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Seul au monde – Sébastien Destremau


DESTREMAU, Sébastien. Seul au monde. XO éditions, 2017, 264 pages, 19,90 €.



L’histoire :

« J’ai 52 ans, cinq enfants, et un bateau avec lequel j’ai fait le tour du monde. Pour participer à cette aventure du Vendée Globe, j’ai tout cédé, tout sacrifié, tout vendu. Aujourd’hui, je ne possède rien, ni carrière, ni chez-moi. Mais j’ai peut-être conquis le bien le plus précieux : ma liberté.
De l’Atlantique aux mers du Sud, je n’ai pas doublé grand monde, mais je me suis dépassé chaque jour, chaque nuit, chaque heure, presque chaque minute. « Il ne passera pas l’équateur… », avançaient les plus optimistes. Finalement, je l’ai passé. Dans les deux sens. Et aussi le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin, le cap Horn, ce caillou mythique où tant de marins ont englouti leurs rêves. Le mien a survécu. Je sais enfin ce qu’est devenu l’enfant qui s’était juré de briser l’injustice et d’épater les siens.
De là-haut, je suis sûr que mon père, avec qui ce fut si difficile quand j’étais petit, me regarde. Peut-être même est-il étonné… »
Le livre de Sébastien Destremau n’est pas l’histoire d’une course, c’est l’histoire d’une vie. Dix-huitième et dernier à avoir franchi la ligne d’arrivée aux Sables-d’Olonne, le 11 mars 2017, celui qui n’avait jamais fait une course en solitaire a remporté une formidable victoire sur lui-même.

Ce que j’en ai pensé :

Je ne suis pas amatrice de voile, mais mon beau-père et mon chéri, oui. C’est ainsi que j’ai suivi à petites doses le Vendée Globe 2016 : péripéties, vidéos journalières des participants, humour, désespoir, folie presque parfois.
Sébastien Destremau est le dernier arrivant classé de cette édition. Dix-huitième sur dix-huit. Mais vingt-neuf au départ. Car c’est une course en solitaire impitoyable. Beaucoup y ont laissé des plumes, voire la vie.

Ce livre est le récit de la course de Sébastien Destremau, mais pas que. C’est aussi et surtout le parcours d’une vie ; une introspection et une remise en question.
Loin des challengers qu’il respecte mais sans effusion, la préparation du Vendée Globe est un sacrifice financier et familial. Accepter de tout vendre, revenir sans rien, laisser ses proches derrière soi.
La vie en autarcie n’est jamais plus quantifiable que dans une aventure comme celle-ci. Perdu au milieu de nulle part, on se parle, on hurle, on pleure. Pour soi-même.
D’ailleurs, pour quelles raisons se lance-t-on dans un défi tel que celui-ci lorsqu’on est outsider ? Pour une aventure intérieure, une revanche peut-être.

En parallèle de ma lecture, j’ai visionné certaines vidéos du navigateur pour me rendre compte de la réalité de son récit, mais aussi de ce qu’il pouvait renvoyer au public.

Le seul bémol de cette lecture, c’est que j’aurai aimé des passages plus long sur le dernier tiers de la course. Au moment où il est de plus en plus difficile de rester droit psychologiquement.

⇒ En bref ?

Une lecture étonnante et passionnante. A tel point que j’ai lu ce livre en moins de deux jours tellement il m’a été difficile de le lâcher.

Je conseille si vous aimez…

– la voile
– les introspections et récits de vie