Les lionnes de Venise – Mireille Calmel


CALMEL, Mireille. Les lionnes de Venise, t.1. XO éditions, 2017, 345 pages, 19,90 €.



L’histoire :

Lucia, jeune et espiègle Vénitienne, se retrouve au milieu des flammes qui dévastent la modeste imprimerie familiale. Sous ses yeux, son père est enlevé par trois hommes armés. Qui donc se cache derrière ce crime ? La veille, la magnifique Isabella Rosselli, la plus rouée des espionnes de la cité des Doges, est venue faire reproduire une étrange gravure.

Lucia est décidée à percer cette énigme et à sauver son père. Dans une quête effrénée, elle s’immisce parmi les puissants, se mêle au bal des faux-semblants du carnaval, s’enfonce dans les arrière-cours des palais. Une Venise fascinante, oppressante, où le pouvoir se confond avec l’amour, où les étreintes succèdent aux duels et les baisers aux complots.

Ce que j’en ai pensé :

Un roman d’aventures au coeur du XVIIe siècle vénitien qui m’a transporté ! Un premier tome qui donne envie de connaître la suite.

⇒ Le contexte – l’ambiance

Venise au XVIIe siècle. Les ateliers d’art, et notamment de reproduction avec l’imprimerie du père de Lucia.  La gravure comme mode d’expression et de diffusion des idées. Il faut savoir que pendant longtemps, Venise fut la capitale culturelle par excellence. Sans parler du carnaval qui va permettre à Lucia de commencer son espionnage forcé.
L’espionnage, qu’il soit religieux, moral ou politique était de mise à une époque très faste, avec des inégalités puissantes.
→ Tout est là pour former un roman d’aventures addictif et Mireille Calmel l’a bien compris en plaçant cette histoire précisant en ce lieu et à cette période.

⇒ Les personnages

Voilà une belle galerie de personnages, dont la plupart sont des figures ayant réellement existé. Les personnages sont d’ailleurs une des forces de Mireille Calmel. Ils sont attachants, aventureux. Des femmes qui, le plus souvent, se dépassent pour leurs proches ou leur vie.
Ici, Lucia, Isabella, Luigi, Paolo, Marco font de leur jeunesse un atout. Une fougue qui leur permet d’évoluer dans un monde de fourberie et de débauche.
Des femmes n’hésitant pas à se sacrifier mais sans jamais perdre de vue leur honneur.

Le personnage le plus présent est celui de Lucia, qui doit retrouver son père, l’être qu’elle chérit le plus au monde. Enlevé par des barbares pour une gravure, elle devra mener plusieurs batailles pour le libérer. Si seulement elle y arrive. Aider d’acolytes qu’elle rencontre sur son chemin, elle forcera les barrages. C’est une femme extrêmement forte, psychologiquement très stable, dans un univers malsain, dominer par les hommes.

Finalement tous les personnages sont intéressants à leur manière. Ils sont crédibles, vraisemblables dans leurs actions et leur mode de vie.

⇒ En bref ?

Je vous conseille ce tome 1 si vous appréciez les romans historiques simples à lire et très documentés. L’écriture de Mireille Calmel permet de se plonger dans l’histoire avec beaucoup de facilité.
Si vous avez aimé, comme moi, Aliénor ou encore Lady Pirate, vous devriez aimez le personnage de Lucia.

Je conseille si vous aimez…

– l’Italie à son âge d’or,
– les romans historiques,
– les personnages qui vivent des aventures hors du commun.


 

Bilan – Juin 2015

Le mois de juin a été mitigé, puisque j’ai eu beaucoup d’abandons.
 12 livres terminés.

J’ai eu du mal à me fixer dans mes lectures, il fallait que ça dépote, que ça me plaise vraiment, sans quoi l’envie n’y était pas du tout… Alors certes, j’ai tout de même eu de très bonnes découvertes, mais également 5 abandons, donc 5 livres qui ne m’ont pas emballés jusqu’à au moins la moitié de ma lecture.


J’ai adoré et je conseille

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« Châteaux Bordeaux, t.1 : Le Domaine« , de Corbeyran et Espé : Un premier tome génial sur l’héritage d’un domaine viticole dans le bordelais suite au décès du patriarche. Jalousie, trahison, souvenirs d’enfance… Avec des illustrations que j’ai adoré. Hâte de lire la suite.

« Je suis juive mais je me soigne« , de Sefwoman : Un condensé d’humour, de la caricature juste et intelligente. J’ai adoré et je vous conseille vraiment !

« Le coup de la girafe« , de Léo Grasset : Vous ne verrez plus la science comme une matière ennuyeuse ! C’est drôle et instructif, vous allez découvrir des révélations chocs sur Le Roi Lion, et aussi l’animal le plus badass au monde : le ratel !

J’ai aimé

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 – « Sur la trace des peuples perdus« , de Jean-Pierre Dutilleux : Documentaire très intéressant, façon « Rendez-vous en Terre inconnue », qui nous présente plusieurs peuples méconnus, primaires, que l’auteur a pu rencontré lors de ces reportages vidéos.

« Le bâton d’Euclide« , de Jean_pierre Luminet : Un roman historique sur la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie. L’auteur imagine des discours entre quatre personnages, dont trois essaient de convaincre le quatrième de préserver les trésors contenus dans l’édifice.

« Avant Pandémia : Le grand voyage« , de Franck Thilliez : Avant de lire « Pandémia » (bientôt !), cette courte nouvelle m’a mis l’eau à la bouche, et plus encore ! Une écriture, fine, précise, haletante. Du grand Thilliez. Encore.

« Fidèle au poste« , d’Amélie Antoine : Un roman à suspense très bien ficelé, bien qu’un peu long à se mettre en route. Néanmoins le retournement de situation auquel je ne m’attendais pas du tout a nettement effacé ce petit désagrément.

« Saisir« , de K.A. Tucker : Une romance qui se lit très bien. Rien d’original, mais le scénario est là et les personnages crédibles.

« Tendre comme les pierres« , de Philippe Georget : Une enquête au coeur du site archéologique de Pétra, en Jordanie. Un personnage principal que j’ai adoré et surtout des descriptions du désert et des bédouins vraiment belles.

« Le sourire du diable« , de Antonia Hodgson : Roman historique dans les bas-fonds londoniens du XVIIIe siècle. Très bon.

« Hyenae« , de Gilles Vincent : Thriller court mais terriblement efficace, sur fond de trafic et de tortures d’enfants. Ca fait frissonner, et l’auteur est sans concession envers ses personnages.

« La liste de mes envies« , de Grégoire Delacourt : Roman contemporain qu’on ne présente plus, qui mène à réfléchir sur l’importance de l’argent.

Les déceptions : abandons

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« Ianos, singularité nue« , d’Olivier Bérenval : De la science-fiction dont le thème scientifique de l’univers m’intéressait beaucoup, puis malheureusement tout ce qui était à côté de cela m’a ennuyée.

« Evolutis, t.1 : De chair et de sang« , de Christie Bronn : Lecture beaucoup trop adolescente pour moi. On se concentre presque uniquement sur les états d’âme amoureux de la protagoniste.

« Monster« , de Patrick Bauwen : MA déception du mois. Je pensais adorer, et je n’ai pas accroché, je suis passée à côté de ce livre, c’est évident. Le personnage m’a semblé fade, et l’histoire très lente. Dommage.

« Le livre secret de Dante« , de Francesco Fioretti : Si l’histoire semblait très intéressante, l’écriture m’a déplu. Trop ampoulée je crois.

« Les aventures de Cluny Brown« , de Margery Sharp : Donc, c’est définitif, l’humour british, je n’aime pas du tout !

Le sourire du Diable – Antonia Hodgson


HODGSON, Antonia. Le sourire du Diable. XO éditions, 2015, 479 pages, 19,90 €.


L’histoire :

Tom Hawkins est un joueur invétéré, si bien qu’un jour, criblé de dettes, il est envoyé à Marshalsea, la prison londonienne pour débiteurs.
Cette véritable ville dans la ville, jeux de pouvoir et d’argent, est le lieu de traitements infâmes, où la mesquinerie est reine.
Nous sommes à Londres, au début du XVIIIe siècle.

Ce que j’ai apprécié :

– Ce livre est à la fois un roman policier et une extraordinaire fresque historique. A la manière d’un huis-clos, on entre avec Tom Hawkins dans la sinistre mais étonnante prison de Marshalsea.
Marshalsea, c’est une prison qui a réellement existé au XVIIIe siècle et qui était donc dévolue aux débiteurs, c’est-à-dire toutes les personnes du peuple qui devaient de l’argent et étaient dans l’incapacité de rembourser leurs dettes.
En ouvrant ce livre, je ne pensais pas découvrir une telle réalité historique. Et ce qui est fascinant dans ce livre, c’est que le glauque partage la vedette avec le burlesque, notamment au travers des personnages.

– Car, oui, il faut bien le dire, ce roman est une galerie de personnages détonnants ! Pour beaucoup d’entre eux, Antonia Hodgson s’est appuyée sur des documents d’archives et ont donc vraiment vécu, pour un temps au moins, dans la prison de Marshalsea.
Des personnages qui évoluent dans une prison atypique puisqu’elle fonctionnait selon toute vraisemblance comme un quartier à part entière de Londres. Avec des tavernes et leurs tenanciers, les prostituées, un barbier, le Palais de Justice, etc. Le tout dans un rapport à l’argent extrêmement exacerbé.
Ainsi tous les individus que l’on croise ne sont pas de braves gens. Ils ont des défauts, souvent liés à la dépense excessive d’argent qu’ils n’avaient pas. Mais guère plus.
Pourtant, quelques mois avant que Tom Hawkins arrive, un homme a été retrouvé pendu. La thèse du suicide est vite conclue. Mais la femme du brave homme crie à l’assassin. Aussi, s’il veut retrouver la liberté, Tom va se mettre en quête du meurtrier. Et ce n’est pas évident, dans un environnement où le mensonge et le chacun pour soi sont un art de vivre.

– Ce qui m’a littéralement fascinée, et que j’ai vraiment préféré, c’est sans aucun doute la description des ambiances. Antonia Hodgson le dit elle-même : elle s’est beaucoup documentée, et tout ce qu’elle décrit s’appuie sur des témoignages d’époque. Et côté retranscription, elle a fait un magnifique boulot.
La saleté et les odeurs, vous allez les sentir. La pauvreté, la misère, la variole, les enfants chétifs et cabossés par la vie, vous allez les voir.
Les plus terribles tableaux que nous donne littéralement à voir l’auteure, ce sont deux lieux et pratiques infâmes. Tout d’abord, le Common Side : le côté de la prison le plus odieux, d’où sortent des lamentations terribles. Et pour cause, à la manière des camps de la mort, les prisonniers, hommes, femmes et enfants, sont entassés comme des bêtes, dans leurs excréments et leurs maladies incurables et transmissibles. Un charnier vivant horrible.
Et puis également cette pratique, véridique, qui consistait à punir les rebelles de la prison en les enchaînant à des corps en décomposition pendant plusieurs jours.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Le point qui m’a le moins emballé, c’est l’enquête en elle-même, qui permet à l’auteure de justifier son roman historique en quelque sorte. Une enquête certes bien faite, mais qui ne m’a pas franchement intéressée.

En bref ?

Un roman historique bien plus qu’un roman policier. Et quel roman historique ! Le Londres du XVIIIe siècle dans toute sa réalité crue, et non embellie comme l’ont décrit beaucoup de romanciers.
C’est choquant et en même temps burlesque à certains moments, notamment à travers le personnage haut en couleurs de Samuel Fleet.

Les enquêtes de Setna, t.1 : La tombe maudite – Christian Jacq


JACQ, Christian. Les enquêtes de Setna, t.1 : La tombe maudite. XO éditions, 2014, 279 pages, 16,90 €.


L’histoire :

Setna, fils cadet du grand Ramsès II, n’a pas la morgue militaire dû à son rang. Il aspire au contraire à une vie de scribe, passionné qu’il est par les textes sacré. Son rêve : devenir ritualiste du temple de Ptah. Mais voilà que le vase scellé d’Osiris, contenant le secret de la Vie et de la Mort, a été volé. Pour le retrouver, Setna va être mis à contribution, ainsi que sa jeune fiancée Sékhet.

Éléments de réflexion :

Plongée dans la grande Egypte de Ramsès II, du point de vue de son jeune fils Setna, aux antipodes de la vie riche et hautaine à laquelle peut prétendre un jeune homme de son rang. Dans ce roman, splendeur de la terre égyptienne, magie de l’Egypte ancienne, voleurs, mages noirs… Christian Jacq met à disposition de son histoire tous les ingrédients qui l’ont fait connaître et apprécier.

Ce que j’ai apprécié :

– Retrouver la plume de Christian Jacq et, surtout, sa façon de nous conter l’Egypte, avec ses paysages, ses odeurs, ses lumières. Tellement de justesse et de douceur dans ses mots qu’il me fait à chaque fois rêver. Je me crois littéralement là-bas, aux temps pharaoniques, sous une lumière douce et à l’ombre des palmes. C’est toujours une impression merveilleuse que de lire les descriptions des paysages et des sensations qu’il nous donne à voir et à ressentir.

– J’ai vraiment aimé que l’intrigue se noue autour du personnage de Setna, que j’ai trouvé très sincère et humble. Je l’imagine beau, réservé mais doté de cette énergie digne de Ramsès II son père. Un personnage qui promet de se développer et de s’élever au fur et à mesure des quatre tomes qui composent cette série.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– La rapidité de cette mise en bouche. Car oui, ce premier tome est une mise en place de l’intrigue : on découvre les deux personnages principaux que son Setna et Sékhet, puis on découvre le vol du vase sacré. Les personnages secondaires sont également posés, ainsi le lecteur à toutes les cartes en main pour savoir à quoi s’en tenir dans les prochains tomes. Le problème selon moi est que tout ça va beaucoup trop vite ! Surtout en ce qui concerne l’idylle entre Setna et Sékhet.

– J’ai regretté avoir deviné qui était le méchant révélé de ce tome-ci. Et ce n’est pas que je me suis torturée les méninges : tout était dit en une ligne. Tout le monde saura faire le rapprochement immédiat entre deux actions du roman. Et ce, bien avant la révélation.

En bref ?

Une lecture en demi-teinte puisque j’étais ravie de retrouver Christian Jacq, avec son écriture toujours aussi simple et poétique ; mais dans le même temps, une histoire qui m’a clairement parue abrégée. Quel dommage ! 100 pages de plus auraient été bénéfiques et tellement appréciables !
A savoir que les tomes suivants paraîtront respectivement en janvier 2015, mars 2015 et mai 2015. Quant à savoir si je poursuivrais la saga, certainement mais sans me jeter sur les livres dès leur sortie.

George Sand : les carnets secrets d’une insoumise – Catherine Hermary-Vieille


HERMARY-VIEILLE, Catherine. George Sand : les carnets secrets d’une insoumise. XO éditions, 2014, 282 pages, 19,90 €.


L’histoire :

1876. George Sand, célèbre écrivain française, meurt dans sa demeure de Nohant. Sa fille, Solange Gabrielle se plonge dans les carnets intimes de cette mère qu’elle aimait autant qu’elle la fuyait. Une mère célèbre, toujours à la recherche de l’amour. Sa vie articulée autour d’amants comme Alfred de Musset ou Chopin fut également une fuite incessante vers un idéal jamais atteint.

Éléments de réflexion :

Ce roman biographique de George Sand s’appuie sur des carnets imaginaires que découvriraient la fille de l’écrivain à la mort de celle-ci. Des carnets que Catherine Hermary-Vieille a imaginé à partir d’éléments réels connus de la vie de celle qui fut socialiste acharnée, défenseur du droit des femmes dans le mariage et la vie en général.
Une biographie, donc, romancée, qui retrace une vie foisonnante, sans pauses, d’une femme aux manières d’hommes qui n’en restait pas moins une demoiselle face aux émois amoureux, parfois violents, de ses amants.

Ce que j’ai apprécié :

– Je suis ravie d’avoir enfin redécouvert l’écriture de Catherine Hermary-Vieille, que j’avais vraiment aimé dans son livre Lola, lu il y a plusieurs années. Un style très poétique, un vocabulaire riche, bref, un réel plaisir de la lire.

– J’ai aimé également le style de narration choisi, à savoir l’alternance entre des passages des carnets de George Sand et les ressentis de sa fille au présent de 1876 sur ce qu’elle lit et sur sa vie et l’influence de la sa mère sur celle-ci.
J’ai trouvé ce procédé particulièrement réussi et original en matière de biographie romancée. Cela permet d’avoir d’une part la vision de George Sand mais aussi les revers psychologiques que son mode de vie a fait peser sur sa famille et notamment sur Solange.

Ce que j’ai moins/pas apprécié :

– Malheureusement, j’ai globalement été peu emballée par le personnage de George Sand, que je ne connais finalement que de nom, et à qui j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher. Si bien que je me suis assez rapidement lassé de cette lecture.
Un conseil, si vous êtes intéressés par cette écrivain de talent, ce livre vous comblera. Si ce n’est pas le cas, j’ai bien peur que ce ne soit pas une lecture prenante.

En bref ?

Une biographie intéressante, très fournie et certainement bien documentée, pour qui s’intéresse à l’histoire de l’art français ; et surtout à la vie d’une des figures les plus célèbres de la littérature de notre pays.

Cadre de lecture : Lu grâce à XO éditions.