faire accepter. Mais lire les pensées, c’est effrayant, c’est briser le dernier rempart de l’intimité de l’individu. Sébastien Bohler créé donc une histoire politicienne très dérangeante et qui fait nous poser beaucoup de questions sur l’intégrité et le pouvoir de manipulation des dirigeants.

– Concernant les personnages, j’en retiendrais évidemment un : le dangereux psychopathe (dont je tairais le nom pour ménager le suspense !) Un homme terriblement effrayant. Le scientifique fou, l’homme mégalomane, un idéal hors limites. La manipulation exercée par ce personnage sur tous les autres est stupéfiant. Je l’ai trouvé très bien construit dans sa perversité. Il pousse également à réfléchir sur le fait que l’intelligence n’est pas synonyme d’intégrité et de mesure. On a tendance à respecter parfois aveuglement ces hommes qui semblent détenir des vérités cachées. Or tous ne sont pas pétris de bonnes intentions, c’est évident.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Bien que j’ai aimé le côté scientifique concernant les neurosciences, j’ai parfois trouvé les explications très complexes. Franchement, j’ai perçu la plupart des théories comme du chinois. Et je ne sais pas si c’était finalement si nécessaire de rajouter encore et encore des dialogues (illisibles pour moi) entre scientifiques, avec des formules et du vocabulaire très pointilleux.

– J’ai eu un manque énorme concernant le passé du psychopathe de l’histoire (eh oui, pas de nom !). On sait qu’il y a anguille sous roche de côté-là, quelque chose à creuser, puisqu’à un moment on nous le suggère clairement. Et je pensais avoir quelques réponses à ce sujet à la fin du livre. Mais non ! Ma curiosité a été un peu déçue je dois bien avouer.

En bref ?

Un thriller très complexe, très intelligent et surtout très ancré dans l’actualité, que cela concerne les sciences ou le terrorisme. Malgré les points négatifs soulevés plus haut, j’ai trouvé cette lecture excellente. Je me suis posée beaucoup de questions sur les politiques et les scientifiques. L’intégrité en est parfois complètement absente alors que ce devrait être un fer de lance.

L’exode des chefs – Marc Vassey


Quatrième de couverture :

Laurène, Arnaud, Bertrand et Élise sont quatre jeunes étudiants de gauche. Tout juste adultes, ils partent en quête de leur identité. Chacun à leur manière, ils devront faire face à la condition humaine, marquée d’incertitudes et de solitude, tout en vivant leurs convictions dans un temps troublé et un ordre social complexe.
C’est l’histoire éternelle du poids de nos pères, et de la volonté farouche de s’en émanciper pour revendiquer son époque. Si leur parcours, leur vision du monde et leur personnalité divergent, ils s’engagent ensemble dans un même combat, qu’ils savent perdu d’avance : la conquête de la liberté.
Engagement, amour et amitié se croisent dans ce théâtre étrange, celui de la vie et de la jeunesse.
Arnaud, étudiant en économie, cherche désespérément à vivre en harmonie avec ses convictions.
Élise, brillante élève désabusée à Sciences Po, trouve refuge dans un cynisme glacial.
Laurène et Bertrand sont étudiants en sociologie. L’une se bat pour croire en quelque chose, l’autre pour la révolution. C’est ce dernier qui résumera tout le propos, en confiant à Arnaud ces mots : « Ce qu’il y a de terrible, quand on devient adolescent, c’est qu’on prend conscience de ses faiblesses. Ce qu’il y a de terrible, quand on devient adulte, c’est qu’on prend conscience que l’on devra toujours vivre avec.»

Mon avis :

Si Marc Vassey ne m’avait pas contacté, il est certain que je n’aurais peut-être jamais eu l’occasion d’avoir son premier livre entre les mains. Je n’en aurais d’ailleurs certainement jamais entendu parler. Et je serais passée à côté d’un très bon livre.

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Sérum, saison 1, épisode 3 – H. Loevenbruck & F. Mazza

Quatrième de couverture :

1773 : Mesmer invente l’hypnose
1886 : Freud invente la psychanalyse
2012 : Draken invente le sérum

Malgré l’aide précieuse du docteur Draken, qui a décodé une partie des visions d’Emily, le détective Lola Gallagher n’a pas réussi à empêcher l’enlèvement du couple Singer.
Qui est caché derrière ce kidnapping ?
Depuis quelques jours Draken est introuvable.
Pourquoi cette soudaine disparition ?
Qu’est-il arrivé à Emily ?

Mon avis :

Le troisième volet de la série Sérum, qui continue à faire le buzz sur la toile, ne fait pas défaut aux deux premiers : toujours aussi agréable à lire et bien écrit, le ton et le suspense montent en intensité.

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Siècle bleu, t.2 : Ombres et Lumière – Jean-Pierre Goux

Quatrième de couverture :

Traqué au coeur du pays navajo, Abel Valdés Villazon, le leader du groupe écologiste Gaïa, révèle un mensonge d’Etat effroyable et espère ainsi provoquer la chute du gouvernement américain. Mais ce secret dissimule un complot bien plus vaste qui implique Pékin et le milliardaire Cornelius Fox.
La Maison Blanche pour se défendre, lance toutes les forces du pays aux trousses de Gaïa tandis qu’une bombe atomique explose dans le désert du Nouveau-Mexique.
Aidés par un mystérieux hacker et bénéficiant peu à peu du soutien de la population, Abel et sa femme Lucy se battent pour survivre et leur combat devient le symbole de l’opposition entre deux visions de l’Homme. 
La Révolution bleue se met en marche. Les rêves d’une poignée d’individus suffiront-ils à infléchir la marche d’un monde au bord de l’effondrement ?

Mafias, raréfactions des ressources naturelles, paradis bancaires, hacking, machinations d’Etat, menace nucléaire, Ombres et Lumières nous plonge dans les arcanes les plus secrètes de notre société.

Mon avis :

A la présentation de ce livre, j’étais très enthousiasmée. Un thriller écologique, sur fond de contexte politique américain ambigüe, rien ne pouvait plus m’intéresser. Et pourtant, je commencerais en vous disant que je n’ai pas terminé cette lecture ; vous le comprendrez par la suite.

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