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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Le Cerveau – Paul T. Somerville

Quatrième de couverture :

Vous êtes curieux, avide de savoirs, mais aussi terriblement pressé ? Cette collection est faite pour vous. Car sa conception a été guidée par le souci d’offrir une lecture à la fois rapide, profonde et très plaisante. Préparez-vous à découvrir – enfin ! – tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cerveau. À travers ce récit simple et richement iconographié, vous apprendrez l’histoire de la découverte, toujours en cours, de cette terra incognita. Vous en saisirez les hypothèses et les limites actuelles. Neurones, dopamine, hypothalamus, circuit de la récompense auront moins de secrets pour vous. Lisez et voyez : ce guide vous aidera à y voir… plus clair !

Mon avis :

Un livre de poche, rempli d’images et de texte en gros caractères à la manière d’un livre pour enfants. Mais ne vous y trompez pas, il s’agit bien d’un guide à l’usage des adultes.
Avant toute chose, un mot sur la collection : les éditions Hatier ont voulu faire découvrir divers sujets de culture générale en suivant une approche de vulgarisation, avec un support iconographique très important et coloré. Science, politique, fait de société, environnement, personnage célèbre, etc. ; autant de thèmes éclectiques abordés de façon claire et concise.

Je vais maintenant m’appuyer sur « Le Cerveau », guide visuel que j’ai choisi pour découvrir le potentiel de cette collection.
Le livre commence par une introduction présentant le sujet et écrit par un professeur en neurosciences. Amorce plutôt intéressante, même si j’ai dû relire certaines phrases plusieurs fois pour bien intégrer le propos. Mais il faut dire que j’ai joué le jeu à fond en choisissant le cerveau, cet organe dont je ne connais pas grand chose des découvertes scientifiques.
Nous entrons ensuite dans le contenu à proprement parler. Composé le plus souvent comme suit : la page de gauche propose un court texte explicatif, avec un ou plusieurs mots en rouge, et la légende de l’image se trouvant sur la page de droite (photographie, dessin, fac-similé, schéma). Un concept que j’ai vraiment apprécié.
L’auteur commence par nous faire un état des lieux des connaissances et des pratiques liées à cet organe au cours de l’Histoire. J’ai appris certaines choses, j’en connaissais d’autres. Puis, dans la seconde moitié du livre, on s’attarde sur les fonctions du cerveau, ses composantes (les différentes aires, les neurones, etc.), ses caractéristiques (pourquoi l’oubli est une fonction déterminante par exemple), les maladies psychologiques et la façon de les traiter, etc. Bien sûr, cela est expliqué de façon accessible pour un néophyte : l’auteur n’approfondit pas les notions qu’ils présentent.

Ce livre permet d’éveiller la curiosité, de se documenter agréablement et l’alliance du texte et de l’image est excellente pour la compréhension. Autre point qui m’a plu et sur lequel j’attendais l’auteur au tournant : la présence d’une bibliographie/sitographie en fin d’ouvrage. Elle est peu fournie mais a le mérite d’exister et d’être argumentée et illustrée. Ainsi, le lecteur qui s’est passionné pour le sujet pourra s’orienter vers d’autres lectures plus poussées.

En conclusion, je sors avec une opinion positive sur cet ouvrage et la collection en général. Attention néanmoins : si vous maîtrisez les connaissances sur le cerveau (ou tout autre thème présenté dans ces guides visuels), ne vous procurez pas ce livre car il ne vous apporterez pas plus que ce que vous savez déjà. Pour les néophytes curieux, laissez-vous tenter !

Remerciements : Je tiens à remercier Thomas de chez MyBOOX de m’avoir proposé de tester cette nouvelle collection des éditions Hatier !

Eroticortex – Thierry Maugenest

Quatrième de couverture :

La révolution scientifique est en marche. Le professeur Carrington, nobélisable en puissance et grand manitou du laboratoire Lanxis, vient de découvrir l’aire de Dieu à l’intérieur du cortex. Cet homme est l’archétype du scientifique illuminé, capable de repousser les limites de la connaissance au-delà même de ce qu’on peut imaginer. Et bien sûr, tout cela sans se préoccuper ni d’éthique ni des conséquences parfois désastreuses que peuvent entraîner ses expériences.En attendant, si Dieu est dans le cerveau, Carrington est capable de supprimer Dieu du cerveau. Et c’est ainsi que des religieux deviennent de farouches athées et que des mécréants se transforment en grenouilles de bénitier. La thèse du professeur est simple : tout, absolument tout, est dans le cortex de l’homme. Et c’est le cortex qui a crée Dieu.Très vite Carrington , ayant maîtrisé l’aire de la religion, se préoccupe d’amour, ou plutôt de sexe. Et là encore, en agissant sur certaines zones du cerveau, il provoquera des catastrophes.Le laboratoire est menacé par des opposants à ses théories, qui veulent l’immoler. 
À l’intérieur même du labo, la révolte gronde. D’autant que ce « professeur maboule » n’est pas à l’abri des sentiments et qu’il se pourrait que l’amour qu’il porte à sa belle assistante, Ayumi Hatsumo, le mène à sa perte.

Mon avis :

Jusqu’où la recherche scientifique peut-elle aller ? Y a-t-il des barrières morales à ne pas franchir ? Les laboratoires pharmaceutiques, sous couvert de leur toute-puissance financière, peuvent-ils tout acheter et tout tolérer ?
Dans un livre d’humour noir à la forme originale, Thierry Maugenest nous plonge dans le laboratoire Lanxis où officie une sorte de savant fou, spécialisé dans les neurosciences.

Albert Carrington est un savant reconnu qui effectue des recherches sur le cortex et les aires qui le composent. Son but ? Contrôler toujours plus l’esprit humain, en faisant croire à tout un chacun, par le biais de la presse, que ses recherches seront un jour salutaires pour l’homme. Entourer d’une équipe de scientifiques, il est secondé notamment par une certaine Ayumi Hatsumo qui ne le laisse pas indifférent.
Les travaux menés impliquent des expérimentations et donc des cobayes humains. Cet aspect du livre est très intéressant puisque l’auteur nous démontre bien qu’Albert Carrington se croit tout permis du fait de l’important dédommagement financier que le laboratoire offre à ces testeurs. Mais l’argent peut-il tout acheter ? En définissant les émotions et les particularités humaines comme des maladies, ce savant fou justifie ses dérives. Dans le roman, il découvre l’aire de Dieu dans le cortex, puis l’aire de la bêtise et celle de l’amour et la sexualité. En envoyant des décharges électriques, il transforme un moine bouddhiste en acteur de films pornographique, un « con » en mathématicien de génie puis il détruit le sentiment amoureux chez un jeune couple de tourtereaux.
Sous couvert d’un humour (noir) grinçant, l’auteur dénonce un système scientifique dont les ficelles sont tirées par les laboratoires pharmaceutiques, où la question morale est parfois bafouée en prenant l’excuse de la science.

L’originalité du livre tient à deux aspects :
– Le thème du livre ainsi que le choix de le traiter avec humour.
– Et surtout la forme stylistique choisie par l’auteur. Et là, le lecteur se retrouve dans une configuration que je n’avais, personnellement, jamais rencontrée dans mes lectures par le passé. Le livre alterne des passages de courts dialogues entre individus travaillant au sein du laboratoire Lanxis, et des articles de presse fictifs. Ces articles ont la forme réelle d’une page de journal ou de magazine (à la manière d’illustrations insérée dans l’histoire). Le lecteur a l’impression d’être plongé au milieu de commérages internes lors des dialogues puis en spectateur externe en lisant les articles de presse.

Concernant les personnages, l’auteur ne cherche en aucun cas un quelconque attachement entre le lecteur et un ou plusieurs personnages. Les seuls dont le lecteur connaît les noms sont Albert Carrington et son assistante  Ayumi Hatsumo. La prouesse est de ne jamais les faire parler : ce qu’on entend d’eux ne font que des on-dits ou bien des informations ou interviews relayées par la presse. Ainsi, ils n’ont pas de profondeur et de caractéristiques très précises.
Concernant les individus dialoguant, il n’y a jamais de mentions de leur nom ou de leur fonction dans le laboratoire.

En conclusion, je dois dire que j’ai apprécié ce livre dans l’ensemble, notamment par le message qu’il transmet mais aussi par la forme utilisée que j’ai vraiment beaucoup aimé, et qui en fait un livre hors-normes au sens propre du terme.

Remerciements : Je remercie chaleureusement les éditions JBZ et cie ainsi que le site Newsbook pour m’avoir permis de découvrir ce livre !


Marketing viral – Marin Ledun


Quatrième de couverture :

A l’université de Grenoble, Nathan Seux travaille sur la sexualité. Ses recherches convergent vers un étrange laboratoire qui semble utiliser génétique et nanotechnologies dans des buts alarmants : marketing, manipulation, contrôle du corps et de l’esprit,  » amélioration  » de l’homme. Bientôt, ses étudiants sont assassinés les uns après les autres et toutes les pistes débouchent sur des bains de sang…

Mon avis :

Ce livre m’a attiré pour deux raisons principales : la première est qu’il s’agit d’un thriller dont le thème, la science, est souvent une base qui me passionne ; la deuxième est que l’intrigue se passe à Grenoble, ville où je suis née, où j’ai grandi et d’où je suis partie il y a à peine un an. Alors évidemment j’ai eu plaisir à retrouver les lieux que l’auteur décrit. Et pourquoi le choix de ce lieu pour ce récit ? Car il s’agit du berceau des nanotechnologies et d’un pôle scientifique majeur en France et dans le monde.
Le fond de l’histoire se base donc sur les bio et nanotechnologies, en imaginant des usages extrêmes qui permettraient de contrôler les hommes et de les transformer en hommes-machine. Et puis, le lecteur découvre que cela va plus loin. L’entreprise pseudo-scientifique, régie par un homme nommé Sahar ou « l’homme en gris », mène des expériences où sexualité, principe féminin et religion s’entremêlent étroitement. Presque un peu trop, si bien que je me suis parfois sentie un peu perdue dans les explications.

Quoiqu’il en soit, les personnages sont très pertinents : Nathan, le jeune prof à la fac dont les recherche sur la sexualité font des adeptes ; Camille, sa cousine pleine d’enthousiasme ; Laure, la charmante étudiante ; Sahar, un homme dont la violence extrême est fascinante. Tous ces individus gravitent dans un environnement qui devient très rapidement violent : le ressenti, les émotions sont bien rendus, ce qui est essentiel dans ce genre de récit.
Je n’ai pas noté de longueurs, je n’ai même pas vu passer cette lecture.

C’est donc un thriller réussit et encore un auteur que je souhaite suivre.

Muséum – Véronique Roy


Quatrième de couverture :

Au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, les sommités scientifiques sont en émoi : une météorite antérieure à la création du système solaire apporterait la preuve de l’origine extraterrestre de la vie. Les vieilles querelles resurgissent. L’homme est-il le produit accidentel de l’évolution ou le fruit d’un  » dessein intelligent « , autrement dit de Dieu ? Le directeur du Muséum sollicite alors le paléontologue et géologue américain Peter Osmond, un athée convaincu, pourfendeur des thèses créationnistes, et l’Italien Marcello Magnani, un astrophysicien dépêché par le Vatican. Mais, dès son arrivée, Peter Osmond découvre le corps affreusement disséqué de la biologiste Anita Elberg. Et, pendant sept jours, les meurtres se succèdent…

Mon avis :

Un roman qui avait tout pour me plaire : thriller, intrigue se déroulant dans un muséum, de la science, des questions sur l’évolution de l’espèce. Bref, le quatrième de couverture m’a promis un bel assortiment ! Et la lecture ne m’a pas déplu, mais j’ai eu quelques déceptions. Surtout sur un point : la météorite dont il est question dans le résumé. Malheureusement, on ne la voit que très peu. J’aurais aimé qu’il ait des discussions poussée à son sujet et une réflexion plus en profondeur sur l’évolution. En fait, il s’agit principalement du problème qu’il y a à allier science et religion. Un chercheur peut-il être croyant sans que cela affecte ses recherches ? Vous noterez que c’est quand même un thème très intéressant. Mais encore une fois, je n’ai pas eu l’impression que c’était assez approfondie. En même temps, l’idée était quand même de faire un thriller. Et c’est assez réussi à ce niveau-là, sauf peut-être quelques faits incongrus : lorsque des meurtres sont perpétrés dans un lieu, les forces de l’ordre devraient le fermer pour effectuer l’enquête et non laisser les personnes y circuler librement.
Enfin, notons quand même que j’ai beaucoup aimé les personnages principaux :
– Léopoldine Devaire : elle est chargée de faire un inventaire des collections de muséum.
– Peter Osmond : archéologue américain, il est convoqué à Paris pour examiner cette fameuse météorite et se retrouve embarqué dans les malheurs qui vont toucher le muséum.
– Marcello Magnani, religieux : il est envoyé à Paris par le Vatican. Il est un formidable exemple d’un homme croyant passionné par la recherche scientifique.
Ces trois personnages sont crédibles et servent bien l’intrigue. Ils forment les électrons libres du récit. Ce sont les seuls qui ne sont pas au muséum chez eux.

Le roman ne souffre pas de longueurs mais il manque quelque chose pour en faire un très bon thriller de ce genre. A noter que j’avais deviné l’identité du tueur bien avant la fin ! Mais ça, c’est une des causes de la lecture presque intensive de polars ! A force, on réfléchit en enquêteur (une enquête qui porterait sur le sens caché de certaines phrases, des situations décrites par l’auteur !). Bref, c’est un point que je voulais soulever (oui, je suis fière de moi !) mais ça n’a pas franchement dérangée.