Derrière les portes – B.A. Paris


PARIS, B.A. Derrière les portes. Hugo et Cie, coll. Hugo thriller, 2017, 320 pages, 19,95 €.



L’histoire :

En apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L’amour, l’aisance financière, le charme, une superbe maison. Le bonheur.
Vous connaissez tous un couple comme celui qu’ils forment, le genre de couple qui vous fait rêver. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L’inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s’avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Grace sans Jack. Qu’est-ce que cela peut-il cacher ? Parfois, un mariage parfait cache un mensonge parfait.
Et vous, connaissez-vous vraiment vos amis ?

Ce que j’en ai pensé :

Une claque ! Voilà un thriller simple, efficace, qui remplit sa promesse de faire frissonner le lecteur et le tenir en haleine jusqu’à la dernière phrase !
Donc, oui, je le peux affirmer qu’il s’agit de mon premier coup de coeur de l’année 2017 !

Thriller psychologique intense, il nous plonge dans les affres de la torture mentale d’un être humain sur un autre. Et le plus déstabilisant, c’est de se dire que cela arrive réellement, peut-être derrière la porte de votre voisin.
Des personnages subtilement décrits, une construction du récit très habile, entre passé et présent, où Grace raconte sa vie avec Jack et sa soeur handicapée Millie.
Une descente aux Enfers graduelle et une fin à la hauteur du récit.

Vous aimez les sensations fortes en lisant des livres mais n’aimez pas le gore et le sang à outrance ? Lisez ce livre ! Vous aurez les frissons, l’angoisse et la réflexion sur des sujets aussi graves que la maltraitance et le handicap. Et puis, une inquiétude trouble qui surgira : jusqu’à quel point connaissons-nous nos amis, nos fréquentations, lorsque l’intimité se referme sur eux ?

Ajoutez à cela un style qui m’a tout de suite plu. C’est bien écrit, bien traduit, pas de mot inutile, juste ce qu’il faut pour être happé.
C’est un thriller que je conseille et que j’offrirais à qui aime ce genre de littérature.

Miséricorde – Jussi-Adler Olsen


OLSEN, Jussi-Adler. Miséricorde. Le Livre de Poche, 2013, 525 pages, 7,90 €.



L’histoire :

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encres. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Morck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …

Ce que j’en ai pensé :

Affaires classées non résolues qui remontent à la surface. Voilà à quoi va devoir s’atteler Carl Morck après une terrible descente aux Enfers. Mission placard ? Avec son bureau placé dans les sous-sols de la Préfecture de Police, ses collègues pensent certainement s’être partiellement débarrassés d’un élément perturbateur agressif et anti-social.
Mais c’était sans compter sur sa personnalité anti-conformiste et perfectionniste. Avec son acolyte hors normes, Assad, ils vont former le Département V ; et leur première affaire concernera la disparition de Merete Lyyngaard, jeune, belle et prometteuse politicienne, disparue cinq ans auparavant.

Le point fort de ce roman, c’est le duo d’enquêteurs proposés par J.-A. Olsen. Carl est définitivement le type de personnage flic que j’adore. Tout le monde le déteste, il est solitaire, agaçant, peu avenant mais terriblement doué. Avec Assad, c’est une relation de chef à employé à la fois drôle et admirative.

Parallèlement à l’enquête on suit également le calvaire de Merete Lyyngaard dans une geôle terrifiante, où ses bourreaux prennent visiblement un plaisir non feint à la faire souffrir.

C’est un thriller abouti, même si je l’ai trouvé un peu long à certains moments. Je lirais néanmoins la suite avec plaisir quand l’occasion se présentera.

Les morsures de l’ombre – Karine Giébel


GIEBEL, Karine. Les morsures de l’ombre. Pocket, 2009, 278 pages, 6,80 €.
En Lecture Commune avec Riz Deux-zz


L’histoire :

Benoît a fait la grave erreur de prendre en stop Lydia et d’accepter un verre chez elle. Il est maintenant retenu prisonnier dans la cave de cette femme qui semble tout savoir de lui et qui veut le faire payer pour un crime qu’il n’a pas commis.

Ce que j’en ai pensé :

Découverte pour ma part avec « Juste une ombre » et « Le maître du jeu« , Karine Giébel est incontestablement une auteure française de thrillers qui est maintenant bien installée dans le paysage de nos librairies. Et pour cause, elle créé des personnages extrêmement border-line, avec une intrigue très macabre et des ramifications complexes. Dans « Les morsures de l’ombre« , elle ne déroge pas à la règle. Embarquement immédiat !

La force de ce livre, c’est avant tout son départ sur les chapeaux de roue. Tout de suite le lecteur est plongé dans le drame, à savoir la séquestration de Benoît, flic de surcroit. Il faut dire qu’en moins de 300 pages, il faut aller vite pour construire une intrigue. Mais Karine Giébel excelle même dans les nouvelles policières, donc on peut lui faire confiance.
Donc, dès les premières pages, on trouve Benoît dans sa geôle infernale, avec un bourreau qui se dessine sous les traits d’une jeune femme rousse et très séduisante. Mais terriblement effrayante, et que l’on devine rapidement dérangée psychologiquement. Des rendez-vous chez le psychiatre confirment des penchants morbides et sadiques assez terrifiants !
Durant tout le livre, on suit le martyr de Benoît. Et je me suis évidemment demandée jusqu’à la fin ce qu’il en était : pourquoi lui ? pourquoi à ce moment-là ? Quel est le rôle réel et caché de chaque personnage ? Certaines réponses arrivent à la toute fin, avec une révélation tout à fait plausible, digne des plus grandes manipulations ! Une fin qui a vraiment été réussie ; une fin sans concession. Pas de happy end chez Karine Giébel, qu’on se le dise. Et c’est quelque chose qui me plaît énormément, même si on sort un temps patraque du livre.
Un bémol cependant sur les passages relevant de l’enquête policière qui ne m’ont pas du tout convaincu. Je suis restée complètement hermétique à ces moments de l’histoire. J’ai eu l’impression qu’ils étaient là uniquement car c’est la règle dans un polar d’avoir des éléments d’enquête.

Le problème que j’ai eu au début relève du style : j’ai eu une impression de brouillon, j’ai parfois tiqué sur des tournures de phrases. D’autres auteurs de polar, tel que Pierre Lemaître, usent de phrases courtes, d’un style acéré, piquant, incisif, de façon plus fluide.
Néanmoins, au fur et à mesure, l’histoire m’a tellement embarqué que j’ai clairement fait l’impasse sur ce détail.

En bref, je dirais que même si j’ai eu quelques soucis dans ma lecture, Karine Giébel reste ici conforme à son univers psychologiquement très noir, en s’appuyant sur les thèmes de l’infidélité et des hommes à femmes. Une sorte de fait divers poussé à l’extrême par l’auteure. L’histoire tient la route et malgré sa complexité, reste crédible.

Vous aimerez si…

– Les thrillers psychologiques vous plaisent.
– Vous recherchez des fins très surprenantes et sans concession.