Archives par étiquette : Editions Robert Laffont

Rosa Bonheur, liberté est son nom – Gonzague Saint Bris

1507-1Le personnage :

Rosa Bonheur. Un nom qui ne vous dira peut-être rien, comme c’était mon cas avant cette lecture. Et pourtant ! Cette femme du XIXe siècle a certainement été la femme peintre la plus renommée de son époque. Admirée par ses pairs et par la critique de son vivant, ayant très souvent exposé dans les Salons et expositions universelles, tout cela malgré son statut connu et revendiqué de femme dans un monde d’hommes.
Elle s’est notamment distinguée par ses peintures animalières, d’une précision exceptionnelle, traduisant l’âme des animaux comme personne.

L’auteur :

Gonzague Saint Bris est ce qu’on pourrait appeler un homme polyvalent : tour à tour écrivain, historien, journaliste, homme de radio et de télévision, et j’en passe !
Spécialiste notamment du XIXe siècle, il a écrit un nombre assez étonnant de biographies, dont la dernière en date, Marquis de Sade, L’ange de l’ombre, parue aux éditions Télémaque, semble faire l’unanimité de la critique.
(source : http://www.gonzaguesaintbris.com/)

Ce que j’en ai pensé :

C’est grâce à un détour en braderie que j’ai découvert ce livre, qui tombait à pic car je souhaitais découvrir Gonzague Saint Bris écrivain/historien.
Et grand bien m’en a pris ! Car, peu adepte des biographies, j’ai été enchantée de découvrir une femme forte, avec un caractère presque masculin mais qui ne reniait en rien sa condition de femme. Et surtout un personnage emblématique de la peinture animalière française, qui n’a pas en France la notoriété qu’elle mérite. En effet, adulée en Angleterre et surtout aux États-Unis, sa propre patrie semble l’avoir mis de côté.

J’ai beaucoup aimé la façon de conter de Gonzague Saint Bris, qui nous livre une biographie (et non un roman historique, attention) très facile à lire, assez courte, qui est loin d’être dense et imbuvable. C’est donc une plume que je souhaite retrouver : si je tombe sur ses livres je les achèterais sans hésiter.

Un conseil ? Même si vous ne connaissez pas le personnage d’une biographie, n’hésitez pas à acheter le livre ! Cela permet de faire des découvertes, de ne pas toujours rester enfermé dans ce que l’on connait.

Moi et toi – Niccolò Ammaniti

couv582252L’histoire :

Lorenzo est un jeune garçon un peu marginal. Diagnostiqué avec un « égo ambitieux », il ne s’intéresse qu’aux personnes qui font partie de son cercle émotionnel. Les autres ne représentent aucun intérêt pour lui. Mais ne voulant pas déplaire à sa mère, il lui fait croire qu’il est invité une semaine au ski avec des camarades de classe. A la place, il passera une semaine au fond de la cave familiale.

Éléments de réflexion :

Le thème abordé est celui de la singularité de certains individus. Ceux qui sortent de la norme et qui de fait mis de côté. Ainsi que les personnages marginaux, tels que les drogués.
Une des réflexions sous-jacente est la suivante : est-ce que l’on ne peut pas vivre comme on le veut (solitaire par exemple) sous prétexte que la société prône les relations sociales, même fausses, entre les individus ?

Les points positifs :

– La dimension dramatique du roman est merveilleusement racontée, avec une écriture, une langue (et donc une traduction : par Myriem Bouzaher) excellente.
– Le personnage de Lorenzo est très attachant. Le paradoxe exprimé par l’auteur est intéressant : à la fois il est diagnostiqué comme un individu particulièrement égocentrique, mais parallèlement il est très attentif aux émotions et au bien-être de sa mère et sa demi-sœur qu’il connaît à peine.

Les points négatifs :

Je pourrais dire que 150 pages, c’est trop court. Mais étonnamment l’histoire se suffit à elle-même.

En bref :

Très touchant dans les drames évoqués, avec une fin bouleversante. En quelques lignes, toute la dimension tragique prend son sens.

Le journal de Léna, Leningrad 1941-1942 – Léna Moukhina

9782221133385L’histoire :

Cette histoire vraie, sous forme de journal intime d’une lycéenne russe, nous plonge dans la terrifiante période du siège de la ville de Leningrad par les nazis durant la Seconde guerre mondiale entre 1941 et 1942.

Éléments de réflexion :

Le siège de Leningrad est un évènement connu mais dont on n’avait jusqu’ici jamais eu de témoignage direct de l’intérieur. Redécouvert il y a quelques années dans les archives de Saint-Pétersbourg, le journal de Léna Moukhina était le témoin inattendu d’une période noire de l’Histoire ; une période terrible où les nazis n’ont pas hésité a affamé toute une population, sans aucun état d’âme.

Les points positifs ?

– J’ai évidemment beaucoup apprécié l’intérêt du document historique, qui est une véritable ressource, agrémenté d’une longue préface informative ainsi que de nombreuses notes en fin d’ouvrage.
– Ce qui est effrayant, c’est le côté réel et immédiat que provoque le format journal intime. Les alertes à la bombe, la difficulté de trouver des vivres, la mort des proches, la solitude.

Les points négatifs ?

– Autant j’ai aimé le principe du journal pour la véracité historique et l’impression pour le lecteur de revivre les évènements en direct, autant j’ai été largement lassée des passages où Léna écrit son journal comme une lycéenne lambda : ses amis, ses amours, ses cours, etc.

En bref ?

Une lecture en demi-teinte : un document inégalé jusqu’à présent pour son authenticité, mais le roman a parfois cet avantage de ne conserver que le plus intéressant…

Le combat continue. Résister à la Mafia et à la corruption – Roberto Saviano (trad. Marguerite Pozzoli)

Quatrième de couverture :

Le combat continue réunit des textes écrits pour une émission de « télévision citoyenne », conçue et présentée par Roberto Saviano, consacrée à l’Italie d’aujourd’hui – un programme plébiscité par le public transalpin. Le présent recueil témoigne de la rencontre entre un homme – Roberto Saviano, intellectuel et conteur hors pair, accusé par Silvio Berlusconi de donner une mauvaise image de l’Italie et adoubé par Umberto Eco qui voit en lui une personnalité intellectuelle de tout premier plan – et un pays, souvent décrit comme politiquement désabusé, en attente d’un profond changement. Il est ici question, entre autres, des mécanismes de censure mis en place par le pouvoir en vue de discréditer ses adversaires, de l’implantation de la criminalité organisée dans le nord de la péninsule, de la position de l’Église sur l’euthanasie, ou encore de l’impéritie de l’État face à la pollution à Naples comme au tremblement de terre de L’Aquila. À travers l’ensemble des sujets évoqués, se dessine en creux un portrait aussi saisissant que contrasté, sans fard et sans concession, de la société italienne contemporaine. Plus encore, en choisissant d’aborder ces différents thèmes non sous l’angle de l’analyse théorique mais sous celui de la fiction, Roberto Saviano donne aux fables qu’il invente et raconte – chacune en lien avec un problème ancré dans la réalité italienne – une résonnance universelle.

Mon avis :

Ce n’est pas sans me rappeler de l’histoire de Giovanni Falcone, ce juge italien figure de la lutte antimafia et assassiné en 1992, que je me suis lancée dans la lecture de ce roman-témoignage de Roberto Saviano.

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La filles de braises et de ronces – Rae Carson

Quatrième de couverture :

À 16 ans, Élisa est devenue malgré elle l’Élue et l’unique porteuse de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, la princesse Élisa a déçu les attentes de son peuple : la population de son royaume ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée… Le jour de ses 16 ans, son père l’envoie dans un lointain royaume afin de retrouver son futur mari, un bel homme de vingt ans son aîné. Mais ce dernier refuse finalement de la reconnaître comme sa femme. Dévastée par la tristesse, Élisa décide alors de prendre son destin en main et de découvrir quelle est sa mission. Alors qu’une armée menée par des êtres aux pouvoirs effrayants s’apprête à envahir et détruire son nouveau royaume, et que chacun à la cour tente de la manipuler, Élisa prend conscience que, non seulement sa vie, mais aussi le monde entier sont en danger. Comment une jeune fille qui ne connaît rien aux arcanes politiques, et tout aussi ignorante des choses de l’amour, pourrait être l’Élue qui sauvera l’humanité ? Élisa doit découvrir au plus vite l’histoire mystérieuse et les pouvoirs de la Pierre Sacrée, avant que l’ennemi ne vienne lui dérober le joyau qui orne son ventre et la prive de son héroïque et tragique destinée…

Mon avis :

Une lecture atypique dans mon parcours de lectrice car c’est la première fois que je lis de l’héroic fantasy, comme il est stipulé en quatrième de couverture. Une nouvelle aventure dans l’univers littéraire jeunesse destiné à un public adolescent !

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