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Les BD de la semaine #1

Nouveau RDV sur le blog, avec mes lectures BD de chaque semaine.


Cette semaine, trois bandes dessinées lues. Et que du bon, dans trois styles complètement différents. Je vous laisse découvrir ça tout de suite !

1. Silex and the city, t.3 – Jul

BD humoristique et caricaturale de notre société par excellence. Si vous ne connaissez pas encore Web, Blog, Spam et les autres habitants de cette préhistoire farfelue, il faut absolument que vous les découvriez.
C’est complètement barré, drôle à outrance, et les références à notre société sont hilarantes.
C’est une série en plusieurs tomes (actuellement sept), dont chacun peut se lire indépendamment, même si on retrouve la même famille ainsi que leurs amis à chaque volet.
Le style caractéristique de Jul est là : des traits typiques de la BD d’humour : simples, enfantins, caricaturaux.
C’est édité chez la célèbre maison d’édition BD Dargaud.


2. Murena, t.4 – Dufaux et Delaby

Murena est une série qui se déroule dans la Rome Antique, au temps de l’empereur Néron.
Bande dessinée historique donc, aux illustrations absolument fantastiques, très réalistes, qui collent au plus près des émotions des personnages.

C’est un récit résolument adulte par contre, à ne pas mettre entre les mains des enfants car certaines illustrations sont crues ou particulièrement sanglantes.

Si vous cherchez une série historique, je vous la conseille vraiment. En neuf tomes je crois, je l’emprunte à la bibliothèque afin de ne pas me ruiner mais je dois dire que si j’ai l’occasion de me trouver l’intégrale un jour je l’achèterai sans problème.

Une saga également éditée chez Dargaud !


3. Descender, t.1 – Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Lu dans le cadre du prix Livraddict, catégorie Comics (lien ici), ce comic est le dernier que j’ai lu sur les cinq, tout simplement car je l’avais rapidement feuilleté en librairie et l’aspect aquarelle des illustrations ne m’avait pas emballé.
Et puis au final, après l’avoir emprunté à la bibliothèque et lu, je peux dire que j’ai été très agréablement surprise par l’ensemble.

Une histoire très sympa, qui se déroule dans l’Espace, dans un futur où diverses espèces cohabitent, notamment avec les robots. Robots qui vont se soulever. Dix ans après, nous suivons Tim-21, un robot de compagnie pour enfant. Un personnage très attachant, et une histoire qui donne envie de lire la suite.

Une série de science-fiction que je vais suivre. Il n’arrivera pas en tête de mon classement du Prix Livraddict Comics mais en bonne place néanmoins !

Edité par Urban Comics (grande qualité de comics, j’adore !).


⇒ A la semaine prochaine pour vous faire découvrir de nouvelles BD et nouveaux comics !

[GATACA] – Franck Thilliez


THILLIEZ, Franck. [GATACA]. Pocket, 2012, 605 pages, 8,40 €.


L’histoire :

Une jeune scientifique est retrouvée morte dans la cage d’un grand singe. Un assassin se suicide en prison en s’ouvrant la gorge à mains nues.
Déchaînement de violence, évolution humaine, ADN… Henebelle et Sharko, chacun au fond du gouffre, vont s’engager à corps perdus dans une enquête terrifiante.

Ce que j’ai apprécié :

– Tout d’abord, je dois dire qu’avant même de lire la première ligne, j’étais déjà charmée car j’adore les thrillers et je les aime encore plus quand ils traitent de sujets scientifiques. Et connaissant un peu Franck Thilliez à force d’avoir lu plusieurs de ses livres, j’avais vraiment confiance en son talent d’auteur pour en faire quelque chose de top. Cela dit, j’ai tout de même mis la barre très haute donc je l’attendais au tournant. Et… tournant réussi et d’une main de maître s’il vous plaît !

– Pour rester sur le thème, je dois dire que cette histoire d’ADN, de rétrovirus, de latéralité dans la violence, d’évolution des espèces… tout cela m’a emmené très loin et j’ai appris une multitude de choses touchant à ces thèmes-là. D’autant que la longue note de l’auteur en fin d’ouvrage permet au lecteur de s’y retrouver dans les thèses développées ici. Avec des conseils de lecture en prime si l’on veut aller plus loin dans l’exploration de ce sujet. Et vous savez à quel point je suis sensible à cette démarche.
Et le roman exploite vraiment bien la lisière entre le roman à suspense et les thèses scientifiques. J’ai vraiment aimé que l’auteur, sans alourdir son récit, aille aux fonds des choses, en vulgarisant les sujets sans toutefois se contenter de les survoler.

– Les personnages de Lucie Henebelle et Franck Sharko. Ah, ces personnages ! Quand on lit Franck Thilliez, on connaît forcément ses personnages récurrents de flics. Depuis « Le syndrome [E] », on les retrouve ensemble et dans ce volet-là, je les ai adoré au-delà de tout. Ils sont tellement heurtés par la vie, seuls, écorchés vifs, qu’ils deviennent des armes redoutables dans les enquêtes qu’ils résolvent. Dans « Le syndrome [E] », on finissait sur un évènement qui va bouleverser nos deux amis. Et dans « [GATACA] », c’est juste l’apothéose. La psychologie des personnages flics est aussi importante que l’action et le sujet scientifique. C’est un élément à part entière de l’oeuvre de Thilliez et j’avoue qu’il fait ça très bien.
C’est le couple de flics de thriller que je préfère pour le moment. Ils me touchent sincèrement.

– Concernant le style de Franck Thilliez, c’est toujours excellent. Comme je le dis en ce moment, c’est l’auteur de thriller que je préfère. La trame de ce polar est très complexe, si bien que je me demande comme il arrive à organiser ses idées de façon aussi cohérente et limpide.
Le rythme de l’histoire ne souffre aucun ralentissement, c’est très dynamique. Et pourtant il y 600 pages, un pavé donc. Mais que nenni, ça se lit très bien.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Rien ! J’ai tout aimé car ce livre est un réel coup de coeur ! Ma meilleure lecture de l’année 2015 pour le moment.

En bref ?

Un thriller d’une précision époustouflante, où la science a une place prédominante, sans prendre le pas sur le suspense et la psychologie des personnages. C’est terriblement bien fait, rien n’est laissé au hasard. Au cours des 600 pages, on ne s’ennuie pas une seule seconde.
Ce livre est juste génial ! Ne vous retenez pas de le lire, vous vous divertirez autant que vous vous cultiverez. Que demandez de plus ?

Sur la piste du mammouth – Bernard Buigues


Quatrième de couverture :

Il a 20 000 ans et pèse trois tonnes. En 1999, il a quitté la terre où il dormait pour gagner une cave où des scientifiques pourront l’étudier à loisir sans crainte de le voir souffrir des caprices du climat. L’image de Jarkov, mammouth transporté entier avec le bloc de glace qui le conservait, a marqué les mémoires. C’est la formidable aventure qui a conduit à ce dénouement magique que raconte ici Bernard Buigues. Depuis qu’en 1997 il a découvert, aidé par les nomades dolganes, un bout d’os dans le sol gelé de la toundra, l’organisateur d’expéditions polaires a obstinément recherché les deux gigantesques pointes d’ivoire des défenses. À travers texte et photos, il raconte ici une passionnante expédition scientifique. Mais aussi une aventure humaine merveilleuse, couronnée de succès grâce à une collaboration unique entre des hommes et femmes de multiples cultures.

Mon avis :

La préhistoire, la science, les expéditions polaires… autant de thématiques qui me passionnent et que j’aime retrouver dans les livres. J’ai trouvé avec Sur la piste du mammouth de Bernard Buigues un récit d’expédition percutant, sur un animal disparu que je connais peu : le mammouth. 

Dans les années 1990, Bernard Buigues est d’abord un explorateur français chargé d’organiser des expéditions en Sibérie pour le compte de scientifiques ou de touristes. Familier de la ville de Khatanga, en Sibérie du Nord, il y a ses contacts voire même des amis. Un jour de 1997, alors qu’il s’apprête à rentrer en France, le gouverneur de la ville (l’équivalent de notre maire) lui propose d’aller visiter un site où reposerait un mammouth bien conservé. Bien. Bernard Buigues accepte un peu à reculons : l’étincelle commence néanmoins à s’allumer.

Cet ouvrage alterne le récit de l’expédition de Bernard Buigues et des chapitres d’explications sur les mammouths en général, leurs mode de vie, les premières découvertes, etc. Ce qui fait que le lecteur, en plus de participer à cette formidable aventure, apprend ce qu’il faut savoir sur cet animal fascinant qui a vécu une longue période en cohabitation avec les humains, et qui a disparu mystérieusement de la surface de la Terre.
Bernard Buigues use un vocabulaire très simple et pour cause : au début de ce récit, il ne connaît lui-même rien de plus sur les mammouths que le commun des mortels. Il n’est pas paléontologue, pas même scientifique. Son parcours est délicat : qui va lui faire confiance ? Les professionnels vont-ils le croire alors qu’initialement il ne dispose que de deux polaroïds de défenses de mammouth merveilleusement conservées ? Rien n’est moins sûr. Cependant, il a raison d’y croire puisqu’il va réussir à susciter la curiosité de grands scientifiques tels que Yves Coppens et Nikolaï Vereschagin, célèbres paléontologues.

Au travers du récit de l’expédition, le lecteur découvre également les relations parfois vraiment complexes avec la population russe locale, qui m’ont souvent fait sourire. On se rend compte également que si cette aventure déchaîne les passions, c’est que l’URSS venait de tomber depuis peu ; même pas dix ans auparavant ; et qu’il avait été impossible d’effectuer des fouilles dans cette zone du globe. Pourtant, Bernard Buigues le rappelle grâce à son association « Mammuthus« , les sous-sols de la Sibérie regorgent de trésors préhistoriques inestimables.

Passionnant, ce récit a été un très bon moment de lecture. Rien de mieux pour éveiller ma curiosité et avoir envie de suivre les découvertes des scientifiques dans cette partie du monde. 
Aux lecteurs intéressés par ces sujets, n’hésitez pas à vous procurer ce petit livre. Vous ne serez pas déçus.

A noter : un carnet de vingt et unes photographies vient alimenter le livre.

L’odyssée du dernier Neandertal, t.1 : Ao, l’homme ancien – Marc Klapczynski

Quatrième de couverture :

Aô est perdu : il s’est aventuré dans les grandes plaines du Sud, loin des hauts plateaux arides de son clan. Sur ces terres hostiles, il évite cette nouvelle race d’hommes, les Cro-Magnon, qui, peu à peu, repoussent ses frères de Neandertal toujours plus au nord, là où le sol est gelé et le vent glacial. C’était il y a plus de 30 000 ans… Sur sa route Ao croise Aki, jeune mère de l’autre espèce poursuivie par des chasseurs du clan des hommes oiseaux.
Mais que peut-il faire, lui, homme au physique disgracieux, à la démarche animale, aux outils rudimentaires, face à ces corps robustes armés de sagaies ? Pour quelles raisons viendrait-il en aide à une femelle Cro-Magnon quand c’est sa race tout entière qui est en péril ? Mais Ao est un homme, certes primaire mais non dénué de conscience…

Mon avis :

Après avoir lu la longue série Les enfants de la Terre de Jean M. Auel il y a plusieurs années, il me tardait de lire un autre roman préhistorique. Et je suis tombée sur celui-ci complètement par hasard à la Fnac. Il s’agit du premier tome d’une trilogie qui fait nous fait vivre les derniers instants des hommes de Neandertal, au travers d’Ao, un jeune homme dont le clan a disparu et qui décide de partir sur les traces d’autres « anciens hommes ». Sur sa route, il rencontre différents hommes : les « nouveaux hommes », les « vrais hommes » ; en d’autres termes Cro-Magnon, Homo sapiens.
On découvre, grâce à une préface de l’auteur, que ces deux genres d’humanoïdes ont vécu durant une très longue période ensemble sur Terre : bien plus de 10 000 ans ! De ce constat, Marc Klapczynski a voulu imaginé leurs rencontres (qui ont du être inévitables si l’on considère les mouvements des individus à cette époque), leur peur réciproque, et surtout ce qui a fait que l’un a survécu et l’autre a disparu.
Nous vivons le récit pleinement avec les yeux d’Ao : les descriptions de l’auteur sur le paysage, sur les coutumes des nouveaux hommes, sont très intéressantes. Les attitudes d’Ao, bien qu’il soit un genre d’homme à part entière, relève parfois de l’animal (« lèvres retroussées », « grognements »). Les hommes nouveaux sont quant à eux moins forts physiquement mais plus habiles, et donc capables de créer des armes plus précises, des sculptures d’animaux. Leur langage (et donc leurs cordes vocales ?) permet plus de nuances de sons. Ao, en homme pourvu d’intelligence, semble remarquer cela, presqu’inconsciemment ; sans que cela l’effraie : les hommes nouveaux qui vont l’accueillir relèvent souvent son « apathie ».
Malgré toutes les différences qui les séparent, ces deux espèces se sont assurément rencontrées puisque nous portons des gènes de Neandertal en nous (d’après l’auteur, de 1 à 4%) ! Je trouve cela fascinant de ce dire que chacun porte des traces d’une ancienne humanité en soi.

J’ai fermé ce livre avec un peu de peine car j’ai déjà envie de me plonger dans le prochain tome ! A savoir : le livre a été adapté au cinéma sous le nom Ao, le dernier Neandertal, de Jacques Malaterre. Il a notamment réalisé les docu-fictions suivants : L’odyssée de l’espèce, Le sacre de l’homme et Homo Sapiens.

La forêt des Mânes – Jean-Christophe Grangé

Quatrième de couverture :

Jeanne Korowa n’a fait qu’une erreur.
Elle cherchait le tueur dans la forêt.
C’était la forêt qui était dans le tueur, comme l’enfant sauvage au fond de l’homme.

Mon avis :

Magnifique, époustouflant, puissant ! Comme pour les 4 livres précédents que j’ai lu de l’auteur, je me demande encore d’où lui vient son inspiration.

J’ai aimé :
– un début qui ne part pas tout de suite, et qui permet ainsi de « poser » le personnage de Jeanne, son psychisme, sa vie professionnelle et privée.
– Le fond de l’histoire sur la thématique de la préhistoire.
– Le déroulement de l’intrigue parfaitement orchestré, comme d’habitude, pas de temps mort, on est tout le temps en alerte, sans cesse surpris.
– La fin de l’histoire, quand on croit avoir tout compris et que… la chute nous laisse complètement coi !

Je conseille fortement cette lecture, qui je crois, est mon coup de cœur 2009.

En ce qui me concerne, je vais de ce pas me plonger dans les trois livres de J-C Grangé que je n’ai pas lu (Le vol des cigognes, Les rivières pourpres et Le concile de pierre).