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J’veux pas vieillir – Hélène Bruller


BRULLER, Hélène. J’veux pas vieillir. Hugo & Cie, coll. Hugo Desinge, 2017, 77 pages, 15 €.



L’histoire :

Hélène a 47 ans, c’est la fin des illusions, de la jeunesse qu’on croit éternelle, le début d’un autre monde qu’on soupçonne terrible à vivre.
Comment vivre ce passage vers l’inconnu, l’âge mur ?
En petites séquences de 1 à 4 pages, Hélène nous donne le meilleur de son humour et nous fait rire des petits et des gros tracas du quotidien quand on sent le poids du temps nous grignoter inéluctablement…

Ce que j’en ai pensé :

Hélène Bruller approche de la cinquantaine et se met en scène dans cet album humoristique. Elle aborde des thèmes universels, qu’elle rapporte à ses propres expériences de vie : on retrouve ainsi la peur de vieillir, les désagréments de la vieillesse au quotidien, la vie avec des ados et l’impitoyable changement de génération ! Et tout cela sur un ton délicieusement caustique.

C’est un thème dont il est difficile de parler car tabou dans nos sociétés. C’est avec brio que l’auteur nous emporte dans ses illustrations farfelues, ces comparaisons entre jeunes et vieux absolument hilarantes !

La fin est très feel good : il est évidemment plus facile d’assumer et d’essayer de trouver la meilleure façon de vieillir car de toutes les façons, c’est inéluctable pour chacun.

Je n’ai pas été emballée par les illustrations mais les gags sont franchement drôles et la BD est très complètes. Tous les aspects de la vieillesse et des peurs qui en découlent sont abordés.

⇒ En bref ?

Une BD à offrir pour prendre l’avancée dans la vie du bon côté !

>> En librairie le 7 septembre. <<

Je conseille si vous aimez…

– les BD féminines humoristiques


Marie des Mimosas – Jean-Claude Lesellier


LESELLIER, Jean-Claude. Marie des Mimosas. Editions Baudelaire, 2015, 105 pages, 13,50 €.


L’histoire :

Marie vient de fêter ses 89 ans. Dans sa Normandie natale, le temps passe, inexorable. La solitude, le corps qui ne répond plus aussi bien quand l’esprit est toujours aussi alerte, les souvenirs qui affluent, comme autant de bouées qui jalonnent une existence remplie de joie et de tristesse.

Ce que j’en ai pensé :

– « Marie des Mimosas », c’est avant tout un roman sur le temps qui passe. Pas vraiment un roman nostalgique. Simplement un constat qui arrive avec le grand âge, lorsque malgré l’amour de sa famille, on se retrouve seul face à une vie qui n’a plus rien à nous prouver et dont on n’attend finalement plus grand chose à part ce grand final inconnu.

– Evidemment, en seulement 100 pages, l’histoire biographique de Marie n’est évidemment pas complète. Il s’agit en fait de bribes, d’éléments fondamentaux qui ont construit sa vie et qui l’ont fait devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Ainsi, le premier amour, le métier de crémière, le mariage, les enfants, les morts accidentelles, les guerres aussi.

– J’ai beaucoup aimé le style d’écriture, que j’ai trouvé très bon. Jean-Claude Lesellier maîtrise l’art de la synthèse, avec un vocabulaire riche et des phrases bien construites. Un livre qui se lit donc très bien et qui fait passer par des émotions diverses.

– Le thème de la vieillesse est universel et dans cette histoire, on a une image terrible de ce qu’est la vieillesse en occident de nos jours. C’est-à-dire, malgré une vie remplie à élever des enfants, à les aimer et les faire devenir des adultes, on finit néanmoins à se retrouver dans une solitude immense. Cela brise le coeur, littéralement. Et pourtant, l’auteur ne lance aucune pierre ici, mais certaines réflexions de Marie sont très tristes, comme lorsqu’elle dit qu’elle voit très peu ses petits-enfants et que c’est normal mais que tout de même, ils lui manquent beaucoup.
Une vie si riche qui finit si seule, c’est terrifiant.

En bref ?

Une jolie histoire sur le temps qui passe et sur les aléas d’une vie jalonnée par les guerres, les naissances et les morts, les joies et les désillusions.

L’étoile et la vieille – Michel Rostain


Quatrième de couverture :

Quand une étoile se dégrade, elle émet dans le désordre, avec par moments des silences et à d’autres de très violentes émissions d’énergie. On y est. Après la musique sans son, après les soliloques incertains et les préludes indécis, une énorme bouffée d’harmonies et de rythmes jaillit. Victor Hugo chante ces soubresauts d’étoile comme « la clameur du mourant éperdu », un vacarme qui serait « brusque, éclatant, splendide, inattendu ».
En ce moment, Odette est cette étoile-là, somptueuse, incandescente, imprévisible. En s’interrogeant sur le déclin d’une ancienne gloire, Michel Rostain signe un magnifique roman d’apprentissage de la vieillesse.

Mon avis :

Avec un titre aussi poétique, je me suis lancée dans la lecture de ce livre avec un intérêt non feint. Et ce fut une rencontre très agréable.

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Le dernier rendez-vous – Catherine Briat

Quatrième de couverture :

Le dernier rendez-vous, celui qui change tout quand c’est déjà trop tard…
Pierre a atteint cet âge où l’on sait que l’on aborde l’ultime tronçon de la route.
Il est seul, en sursis, mais a encore des ressources et une volonté d’accomplissement.
Sa rencontre avec Marie va le décider à vivre jusqu’au bout comme il ne l’avait jamais fait.
Tous deux iront alors à la rencontre de leurs désirs les plus profonds et trouveront ce qu’ils n’avaient pas encore cherché.
L’histoire d’un homme et d’une femme qui vont bouleverser le cours de leur vie qu’ils pensaient à jamais figée.
Un dernier rendez vous avec l’amour, avec le temps qui reste, quand on se met à rêver d’éternité.

Mon avis :

Un livre contemporain français avec les thèmes de l’amour et de la vieillesse, voilà qui avait de quoi m’intéresser, et m’intriguer un peu aussi. J’attendais Catherine Briat au tournant, tout en me doutant, allez savoir pourquoi, que je ne serais pas déçue.

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Les encombrants – Marie-Sabine Roger


Quatrième de couverture :

Il y a cette mamie qui se réjouit de la venue de ses enfants et petits-enfants et leur prépare un bon repas. Cette brave dame qui travaille à la maison de retraite et donne de temps en temps des claques aux plus récalcitrants, aux plus capricieux. Ce vieux monsieur qui se perd parfois en se promenant, et qu’on retrouve plongé dans la contemplation d’un rosier. Cette centenaire dont l’anniversaire est célébré en grande pompe entre un député et une équipe télé avide…
Ils vivent seuls ou en maison de retraite; ils discutent avec leur animal de compagnie ou au téléphone- la plupart n’ont plus grand monde à qui parler. Ils ont en commun leur grand âge, une santé chancelante, et un terrible sentiment d’inutilité. Marie-Sabine Roger les évoque avec tendresse, sans épargner les acrimonieux mais sourtout ceux qui sont autour: les égoïstes, les profiteurs et les indifférents. Pleine d’humanité et de fraîcheur, de férocité aussi, ces nouvelles rappellent que les vieilles personnes sont avant tout des personnes, tout simplement.

Mon avis :

Un recueil de nouvelles très court mais très bouleversant. Un thème qui me touche particulièrement puisque je travaille en contact indirect avec des personnes âgées et forcément, je suis très intéressée par leur sort.

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