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Origine – Dan Brown

BROWN, Dan. Origine. JC Lattès, 2017, 559 pages, 23 €.



Bilbao, Espagne. Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie et iconographie religieuse, arrive au musée Guggenheim pour assister à une cérémonie historique avec l’annonce d’une découverte scientifique révolutionnaire. L’organisateur de cette soirée n’est autre que le grand futurologue Edmond Kirsch, un milliardaire de quarante ans dont les inventions et les prédictions audacieuses ont fait de lui une célébrité mondiale. Kirsch, qui a été dans sa jeunesse l’étudiant de Langdon à Harvard, est sur le point d’annoncer le résultat de ses recherches… et d’apporter enfin une réponse aux deux questions fondamentales de l’humanité.

Dan Brown revient avec un cinquième roman mettant en scène le spécialiste des symboles, Robert Langdon. Cette fois, le célèbre professeur est invité à une conférence sous les feux des projecteurs par un de ses anciens élèves, Edmond Kirsch. Brillant scientifique, n’ayant pas peur de choquer, il est également doué pour mettre en avant son image. La conférence promet d’être exceptionnelle car le jeune homme ne promet rien d’autre qu’une révélation qui anéantira les religions, et répondra aux questions universelles : D’où venons-nous ? Et où allons-nous ?

Les premiers chapitres du livre sont centrés sur une réflexion sur l’art contemporain. Une « conversation » entre Langdon et Winston, l’audio-guide du musée, permet à Dan Brown de parler de la réalité de cet art parfois étrange, de la notion d’absurde et de but de l’art. Une belle mise en avant de cet art très peu abordé en littérature.

Après l‘évènement déclencheur du thriller, Langdon va devoir fuir, en compagnie d’une jeune femme. Cette fuite fait clairement penser au Da Vinci Code. Le même modèle d’histoire. Mais ici, nous sommes à Barcelone, le fief du célèbre Gaudì. Et quel plaisir de parcourir la ville, de revisiter les créations architecturales de ce visionnaire ! Une ambiance qui se prête assez bien au format qu’affectionne Dan Brown : le décryptage d’énigmes, façon chasse au trésor pour sauver le monde.

Mais je vous avoue que ce qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est tout le fond scientifique et déontologique. Enorme travail de recherche de la part de l’auteur, comme à chaque fois. Mais ici, j’ai retrouvé un thème universel passionnant : la création du monde, l’apparition de la vie, le sens de nos vies, vers quoi nous allons. De ces sujets, Dan Brown les aborde en se centrant sur l’opposition historique entre religion et sciences : comment considérer les deux approches de front ?
Dan Brown s’ancre dans la réalité en évoquant l’intelligence artificielle et les ordinateurs quantiques. J’en parle succinctement mais ces deux thèmes ont une place majeure dans le roman.

Vous l’aurez compris, ce roman m’a passionné et je vous le conseille vivement !

⇒ En bref ?

Les romans de Dan Brown, souvent acculés par la critique, sont pour moi un très bon moment de lecture. Et celui-ci n’échappe pas à la règle. Il est complet, rythmé et bien construit. J’attends le prochain !

Je conseille si vous aimez…

– Les thrillers scientifiques

L’Univers – H. Reeves & D. Casanave


REEVES, Hubert ; CASANAVE, Daniel. L’Univers. Le Lombard, coll. La petite bédéthèque des savoirs, 2016, 69 pages, 10 €.


L’histoire :

Avec le talent de vulgarisateur qu’on lui connait, Hubert Reeves explique, en faisant d’habiles parallèles avec la créativité humaine, ce que l’on sait aujourd’hui de la création de l’Univers. Avec ses mots et ses idées simples, épurées comme des haïkus, Hubert Reeves arrive à faire comprendre l’infiniment complexe, tout en amenant ses lecteurs au bord du gouffre métaphysique.

Ce que j’en ai pensé :

Après avoir découvert « L’intelligence artificielle » de la même collection, je me devais évidemment, de me lancer dans « L’Univers« , dont le vulgarisateur n’est autre que mon bien-aimé Hubert !

Ici encore, on est dans la vulgarisation scientifique, à travers l’image et donc, la bande dessinée. Tout d’abord, parlant des illustrations, j’ai beaucoup aimé le trait poétique de Daniel Casanave, que je ne connaissais pas encore mais que je souhaite découvrir maintenant au travers de ses autres ouvrages. Un style qui se marie parfaitement à la pensée d’Hubert Reeves qui est de rendre poétique la science, et notamment l’astrophysique.

Concernant le contenu, j’ai été assez surprise puisque l’on est davantage dans l’explication de la beauté du monde, et de sa diversité, que dans une explication de l’Univers. Et puis, avec du recul, je me suis rendue compte qu’on ne raconte pas de la même façon en images qu’avec l’écrit seul. Et c’est cela finalement qui rend ce court ouvrage si beau.

Pour ce deuxième opus, je suis encore plus convaincue du grand intérêt de cette collection chez Le Lombard. Aussi, si vous êtes curieux, je vous invite à vous rendre en librairie pour la tester, à travers l’un ou l’autre des thèmes (très variés !) qui vous sont proposés.

Les hérésies scientifiques du professeur Durand – Stéphane Durand


DURAND, Stéphane. Les hérésies scientifiques du professeur Durand. Flammarion, 2015, 143 pages, 15 €.


L’histoire :

Quelles idées véritablement hérétiques pourraient conduire Galilée au bûcher aujourd’hui ? Pour le savoir, le professeur Durand a mené l’enquête et nous livre 32 prédictions renversantes, du voyage dans le temps à la mémoire augmentée, toutes possibles scientifiquement !
Une plongée au coeur des bouleversements que nous réserve la science…

Ce que j’en ai pensé :

Adepte des livres de vulgarisation scientifique, j’étais tombée sur celui-ci complètement par hasard en librairie. Son format ainsi que sa couverture m’ont tout de suite attirés et je n’ai donc pas tardé à me plonger dedans (enfin, 6 mois ont passé entre l’achat et la lecture, mais chut !)

C’est bien simple, une fois lancée dedans, impossible de m’arrêter ; si bien qu’il m’a fallu seulement une petite journée pour le lire. C’est dire l’intérêt et la facilité d’accès aux thèses développées par Stéphane Durand.
Déjà par le titre, l’auteur docteur en physique théorique, plante le décor : « hérésies scientifiques ». Ce qui nous paraît complètement dingue aujourd’hui mais qui seront peut-être la norme demain.
Pour rendre son livre plus attractif, il est accompagné de Lison Bernet, une illustratrice que je ne connaissais pas, et qui est notamment l’auteur de « La BD du LHC » en direct du CERN à Genève. Ou comment expliquer ou rire de la science.

Ce qui rend ce livre si intéressant, ce sont les nombreuses « hérésies » développées (32 exactement), chacune en seulement quelques paragraphes.
Chaque chapitre est composé de deux doubles-pages seulement : titre + sous-titre + texte + dessin sur la première ; et texte + encart « Pour aller plus loin… » sur la deuxième.
C’est donc très court, si bien qu’il est impossible de perdre le lecteur.
Le tout est évidemment très bien écrit, parfaitement vulgarisé, plein d’humour et terriblement intelligent.

Autant vous dire que j’ai eu un véritable coup de coeur pour ce recueil que j’ai trouvé très complet et parfaitement adapté à ce que j’attends d’un livre de ce genre.
Pour vous donner l’eau à la bouche, voici quelques thèmes abordés :
– Notre société pourrait s’effondrer du jour au lendemain.
– Les ordinateurs du futur seront prodigieux.
– Vous pourriez avoir un cerveau de rechange.
– Les sauts dans le futur seront possibles.
– La super-intelligence sera le plus grand risque de l’humanité.
– Nous vivons peut-être dans une simulation.
Et bien d’autres à découvrir !

Vous aimerez si…  

  • Vous cherchez des ouvrages de vulgarisation scientifiques
  • La science expliquée avec humour est votre came !

Le bâton d’Euclide – Jean-Pierre Luminet


LUMINET, Jean-Pierre. Le bâton d’Euclide. Le Livre de Poche, 2012, 316 pages, 6,60 €.


L’histoire :

642. Le général Amrou entre dans Alexandrie pour brûler tous les documents de la célèbre Bibliothèque. Sur place, un vieux philosophe chrétien, un médecin juif et une jeune mathématicienne vont tenter de l’en dissuader, en racontant ses richesses et son histoire.

Ce que j’en ai pensé :

– J’ai reçu ce livre dans le cadre d’un échange avec The Hoodoo’s Library, sur le thème des sciences. Je n’en avais donc jamais entendu parler avant de le recevoir. Et autant vous le dire, je suis ravie de cette lecture !

– L’auteur, Jean-Pierre Luminet est un astrophysicien que je connaissais de nom, notamment pour avoir tenu un temps une chaîne You Tube (Du Big Bang au Vivant) avec le grand Hubert Reeves, où ils abordaient des questions relatives à l’astronomie de façon vulgarisées.
J’ai donc été très surprise de le voir en écrivain de romans, pour mon plus grand plaisir.

– Tout d’abord, l’écriture est parfaite, avec beaucoup de vocabulaire, sans être incompréhensible. De plus, à la fin de l’ouvrage, des annexes nous donnent à voir une chronologie avec les évènements politiques et les évènements culturels, un dictionnaire des personnages principaux cités ayant réellement existé (seul Hypatie est inventée en fait) ainsi que des « notes savantes ».
En refermant ce livre, vous aurez nécessairement appris des choses vous en ressortirez plus érudit, si, si !

– Concernant l’histoire, Amrou, un général de l’armée du calife Omar, entre dans Alexandrie sur ordre de ce dernier pour prendre la ville et détruire tout ce qui s’opposerait à la parole du Prophète.
Amrou est un personnage très intéressant puisqu’il est tiraillé entre l’obéissance militaire qu’il doit à son chef et sa curiosité naturelle pour l’Autre. Ainsi, quand Philopon, le philosophe, l’entend arriver dans le Bibliothèque, il s’attend à mourir immédiatement et non à rencontrer un homme cultivé. S’en suit des discussions autour de l’histoire de la ville d’Alexandrie, de la Bibliothèque, on va nous raconter Euclide, Aristarque et Archimède, les intrigues politiques, la dynastie des Ptolémées, l’astrologie, etc.
Ce livre est donc à la fois un livre d’histoire et un pamphlet humaniste.

– En substance, ce récit est aussi une preuve, s’il est encore besoin d’en apporter, de l’importance des livres. Comme il est dit dans le texte, si les livres sont une arme, le langage est une armée. Car évidemment, quelle autre signification donner aux autodafés, sinon que le savoir contenu dans les livres fait peur aux ignorants ?
Il y a aussi la question de Dieu, des différentes religions et de la science qui s’interpose dans celles-ci, et aussi bien sûr le respect de l’Autre.
Quatre personnages, quatre appartenances différentes : Amrou le musulman, Philopon le chrétien, Rhazès le juif et Hypatie l’athée qui n’a pour religion que la voûte étoilée et ses mystères.

– Jean-Pierre Luminet a écrit un roman historique. C’est-à-dire que les éléments réels qui sont parvenus jusqu’à nous sont présents, pour le reste il a brodé, comme le font tous les romanciers. Ainsi, de cet interlude de dialogues, nous ne sauront jamais s’ils ont eu lieu ; mais la fin n’est malheureusement pas joyeuse puisque, on le sait, la Bibliothèque d’Alexandrie a bel et bien été détruite par le feu.
Néanmoins, le mystère de manuscrits sauvés in-extremis restera toujours une légende à laquelle tous les fervents amoureux des Sciences voudront croire !

En bref ?

Un livre court mais résolument riche. Ce sont des historiettes et anecdotes de notre Histoire, racontées à la façon d’un maître à son élève, avec la conviction de vouloir sauver le monde.

Neuroland – Sébastien Bohler


BOHLER, Sébastien. Neuroland. Robert Laffont, 2015, 615 pages, 22,90 €.


L’histoire :

Un attentat terroriste tue 53 personnes à Paris. Les policiers n’ont pas réussi à faire parler le suspect à temps pour éviter le carnage. Que faut-il faire pour obliger les assassins à parler ?
Et s’il était possible de lire dans le cerveau des individus grâce à un scanner surpuissant ?

Ce que j’ai apprécié :

– En ouvrant « Neuroland« , je pensais m’engager dans un thriller scientifique comme je les aime. Mais finalement, j’ai découvert un livre extrêmement plus riche que cela. En plus du thème des neurosciences et des applications de celles-ci, c’est une véritable plongée dans les jeux politiques, les détournements de fond et les gens prêts à tout pour servir un idéal, aussi malsain soit-il.
Concernant le style de l’auteur, je l’ai trouvé très bon, prenant, et aussi sans concession avec ses personnages ! Il m’a tenu en haleine sans me lasser pendant plus de 600 pages tout de même !

– Concernant le volet scientifique, j’ai été impressionnée par la maîtrise du sujet par l’auteur. Et en effet, ce n’est pas anodin puisque Sébastien Bohler est lui-même spécialiste des questions de neurobiologie et co-directeur d’une revue scientifique, Cerveau et Psycho. Donc, tenez-vous le pour dit : il y a du fond très réaliste ici et vous n’êtes pas dupé question neurosciences. Pour être plus précise, vous allez en apprendre plus sur la maladie d’Alzheimer ainsi que sur le décodage de notre cerveau. En effet, un des thèmes du livre est le suivant : révolutionner les interrogatoires judiciaires en inventant une machine permettant de lire dans les pensées au moyen d’un code inversé (on pense à une image > elle est transformée en signal par/dans les neurones > on inverse le code pour retrouver l’image à laquelle une personne pense).
Mais ce n’est pas aussi simple. Car pour les besoins du roman, l’auteur imagine une intrigue où l’adage « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » prend tout son sens.

– Et, de fait, nous en arrivons au volet politique de l’intrigue. Lire dans les pensées d’un individu. Quel homme politique ne l’a pas rêvé ? Notamment en ce qui concerne les interrogatoires. Voici donc une nouvelle cellule policière de la section anti-terroriste est ouverte pour réfléchir à de nouvelles méthodes pour faire parler coûte que coûte les suspects. La ligne rouge de la manipulation n’est pas loin. Et pourtant l’auteur est malin d’user du prétexte du terrorisme. En effet, entre massacre d’innocents et belles paroles, le politiquement et socialement correct est difficile à faire accepter. Mais lire les pensées, c’est effrayant, c’est briser le dernier rempart de l’intimité de l’individu. Sébastien Bohler créé donc une histoire politicienne très dérangeante et qui fait nous poser beaucoup de questions sur l’intégrité et le pouvoir de manipulation des dirigeants.

– Concernant les personnages, j’en retiendrais évidemment un : le dangereux psychopathe (dont je tairais le nom pour ménager le suspense !) Un homme terriblement effrayant. Le scientifique fou, l’homme mégalomane, un idéal hors limites. La manipulation exercée par ce personnage sur tous les autres est stupéfiant. Je l’ai trouvé très bien construit dans sa perversité. Il pousse également à réfléchir sur le fait que l’intelligence n’est pas synonyme d’intégrité et de mesure. On a tendance à respecter parfois aveuglement ces hommes qui semblent détenir des vérités cachées. Or tous ne sont pas pétris de bonnes intentions, c’est évident.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Bien que j’ai aimé le côté scientifique concernant les neurosciences, j’ai parfois trouvé les explications très complexes. Franchement, j’ai perçu la plupart des théories comme du chinois. Et je ne sais pas si c’était finalement si nécessaire de rajouter encore et encore des dialogues (illisibles pour moi) entre scientifiques, avec des formules et du vocabulaire très pointilleux.

– J’ai eu un manque énorme concernant le passé du psychopathe de l’histoire (eh oui, pas de nom !). On sait qu’il y a anguille sous roche de côté-là, quelque chose à creuser, puisqu’à un moment on nous le suggère clairement. Et je pensais avoir quelques réponses à ce sujet à la fin du livre. Mais non ! Ma curiosité a été un peu déçue je dois bien avouer.

En bref ?

Un thriller très complexe, très intelligent et surtout très ancré dans l’actualité, que cela concerne les sciences ou le terrorisme. Malgré les points négatifs soulevés plus haut, j’ai trouvé cette lecture excellente. Je me suis posée beaucoup de questions sur les politiques et les scientifiques. L’intégrité en est parfois complètement absente alors que ce devrait être un fer de lance.